Dynamique De Groupe
Thomas
« Au début, lorsque mon employeur m’a informé que je de-vrais participer à un séminaire de management, j’ai pensé que c’était une manière de sacrifier à la mode. Après tout il existe des tas de façons de claquer du fric ! Il y en a, toutefois, de plus agréables ! Le jeu, les femmes… Je me suis dit que les em-ployeurs doivent trouver plaisant de refiler du pognon à des margoulins qui débitent l’art de la guerre à la sauce Coca-Cola pour vous apprendre à être chef alors qu’ils sont devenus conseillers à défaut d’avoir les qualités du dirigeant. Bref ! Vous connaissez la phrase de je ne sais plus qui : « Si tu sais faire, tu fais, si tu ne sais pas, tu enseignes… ou tu conseilles »…
C’est pareil !
Enfin, moi je suis un militaire ! L’ordre est donné. J’exécute ! Je suis arrivé à la Grande Combe avec un peu de re-tard. L’heure de l’apéritif était déjà passée.
J’ai pris une chaise restée vide autour de la table. Mon voi-sin s’est présenté. C’était Pierre. Nous avons très vite sympathi-sé. Nous possédons, je crois, le même tempérament. Nous sommes des hommes d’action ! Sauf que Pierre est tout de même un peu plus intello que moi, mais sa cervelle n’est pas embuée par les prêchis prêchas de notre société de bonnes femmes. Vous trouvez pas, vous, que la société se féminise ? On appelle ça le raffinement, les bonnes manières, le respect de ceci ou de cela. C’est, paraît-il, la société moderne ! Tu parles ! C’est pas nouveau ! Il suffit de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur de l’histoire pour comprendre que la décadence de toute société est liée à la féminisation de la pensée, du discours, des compor-
– 37 – tements. C’est simple ! Pour moi, il y a la société de ceux qui conduisent et celle de ceux qui se font guider. Les actifs et les passifs, quoi ! Non ? Vous semblez contrarié ? C’est pourtant comme çà ! Et puis… On n’a pas choisi nos rôles dans cette his-toire ! Si vous n’êtes pas satisfait du résultat, faut vous en pren-dre à vous-même !