Dérive 2 - le rire du Klone

Milan · Chapitre 6 sur 28

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Dérive 2 - le rire du Klone

Chapitre VII · KermarianD laissa OhmanD à la porte et…

 

KermarianD laissa OhmanD à la porte et traversa rapidement le palais gouvernemental pour gagner le bureau de son O.

Le Coordinateur étudiait attentivement un rapport sur la baisse du niveau intellectuel des habitants d'Eden, lorsque son clone entra. À son visage, Kermarian comprit aussitôt que quelque chose n'allait pas.

— Oui ?

— OhmanD sort d'ici à l'instant. Sharon Caelan est en pleine déprime. Elle parle de tout abandonner.

— Gênant.

En effet. De plus, on est sans nouvelles d'Ohman et de RoyD. Celui ci s'est disputé avec la chanteuse. Depuis, Ohman et lui ont disparu.

— Ils sont chez les Infras. Kinski a appelé t0ut à l' heure.

KermarianD hocha la tête, l'air ennuyé.

— Qu'est ce qu ils font la bas ?

— Je ne sais pas. Comme Ohman semble avoir ses raisons d'agir ainsi, nous avons décidé de ne pas intervenir.

— Cela semble en effet la meilleure solution. Mais il faudra les surveiller de près.

— N'avons nous pas OhmanD pour Ça ?

— Oui, effectivement. Et pour la fille que fait-0n ?

Kerrnartan resta songeur un moment puis referma. Le dossier posé devant lui. Il enfonça la touche du brouilleur et forma rapidement un numéro sur le clavier de son telévid.

KermarianD se plaça à côté de lui, de façon à être visible sur les écrans de leurs correspondants.

Un à un, sept des huit écrans qui occupaient le mur, face à eux, s'allumèrent. Kermarian pressa une autre touche pour bloquer les trois portes de son bureau.

Ainsi, ils étaient totalement isolés et ne couraient pas le risque que quelqu'un entre brusquement et découvre les visages de leurs sept correspondants.

Tous firent le salut rituel, le poing fermé dans la main.

— J'allais justement convoquer le clone, déclara Kinski.

Son visage était grave. Ils savaient tous que ses raisons devaient être importantes : nul ne prenait jamais ce genre d'initiative sans un sérieux motif. Kermarian décida que le problème de Sharon pouvait attendre.

— Nous t'écoutons, dit-il.

— Un chirurgien travaillant dans mes services vient de m'annoncer une nouvelle capitale.

Il les regardait fixement à travers l'écran, et chacun eut l'impression que c'était à lui personnellement que Kinski s'adressait.

— Dans un an, deux au plus, la greffe du cerveau sera possible sur l'être humain.

Plusieurs secondes s'écoulèrent. Tous restaient muets, comme frappés de stupeur.

— Cela nous laisse très peu de temps, remarqua Kermarian.

— En effet. Dès que la nouvelle sera connue, les clones n'auront plus aucune chance d'accéder à l'Identité. La greffe du cerveau, c'est l'immortalité. Il suffira de se faire fabriquer un clone tous les cinquante ans, par exemple, pour disposer à nouveau d'un corps de vingt ans, dont on pourra changer dès qu'il commencera à présenter des signes de fatigue.

Kuntz, Premier Commissaire d'Eden, se pencha légerement.

— Ce chirurgien, s'il disparaissait ?

— Cela ne servirait à rien. Trop de gens sont au courant. Il faudrait détruire son service, et toutes les personnes avec lesquelles il est en contact. Beaucoup trop de monde.

— Alors, tout est perdu ? demanda Koln.

— Non. J'ai pu le convaincre de garder le secret pendant deux mois encore. La nouvelle sera annoncée lors de la fête du soleil. D'ici là il se taira. Je lui ai présenté ça comme une bonne surprise à faire aux' habitants d'Eden.

— C'est touiours ça de gagné, intervint KermarianD, mais la situation est tout de même bien inquiétante. Il nous reste donc deux mois pour que les clones accèdent à l'égalité avec les humains. Après il sera trop tard. À ce sujet, j'ai une autre mauvaise nouvelle: Sharon Caelan songe à quitter le Mouvement.

Avec un bel ensemble les correspondants de KermarianD eurent un geste d'agacement .Il leur exposa rapidement la situation.

— Alors, demanda t-il quand il eut terminé, votre avis ?

Les autres réfléchirent un instant puis ouvrirent la bouche en même temps pour énoncer leur verdict.

Personne ne sourit de cette coincidence: il y avait longtemps qu' elle ne les amusait plus.

Kinski prit la parole

— Cette fille est trop précieuse Le Mouvement a besoin d'elle surtout à présent. Les evenements vont se précipiter, elle ne peut pas abandonner maintenant. Sans elle, le Mouvement perdra beaucoup de sympathisants. N'oublions pas que de nombreux défenseurs du Mouvement n'y voient qu'une espèce de fan club, et ne mesurent pas exactement la portée de l'action entreprise. J'ai étudié le dossier de cette femme, comme vous, je suppose. Elle s'est faite toute seule. C'est une lutteuse. Quand elle a créé le Mouvement, c'était dans un esprit de vengeance. Pourquoi ne pas animer cet esprit qui la remettrait dans le droit chemin ?

— Tu veux tuer RoyD Ghurdal ? demanda Kermarian.

— Pas nécessairement. Nous ne serons peut-être pas obligés d'en arriver là. Mais s'il le faut... ce pourrait être la seconde étape. Les sautes d'humeur de cette jeune personne sont pour le moins... gênantes.

Les six autres opinèrent. Kinski avait parfaitement résumé leur position.

— Je pense que Kuntz et Kermarian régleront ça sans difliculté, reprit Kinski. Je leur laisse le soin des détails.

— L'essentiel, c'est de toucher la fille et de lui donner un motif de s'engager plus avant dans la lutte.

ll sourit.

— Quant moi, je vous laisse : mon travail m'appelle. À moins que quelqu'un n'ait quelque chose à ajouter ?

Comme personne ne répondait, il fit le salut rituel et son écran s'éteignit. Un à un, les autres l'imitèrent.

Seul l'écran de Kuntz resta allumé.

Kermarian et Kuntz observèrent un long silence. Ils réfléchissaient.

— Nous devons régler le problème très vite, déclara enfin le Coordinateur. Avant que cette fille n'annonce officiellement sa décision.

— C'est aussi mon avis. La question est : jusqu'où peut-on aller ?

— ll faut frapper très fort. Mais ne pas la blesser et surtout pas la tuer. Nous voulons qu'elle poursuive la lutte, pas qu'elle devienne un martyr.

— Cela ne laisse pas beaucoup de possibilités.

— En effet.

— Et on ne peut pas tuer RoyD ?

— Pas pour le moment. Il nous sera peut-être utile. Il vaut mieux le garder en réserve et, éventuellement, l'utiliser pour mobiliser un peu plus la fille.

— Je sais. Je pensais à voix haute, c'est tout. Je crois que, malheureusement, nous n'avons guère le choix des moyens.

— Le choix des moyens, c'est un luxe que nous ne pouvons pas nous offrir.

Kuntz soupira.

— Oui... Par moments, c'est quand même un peu dur.

— Tu as une idée ?

— Oui.

Kermarian haussa un sourcil intéressé.

— Non, rectifia Kuntz. C'est tellement moche que je préfère ne pas en parler.

— C'est la seule solution.

Kuntz esquissa un sourire sans joie.

— Cest vrai. Tu as dû arriver aux mêmes conclusions que moi.

Kermarian lui rendit son sourire.

— Tu n'es pas seul responsable.

— Mais c'est moi qui donnerai l'ordre.

Kerrnarian ne répliqua pas. Sur ce point, Kuntz avait raison : quel que que soit le partage des responsabilités, l'un d'eux aurait néanmoins à donner l'ordre.

Et il n'aurait pas aimé être celui-là.

Ils se saluèrent et se séparèrent sans rien ajouter.

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