La cité des eaux
La Nymphe
L’eau calme qui s’endort, déborde et se repose Au bassin de porphyre et dans la vasque en pleurs En son trouble sommeil et ses glauques pâleurs Reflète le cyprès et reflète la rose.
Le Dieu à la Déesse en souriant s’oppose; L’un tient le sceptre et l’arc, l’autre l’urne et les fleurs, Et, dans l’allée entre eux, mêlant son ombre aux leurs, L’Amour debout et nu se dresse et s’interpose.
Les talus du gazon bordent le canal clair; L’if y mire son bloc, le houx son cône vert, Et l’obélisque alterne avec la pyramide; Un Dragon qui fait face à son Hydre ennemie, Tous deux du trou visqueux de leurs bouches humides Crachent un jet d’argent sur la Nymphe endormie.