Elle voulait simplement déjeuner en paix
Chapitre 2
Chaque soir, autour de la table, les discussions sont animées. Chacun raconte sa journée. Cyprien énumère ce qu’il a fait à l’heure près. Mais ce qui lui prend le plus de temps, c’est de raconter le meilleur moment de sa journée : la cantine.
— Alors ce midi on a mangé en entrée des carottes râpées, j’étais content, car moi j’aime bien les carottes crues, mais pas cuites et Lubin, lui, il aime pas les râpées, il les préfère chaudes. Après, en plat, on a mangé des lasagnes, mais pas du tout comme les tiennes, avec de la salade verte. J’aime pas trop, mais j’en ai mangé un peu et en dessert un yaourt. Moi j’ai choisi à la vanille et Lubin au chocolat.
— Super chéri, tu apprécies le déjeuner à ce que j’entends, et sinon à l’école tu as bien travaillé ? La dictée ? demande Pauline.
— Je me rappelle plus ce qu’on a fait. Le maître il a pas encore corrigé la dictée alors je sais pas.
— D’accord très bien. Et toi, Victoire, ç’a été l’école ?
— Oui, j’ai fait une grosse sieste.
— Moi aussi, j’aimerais bien faire une sieste au boulot, parfois. Je suis fatiguée en ce moment. Et tu as fait quoi d’autre ? De la peinture, tu as appris une nouvelle chanson ? questionne Pauline.
— Je sais plus !
— Et toi chéri, ta journée ?
— Top secret !
— Personne n’a envie de partager sa journée, bougonne Pauline. La mienne vous intéresse ? Non ! Très bien. Allez, hop ! Dessert et au lit.
— Ne te vexe pas ma chérie, tente de minimiser Jérôme. Ce soir, c’est moi qui lis l’histoire, d’accord les enfants ?
— Oui, crient en cœur Cyprien et Pauline.
Jérôme commence à débarrasser la table, pendant que les enfants se brossent les dents. Pauline termine en attendant que son mari couche les enfants. Une fois redescendu, Jérôme se faufile derrière Pauline qui remplit le lave-vaisselle.
Pauline et Jérôme s’aiment depuis une dizaine d’années et sont mariés depuis cinq ans. On peut dire que ces deux-là ont fait les choses dans l’ordre. Ils ont fini leurs études, ont trouvé un emploi stable. Ils ont pris un appartement dès qu’ils ont signé leurs CDI respectifs. Au bout d’un an, ils ont décidé qu’il était ridicule de payer un loyer pour un logement trop petit et pas vraiment à leur goût, et se sont dit que pour le même budget, ils pouvaient construire une chaleureuse demeure. Alors, ils ont fait le grand saut, souscrit un emprunt à la banque sur vingt ans et sont devenus propriétaires d’une maison dans un lotissement en périphérie de la ville. Jérôme s’est découvert une passion pour le bricolage et a posé tout le parquet, il a fait toutes les peintures et avec l’aide de son père, il a carrelé toute la salle de bain et posé la cuisine aménagée.
Une fois descendu, Jérôme revient dans la cuisine pour finir d’aider Pauline, mais finalement, il glisse ses mains sous son chemisier et lui embrasse la nuque.
— Ouh, toi, je te vois venir. Tu es d’humeur bien câline !
— Pas du tout, je n’ai pas le droit d’enlacer ma magnifique femme ?
— Bien sûr, n’exagère pas trop. Tiens, voilà, l’éponge, il reste la table à nettoyer et à essuyer. Moi je vais me détendre sur le canapé, il y a la nouvelle saison de Good doctor qui commence ce soir, j’adore.
— Connais pas, répond Jérôme en remplissant avec minutie la tâche que lui a confiée Pauline.
— Mais siiiii… Tu sais, le docteur qui a le syndrome d’Asperger. Tu me rejoins bientôt ?
Jérôme s’installe à l’autre bout du canapé puis attrape la jambe de sa femme, lui ôte ses escarpins et lui masse le pied. Sensation incroyable de bonheur et de relâchement, Pauline en redemande, en présentant à son mari son pied gauche. Jérôme prolonge le massage en remontant sur les mollets. Pauline soupire de plaisir.
— Oh oui, encore, ça fait un bien fou, j’ai voulu faire ma belle en arborant mes nouveaux escarpins de douze centimètres au boulot, plus jamais. Merci, chéri.
Sans un mot, Jérôme traverse le canapé en gardant ses mains sur le corps de Pauline, puis se retrouve au-dessus d’elle. Il l’embrasse d’abord tendrement et laisse vagabonder ses mains, partant à la découverte de chaque parcelle de son corps. Pauline frémit de plaisir, ses réactions ne laissent aucun doute à Jérôme qui décide de poursuivre leur jeu coquin. Il déboutonne son chemisier et parcourt sa peau de millions de bisous. Ses mains, toujours en action, se portent maintenant sur la poitrine de Pauline. Il sent déjà durcir ses tétons. Ses mains englobent parfaitement les seins de sa belle. Ni trop gros ni trop petits, juste ce qu’il lui faut. Il remarque néanmoins une différence inhabituelle au sein droit, il le trouve différent sans vraiment parvenir à l’expliquer. Mais il ne dit rien. Jérôme a envie de sa femme depuis qu’il est rentré du travail, depuis qu’il l’a aperçue, perchée sur ses escarpins rouges, ses jambes galbées dans son jean slim et avec son chemisier beige légèrement transparent, laissant deviner ses dessous. Malgré les années qui passent et leurs deux enfants, il désire chaque jour sa femme, comme lors de leur premier baiser. Il la trouve toujours aussi drôle et belle.
Jérôme se dresse, soulève Pauline dans ses bras et la porte précipitamment jusque dans leur chambre à coucher. Pauline se met à rire. Il commence à la déshabiller avec passion, l’embrasse avec fougue. Ils s’aiment comme au premier jour.
— Chut ! Ne fais pas de bruit, les enfants dorment, chuchote Jérôme au creux de son oreille.
Jérôme dégrafe le soutien-gorge en dentelle blanche de sa femme. Elle s’offre complètement à lui, ses tétons pointant avec insolence vers la bouche de son homme. Il la caresse avec tendresse, en continuant son massage sur la nuque, les trapèzes, puis il parcourt le corps de Pauline avec ses mains chaudes, quand il distingue à nouveau la grosseur. Il ne relève pas sur le moment, pris par la passion. C’est en embrassant à nouveau ce sein qu’il prononce, inquiet :
— Chérie tu as senti ces petites boules-là, sur tes seins ?
— Où ?
— Là !
Jérôme encercle avec son doigt la zone en question.
— Vas-y doucement, ça fait mal, déclare Pauline, surprise, en se palpant le sein droit. Ah oui, je les sens aussi.
Un peu déconcertée, mais toujours le mot pour rire, elle continue :
— La partie de jambes en l’air n’est pas terminée quand même ?
— Non je n’en ai pas encore fini avec toi ma belle, mais consulte rapidement, on ne sait jamais…
Dans la pénombre de leur chambre, Pauline prend le contrôle et commence à déshabiller Jérôme. Il n’a pas un corps parfait mais il est musclé là où il faut. La naissance de sa petite bedaine fait craquer Pauline. Après de tendres préliminaires, ils ne font plus qu’un.
Rassasiée et heureuse, Pauline palpe à nouveau son sein. Effectivement, c’est étrange, elle n’a jamais rien senti auparavant, cela ne lui faisait pas mal. Elle attrape son portable et se connecte à Doctolib pour prendre rendez-vous, elle sait que sa sage-femme propose des consultations rapides.
— Chéri, tu dors ?!
— Oui enfin non, pose ton portable et dors, le réveil sonne dans quelques heures.
— Chéri, pour le rendez-vous, c’est demain matin, sinon le prochain créneau de libre c’est dans cinq semaines. Demain, j’ai déjà une grosse journée entre les courses, le ménage…
— Et le café avec les copines, coupe Jérôme.
— Ah ! c’est mon jour de repos. Je fais ce que je veux quand même, annonce Pauline sur un ton un brin rebelle.
— Prends-le, on ne sait jamais.
Il est 23 h 30 quand Pauline valide le rendez-vous du lendemain à 9 h 40 avec sa sage-femme.
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