Le cri du goéland
Chapitre 2
Paul Benalec gara sa voiture au garage et retourna au presbytère. Il sentait, en empruntant le couloir qui conduisait aux chambres, le poids des vies simples que l’antique demeure avait abritées, une chaîne de curés sans histoire et disciplinés. Les cloisons aux tapisseries fanées lui opposaient la présence muette de ces prélats sans histoires. Le temps avait lustré les meubles, usé les poignées des portes, jauni la paille des chaises : les serviteurs de Dieu étaient là et l’observaient.
Il passa dans la cuisine, ouvrit au hasard une porte au fond du couloir et découvrit une chambre aux rideaux poussiéreux. Une tenace odeur de vieux linge lui arracha une grimace. Il posa sa valise sur un lit très haut couvert d’un édredon rouge, et ouvrit la fenêtre qui grinçait. Il retourna dans le bureau, de loin la plus grande pièce et la plus accueillante. Des livres reliés de cuir remplissaient les rayonnages d’une bibliothèque, le crucifix en bois accroché au mur braquait sur lui un regard accusateur. Il prit place dans le fauteuil. Des papiers épars jonchaient le maroquin. Paul Benalec les parcourut et sourit en découvrant les préoccupations du vieux curé Pons : « Ne pas oublier d’aller confesser la mère Janiac », « Dire à Marthe d’acheter du sucre et des biscottes », « Penser à parler du Saint-Esprit aux enfants ».
Quelques instants plus tard, il se leva pour aller fermer la fenêtre. La mauvaise odeur s’était estompée. Les murs épais du presbytère l’empêchaient d’entendre le bruit du vent et des vagues. Ici, dans le silence de vieilles choses, de meubles oubliés, en face du désordre de son prédécesseur, il eut la certitude que la maison le rejetait. Seuls les curés ordinaires pouvaient habiter ici.
Il s’agenouilla sur le prie-Dieu et, posant la tête sur l’accoudoir, plongea dans une profonde méditation. Il avait appris, durant son séjour au monastère, que le temps passé ainsi n’était pas du temps perdu, bien au contraire. L’âme, en retrouvant ses marques et sa dimension universelle, se ressourçait. Il cessait d’être un homme de chair pour devenir une simple conscience éveillée, hors du temps, un esprit proche de la nature et de ce que l’on pouvait appeler Dieu.
Quelqu’un avait frappé. Il se redressa, surpris. Qui venait le poursuivre jusqu’ici ? Il descendit le petit escalier et ouvrit la porte. Une vieille femme portant la petite coiffe bretonne se tenait sur le seuil. Elle lui sourit.
— Bonsoir, monsieur le curé. Je suis Marthe Pollet, la veuve qui s’occupait du pauvre père Pons. Je lui faisais sa cuisine, son ménage, et je m’occupais de son linge.
— Oui, on m’a parlé de vous. Je pensais vous rendre visite demain matin. Je suis heureux que vous souhaitiez continuer de travailler pour moi.
— Ce n’est pas pour le maigre salaire que j’en ai, répliqua la femme aux cheveux frisés que le vent avait libérés de sa coiffe, c’est pour m’occuper et être proche de Dieu, pour le servir et qu’il pardonne à mon pauvre Luc. Je suppose que vous êtes au courant, que les gens d’ici vous ont parlé…
— Non, pas du tout. Je n’ai vu personne à part le monsieur qui tient le bar et m’a dit être l’adjoint au maire.
— Jugon ? Il est bien placé pour connaître toutes les nouvelles et aussi pour en inventer quelques-unes !
Tout en parlant, la voix de la vieille femme s’était assombrie, ses paupières froissées s’étaient abaissées sur ses yeux clairs. Elle avait le front large et ridé, le visage très maigre, des yeux enfoncés dans leurs orbites mais pleins de volonté. Un regard qui allait au-delà du visible…
— J’ai travaillé à l’usine à Quimper et je touche une retraite, poursuivit-elle en baissant la voix. Je n’ai pas besoin d’argent, je vous demanderai seulement de temps en temps de dire une messe pour mon pauvre Luc.
— Et vous croyez qu’une messe de temps en temps suffira ?
— Qu’est-ce qu’on peut de plus ? Il est mort, monsieur le curé, abattu comme un chien par des policiers à Paris. C’était un bon garçon, mais il s’est laissé entraîner. Il ne méritait pas de mourir comme ça, sur le trottoir. Mais si Dieu l’a voulu ainsi, c’est sûrement pour le punir. Les messes, c’est pour rappeler à Dieu que Luc est aussi Son fils…
Les yeux de Marthe s’étaient mouillés. Elle baissa la tête. Paul pensa alors à sa propre mère, si semblable à Marthe, et qui pleurait aussi un fils perdu en mer par sa faute. Il blêmit, son menton tremblait. À son tour, il baissa la tête.
— Vous ne vous sentez pas bien ? demanda Marthe d’une voix tellement douce qu’il leva les yeux vers elle, comme rassuré par sa franchise.
— Non, c’est rien. Je pensais aussi à ma propre mère. La vie n’est simple pour personne.
— Je l’envie, quels que soient ses malheurs. Un fils devenu prêtre, c’est quand même formidable, c’est mieux qu’un fils devenu voleur de banques.
— Vous n’en savez rien, Marthe, répondit Paul sur le ton de la familiarité. Je ne suis plus tout jeune. J’ai eu une vie avant d’être prêtre. Et dans une vie, il s’en passe des choses, des bonnes et des mauvaises. On ne peut en mesurer la portée que lorsqu’on les a vécues.
— La pire vie qui conduit à Dieu ne peut être qu’une vie enviable. Bon, je vais vous préparer quelque chose à manger, j’ai apporté des légumes et un peu de viande.
Elle passa dans la cuisine en habituée des lieux et prépara le repas comme si elle était chez elle.
— C’est pratique pour moi, j’habite la maison au bout de la place, de l’autre côté, sur la route d’Audierne. Il ne faut pas vous occuper de moi. Je vais, je viens, vous trouverez toujours votre repas, votre assiette sur la table, votre lit fait et votre linge propre repassé.
Paul la regarda un long moment s’affairer dans la cuisine. Sa présence lui faisait du bien. Par une association d’idées, il pensa aussi à son père. Où était-il ? Qu’était-il devenu depuis ce jour où il avait quitté la maison familiale ? Le souvenir terni de celui qu’il avait imaginé parti pour une conquête merveilleuse, une épopée digne des grands voyageurs, le rejoignait dans son errance.
— Bon, c’est prêt, dit Marthe en s’essuyant les mains. J’ai mis le couvert dans la cuisine car je dois ranger le bureau. Je le ferai demain, maintenant, il faut que j’y aille, mon petit Amaury va rentrer de l’école. C’est pas un enfant facile, et ce qui s’est passé ne l’a pas arrangé.
Paul lui lança un regard curieux. La femme se crut obligée de préciser :
— Amaury est le fils de mon Luc. Je dis bien « mon » Luc. C’est pas parce qu’il a été tué par les policiers à Paris qu’il ne reste pas mon fils. C’est moi qui garde Amaury, sa mère ne veut plus le voir. Et on dit que l’air marin est bon pour les enfants.
— Vous avez raison, et puis la proximité de l’océan ouvre leur imagination.
— Il est très dissipé, ajouta Marthe en poussant un soupir. Je n’arrive pas toujours à le comprendre. Il ne sait pas se faire remarquer autrement qu’en faisant des bêtises. J’ai tellement peur qu’il ne suive le chemin de son père ! Pourtant, chez nous, on est tous honnêtes et travailleurs…
Marthe prit son châle et se dirigea vers la porte.
— Ils sont encore tous sur la place à écouter le temps, constata-t-elle. Ça va faire mauvais cette nuit !
— Je sais, répondit évasivement le curé.
À cet instant, la porte du bas claqua. Des pas rapides martelèrent l’escalier. Un enfant essoufflé arriva à l’étage, s’arrêta dans l’entrée de la cuisine, regarda tour à tour sa grand-mère puis Paul Benalec. La tête ronde, les cheveux en broussaille, il avait peut-être dix ou onze ans.
— Ah, te voilà ! fit Marthe. Dis bonjour à monsieur le curé.
Amaury observait Paul de la tête aux pieds. La balafre qui entaillait sa joue gauche et montait se perdre au-dessus de l’oreille l’impressionnait.
— Qu’est-ce que vous avez fait ? demanda le gamin. On a essayé de vous tuer ?
— Mais non, c’est une ancienne blessure, rectifia Benalec, qui ajouta pour rassurer l’enfant : J’ai eu un accident de voiture.
— C’est moche ! s’exclama Amaury en faisant la grimace.
Il avait dans sa voix fluette une impétuosité moqueuse, un peu railleuse. Marthe le sermonna :
— Je t’en prie, Amaury, parle autrement et dis bonjour à monsieur le curé.
Le gamin éclata de rire.
— C’est moche !
Amaury tourna les talons et dévala l’escalier avec l’agilité d’un cabri. Marthe soupira :
— Je ne sais pas ce que je vais en faire. Il ne m’écoute pas et n’en fait qu’à sa tête. Il ne s’intéresse qu’à son ordinateur et à ses jeux ! Vous croyez que c’est comme ça qu’on en fera un homme ?
— Son ordinateur ?
— Oui, c’est une invention de Mme Vouzac, l’assistante sociale, et de M. Jeurin, l’éducateur. Ils n’ont rien trouvé d’autre pour le faire tenir tranquille. Mais ça n’a pas servi à grand-chose !
Paul accompagna la vieille dame jusqu’à la porte. Le vent soufflait de plus en plus fort. Au large, derrière la digue, les vagues devaient atteindre la taille d’une maison. L’image de cette maison d’eau se déplaçant à grande vitesse en fracassant tout sur son passage le glaça d’effroi. Il ferma vivement la porte, même si son devoir l’appelait à aller au-devant des gens rassemblés sur la place. N’était-il pas là pour les rassurer, leur dire que ce n’était qu’une tempête ordinaire ? Il s’assit, le cœur battant. Les cris de ses compagnons résonnaient encore en lui. La vague scélérate renversait le Fringant, prisonnier du chalut que Paul avait refusé de remonter. Et Médéric Lebleu hurlait : « Si on s’en sort, je te jure que je te casserai la gueule ! »
Il se dressa, haletant, courut s’agenouiller sous le crucifix, joignit les mains. Le vent faisait vibrer la toiture, les volets claquaient. Paul ferma les yeux, attendant la lumière apaisante de la prière. Mais son esprit restait noir, livré à son enfer. Le grondement de la tempête avivait sa blessure. Il chercha son bréviaire. Paul n’était pas un homme d’appareil, et il n’obéissait qu’à ce qu’il croyait utile et raisonnable. Pour lui, la lecture du bréviaire, comme la messe quotidienne, n’avait de sens que pour aider le prêtre à rester dans la proximité de Dieu. Mais ce soir, les mots avaient perdu leur sens et la musique des phrases ne l’apaisait pas.
La pensée de Marie ne le quittait plus. Son beau visage se profilait devant lui, sa silhouette frêle et pourtant forte, ses cheveux noirs que le vent décoiffait, sa peau un peu mate qui relevait l’éclat de ses yeux bleus. Marie était une partie de lui-même dont il se sentait indigne. C’est ce qu’il lui avait écrit, du fond de sa retraite monacale : J’ai voulu mourir parce que je ne peux plus paraître devant toi. L’enfant que nous aurions eu aurait été l’enfant de la honte que je n’aurais jamais pu regarder en face. Je suis un lâche, un monstre avec qui tu n’aurais pas été heureuse. Refais ta vie avec un autre, un homme généreux et digne de ta grandeur d’âme. Moi, j’ai voulu mourir pour ne plus me trouver en travers de ton chemin. Tu dois considérer que l’homme avec qui tu as vécu s’est tué d’une balle dans la tête. Il ne reste que celui que Dieu a voulu vivant pour se consacrer aux autres et expier sa faute. Marie n’avait jamais répondu. Ils vivaient ensemble depuis dix ans et avaient prévu de se marier. Ils avaient imaginé une grande fête sur le port de Concarneau. Tous les amis, tous les marins auraient été là pour trinquer au bonheur de leur patron Paul Benalec qui, à cette occasion, leur aurait annoncé l’achat d’un second bateau…
Il retourna dans la cuisine. Le vent avait redoublé d’intensité. Paul imaginait les vagues passant par-dessus la digue. Devant lui, l’assiette, le verre, et les couverts le plaçaient face à sa solitude. « Je suis un salaud ! » pensa-t-il. Sur la cuisinière, un restant de ragoût répandait une agréable odeur. Mais Paul n’avait pas faim.
Des coups frappés à sa porte le firent sursauter. Il se leva en se demandant qui pouvait venir le déranger à cette heure. Marthe qui avait besoin de sa casserole ? Un curieux qui voulait voir la figure du nouveau curé avant les autres ?
Les coups frappés se répétèrent. Paul descendit l’escalier et hésita avant d’ouvrir la lourde porte en ogive. Enfin, il poussa le verrou qui grinça, et appuya sur la poignée. Il sursauta.
— Pétronille ?
— Oui, Pétronille. Monsieur le curé, il faut que je vous voie, c’est urgent !
Le curé laissa entrer la jeune femme et ferma la porte d’une main tremblante. Son passé le rattrapait et il allait déjà devoir rendre des comptes ! Les jambes lourdes, il suivit la jeune femme dans l’escalier. Celle-ci passa directement dans le bureau, comme si elle connaissait la maison, posa son sac sur un siège, puis son imperméable mouillé.
— Pétronille, quelle surprise ! dit Paul en s’approchant d’elle, mais n’osant pas l’embrasser comme il le faisait autrefois.
— Je vois que vous vous en tirez bien, monsieur Benalec. Que vous avez endossé la tenue de prêtre pour devenir intouchable ! La lâcheté n’a pas de couleur, mais le noir lui va bien !
— Il me semble que tu me tutoyais ?
— Je tutoyais le patron d’Antoine, mais désormais vous êtes le représentant de ce Dieu que je déteste ! Franchement, les lâches et les criminels sont Ses meilleurs clients !
La femme braquait sur Paul un regard mauvais. Cette petite brune aux cheveux courts n’avait pas changé depuis le temps où son mari, Antoine Bernard, travaillait avec Paul sur le Fringant. Ses yeux, toujours aussi perçants, fixaient le curé, mais ne voyaient que le responsable de la mort de son mari. Ce fut Paul qui baissa la tête en premier.
— Pour nous, ça va très bien, dit Pétronille avec une contraction du visage qui la vieillissait. Avec mes trois filles, on fait comme on peut. On mange des pâtes parce qu’on n’a pas les moyens d’acheter autre chose. Et on vit avec la pensée qu’un salopard s’est caché derrière quelque chose de généreux pour échapper à la honte qu’il doit ressentir.
— Qu’est-ce que tu me veux ? Je suis là, désormais, et je t’aiderai comme je le dois.
— Certainement, mais vous ne remplacerez jamais le père de mes filles dont le corps n’a jamais été retrouvé, bouffé par les crabes et les étoiles de mer, bouffé par les charognards de l’océan.
Deux larmes perlèrent au coin de ses paupières. Paul gardait toujours la tête baissée. Pour la première fois, il se trouvait en face d’une des victimes de sa grande faute. À Pétronille aussi il avait écrit du fond de son monastère pour lui demander pardon. Elle non plus n’avait pas répondu.
Enfin, elle se décida et prit une longue inspiration :
— Pouvez-vous me recevoir en confession ?
— Certes, je le peux. Mais est-ce bien le moment ?
— C’est plus que jamais le moment. Le secret de la confession est bien inviolable, n’est-ce pas ? demanda-t-elle encore en fouillant dans son sac.
— Totalement inviolable. Je te rassure.
— Alors, c’est bien.
Elle sortit de son sac un paquet en plastique qui contenait un objet lourd, l’ouvrit, puis le posa sur ses genoux. Elle enfila des gants sous le regard étonné de Paul, plongea la main dans le paquet et en sortit un pistolet. Le curé recula, effrayé.
— Pétronille, qu’est-ce qui te prend ? Tu es devenue folle ?
Le visage de la femme se contracta encore. Des rides se formèrent sur son front. Elle secoua sa tête de petit garçon.
— J’en ai eu la tentation, mais n’ayez crainte, monsieur le curé. Je ne vais pas vous tuer, ce serait trop doux pour vous et je n’y trouverais aucun contentement. Voici donc ma confession.
— Oui, mais pose d’abord ça. Je redoute que tu ne fasses une bêtise, dit Paul en prenant l’arme qu’elle lui abandonna.
Un léger sourire passa sur le visage de Pétronille pendant que Paul examinait le pistolet pour en vérifier le chargeur. Une forte odeur de poudre l’inquiéta.
— Range-le, ajouta-t-il.
Pétronille reprit le pistolet avec sa main gantée, l’enfouit dans le sac en plastique et le rangea.
— Voilà, monsieur le curé, comme vous êtes tenu par le secret de la confession, vous ne pourrez divulguer à personne ce qui vient de se passer ici et ce que je vais vous dire.
— Je ne comprends pas.
— C’est simple. M. Legyère, que vous connaissez bien, a récemment reçu une lettre de vous lui indiquant que vous souhaitiez le voir, n’est-ce pas ?
— C’est vrai, admit Paul. Legyère a touché la totalité de la somme qu’il avait engagée pour m’aider à financer mon bateau. Je lui ai écrit pour lui demander qu’il m’en rétrocède une partie que je destinais à toi et à Jacqueline Lebleu…
— Eh bien, M. Legyère a été assassiné ce soir avec cette arme. On n’a pas encore trouvé le corps, mais ça ne va pas tarder. C’est moi qui l’ai tué, c’est moi qui l’ai entraîné dans un guet-apens. D’abord parce que je le hais. Il nous a laissées croupir dans la misère, moi et mes filles, et nous n’avons rien eu de l’assurance. Ensuite, parce que je veux qu’on vous accuse. Et comme vous ne pouvez rien dire, vous serez condamné. Si vous parlez, vous reniez votre engagement envers Dieu et vous vous condamnez par ailleurs ! Ce sera ça, ma vengeance.
Sans rien ajouter, Pétronille prit son sac à main, sortit du bureau mal éclairé et quitta le presbytère. Le silence envahit la pièce. Paul Benalec restait de marbre, assis à son bureau. Puis il réagit, dévala l’escalier. Devant la porte restée entrebâillée, il balaya du regard la place qui s’était vidée. Le vent, que les toitures ne retenaient plus, avait redoublé de violence. Seul un chien se hasardait encore avant de retrouver son maître. Pétronille avait disparu. Le curé ferma la porte et remonta à son bureau, plus que jamais étranger en lui-même.
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