La tombe de fer

Hendrik Conscience · Chapitre 35 sur 35

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La tombe de fer

Conclusion

J’étais resté deux jours et deux nuits dans la demeure du vieux sculpteur. Son long et triste récit avait plus d’une fois fait couler mes larmes; et avant même d’avoir entendu la fin de l’histoire de sa vie, une si profonde admiration s’était élevée en moi, que je ne pouvais plus le regarder sans être ému de vénération et de respect.

Au moment où j’allais partir, je serrai une dernière fois, avec une ardeur fébrile, les mains du vieillard, qui était pour moi la personnification vivante de l’espérance et de l’amour, et qui m’avait fait comprendre l’étonnante puissance du souvenir.

Mon chemin me conduisit à travers le cimetière: je m’arrêtai près de la tombe de fer, et je contemplai longtemps, oublieux de moi-même comme dans un rêve, ces fleurs aussi vivaces et aussi fraîches encore après quarante ans que la mémoire de celle dont elles ombrageaient les cendres….

Peu à peu, ma tête pencha plus profondément sur ma poitrine, et je répandis des larmes silencieuses sur la tombe de la douce Rose, la victime d’un amour chaste et infini….

Et, continuant ma route, je remerciai Dieu d’avoir donné à sa faible créature l’espérance qui ne meurt jamais, comme un ange gardien, et le souvenir toujours renaissant, comme une source intarissable de consolation et de force!

 

F. AUREAU.—IMPRIMERIE DE LAGNY.

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