Dérive 2 - le rire du Klone

Milan · Chapitre 19 sur 28

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Dérive 2 - le rire du Klone

Chapitre XIX · Kermarian descendit de voiture, juste devant le…

 

Kermarian descendit de voiture, juste devant le numéro 57: Il était seul, comme convenu.

La rue était déserte. ,

Il jeta un regard circonspect alentour, ne vit rien d'anorrnal. Le rendez-vous fixé par Ganoz lui paraissait suspect, sans doute un piège, mais les arguments avancés par le Pénitent ne pouvaient être pris à la légère.

Ganoz se disait prêt à livrer Ghurdal. Cela ne faisait guère l'affaire du clone, mais le fugitif serait quand même mieux entre les mains de Kuntz qu'entre celles des Pénitents. Et ainsi le clone retrouverait au moins le contrôle de la situation. Dans une certaine mesure.

Le Coordinateur se demandait toutefois ce que Ganoz demanderait en échange. Le marchandage serait difficile, car le lieutenant de Rissi entendait également monnayer son silence à propos des Infras. Très peu de gens connaissaient leur existence, l'information n'avait pas de prix. Maintenant RoyD était au courant. S'il avait l'intention de parler, il faudrait le supprimer. Eden n'était pas prête à entendre certaines verités. L'éduca tion serait longue, compliquée.

Supprimer Ganoz soulevait un problème beaucoup plus délicat. Les Pénitents représentaient un poids certain dans cette sociéte en vase clos. Il importait de les ménager.

Kermarian poussa la grille du 57.

Le gravier de l'allée crissa sous ses pas. Un homme apparut sur le seuil de la maison et vint à sa rencontre, le visage fermé.

— M. Ganoz vous attend dit-il.

Le Coordinateur le suivit à l'intérieur. Ils s'arrêtèrent dans le hall devant un écran.

— Voulez vous avoir l'obligeance de me remettre votre arme ? Et ceci également qui doit être un émetteur, n'est ce pas ? De toute façon, la maison et ses alentours sont protégés par un brouillard qui le rend inutile.

— Vous aussi, vous êtes armé retorqua Kermarian en désignant sur l'écran la tache qui soulignait le bras de son interlocuteur.

Le Pénitent secoua la tête d'un air peiné.

— C'est votre arme ou Ghurdal, choisissez.

Kermarian résigné obtempéra.

Satisfait, son guide le précéda dans l'escalier menant au premier étage. Il poussa une porte et s'effaça pour le laisser passer.

Le Coordinateur jeta un regard méfiant dans la pièce.

Il y avait là quatre hommes. Pas de Ganoz. Il hésita un instant puis entra. La porte se referma derrière lui.

Brusquement, il eut la certitude d'être tombé dans un piège. Pourquoi tous ces témoins pour un entretien qui devait être discret. ? Il eut un mouvement de recul, mais il était trop tard.

L'un des hommes tendit le bras et un lance aiguilles se cala dans sa paume Kermarian leva les mains devant son visage en une tentative dérisoire pour se protéger.

— Non ! Cria-t-il. Attendez ! Ganoz...

Deux aiguilles fusèrent de l'arme, silencieuses, et se fichèrent dans son cœur

Il bascula en arrière, glissa le long de la porte et s'affala sur le sol.

Son assassin s'avança, se pencha sur lui. Prudent, il lui tira une troisième aiguille dans la tête, éclaboussant le mur de sang.

— Que ta volonté soit faite, Seigneur ! clama t-il.

— Amen, répondirent les trois autres en écho.

L'homme s'approcha ensuite du télévid sur le clavier duquel il pianota rapidement un numéro. Le visage de RISSI apparut aussitôt sur l'écran.

Sans un mot, le Pénitent s'écarta afin que le Grand Maître puisse voir le corps inanimé de Kermarian qui fixait l'écran de ses yeux grands ouverts sur le néant.

— Bien, dit Rissi.

 

*

Le Grand Maître des Pénitents coupa la communication et se cala confortablement dans son fauteuil. Il resta ainsi un moment, à savourer son triomphe.

La première phase du plan avait admirablement fonctionné. Il lui fallait à présent déclencher la seconde.

Il composa le numéro du 45 de la rue Armstrong, à Manau. Pas de réponse.

D'ordinaire peu patient, il insista pourtant, refusant de croire que quelque chose ait pu contrarier ses projets.

Enfin, il raccrocha, et composa un autre numéro.

— Le 45 ne répond pas, dit-il quand son correspondant apparut. Allez voir ce qui se passe.

Puis il coupa la communication et renversa la tête.

— Seigneur, murmura-t-il. Pas maintenant. Pas si près du but. Vous devez soutenir une fois encore le pauvre pécheur que je suis. Vous le devez, pour Votre plus grande gloire.

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