Le cri du goéland

Bordes Gilbert · Chapitre 11 sur 24

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Le cri du goéland

Chapitre 11

 

Marthe Pollet quitta le presbytère vers midi, après avoir préparé le repas du curé. Elle fut étonnée de ne pas voir Amaury parmi les enfants qui rentraient de l’école par la petite rue, à droite du bistrot. Autour de Vincent Leroy, qui était le plus grand et le plus costaud, plusieurs garçonnets parlaient très fort pour se mettre en valeur. Deux fillettes marchaient un peu en retrait, dont la petite Pauline Laroch qui fuyait les autres depuis que son père avait avoué avoir tué M. Legyère. Les propos de ses camarades sur sa mère la blessaient à vif. Elle s’enfermait dans un mutisme douloureux, refusait de réciter ses leçons à la maîtresse qui n’insistait pas. La fillette ne pleurait plus. Toutes ses larmes se répandaient en elle, lui laissant un visage de marbre face aux atrocités qu’on lui disait.

Marthe savait que son petit-fils n’aimait pas beaucoup Vincent Leroy qui affirmait son autorité à coups de poing. Amaury n’était pas de taille à lutter et préférait les coups en douce, les pièges et les menaces de loin. Mais, d’ordinaire, vers midi, l’enfant suivait le groupe même s’il se tenait en retrait. Elle ne s’inquiéta pas outre mesure, se disant que la faim faisait toujours sortir le loup du bois. Elle pressa le pas pour rentrer chez elle.

Marthe avait décidé de placer Amaury dans une famille. Elle était certaine que son attitude serait différente face à des gens qui auraient de l’autorité. S’ils réussissaient à le calmer, à l’obliger à se discipliner, le gamin pourrait s’en sortir. L’assistante sociale avait trouvé une place chez des agriculteurs, du côté de Quimper. La veille au soir, en apprenant la nouvelle, Amaury s’était enfui, comme il le faisait chaque fois qu’il était contrarié. Le gamin n’imaginait pas vivre loin d’ici, des falaises, de l’océan qu’il aimait contempler pendant des heures en échafaudant des rêves de géant. Jean-Claude Leroy, qui revenait de son dépôt d’engrais, l’avait intercepté et ramené chez sa grand-mère. La vieille femme n’eut d’autre recours que de l’enfermer dans sa chambre où il passa la nuit sans manger. Le lendemain, calmé, il se prépara pour aller à l’école, comme tous les autres matins.

Cette séparation était pénible pour Marthe. La garde d’Amaury n’était pas de tout repos, mais c’était son petit-fils, ce qui lui restait de la famille, et elle l’aimait. Même si elle n’avait pas beaucoup étudié, Marthe avait du bon sens et comprenait que le comportement du petit garçon était lié à sa situation particulière, au traumatisme subi quand son père avait été tué, au rejet des autres enfants qu’il avait lui-même provoqué mais dont il ne pouvait plus se sortir. Il n’avait pas d’amis, ne jouait jamais avec ses camarades qui le chassaient parce qu’il était violent et indiscipliné. « Ton père était un voleur ! » lui répétait Vincent Leroy, et le gamin ne savait répondre que par des cris aussi tranchants qu’une lame. À l’école, depuis longtemps, la maîtresse le laissait jouer avec son ordinateur dans la mesure où il ne perturbait pas la classe. Et là, Amaury prenait sa revanche. Il était passé expert pour décoder les accès à Internet de certains sites, et les grands, Vincent Leroy en tête, enviaient sa dextérité à installer des programmes trouvés sur la Toile, à télécharger des jeux, des films et des chansons. L’éducateur avait vu juste. Grâce à cet ordinateur, Amaury apprenait des tas de choses et gardait un contact avec le reste du monde.

Après avoir mis le couvert, Marthe sortit de nouveau sur le pas de sa porte. Le temps était encore gris, porteur de pluie. Le froid, en avance cette année, laissait présager une longue saison d’inactivité pour les pêcheurs. Inquiète malgré elle, la grand-mère descendit vers l’école. La maîtresse, qui habitait l’appartement au-dessus de la mairie, lui cria par la fenêtre qu’Amaury était bien parti avec les autres. Marthe la remercia et alla faire un tour sur la falaise, puis au port. Pas d’Amaury. Malgré cela, elle pensa qu’il n’était pas nécessaire d’ameuter tout le monde. Ce n’était pas la première fois que son petit-fils ne venait pas déjeuner.

Pourtant, Amaury avait pris une lourde décision. La nuit précédente, l’enfant avait sombré dans un demi-sommeil, en proie à de mauvais pressentiments. Partir d’ici, aller vivre dans une famille du côté de Quimper, c’était aller en prison. L’inconnu à quelques kilomètres de Sabrenat le terrorisait, lui qui rêvait d’Amérique.

Tout en somnolant, il imaginait une échappatoire : partir dans une grande ville, se cacher au hasard des rues, voler aux étalages pour manger, échapper aux adultes. Cette vie de sauvage sans domicile, sans attache, aurait pu lui convenir, mais il savait bien que cela ne durerait pas, qu’il finirait par se faire prendre. Il avait mieux à faire.

La musique du violoncelle l’avait décidé. Maintenant, il regrettait d’avoir rendu l’instrument muet en coupant les cordes, en le mutilant, comme il aurait coupé les ailes à un merle pour rire de ses soubresauts. La mélodie jouée par le curé l’avait touché, et il se disait que ce serait formidable de pouvoir jouer ainsi. Mais il n’aurait jamais le courage d’apprendre. L’imminence de son départ le poussait à agir autrement. Depuis plusieurs mois, il s’entraînait sur son ordinateur. Il savait tout d’un bateau, de la manière de se diriger sur l’océan, de naviguer pour garder sa trajectoire malgré la dérive des courants. Il était prêt pour voguer vers l’Amérique, le grand continent, juste derrière l’horizon ! L’Amérique avec ses vastes plaines, ses chevaux, ses Indiens, ses troupeaux de bisons… L’Amérique des mines d’or, des bandits célèbres. La terre où la liberté était à l’image de son espace immense, sauvage et inexploré. New York ne l’attirait pas, ce n’était qu’une ville comme les autres. Lui voulait aller là où personne n’avait tracé la moindre route.

Le matin, pendant la récréation, il s’était réfugié dans un coin du préau pour peaufiner son projet. Tous allaient bien être étonnés de ce qu’il était capable de faire, lui le petit cancre dont ils se moquaient mais qu’ils allaient chercher quand leur Nintendo ne fonctionnait pas. Lui, le champion en informatique qui n’était pas capable de faire une multiplication ou d’écrire trois mots sans fautes d’orthographe, allait leur montrer qu’il les dépassait tous.

À midi, la maîtresse donna la permission de sortir. La plupart des enfants rentrèrent chez eux. Ceux qui venaient des hameaux isolés restèrent à la cantine, une classe désaffectée où Mélanie Saujon leur apportait les repas.

Au lieu de suivre les autres dans la rue qui remontait vers le centre du village, Amaury prit un sentier qui conduisait aux falaises en direction du port. Le vent fouettait son visage et semblait lui parler. Il arriva à l’endroit où on avait trouvé le corps de Legyère. Il s’arrêta là où l’herbe était encore piétinée, puis, considérant qu’il ne devait pas se montrer du côté du port, où sa présence aurait paru suspecte, il s’assit. Les nuages défilaient dans le ciel bas et lourd. Le souffle puissant de l’océan les portait vers l’intérieur des terres. La marée était haute. Quand les bateaux de pêche seraient rentrés, elle baisserait, avec un fort courant vers le large. Tout était conforme à ses prévisions. Les yeux mi-clos, il se laissa aller à son grand rêve. « Quand je reviendrai, je serai grand et riche. J’arriverai à Sabrenat avec une voiture de sport, une Ferrari rouge, et je m’arrêterai sur la place. Là, les cons verront qu’ils se sont trompés et ils viendront me saluer en prenant de grands airs. « Ah, c’est toi, Amaury, on ne savait pas ce que tu étais devenu, mais ça a bien marché pour toi ! » Alors, je leur dirai en souriant : « Là-bas, les gens avaient besoin d’un spécialiste en ordi ! Vous voyez ce qu’il est devenu le fils du voleur ! » Ensuite, j’achèterai une belle maison pour ma grand-mère qui, bien qu’insupportable, est gentille. Puis j’irai à Quimper au volant de ma voiture. Je me garerai dans le parking d’un immeuble. Là, je frapperai à la porte de l’appartement 53. Ma mère s’étonnera qu’un si beau jeune homme vienne la voir, car elle sera vieille et laide. Mais elle me reconnaîtra, et quand elle voudra m’embrasser je la repousserai avec dégoût. Oui, la vie sera belle quand je serai riche !

En pensant à cela, Amaury se sentait léger, plein d’une joie chaude et vaporeuse. Il avait choisi la meilleure manière de venger son père : en revenant ici, fortune faite car bien sûr, là-bas, derrière l’horizon, la fortune sourit à ceux qui savent se débrouiller avec un ordinateur, il montrerait que la mauvaise graine n’est pas toujours celle qu’on croit.

Le soleil de midi apparut entre les nuages, répandant une agréable lumière et une douce chaleur d’automne. Plusieurs bateaux, leur journée de pêche terminée, rentraient déjà au port. Une grande activité allait régner pendant l’après-midi, camions des mareyeurs, marins déchargeant les poissons, criée pour la vente. Amaury se dit qu’il était temps de soulager les tiraillements de son estomac. Il vérifia que la clef qui allait lui ouvrir les portes de l’océan et qu’il avait volée à Mathilde Laroch se trouvait toujours dans la boîte de pastilles dissimulée sous une pierre. Son regard fut attiré par quelque chose qui brillait entre les herbes, sous un rocher. Il s’en approcha, pensant que c’était un morceau de verre, puis poussa un petit cri de surprise : c’était un pistolet, probablement celui du meurtrier que les policiers avaient cherché en vain. L’enfant hésita avant de le saisir, comme s’il redoutait que l’arme ne lui explose à la figure. Enfin, il osa la toucher du bout d’un doigt, puis la prit dans sa main droite par la crosse, la souleva à sa hauteur et la positionna devant lui. Il se sentit différent, aussi fort qu’un géant. Avec cette arme, il pouvait commander et être obéi. On ne lui parlerait plus comme à un gamin. Il joua un instant, tout en faisant bien attention à ne pas appuyer sur la détente.

Il sourit. Cette découverte tombait à pic. Là-bas, dans le Far West, il aurait besoin de cette arme pour se défendre des bêtes sauvages et des bandits. Il décida donc de la cacher et de n’en parler à personne. Il rentra chez sa grand-mère, qui l’accueillit avec ses habituels reproches.

— Mais où étais-tu encore ?

— Je suis allé faire un tour.

Il avala rapidement son assiette de nouilles et une cuisse de poulet. C’était déjà l’heure de repartir à l’école. Marthe s’étonna de cette lueur dans les yeux sombres de son petit-fils et se contenta de l’avertir :

— Ne fais pas de bêtises !

— Mais pourquoi tu me parles comme ça ?

L’après-midi, à l’école, lui parut une éternité. Il avait beau se dire qu’il ne devait surtout pas montrer son impatience, il s’agitait sans cesse sur sa chaise. L’institutrice ne fit aucune remarque, et quand l’heure de la sortie sonna enfin, celle de la liberté, de la grande aventure, il se rua vers la porte.

Il courut vers les falaises, s’empara du pistolet, prit sa clef et se dirigea vers le port par un sentier entre les bruyères et les ajoncs.

— Mais qu’est-ce que tu as à la main ?

C’était Mélanie Jugon qui revenait du port par ce raccourci. Elle avait fait sa commande de poisson pour le lendemain car elle devait préparer le repas d’une association pour la protection du littoral. Elle resta un instant pétrifiée en voyant le gamin dresser l’arme dans sa direction. Puis, cédant à la panique, elle courut au village en criant qu’Amaury avait un pistolet et qu’il avait menacé de la tuer. Aussitôt, son mari téléphona aux gendarmes. Plusieurs hommes, qui s’étaient rassemblés sur la place, virent arriver l’enfant avec l’arme à la main. Amaury, contrarié par la rencontre inopinée avec la bistrotière, avait été contraint d’ajourner son projet. Il rentrait au village avec l’intention de confier l’objet à une grande personne. Hervé Jugon l’apostropha :

— Où as-tu trouvé ça ?

Les gens étaient sortis sur le pas de leurs portes mais n’osaient pas intervenir, sachant bien que le garnement était capable des pires extrémités.

— Pose ça, ordonna Jugon, un peu plus courageux que les autres. Il tenta d’intercepter Amaury, ravi de son effet sur les adultes.

Marthe s’approcha et vit soudain son petit-fils qui brandissait l’arme en direction de l’adjoint au maire.

— Qu’est-ce que tu fais ! Arrête ! hurla-t-elle à son petit-fils, qui braqua le canon sur elle.

Il riait, car pour lui ce n’était qu’un jeu. Face aux adultes qui tremblaient, il jubilait. Jugon voulut le ceinturer, mais le gamin se dégagea.

— Sale gosse ! hurla Jugon alors que les autres restaient en retrait. Mais qu’est-ce qu’ils font, les flics ?

À ces mots, une lueur rouge s’alluma dans le regard d’Amaury. Du sang coulait autour de lui, un homme tombait sur le trottoir, sous les applaudissements des badauds. Il fit une horrible grimace et se mit à crier :

— Je vais tous vous tuer !

Il dressa le canon devant lui et appuya sur la détente. Le coup partit, puissant, monstrueux, entre les murs. Le recul surprit tellement Amaury que l’arme lui tomba des mains. Une voiture s’arrêta sur la place. C’était le curé. Paul se précipita vers Amaury, qui claquait des dents face à la meute des adultes.

— Qu’est-ce qui se passe ? demanda le prêtre en regardant Marthe.

— Il se passe…

Elle n’arrivait plus à parler. Sa mâchoire était bloquée et les sons qui sortaient de sa gorge formaient une sorte de vagissement grave.

— D’où vient cette arme ? demanda Paul en découvrant le pistolet aux pieds de l’enfant.

Amaury faisait face aux adultes qui formaient une haie devant lui. Il comprit qu’il n’avait d’autre solution que de dire la vérité.

— Là où on a trouvé M. Legyère.

— Alors que personne n’y touche ! ordonna Maurice Legoff qui venait d’arriver tout essoufflé. Il faut attendre les gendarmes.

— Toi, dit alors Marthe en reprenant ses esprits, tu vas me raconter ce que tu as fait.

Les gendarmes arrivèrent en même temps que le commissaire Brunet, averti par le commandant Leblond. Le commissaire se dirigea vers l’arme qu’il examina un moment avant de la saisir soigneusement avec un tissu pour préserver les empreintes. Tout le monde l’observait en silence. Une fois qu’il eut glissé le pistolet dans un petit sac en plastique, Brunet se tourna vers les curieux et dit :

— Vous remercierez cet enfant qui a réussi là où moi-même, mes inspecteurs et les gendarmes avons échoué. Je reviendrai l’interroger pour qu’il m’explique où il a trouvé cette arme.

Remercier ce garnement, un comble !

Le lendemain, vers midi, le commissaire revint avec deux inspecteurs. Il alla d’abord au bistrot, commanda un café et annonça à l’adjoint au maire :

— L’enquête avance. L’arme a parlé. Nous sommes certains que c’est celle qui a tué M. Legyère. Et puis il y a des empreintes, celles du gamin, bien sûr, mais d’autres aussi, moins visibles et plus anciennes, mais tout à fait exploitables.

C’était la sortie de l’école. Les enfants remontaient par groupes jusqu’à la place où ils se séparaient pour rentrer chez eux. L’« exploit » d’Amaury avait attiré la curiosité de ses camarades qui lui avaient posé de nombreuses questions sur « ce que ça fait quand le coup part ». Le gamin avait fanfaronné qu’il avait eu très mal au poignet, puis s’était enfermé dans son mutisme habituel.

Arrivé à la hauteur du café, le commissaire Brunet s’approcha de lui et dit assez fort pour que les autres l’entendent :

— Je te félicite. Tu as réussi là où une équipe de spécialistes a échoué.

— J’ai rien fait, monsieur, dit l’enfant encouragé par le ton amical du policier. J’étais assis en face du rocher où était caché le pistolet. C’est le soleil qui le faisait briller.

— En tout cas, tu viens de rendre un fier service à la justice. Maintenant, je suis sûr qu’Éric Laroch est innocent.

Il sortit de sa poche une pièce de monnaie et la glissa dans la main du garçon qui resta éberlué, le visage rond de bonheur sous le regard envieux des autres. On le récompensait pour ce que les gens d’ici considéraient comme une mauvaise action.

Le commissaire s’éloigna en direction du presbytère. Depuis qu’il avait la preuve de l’innocence d’Éric Laroch, il avait de nouvelles pistes à exploiter. Il pensait surtout à cette femme aperçue sortant de chez le curé le soir de la tempête. Qui était-elle ? Ses enquêteurs n’avaient rien trouvé. Seul le curé connaissait son identité, mais il avait refusé de la livrer. Il poussa de nouveau la porte de la sacristie.

Paul Benalec vint à sa rencontre et comprit tout de suite ce que venait faire Brunet. Il l’invita à le suivre dans son bureau.

— Voilà, commença le policier sans s’asseoir, l’innocence de ce pauvre Laroch est acquise et sa femme va en être soulagée, elle qu’on accusait de tous les maux. C’est une bonne chose. Cependant, je n’ai plus aucune piste, alors j’explore tout ce que je sais. Nous avons épluché les comptes et les relations de la victime. Beaucoup de marins lui devaient de l’argent, mais tous ont des alibis pour cette fameuse nuit. J’ai consulté ses papiers et j’ai trouvé ceci.

Il sortit de la poche intérieure de son blouson une lettre qu’il tendit au curé. Paul la reconnut d’emblée, et dit :

— C’est la lettre que j’ai écrite à M. Legyère pour lui demander une nouvelle fois de me régler l’argent qu’il me devait.

— Très bien. Il y a cette femme qui vient vous voir le jour de la tempête, celui de votre arrivée. Je n’ai toujours pas pu trouver son identité. Vous la connaissez, mais vous ne voulez pas m’en parler.

— Je ne peux rien vous dire.

— Cela ne simplifie pas mon travail, répliqua le policier. Pourtant, je vais prendre ce livre sur lequel se trouvent vos empreintes. Je pourrai ainsi les comparer avec celles de l’arme du crime et m’ôter d’un doute qui me gêne.

Paul Benalec comprit que le piège de Pétronille était en train de se refermer sur lui et qu’il n’avait aucun moyen d’y échapper. Il accepterait son destin. Brunet plaça le livre dans un sachet en plastique et s’en alla sans un mot. L’absence de protestation du curé et son silence lui laissaient penser qu’il allait encore se tromper. Car ce curé, malgré le mal qu’en disaient les gens, n’avait pas l’air de quelqu’un qui se cache pour tirer dans le dos de sa victime. Il était finalement admiratif devant la détermination de ce prêtre qui ne transigeait pas avec ses engagements.

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