La mélodie des sentiments

Jane Yam · Chapitre 22 sur 31

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La mélodie des sentiments

Chapitre 22

Ludovic

Pourtant le dossier des policiers s’étoffe, toutes les traces mènent au même

ndividu. L’étude des réseaux sociaux se montre fastidieuse. La diffusion du

ortrait-robot déclenche un raz-de-marée. Les gardiens de la paix se trouvent épassés et exercent un tri entre des informations loufoques et des

enseignements pertinents. Des futés cherchent leur quart d’heure de gloire ans se rendre compte qu’ils entravent les recherches en les envoyant souvent

ers des culs-de-sac. Par contre, quatre appels retiennent leur attention. Des quipages s’envolent aux adresses indiquées et font chou blanc sur les trois remières. La dernière, une entreprise spécialisée dans les spectacles de scène

on et lumière, tilte dans l’esprit de Hugo.

— Les gars ? Ça ne vous dit rien ? questionne-t-il en montrant l’enseigne.

— Mais bien sûr, pourquoi n’y a-t-on pas pensé plus tôt ? Quel meilleur

moyen pour ce fumier d’approcher sa cible, s’énerve Ludovic ! On a supposé

u’il s’agissait d’un fan, on a jamais imaginé que cela pouvait être une ersonne qui bosse dans le milieu du spectacle.

— Croisons les doigts pour que l’on se trouve à la bonne adresse, grince

Alban. Je ne vous dis pas le nombre de boîtes qui existent en Ile-de-France.

— On sait où chercher dorénavant, confirme Marc.

À leur entrée, une secrétaire d’environ 30 ans, le visage en forme de cœur,

a chevelure blond platine, leur sourit. Elle coche les cases pour attirer les egards masculins.

— Que puis-je pour vous ?

— Pourrions-nous voir le directeur, nous sommes policiers ? lance Alban.

Elle pâlit et perd son sourire.

— Je vais le chercher, bégaie-t-elle en se levant d’un bond.

Elle disparaît comme une flèche dans le couloir derrière elle.

— Pourquoi produit-on toujours cet effet ? À croire qu’ils doivent nous acher un truc, s’amuse Ludovic.

— Peut-être le fait du nombre, ose Alban, pince-sans-rire.

— C’est ça, oui, ironise Hugo.

L’arrivée d’un homme, taillé comme un bûcheron, vêtu d’une salopette yant connu des jours meilleurs, les fait taire. Ce gars ne se contente isiblement pas de donner des ordres : il plonge les mains dans le cambouis. es cheveux poivre et sel retombent en vagues sur son front bombé et large. on visage anguleux et rude se couvre d’une épaisse barbe.

— Daniel Leblanc, comment puis-je égayer la journée de quatre policiers ?

— Quelqu’un ici, nous a contactés au sujet d’un portrait-robot, explique Marc

— Oui c’est bien moi, mais j'ai un doute. Malgré tout, je pense qu’il peut ’agir d’un de mes gars. Il bosse quand ça le chante, impossible de savoir ce

u’il a dans le crâne. Il n’a aucun ami. Il est agressif, hurle, ou reste muet des

ours durant. Je l’ai embauché même s’il n’a pas de diplôme pour qu’il donne

n coup de main à mon ingénieur son et lumière.

— La dernière fois que vous l’avez vu, c’était quand ? réagit Hugo.

— Lors de l’émission de KG, il s’est barré juste avant que l’on range le matos. On a appris pour votre collègue, il va bien ?

— Plus de peur que de mal, merci. Votre gars vit seul ? Il a une famille ? Quel âge a-t-il ?

— Pour la famille, aucune idée, il a 24 ans. Pendant un moment, il a créché ans la rue, il ne garde aucune place. Je me demande s’il y a l’eau et le gaz à ous les étages. Partout, on rencontre des histoires avec lui, insiste Leblanc en moulinant l’air avec ses mains, il se prend de bec avec les managers, les

oadies.

— Les roadies ? demande Alban.

— Les machinistes itinérants, ils suivent les artistes sur leurs tournées, il a

ailli me faire perdre des contrats.

— Avez-vous bossé avec Keller ? coupe Ludovic.

— Plutôt oui ! Quel connard celui-là ! Il nous a accusés de vol et rien

’allait jamais. Notre contrat courait sur la dernière tournée de son pianiste.

’avais décidé de ne pas renouveler.

Les flics se regardent, la même pensée dans la tête.

— Peut-on obtenir ses coordonnées ? questionne Hugo.

— Sandrine, gueule le propriétaire de la boîte à l’adresse de la secrétaire estée en retrait, sors-moi le dossier de Nathan Létrier. Vous lui direz qu’il est

iré.

— Merci de votre aide, opine Hugo.

— Quelle connerie il a commise cette fois, il a tué quelqu’un ? demande-t-il

toppant net ses allers-retours. Il en est capable. Lors du talk show, il s’est rué ur le gars qui dirigeait les projos. J’ai dû intervenir. Il était fou parce que

autre lui avait soi-disant mal parlé, continue-t-il avec un haussement ’épaules. Ce qui est impossible, car il est muet de naissance et tourne avec ous depuis dix ans. Ce connard l’étranglait, je lui ai décoché une droite.

C’est un sanguin.

— Merci pour tout, restez à notre disposition, il est fort possible que nous

evenions vers vous.

Ils sortent, le précieux dossier sous le bras. Ludovic attrape son portable out en parlant à ses collègues.

— Bon les gars je ne sais pas vous, mais je crois qu’on tient notre client,

ourit-il avant de faire le numéro de leur patron pour l’avertir de la bonne

ouvelle.

Rentré au bureau, une avalanche de renseignements trône à présent sur le ableau d’enquête et la diffusion du portrait-robot a permis à cette dernière de aire un véritable bond en avant.

Maxence s’en veut terriblement de ne pas l’avoir utilisé plus tôt, même s’il vait ses raisons de ne pas le faire.

Le suspect ne pouvait pas bosser plus près du pianiste, cette nouvelle le rappe en pleine face. Le criminel dispose d’une adresse et d’un nom, il n’y a

lus qu’à le serrer.

 

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