La mélodie des sentiments
Chapitre 27
Florian
Florian a quitté le commissariat, remonté comme une pendule. Il rejoint son mant dans leur chambre à l’hôtel. Celui-ci est en train d’enfiler une veste. Le apitaine fonce sur lui, narines frémissantes, plaçant ses mains tremblantes sur es épaules.
— Qu’est-ce qui te prend, putain, de foncer sur le danger comme ça ? Je ne uis pas d’accord, je…
— Il faut en finir, coupe Frédéric, têtu. J’ai décidé, c’est comme ça et je ne hangerai pas d’avis. Je ne vais pas passer mon temps à surveiller mes rrières. Je veux que nous puissions démarrer une vie normale, ça te va omme ça ? grince Frédéric se tenant rigide face à son compagnon.
— Il semble que tu ne me donnes pas le choix, mon chat, mais si tu récoltes e moindre bleu, je viens te tuer moi-même. Je ne perdrai pas à nouveau la
ersonne que j’aime. Nous… ce n’est pas une erreur, ajoute-t-il la voix ibrante, le secouant légèrement.
— Je suis désolé pour Charline, réfléchis un peu, les conditions ne se essemblent pas, nous connaissons la partition alors tu te calmes s’il te plaît.
nsuite, je veux un baiser avant de descendre dans l’arène.
Florian sait reconnaître quand le combat est perdu, il dépose un baiser sur ette bouche tentatrice et l’aide à descendre dans le salon. Une fois en bas, ’est le branlebas de combat. Il s’adresse à l’intendant.
— Henri, nous ne rentrerons pas à l’hôtel, nous nous rendrons au ommissariat après l’arrestation de ce cinglé. Frédéric a le droit de voir la fin u tunnel.
— Si cela ne vous dérange pas, j’aimerais être là aussi, lance l’intendant.
— Pas de problème, à plus tard, Mama, chuchote le capitaine, je veille sur
ui.
Frédéric se retrouve dans les bras de sa grand-mère qui lui murmure à
oreille.
— Mon petit chéri, ce n’est pas un jeu, alors écoute Florian et soyez
rudents.
— Promis, lancent simultanément les deux hommes.
Alors que le filet se resserre autour de lui, tapi dans l’ombre, le suspect, très
gité, attend. Il n’est pas retourné chez lui depuis qu’il a envoyé ce connard e flic rencontrer son éternel. Il est resté planqué dans le parc à réfléchir sur effondrement de son monde. Tous ces salauds se soudent dans le même
omplot pour les séparer. Il n’en peut plus.
Il se prépare à regagner son taudis lorsqu’il aperçoit un petit groupe
’hommes, avec parmi eux la silhouette qu’il reconnaîtrait entre mille, celle e Frédéric. Il les voit se diriger vers l’appartement de la vieille. Enfin, la hance tourne en sa faveur, sauf que son état d’esprit a changé. L’amère vérité emeure, il leur faudra toujours lutter pour vivre ensemble. Le seul choix qui
este est leur mort. Nathan aurait aimé demeurer une ombre, mais pour le
moment, il cherche le moyen d’accéder à son Graal là-haut. Les pièces
éclairent pour n'en laisser qu’une illuminée. Les hommes qui l'accompagnent
essortent. Ils l’abandonnent, seul là-haut ? Quels connards ! Ils ne savent pas
qui ils ont à faire, ils le prennent vraiment pour un débile.
Il vérifie qu’ils sont vraiment partis pour traverser la rue. Tremblant, à sa rande surprise, il entre sans difficulté. Du rez-de-chaussée, son morceau référé l’atteint en plein cœur, c’est un signe du destin. À pas feutrés, il rimpe vers celui qu’il aime, son cœur palpite, ses mains deviennent moites. ur le palier, il tourne la poignée en laiton, s’introduit dans le hall et se fige un nstant. Aucun autre pianiste au monde ne possède ce toucher aérien.
Lentement, il suit le rai de lumière, sa déception le foudroie. Frédéric ne oue pas, il écoute le morceau sur une platine, installé sur le canapé, dos à entrée. Il ne le savait pas si prétentieux, ça le fout en colère, ainsi son
olosse est juste un colosse aux pieds d’argile.
— Je savais que tu me reviendrais, même si j’en ai douté parfois. Nous nous encontrons enfin sans ces abrutis qui s’interposent. J’ai éliminé les plus mportants, Keller était une grosse merde qui t’ennuyait. Il n’en avait pas le
roit. La seule personne qui aurait pu m’aider ne l’a pas voulu. Si elle s’était
enue tranquille, je n’aurais pas été obligé de la tuer, elle aussi. C’est de sa aute, note-le.
Ludovic se retient de bouger, son portable sur enregistrement à côté de lui. es doigts se crispent sur la crosse de son flingue. Statufié sur le seuil, Nathan ontinue perdu dans son délire.
— Quant à ton nouveau mec, je peux pas dire que je regrette. Le voir rôder ans les coulisses, savoir qu’il t’empêchait de venir vers moi, je devais le tuer. Avec lui, je sentais que c’était différent. Il te regardait comme si tu lui
ppartenais, t’aurais vu sa tronche lorsque je lui ai dit qu’il ne pouvait y avoir ue nous deux.
Ludovic entend les pas venir vers lui sur le parquet.
— Tu pourrais au moins me regarder quand je te parle, c’est quoi ce irque ? s’énerve Nathan.
Ludovic saisit le moment où l’autre lève le bras dans un léger déplacement ’air pour se mouvoir. Les poils sur sa nuque se hérissent. Soudain, la pièce ’illumine. Les yeux écarquillés, Nathan fixe les flics un à un, tous, armes au
oing. Soulagé, le lieutenant lâche sa respiration.
— Létrier, laissez tomber ce couteau, éloignez-vous du canapé mains sur la ête, tonne la voix de Maxence, son révolver pointé sur le suspect efflanqué et
rasseux.
Celui-ci reste figé comme un cerf pris dans les phares d’une voiture. Ses eux cessent de papillonner alors que la réalité lui apparaît enfin. Les policiers uivent ses expressions, la surprise, l’incrédulité, la compréhension, la défaite
uis la rage.
— C’était un putain de piège ! éructe-t-il. Vous avez caché la cage dans le
écor, sans oublier d’y mettre l’appât. Puis vous avez attendu que la bête s’y
aufile avant de baisser la herse. Vous êtes des putains d'enfoirés !
Son corps vibre de fureur, sa bouche se tord dans un rictus. Il balaie les Robocop du regard. Cette fois, il est cuit. La scène semble surréaliste.
— Je vous ai ordonné de jeter ce couteau au sol, répète Maxence glacial.
Il le laisse tomber, la lame se fichant debout dans le plancher.
— Je veux voir Frédéric, ordonne-t-il, alors que Ludovic lui passe les
menottes.
— C’est facile de voir qu’il n'est pas là, il est en sécurité loin de toi, aboie le
olicier. Il ne t’a jamais porté le moindre intérêt, ailleurs que dans ton cerveau érangé. Tenez patron, l’enregistrement, dit-il, en tendant son portable à
Maxence.
— Une petite chose avant de partir, le policier que vous avez poignardé va
ien, un peu secoué, mais debout, lance Ludovic.
— C’est dommage que je l’aie raté, il n’aura pas Frédéric. C’est moi qu’il
ime. On a toujours communiqué en secret, Frédéric va trouver le moyen de
me sortir de vos pattes, bande d’ignares.
— Dans votre tête de fêlé, certainement !
Nathan voit l’ombre de celui qui dirige ce foutoir venir vers lui. Il cligne es yeux devant ce géant vêtu d’un jean et d’un blouson de cuir élimé. ’homme, un paquet de muscles aux traits anguleux, ne trompe pas Nathan. Aucun doute, Thor peut lire dans ses pensées, il se ferme.
— Je n’ai pas peur, vous êtes un Dieu arrogant, continue-t-il sans baisser le
egard.
— Personne n’avait osé me donner ce titre, les Dieux se foutent des mortels,
mais je vais prendre ça pour un compliment, rit-il. Je suis seulement le
ommandant Chartreux. Cependant, vous avez raison, je tiens plus du tigre ue du chaton. Vous, comme le petit Poucet, vous avez semé des tas d’indices ui vont nous confirmer beaucoup de choses.
Maxence lui lit ses droits. En procession, ils quittent l’appartement pour monter dans les véhicules qui les attendent, direction la criminelle.
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