La mélodie des sentiments

Jane Yam · Chapitre 26 sur 31

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La mélodie des sentiments

Chapitre 26

Frédéric

Allongé à ses côtés, le pianiste songe à leurs derniers ébats et se demande

omment cet homme réussit ce tour de force de le faire s’imaginer important.

e simple fait de sentir son souffle sur sa peau l’excite et parfois son cœur rate uelques battements. Il arrive à Frédéric de réprimer ses émotions, laissant

Maxie, sa thérapeute, ahurie qu’il en soit encore là, tant leur alchimie

rovoque des étincelles. Leurs destins les ont obligés à marcher sur des raises, à repartir de zéro un jour à la fois, mais la chaleur de leurs corps ressés le comble.

Dans l’attente que cette folie dehors cesse, il n’aspire qu'à une seule chose,

mbrasser son compagnon. Il lui suffit d’une caresse pour que le monde lentour s’efface et le plonge dans un état second. Frédéric, incapable de ésister davantage, se redresse sur un coude et de la pulpe de ses doigts, ouligne les traits détendus de cet homme qui lui permet de guérir. Il laisse sa

ouche dériver sur la mâchoire de Florian, puis sur la peau salée de son cou.

Sous ces à-coups langoureux, le flic sort peu à peu de son sommeil puis

ans un mouvement leste, le plaque au matelas, poussant ses hanches contre

es siennes, la puissance de leurs érections bien réelles. Le souffle de Florian

ffleurant la commissure de ses lèvres, annonce un baiser brûlant à venir, se

ransformant souvent en un duel de dents et de langues. Plongeant dans cet

ntre chaud et humide, il savoure ce goût qu’il reconnaîtrait n’importe où. Son ouls s’affole. Ses mains parcourent les creux et les monts qu’il mémorise vec bonheur, formant un dessin dont il connaît chaque contour.

Aveugle ou pas, Frédéric éprouve une euphorie sans limites. Sans

ésitation, le cheminement des paumes de Florian vers le sud l’avertit que

on sexe, tendu, va être englouti, le faire rugir à le rendre fou. L’attente

evient douleur. Leurs vêtements ont disparu, lui semble-t-il, depuis des

ustres. Ne reste plus que son shorty en dentelle qui rend son compagnon otalement dingue et qui disparaît à son tour. Florian prend un malin plaisir à e chauffer, amusé de remarquer que chaque centimètre de sa peau se couvre e chair de poule, surtout quand il ajoute quelques coups de langue sur ses

mamelons hyper réceptifs aux petites morsures qui l’envoient sur orbite. Leurs

orps s’embrasent pour s'offrir sans tabou, sans peur. Il s’arque quand la oigne de Florian enserre son sexe dressé, faisant coulisser son érection à aide de cette sève ruisselante. C’est à la fois trop et pas assez, divin et

ncroyable. Leurs corps finissent par se trouver sans savoir où ils

ommencent, où ils finissent.

Tout au long de ces années, Frédéric est resté concentré sur sa musique. amais il ne s’est évertué à construire une relation, ignorant ce à côté de quoi

passait. Les autres ne lui ont pas donné le temps de s’en inquiéter. Cet

omme en perdition déboule dans son existence au moment où tout lui chappe, bousculant et éparpillant aux quatre vents tout ce en quoi il croyait.

Ce qu’on lui a imposé. Sa voix aux tonalités musicales résonne dans sa tête, le

amène du fin fond de son désert. Les notes de musique qu’elle transporte se

iluent dans l’espace, l'enveloppant d’une douce chaleur. Son besoin de cet omme tourne à l’addiction. Avec lui, il se sent complet, tient à se dépasser. eut-il retrouver son accord parfait avec la musique ? Cette question le ronge. demeure tétanisé à la simple idée que Florian le quitte, que ce cinglé en berté nuise à leur relation naissante.

— Merde, moi qui imaginais être un Dieu au pieu ! Mon orgueil en prend n sacré coup, sourit Florian en relevant la tête. Je m’occupe de ta queue, mais e grondement du vacarme dans ton cerveau résonne jusqu’à moi. C’est

exant, je croyais que tu allais t’envoler ! Parle-moi, crache le morceau.

Il rampe sur le corps de Frédéric.

— Je suis désolé, ne crois pas ça, tu es un amant merveilleux, mais je ne eux m'empêcher de penser à après, hésite le pianiste. L'après, me fait peur, murmure-t-il, à cause de moi, tu as manqué mourir et…

Florian effectue un demi-tour tout en tenant son compagnon contre lui. Sa main dessine des arabesques sur son dos tendu, leurs érections se sont flétries.

— Tu n’es pas le seul à te poser des questions, je te signale ! Mais à partir ’aujourd’hui, tu me fais part de tes tracas. On s’isole pour en discuter et on se montre francs, s’agace Florian. Dans ma tête aussi un manège tourbillonne, la eule certitude qui en émerge c’est que je t’aime, que je suis là pour ongtemps. Si je n’ai pas souhaité que l’on te prévienne pour mon agression,

’était juste que premièrement : je ne connaissais pas l’étendue des dégâts et ue deuxièmement, je refusais d’en rajouter une couche à ce que tu traverses.

— Je comprends, mais j’ai un doute sur le fait que tu me l’aurais dit si tu

’avais pas été en si mauvais état, rumine Frédéric.

— Je ne te le cachais pas, ce n’était pas non plus un manque de confiance.

Mais nous surpasserons tout cela, alors arrête de ruminer et laisse-toi aller, tu

eux bien, plaide Florian.

— Bon sang ! Je ne suis pas un enfant ! bougonne Frédéric sur le torse de

on amant, ni une petite chose fragile, je sais relativiser.

— Aucun doute là-dessus, mon chat ! Stoppe ce train dans ta petite cervelle.

On va venir à bout de ce siphonné. Je mentirais en te disant que ça ne m’inquiète pas. Me trouver sur la touche me fout en rogne et ne pas participer

son arrestation aussi. J’aimerais que Maxence m’autorise à revenir sur le

errain, Florian le serre un peu plus et dépose un baiser sur sa joue. Tu vois,

en qui ne doit te tracasser. Au fait, tu sais que Cécile m’a cuisiné sur mes

ntentions ?

— Je m’en doutais et j’imagine très bien votre conversation d’ici. Elle veut

e meilleur pour moi, je suppose, puisqu’elle m’aime. Tu as eu droit à : « Est-

e une histoire à long terme ? Juste une relation liée aux derniers vènements ? Envisagez-vous de vivre avec son handicap ? »

Florian éclate de rire, et fixe le visage de son compagnon qui reprend.

— Ne rigole pas, je suis sûr de ne pas me tromper. Sache que pour moi non

lus, ce n’est pas un jeu, même si ça me dépasse parfois. Les mots magiques

ont justes là, sur mes lèvres, du fond de mon obscurité, tu représentes ma umière. Tu n’es en rien une putain de canne dont j’aurais soi-disant besoin.

— Tu es un triple idiot, mon chat.

Ils avancent à tâtons, le contact du sexe à nouveau dur de Florian sur sa uisse le brûle. La bouche coquine lui ôte rapidement toute logique, il se rouve vite débordé par un flot de sensations qui le bombarde en tous sens. Ses

eurones viennent de griller sous l’assaut de Florian. Sa respiration se coupe,

on cœur cogne sur les parois de sa cage thoracique soudain trop petite. Ses

mains parcourent ce corps massif, se crispent et enfin il lâche les rênes, ne

ontrôlant plus rien. Seul le corps sur le sien est réel. Il perd pied, toute autre ensée que son amant s’évapore dans cette luxure. Chaque caresse l’emporte omme un fétu de paille dans un torrent en furie. Des éclats blancs, telles des omètes dans le ciel, traversent ses ténèbres.

Tous les gestes de Florian équivalent à des déclarations d’amour. Sa bouche evrait être classée dans les armes mortelles et torrides. Le léger duvet qui ecouvre sa poitrine frotte avec délice la peau fiévreuse de Frédéric. Il ’accroche aux larges épaules, alors que Florian empaume ses fesses. Ses

oigts s’incrustant dans son épiderme, son flic découvre des zones qu’il ne

avait pas être érogène pour lui. Il se sent le maître de l’univers, ces marques eront là demain. La tension pulse dans leurs veines, le tuant à petit feu. Leurs

émissements résonnent dans la chambre, ricochent sur les murs. Florian se omporte en un maître démoniaque. Le brouillard remplace le cerveau de

rédéric.

— Mon chat, je te veux sur le dos.

Il l’épingle sur le matelas. Le plaisir déferle, sa langue dessine tout un hemin mouillé pour stopper au niveau du nombril. Frédéric sursaute lorsqu’il a sent tournoyer autour et dedans. Ses nerfs vibrent.

— Je suis là, je serai toujours là, psalmodie Florian, glissant sur cette peau acrée, imberbe, parfaite.

Rester sans bouger demeure impossible, alors que Florian danse une sorte e ballet : il se tord de plaisir, deux amants magnifiques. Florian, proche de orgasme, adorerait le goûter, mais il fonce vers son but. Il soulève les jambes e son amant qui d’instinct les enroule autour de ses hanches. Il se demande omment il a pensé à prendre du lubrifiant, aucun d’eux n’en ayant discuté. Il nfile un préservatif et risque de venir rien qu’en le plaçant sur son membre endu. Les mains tremblantes, il débouche le tube et s’en couvre les doigts. Il répare son amant avec de longs et lents étirements. Celui-ci tressaille à ce ontact froid, se tortille sur la main de Florian.

— Tout va bien ?

Frédéric émet un son guttural, ne pas voir multiplie ses sensations : sa

ampe fuit, les doigts gainés de Florian crissent, alors qu’ils glissent le long e son membre lubrifié. Le désir palpite entre eux. Le policier se dirige vers

on entrée frémissante, il passe peu à peu l’anneau de muscles.

— Ne lutte pas, petit chat, cède-moi le passage.

Dans un frisson, Florian resserre les jambes de son compagnon autour de

on bassin et continue à pousser dans ce fourreau si serré, tout en surveillant le

moindre signe de douleur sur le visage aimé. Il s’enfonce d’un coup, se retire,

eplonge plusieurs fois de suite, béat. Frédéric halète, lui ahane couvert de ueur. Il le pilonne : leurs peaux claquent. Ils tiennent le bon rythme. Il se

enche pour dévorer sa bouche.

La tête de Frédéric roule sur l’oreiller, il perd le peu de contrôle qui lui reste

uand Florian accélère ses mouvements. Il hurle son nom et sa semence haude recouvre les doigts de son compagnon et leurs torses moites. Florian e vide dans le préservatif en flots ininterrompus, son membre continue à

alpiter. Ils voguent sur les vagues du séisme qu’ils viennent de traverser. puisés, ils restent dans l’unique son de leurs souffles hachés et inégaux, les

membres enchevêtrés sur le lit dévasté. Ils tombent dans le sommeil, oublient

e monde et demain.

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