La cité des eaux
Le Fleuve
Emporte dans tes yeux la couleur de ses eaux.
Soit que son onde lasse aux sables se répande Ou que son flot divers, mine, contourne ou fende La pierre qui résiste ou cède à ses travaux; Car, sonore aux rocs durs et plaintif aux roseaux, Le fleuve, toujours un, qu’il gémisse ou commande, Dirige par le val et conduit par la lande La bave des torrents et les pleurs des ruisseaux.
Regarde-le. Il vient à pleins bords, et sa course Mène jusqu’à la mer la fontaine et la source Et le lac tout entier qu’il a pris en ses bras.
Sois ce fleuve, Passant! que ta pensée entraîne En son cours où toi-même, un jour, tu les boiras, Ta source intérieure et tes eaux souterraines.