Dérive 2 - le rire du Klone

Milan · Chapitre 18 sur 28

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Dérive 2 - le rire du Klone

Chapitre XVIII · La nuit était calme.

 

 

La nuit était calme.

De l'autre côté de la rue, le pavillon situé au 45 était plongé dans l'obscurité.

Goliath attendait.

Un véhicule arriva, tous feux éteints, et se rangea sur le parking. C'était le dernier. Tous les autres étaient déjà là.

Goliath allait descendre et donner le signal, lorsque des phares éclairèrent le carrefour proche.

La voiture s'engagea dans la rue Armstrong, puis dans le parking.

Instinctivement, tous les membres du commando se renfoncèrent dans leur fauteuil.

Le véhicule tourna un instant sur le parking puis se gara Les phares s éteignirent.

Personne n'en descendait.

— Qu'est ce qu il fout ? demanda TiborD installé sur la banquette arrière près de Sharon.

Sans doute un couple d'amoureux rétorqua Goliath.

Le Jeune homme assis à son côté ricana. Sharon ne le connaissait pas. Goliath l'avait présenté sous le nom de Jon simplement. Elle avait noté la défiance instinctive de TiborD quand il avait vu que Jon n'avait pas les mains noires. Elle n'imaginait pas que le racisme existât aussi dans ce sens-là.

Si Goliath avait confiance en Jon, en dépit de sa jeunesse on pouvait faire confiance à Jon. C'était tout.

Ce qui importait à présent c'était de délivrer RoyD malgré la présence des sept hommes armés. Armés par qui ? Et pourquoi ? Pourquoi tenait-on le clone au secret, quand il aurait été si facile de le livrer àla police ou de le tuer ? À moins que ce ne soit un piège destiné à attirer les plus durs du groupe formé par le clone, afin de s'en debarrasser une fois pour toutes ?

Goliath avait prévu cette éventualité. Des guetteurs équipés d'emetteurs-récepteurs étaient disséminés dans le quartier. Qu'ils détectent un mouvement insolite, et le commando serait immédiatement averti. Pour l'instant, la radio restait muette.

Une lumière se ralluma soudain dans la voiture qui venait d'arriver. Une portière s'ouvrit, quelqu'un descendit et s'éloigna. Le véhicule redémarra.

Dès que tout fut rentré dans l'ordre, Goliath sortit.

Les autres l'imitèrent, chacun tenant un lance-aiguilles en main. Sharon était également armée, puisqu'elle avait voulu faire partie de l'expédition.

— Qu'attendons-nous ? demanda-t-elle comme ils ne tardaient pas à avancer.

— Mes hommes sont allés reconnaître les lieux, je veux être sûr qu'il ne s'agit pas d'un piège.

Sharon eut un mouvement d'impatience. Dès le départ, Goliath s'était montré réticent. Qu'on ait épargné RoyD après avoir tué Ohman lui paraissait éminemment suspect. Il devinait derrière tout cela un plan qu'il ne parvenait pas à saisir. D'après lui, on cherchait à les piéger, on les avait attirés ici pour les anéantir.

Obstinément fidèle à Ghurdal, il était cependant venu, mais avec suffisamment d'hommes et de matériel pour soutenir un siège.

L'émetteur-récepteur fixé à son poignet grésilla. Il le porta à son oreille. .

— Un à quatre, OK ! entendit-il.

Cela signifiait que les quatre hommes envoyés en éclaireurs avaient opéré la jonction sans rien remarquer d'anormal.

— On y va, dit-il à Sharon.

Puis il porta son émetteur à ses lèvres et énonça trois chiffres, correspondant à l'ordre d'assaut.

— Vous êtes sûre que vous ne voulez pas nous attendre ici ? demanda-t-il une dernière fois à la jeune femme.

Sharon ôta la secunté de son arme.

— Nous avons déjà discuté de ce point repondit-elle sêchement.

Une quinzaine de silhouettes apparurent dans le parking, se faufilant rapidement entre les véhicules.

Vêtus de noir et coiffés de cagoules tous portaient des lunettes à infrarouge. TiborD mit celles que lui avait données Goliath Les autres en firent autant.

Sur un signe de Goliath ils gagnèrent la rue qu'ils ne traversèrent pas. Dissimulés dans lombre ils regardèrent passer deux par deux les autres membres du commando

Sharon étouffait sous sa cagoule, les sons lui parvenaient assourdis, et sa vision, quoique nette grâce aux lunettes, était tout de même très différente de ce à quoi elle était habituée.

Ils s'élancerent, et elle oublia aussitôt ces petits désagrements.

Longeant le mur comme les autres l'avaient fait avant eux, ils atteignirent très vite le 45. Derrière eux, trois hommes fermaient la marche. Un autre était resté sur le parking, par précaution.

Goliath n'avait rien laissé au hasard.

La grille du 45 etait fermée, mais cela ne posa pas de problème au commando qui l'escalada.

Sharon n'étant pas coutumière de ce genre d'exercice, Goliath lui fit la courte échelle. Ainsi hissée à plus d'un mètre de hauteur, elle n'eut aucune peine à se glisser par dessus la grille heureusement démunie de pointes et qui ne comportait pas de système de détection.

Elle se laissa retomber, de l'autre côté sur le sol de terre meuble.

Goliath sauta à son tour, suivi par les deux derniers membres de l'expédition.

— Il y avait deux gardes dans le jardin, murmura l'un des hommes, reconnaissant Goliath à l'étoile que ce dernier portait sur l'épaule. Ils ont été neutralisés.

Sharon préféra ne pas approfondir la question. Elle craignait trop de découvrir ce que signifiait le terme « neutralisês ». L,fll'Îl'lE qu'elle tenait en rnain lui apparaissait tout à coup dans sa terrible realité : un instrument de mort.

Mais RoyD était dans cette maison, menacé, mort peut-être. Ce n'était pas le moment d'avoir des scrupules.

Une voiture approchait dans la rue, Sharon vit ses compagnons se jeter à terre. Ebahie, elle allait les imiter, qu'and elle sentit une poigne de fer lui saisir la cheville et tirer sèchement. Elle tomba de tout son poids sur le sol de terre meuble qui amortit à peine sa chute.

Une nain plaquée sur sa bouche étouffa aussitôt son cri.

— Silence ! lui intima Goliath.

Elle ravala ses protestations, s'efforçant d'oublier la douleur qui lui taraudait la hanche.

La voiture passa devant le jardin sans s'arrêter. Son conducteur ne les aperçut pas.

Goliath laissa au véhicule le temps de s'éloigner avant de se redresser. Il fit signe à ses hommes de le suivre et se glissa entre les massifs pour contourner la villa.

Tout en progressaut dans le jardin, Goliath assigna un objectif à chacun de ses compagnons de sorte que toutes les issues soient couvertes.

Sharon fut postée à l'arrière avec TiborD et quatre membres du commando pour surveiller une entrée de service.

Commença alors une attente qui pour la jeune femme, dura une éternité.

En fait quelques secondes seulement s'étaient écoulées quand Goliath donna le signal de l'assaut.

Il y eut un bruit sourd. La porte principale venait de sauter Les quatre hommes qui entouraient Sharon bondirent vers la porte de service.

Celle-ci était fermée, mais quelques coups d'épaule suffirent à l'enfoncer. Le battant tapa contre le mur et les membres du commando s'engouffrèrent à l'intérieur.

Le premier battit soudain l'air de ses bras. Sur sa poitrine, trois étoiles écarlates. Il sécroula aux pieds d'un Pénitent qui arme au poing visait déjà les suivants

Il n'eut pas le temps de faire une autre victime. Une aiguille lui pénétra dans l'œil, perforant le cerveau et le tant net. Avant qu'il touche terre trois autres projectiles l' avaient atteint, à la gorge et à la hanche.

Sharon porta la main à sa bouche horrifiée par ce déferlement de violence.

Elle s'appuya au mur, luttant pour ne pas vomir.

Indifférents au spectacle les trois survivants du commando enjambèrent les cadavres et s'enfoncèrent dans la maison, progressant prudemment.

TiborD s'arrêta près de Sharon.

— Est-ce que ça va ? demanda-t-il.

Elle hocha la tête, incapable de répondre.

Elle déglutit, assura sa prise sur son arme. Elle était venue pour aider à délivrer RoyD, avait insisté pour faire partie de l'expédition. Pas question à présent de traîner et de gêner les autres.

— Allons-y ! dit-elle d'une voix qu'elle espérait suffisamment ferme.

Le chemin qu'ils suivirent était jonché de corps, mais aucun ne portait la combinaison noire des Affranchis. Des cris d'agonie s'élevaient, vite interrompus, comme si les blessés avaient été brutalement achevés.

Les Affranchis venaient d'opérer leur jonction au milieu de la villa, quand TiborD et la jeune femme les rejoignirent. Ils envahissaient à présent l'étage, où il ne semblait plus y avoir âme qui vive.

Sharon se retrouva dans l'escalier juste derrière Goliath.

Ils atteignirent le palier, alors que les membres du commando exploraient déjà les pièces ouvrant sur le long corridor. Sans succès, apparemment.

Un cri leur parvint soudain. Il provenait d'une pièce du fond.

Sans hésiter, Goliath s'élança, Sharon sur ses talons.

La porte était fermée, mais ne résista pas à la poussée de Goliath.

Le géant embrassa toute la scène d'un coup d'œil.

RoyD couché sur un lit, écartelé et maintenu par des menottes d'acier. Son geôlier penché surlui son arme pointée sur la tempe du clone dans l'intention évidente de lui faire sauter la tête.

Goliath tira Le Pénitent s'abatit sur RoyD en tréssautant comme électrocuté. Son arme roula sur le sol avec un bruit sec.

Goliath s'avança, saisit l'homme par l'épaule et le fit basculer.

— Fouille le dit RoyD Il doit avoir la clef des menottes.

Un instant plus tard il était libre. Il se releva en frottant ses poignets, ramassa l arme de son géolier. Il rayonnait.

Sacré Goliath ! S'exclama-t-il en donnant une tape affectueuse à son ami.

Le géant ne put retenir un cri de douleur.

Le sang suintait à travers la combinaison noire.

— Tu es blesse !

— Ce n'est rien. Il faut filer. Dépêchons nous.

Dans le couloir RoyD remarqua deux cagoulards qui semblaient attendre. Il ne leur prêta guère d'attention.

Devant lui, un Affranchi emportait le cadavre d'un camarade. L'homme marchait vite pressé de sortir maintenant que leur but était atteint. La cagoule du mort glissa et tomba sur le sol. C'était Jon.

— Il m'a sauvé la vie dit Goliath en ramassant le morceau de tissu

Derrière eux, quelques hommes fermaient la marche, leurs armes braquées sur les différentes issues, à tout hasard

Ils se retrouvèrent dans le jardin. Les deux cagoulards que RoyD avait remarqués dans le couloir marchaient à présent à ses côtés. Ils traversèrent la rue. En passant sous un reverbère, RoyD remarqua soudain les formes manifestement féminines de l'un d'eux.

— Sharon ? balbutia-t-il sans y croire.

La jeune femme acquiesça et lui saisit la main. Il la serra fortement, et courut plus vite encore vers le parking où les voitures les attendaient. La rue était calme. L'attaque s'était déroulée dans un silence relatif, et semblait n'avoir alerté personne.

— Prends le volant, ordonna Goliath à TiborD.

Le géant s'installa devant, tandis que RoyD et Sharon prenaient place à l'arrière.

Sans bruit, le petit convoi quitta le parking.

Libérant la tension nerveuse accumulée au cours des dernières heures, Sharon éclata soudain de rire et arracha sa cagoule. RoyD l'étreignit affectueusement.

Ils s'embrassèrent.

Devant, TiborD et Goliath avaient également ôté leur cagoule.

La main droite pressée sur son epaule, Goliath serrait les dents.

Sharon pleurait, le visage niché dans le cou de RoyD.

TiborD regardait droit devant lui. La nuit s'achevait.

Un nouveau jour commençait.

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