La cité des eaux

Henri de Régnier · Chapitre 16 sur 50

Pages du PDF

La cité des eaux

Fond de Jardin

Le noir lierre aux douces roses enlacé Décore le portique et son treillage vert, Et l’on voit s’entr’ouvrir le pétale de chair Près du feuillage en coeur qui vers lui s’est glissé; Une amoureuse odeur de soir et de passé Se mêle au dur parfum terrestrement amer; La fleur de sang sourit à la feuille de fer, Car de leur double poids son orgueil s’est lassé.

 

Un bassin, à l’écart, où rôde, ombre d’or grave, Un cyprin, ça et là, qu’une herbe glauque entrave, S’engourdit, et sa moire à jamais léthargique Mire un dauphin de saxe arqué sur son piédouche Et, seule, la plus haute au faîte du portique, L’image, inverse en l’eau, d’une rose à sa bouche.