La mélodie des sentiments
Chapitre 4
Florian
Aujourd’hui
Maxence avait été le premier à parler de Charline sans prendre des incettes, provoquant le déclic. C’est encore lui qui l’accompagna à sa remière réunion. Quelle ne fut pas sa surprise en rencontrant son parrain, elui-ci n’était autre que le grand frère de Maxence, Éric. L’homme s’était erdu à la mort de sa femme et du bébé lors de l’accouchement. Il avait isparu de la surface de la Terre et n’était revenu qu’au décès de Corentin. lorian avait pris conscience que tout le monde traversait son propre enfer, un our dans sa vie, et s’en sortait comme il le pouvait. Face à cette réalité, pour
lorian, plus rien n’avait résonné pareil. Sa danse diabolique avec la divine outeille s’était achevée. Le psy que Maxence lui avait conseillé l’avait aidé à
etrouver un esprit affûté. Il avait soufflé tel un bœuf à la reprise du sport,
mais là aussi ça devenait plus facile. Au bureau, il s’était excusé auprès de ses
ollègues qui ne lui avaient tenu aucune rigueur du passé.
Ces trois mois, il les avait parcourus à la manière d’un chemin escarpé, pas
pas. Tapier et Marty, en silence, le soutenaient dans son parcours. Malgré
out, partager ses soirées avec quelqu’un en rentrant lui manquait. Son énergie
e retour, il reprenait du poil de la bête, dormait mieux et récupérait un bon
ythme au travail. Renouant avec une certaine paix, il percevait à nouveau la aresse du soleil ainsi que le bruit du vent dans les branches. On le trouvait lus sociable. Ce fut évident quand le divisionnaire l’intégra à une enquête, autorisant à sortir de son confinement au bureau.
À cet instant, il ne savait pas ce qui avait changé, mais il eut la certitude que ’était le moment de passer à autre chose. Sa vie se réaxait. Il allait tenir ce ouveau cap. Le grand patron hurla dans le couloir.
— Delavent ! Dans mon bureau et fissa.
Il jeta un regard inquiet à Maxence, qui le rassura d’un sourire. Une fois ntré dans l’antre du lion, il avait vu celui-ci l’examiner, sourcils levés en arc.
— Vous allez la garder ? Euh… cette coiffure ? avait-il grogné.
— Rien ne s’y oppose, je dois rester correct, si je me souviens bien.
— Ce n’est pas vraiment règlementaire.
Florian avait laissé pousser ses cheveux pour dire adieu à celui qu’il était
vant ce marasme. Pour sa reprise, il les avait tressés dans une natte qui
ouchait ses cervicales.
— On ne change pas un zèbre en âne, hein ! Heureux de vous voir redevenu
ous-même. Je n’oublie pas votre perte, s’occuper est encore le meilleur
moyen d’avancer. J’ai dû vous mettre ce coup de pied au cul et je ne le
egrette pas. Je suis content de voir que vous respectez votre part du marché.
Florian sourit intérieurement, son boss lui faisait toujours penser à
inspecteur-chef Gontier, qui dirigeait Gadget dans le dessin animé des
nnées 1980. Il toussa dans le creux de sa main pour se reprendre.
— Je le suis à la lettre, monsieur.
— Parfait, je vous trouve suffisamment alerte pour intégrer cette
nvestigation étrange. De ce fait, je vous rends le commandement de chef de
roupe avec votre équipe, Ludovic Tapier et Hugo Marty. Vous les trouverez
nchangés. Je ne sais pas s’il faut s’en réjouir ou pas… Montrez-moi que le
Delavent que je connais est bien de retour !
— C’est encore un nouveau test ?
— Exactement, mais vous en avez relevé de plus difficiles, non ?
C’est là que Florian sut qu’on lui faisait confiance de nouveau pour être
pérationnel.
— L’affaire venait d’être classée en accident routier. Mais des
ebondissements nous ont sauté à la figure et nous prouvent le contraire.
Voyez avec vos collègues, bonne chance à vous. Dénouez-moi ce sac de œuds. Vu l’importance de la victime, ça s’impatiente dans les étages, vous
avez ce que ça veut dire.
— Qu’ils veulent des réponses pour hier.
— Exact, allez, foutez-moi l’camp, ordonne le divisionnaire.
Une claque sur l’épaule de la part de Tapier et Marty suffit à montrer leur ccord. Le premier lui tend un dossier qu’il étudie en silence. Après sa lecture,
relève la tête, ébahi.
— Aucun doute, impossible que ce soit un accident de la route, lâche lorian.
— Non et nous sommes les seuls, avec le commandant à le savoir, répond Hugo, levant les épaules.
— Je n’étais pas en état lorsque j’en ai entendu parler, mais Keller n’était as seul ?
— Frédéric Carmichaël, son poulain, a sacrément morflé. À 30 ans, sa vie emble tanguer férocement, déclare Ludovic.
— Attendez une minute, vous parlez bien du grand Carmichaël ?
— Pourquoi, tu le connais ?
— Il n’y a que des ignares dans ton genre pour ne pas savoir qui il est. Son oucher est magique. Son jeu t’emporte dès qu’il pose les doigts sur les ouches de son instrument.
— Moi, le classique ! C’est juste une masturbation pour intellos, ajoute Hugo d’un air dégoûté.
— Tu devrais t’ouvrir à autre chose qu’à Nirvana, Metallica, Scorpions, ou même Beyoncé, mec. Bon, dites-moi ce que nous avons, inscrivons les
remiers éléments sur le tableau d’enquête pour plus de clarté.
Les deux policiers épinglent tout ce qu’ils possèdent sur l’affaire. Florian ’assied et attend qu’ils terminent. Hugo reprend l’ordre dans lequel se sont éroulés les faits.
— Après le concert, Keller et le pianiste se sont rendus à la petite sauterie
u Georges V pour y rejoindre environ deux-cents personnes. On a interrogé
e concierge et le voiturier, d’après eux, il y avait de l’eau dans le gaz entre les
eux hommes. De plus, la veille, le chargé de fortune du musicien avait éposé une plainte contre le manager pour détournement.
— Il serait peut-être judicieux de creuser cette piste alors, rétorque Florian.
— En plus, les résultats de l’analyse de sang du conducteur étaient positifs
u niveau du taux d'alcool ce qui a conduit à la classer sans suite, son passager tant clean, affirme Ludovic.
— Et quoi ? Qu’est-ce qui a motivé cette nouvelle urgence ?
— Un des techniciens de la PTS1 a découvert sur le véhicule de Keller, un
ystème de prise de commandes à distance qui nous a ouvert de nouveaux
orizons. Mais ce qu’il nous reste à découvrir, c’est qui était visé, car ça peut tre n’importe lequel des deux hommes. On a commencé à fouiller du côté de
Keller. Il trempait dans des trucs louches. Ses ordinateurs récupérés par la
cientifique renferment des dossiers douteux. L’un d’eux, crypté, a capté leur ttention. On y a trouvé une double comptabilité, mais les gars n’ont pas ncore terminé toutes leurs investigations. Ensuite, ce qu’il serait bon ’étudier, c’est si, avec tous ces éléments, on réussit à trouver un fil onducteur qui puisse relier les commanditaires. On tient une explication à
eur engueulade à la sortie de la soirée, poursuit Hugo.
— Il a morflé à quel point ? Il est en mesure de nous parler ?
— Il serait aveugle. Il a déjà subi plusieurs opérations, de la main et du oignet gauche. J’ai notifié une réclamation d’infos au docteur Charmille. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle n’est pas facile. Elle m’a envoyé
alader se cachant derrière le secret médical. Elle ne bougera pas sans la emande officielle d’un juge. Donc non pour l’instant, ce gars est injoignable.
— Charline en dressait un portrait phénoménal. Pour elle, c’était une
ointure dans son domaine, se souvient-il. Une possibilité d’écarter le ianiste ?
— Nous n’écartons personne, formule Ludovic. Ce montage penche un peu lus contre l’agent, mais ça ne suffit pas. Celui qui a installé ce stratagème ’est approprié les commandes. Au moment du choc, le compteur était bloqué ur cent-quinze et l'airbag ne s’est pas déclenché.
— Dans Paris ? Putain ! Espérons que Carmichaël va pouvoir nous donner es réponses, vous avez son adresse, parce que c’est urgent, doc ou pas, on va evoir le rencontrer. Je fais une demande au procureur.
C’est avec un tas d’énigmes que les trois policiers s’étaient rendus rue de Rivoli. Pour Florian, le mystère s’épaississait trop à son goût. Aucun doute,
es tripes le lui hurlaient, cette enquête n’allait pas être simple à éclaircir.
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