La cité des eaux

Henri de Régnier · Chapitre 2 sur 50

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La cité des eaux

Perspective

Le cuivre du trophée et le bronze du buste Juxtaposent l’or jaune et la patine verte; Le carquois se suspend près de la corne ouverte, Cérès en fleurs sourit à Diane robuste.

 

Le parquet de bois clair mire la fresque inverse Où trône le Héros que la Victoire illustre; L’éclair silencieux rôde de lustre en lustre, Et le soleil s’irise au cristal qu’il traverse.

 

Le glorieux Passé, nu sous son laurier d’or, Par les fenêtres, voit se refléter encor, Dans l’échiquier verdi des portes de miroirs, Le lys mystérieux du jet d’eau, et, votifs, Dressant sur le ciel clair leur double bronze noir, Le cippe d’un cyprès et la stèle d’un if.

 

L’ODEUR

 

Si tu songes l’Amour, si tu rêves la Mort, Si ton miroir est trouble à te sourire, écoute Les feuilles, feuille à feuille, et l’onde, goutte à goutte, Tomber de la fontaine et de l’arbre. Tout dort.

 

La rose de septembre et le tournesol d’or Ont dit l’été qui brûle et l’automne qui doute; Le bosquet s’entrelace et la grotte se voûte, Le dédale et l’écho te tromperaient encor.

 

Laisse l’allée oblique et le carrefour traître Et ne regarde pas à travers la fenêtre Du pavillon fermé dont la clef est perdue.

 

Silence! L’ombre est là; viens respirer plutôt, Ainsi que les hermès et les blanches statues, L’amère odeur du buis autour des calmes eaux.