La cité des eaux

Henri de Régnier · Chapitre 9 sur 50

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La cité des eaux

Les Feuilles

Ta robe lente, pas à pas, soulève et traîne Un bruit de feuilles d’or et de roses fanées, Et dans le crépuscule où finit la journée L’automne est las d’avoir entendu les fontaines.

 

Si tu passes le long des eaux vastes et vaines, La statue, anxieuse et la tête inclinée Écoutant dans l’écho le pas de l’autre Année, Ne te reconnaît plus et te regarde à peine.

 

La Vestale au ciel gris lève ses yeux de marbre, L’Hermès silencieux dérobe d’arbre en arbre Son socle nu de terme et son masque de faune, Et, dans le miroir clair que tu tiens à la main, Tu portes, reflétés, le parc morose et jaune Avec ses dieux, ses eaux et ses verts boulingrins.