La mélodie des sentiments

Jane Yam · Chapitre 28 sur 31

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La mélodie des sentiments

Chapitre 28

L’ombre

Lorsqu’il passe les portes du commissariat entouré de deux inspecteurs, il

ile net à la vue de son Frédéric qui tient la main du flic poignardé. Ainsi, ’est vrai ! Si un regard pouvait tuer, il serait raide mort au sol.

Des mains nerveuses le poussent dans une pièce meublée d’une table, de

uatre chaises et d’une caméra sur trépied. Un flic l’a attaché comme un utain de clébard à un maillon, il tire sur les menottes, seul le bruit résonne. Il

egarde son reflet dans l’immense glace, ne sachant pas ce qui l’attend. Il ne

eut que rester assis, soudain la porte s’ouvre pour céder le passage à Thor.

— Alors, commence-t-il en regardant sa montre, il est 21 h 15, à partir de

maintenant vous êtes en garde à vue pour vingt-quatre heures. Vous pouvez

oir un médecin, avertir une personne de l’endroit où vous vous trouvez et emander un avocat.

Le suspect le fixe méchamment et demeure muet. Maxence dépose un

norme dossier sur la table et son regard se cristallise sur lui.

— Vous vous trouvez dans nos murs pour plusieurs délits. Nous vous

oupçonnons d’avoir trafiqué le véhicule de Clément Keller, entraînant sa

mort et des blessures irréversibles sur monsieur Carmichaël. Vous êtes accusé

’avoir assassiné mademoiselle Langlois, mais aussi pour tentative de

meurtre sur une personne ayant autorité. Vous allez être poursuivi pour

arcèlement et agression sur madame Carmichaël. Jusque là, vous suivez ?

— Blablabla… vous ne savez même pas qui je suis ! Rien à foutre de vos

onneries ! les nargue le suspect.

Thor hausse les sourcils, avec un sourire rusé, ce qui inquiète Létrier au ond de lui-même, mais il ne le montrera pas à ces enquêteurs.

— Souvenez-vous, à l’appartement je vous ai appelé par votre nom. Vous

ous nommez Nathan Létrier, âgé de 24 ans, fils unique de Létrier Lucien et e Tardieu Suzanne. Vous travaillez chez Lumière et son, d’où vous êtes

envoyé, tout ceci est juste ?

Nathan blêmit, comment ont-ils fait ?

— Un médecin va venir vous examiner, continue Maxence insistant car le ars n’a pas l’air de bien saisir, c’est la loi. Si vous ne connaissez pas ’avocat, on vous en fournira un, commis d’office. Lorsque vous aurez parlé vec lui, l’interrogatoire débutera. En attendant un agent va vous conduire en ellule, avez-vous faim ou soif ?

— Frédéric va m’apporter ce qu’il me faut, s’entête-t-il.

— Je ne crois pas non, il est votre victime. Dès que possible, on va vous onner de quoi manger et de l’eau, on vous enverra votre avocat.

— Après je rentrerai chez moi ? s’irrite Létrier.

— Il y a peu de chance. Je crois que vous n’avez pas conscience des charges etenues contre vous ; doit-on prévenir vos parents ?

— Ces connards ? Qu’ils crèvent, avertissez seulement l’homme qui m'aime.

Maxence, perturbé par le comportement du prévenu, rejoint son ami qui suit interrogatoire avec Frédéric derrière la glace sans tain.

— Qu’en penses-tu ? demande-t-il à Florian.

— Il est futé, il croit dur comme fer ce qu’il raconte. J’ai envie de lui évisser la tête.

— Vous devriez faire attention, intervient Frédéric, suivant s’il ment ou pas,

module sa voix de métallique à douce. J’ai beau chercher, je ne me souviens

as l’avoir déjà entendue.

— Ce n’est pas grave, mon chat, répond Florian sans remarquer le sursaut e surprise de Maxence. Figure-toi que Henri a reconnu les objets ramassés hez ce mec, mais ça s'arrête là pour toi. Tu sais, ça va durer un moment, tu evrais rejoindre Mama !

— Serait-ce un ordre Capitaine Delavent ? Tant de miel dans ta jolie voix

me confirme que je ne gagnerai pas contre toi. Est-ce qu’au moins tu rentres

vec moi ?

— Vu l’heure, vous devriez finir la nuit à l’hôtel. Henri ne va pas traverser

aris deux fois, formule Maxence.

— Moi, je reste, affirme Florian, j’ai trop bossé sur cette enquête pour

bandonner là. J’aimerais assister aussi à son interrogatoire à venir, ça peut le éstabiliser.

— Le p’tit chat repassera pour les caresses, mais promets-moi de venir dès

ue tu en auras terminé, souffle le pianiste, sachant combien son compagnon eut se montrer buté, mais comprenant son besoin d’être présent.

— Bien sûr, merci de me laisser aller jusqu’au bout, tu es un homme

merveilleux.

— Emmène l’homme merveilleux à Henri, théâtralise Frédéric, mais je

eux mon bisou avant.

— Tu te conduis comme un sale gamin trop pourri, allez ! Accroche-toi, que

e te colle dans la limousine, continue Florian tendrement.

— Si tu me colles juste là, je fais un autre caprice, s’amuse Frédéric

Bras dessus, bras dessous les deux hommes se dirigent vers la sortie.

C’est le visage cramoisi, que Florian revient vers Maxence. Il se doute que

es questions ne vont pas manquer. Du regard, il affronte son boss.

— Vraiment ? mon petit chat ? ironise gentiment le grand homme. C’est

onc grâce à ce jeune homme que je retrouve mon pote ! Tu es sûr de toi ?

Réfléchis bien, parce que le gaillard l’est, lui.

— Sûr de moi ? Ouille ! Je suis mort de trouille, un peu comme si tu me

oussais dans le vide sous un pont sans élastique. Je ne suis pas loin de aimer comme un dingue. En fait, non ! j’ai dépassé le stade des questions et es hésitations, je crois que ma Charline aurait aimé tout ce qui se passe pour

moi, lâche Florian en esquissant un sourire.

— Cela doit être compliqué, si tu te sens perdu par cette nouvelle situation, iens me voir. Tomber amoureux après Charline peut te sembler difficile à ccepter, mais il lui aurait beaucoup plu je pense, si tu tiens à lui ne le laisse as s’échapper pour de fausses raisons.

— Oui grand frère, je t’aime aussi.

— Connard ! Allons-y, mais tu n’interviens pas, hein ! Clouons ce mec au ilori.

Les deux hommes poussent la porte de la salle d’interrogatoire. Le suspect ttend, assis avec son avocat à ses côtés. Il a mangé, bu et le doc l’a ausculté, ertifiant le gars apte à une garde à vue.

— Maître, vous avez eu accès au dossier, nous pouvons démarrer. Monsieur étrier, que fabriquiez-vous chez les Carmichaël ce soir ?

— Frédéric m’a demandé de passer ! Rendre visite à l’homme que l’on aime ’est pas un crime que je sache, lance-t-il provocateur.

— Sachez que ce monsieur se trouvait sous garde rapprochée, c’est donc mpossible. Pourquoi tenter de le poignarder si vous l’aimez ? Ce couteau est

la scientifique pour analyses. Allons-nous trouver des points de

orrespondance avec ce que nous avons découvert chez mademoiselle

anglois et sur notre collègue ?

— Qui c’est celle-là ? demande Létrier fixant le commandant, hautain.

— Encore une mauvaise réponse. L'équipe a perquisitionné votre domicile. Rassurez-vous, nous avions un mandat. Devinez ce qu’elle y a trouvé, tout ce

ui avait disparu de chez cette jeune femme. Oh ! j’allais oublier, une boîte ontenant des choses qui appartiennent à monsieur Carmichaël aussi. Vous ouvez nous donner une explication ?

— C’est l’autre là qui a tout planqué chez moi, continue-t-il, hargneux, ésignant un Florian muet, accoté au mur.

— Mais bien sûr et puis il s’est planté tout seul aussi, c’est ça ?

Le gars face à lui ouvre la bouche puis la referme ne sachant quoi dire, le

ic reprend :

— Il y avait aussi un portable dont les factures sont au nom de Keller.

ourrait-on conclure que vous êtes fait comme un rat ?

Le gars se ferme aussitôt, comme une huître.

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