Dynamique De Groupe

Alain Mourgue · Chapitre 8 sur 34

Pages du PDF

Dynamique De Groupe

Simon

Je l’ai aidé à la préparation des chambres et du salon. Le soir où les invités sont arrivés, Emmanuel m’a demandé de me maquiller et a désiré que je vienne passer la soirée en sa compa-gnie car il avait besoin de moi pendant la réunion. Il voulait me préparer. Il m’a affirmé qu’il allait faire de moi une très belle et très bonne actrice pour jouer dans une sorte de pièce de théâtre qu’il a écrite afin de former des élèves adultes. Il m’a recom-mandé de lui faire confiance car il s’agissait, m’a-t-il dit, d’un rôle difficile à jouer tout en ajoutant qu’il ne doutait pas de mes qualités. Lorsque je me suis réveillée le lendemain matin j’étais dans son lit. C’est drôle, je ne me souviens pas de la fin de la soirée. »

* * *

 

SIMON

 

« Je suis venu à la Grande Combe sans aucune idée pré-conçue au sujet du séminaire. Je sais qu’il est d’usage dans les grandes entreprises de soumettre l’encadrement à des sessions de formation destinées à les préparer à l’animation des équipes ou à la conduite de réunions. J’ai déjà entendu des tas de ru-meurs plus ou moins extravagantes au sujet de la nature de cer-tains stages. Je n’ignore pas que parmi l’ensemble des consul-tants, se glissent quelques charlatans et escrocs mais je pense – enfin, j’ai pensé jusqu'à présent – que c’est à l’entreprise cliente de bien choisir et de dépenser son argent à bon escient.

Je crois qu’il convient de participer à ce type de session dans un esprit de récréation. Il faut prendre du recul et ne pas trop s’investir personnellement. Ce sont souvent des jeux de rôle et il faut en rester là sans se prendre au sérieux au point de s’insulter ou de se fâcher comme cela se produit parfois. Les

 

– 35 – consultants jouent souvent l’avocat du diable afin de provoquer des tensions et d’obliger les cadres bien lisses que nous sommes à franchir les limites des bonnes manières.

Je suis donc arrivé très décontracté. Le premier contact a été d’une grande banalité. Le site est très agréable et propice à l’oubli du quotidien. Mes collègues m’ont semblé être dans la moyenne des individus rencontrés dans ce genre de situation. On fait connaissance en parlant de sujets assez neutres comme le sport, les vacances, la gastronomie, le travail… Cela permet de passer correctement une première soirée. Celle-ci a été agré-mentée d’une visite des lieux tout à fait sympathique. Ce fut une bonne initiative de Jean-Baptiste.

Je n’ai pas été surpris de ne pas rencontrer notre anima-teur dès le premier soir.

J’ai regretté qu’il n’y ait qu’une seule femme dans notre groupe en songeant que cela pouvait déséquilibrer les relations. Une femme seule peut faire l’objet d’attentions trop marquées ou bien elle peut être rejetée d’une façon ou d’une autre de la collectivité. Sa présence dans un tel groupe génère souvent une attention un peu appuyée de la part des hommes. Le naturel et la spontanéité cèdent la place à des attitudes quelque peu artifi-cielles. J’ai pensé qu’il eut été plus judicieux de composer un groupe mieux équilibré, moitié-moitié ou homogène. Cette re-marque ne m’a pas occupé l’esprit bien longtemps. Je me suis mêlé aux conversations en essayant d’y associer Aïcha, mais sans vouloir paraître trop empressé à son égard. D’une part, elle ne correspond pas à mon type de femme et, d’autre part, je n’avais nullement l’intention de flirter à l’occasion de ce sémi-naire. Ce genre d’attitude crée un état d’esprit épouvantable au sein de l’équipe. Enfin, j’aime ma femme et je lui suis fidèle. Nous nous faisons confiance mutuellement. »

* * *

 

– 36 –