Le cri du goéland
Chapitre 6
Grâce à Pétronille, Marie put rendre plusieurs visites à Paul qui ne refusait pas de la voir. Il s’approchait d’elle, prenait sa main tendue, la serrait très fort, sans un mot. La jeune femme avait adopté son mutisme et se contentait de le regarder longuement. Souvent, Paul baissait les yeux parce qu’il savait que Marie y lisait ses pensées les plus secrètes.
Désormais, Marie avait retrouvé son aplomb et sa force de caractère. Elle avait compris que Paul l’aimait toujours, que son engagement religieux avait mis un terme à leur vie commune mais sûrement pas à leur amour. Elle était prête à l’admettre, mais voulait être certaine que Paul ne trichait pas avec lui-même, qu’il ne s’était pas enfermé dans sa foi pour fuir sa honte et expier ce qu’il considérait comme un crime.
Elle s’était rapprochée du commissaire Alain Brunet en qui elle avait découvert un homme attentif, honnête et décidé. Mais comment démasquer le meurtrier sans détenir la moindre preuve, et surtout avec un prévenu qui refusait de se défendre ?
— Vous avez eu raison de me soupçonner, déclara Marie. Vous avez ouvert une nouvelle voie, celle de la vengeance non pas contre Legyère, mais contre Paul. Il se peut, en effet, que quelqu’un après le drame ait voulu profiter de son nouvel engagement religieux pour le détruire et lui faire payer la mort de ses trois hommes d’équipage.
Brunet avait reçu Marie dans un café proche de son commissariat. Il avait commandé une bière pression et sirotait son verre en observant la jeune femme qui portait sa tasse de café à ses lèvres mais la reposait sans boire, comme pour éprouver la température du liquide. C’était assurément une belle brune, avec son visage ovale, ses traits réguliers, et un nez légèrement retroussé qui donnait un peu de fantaisie à son sourire. Après avoir voulu en faire une coupable possible, il mesurait combien sa collaboration serait précieuse. Le dossier étant bouclé par le juge d’instruction, rien ne pourrait arrêter la machine judiciaire. Le procès aurait probablement lieu avant la fin de l’année, dans la plus grande discrétion puisque l’évêché avait insisté pour qu’on évite toute publicité qui éclabousserait l’ensemble de l’Église.
— Depuis le début, je me dis qu’il manque quelque chose, presque rien, un détail. Si j’avais pu retrouver la femme venue au presbytère le soir du meurtre, je pense que j’aurais avancé, car on peut supposer que cette femme s’est arrangée pour que Paul laisse ses empreintes sur l’arme qui a tué Legyère. Mais là, nous sommes bloqués.
— Je suis de plus en plus persuadée qu’il s’agit d’une vengeance tournée contre Paul. Et la liste de ceux qui peuvent lui en vouloir n’est pas si longue.
— J’ai épluché les affaires de Legyère. Son défaut, c’était d’aimer les femmes et de ne pas leur plaire. Ceux qui l’ont connu disent qu’il était ennuyeux et ne savait parler que d’argent. C’est par le chantage qu’il avait réussi à obtenir les grâces de Mathilde Laroch. Une fille sûrement honnête, mais qui n’a pas beaucoup de cervelle.
— La personne qui s’est débrouillée pour que Paul tripote le pistolet et y laisse ses empreintes est rusée. J’ai beaucoup réfléchi à la question, affirma Marie.
Brunet vida son verre et le reposa lentement devant lui. Un paquet de mousse glissa sur la paroi. Il le regarda se fondre dans le restant du liquide, d’une belle couleur pleine de lumière. Marie avait le visage sérieux que les clients de sa société connaissaient.
— La chancellerie a le dossier. Désormais, nous ne pourrons plus arrêter le cours de la justice si nous ne sommes pas capables d’apporter un élément déterminant prouvant l’innocence de Paul, reprit Brunet. Une preuve irréfutable qui confondrait le coupable.
— Pour moi, Legyère a été tué parce que c’était l’occasion, la facilité, poursuivit Marie. Un autre aurait très bien pu être la victime de ce tueur qui se moquait bien sur qui il allait tirer. Ce qu’il voulait, c’était atteindre Paul, l’obliger à garder le silence au nom de son engagement religieux et se laisser condamner sans pouvoir se défendre. La vengeance parfaite : le coupable innocent connaît le véritable criminel mais il ne peut rien dire, pas même clamer son innocence.
— Donc, selon vous, le coupable se trouve parmi ceux qui avaient des raisons de lui en vouloir ?
— Oui, je pense principalement à deux personnes. Je n’ai pas oublié ce qui s’est dit après le verdict qui avait clôturé l’affaire du naufrage. Deux femmes avaient alors exprimé leur haine d’une manière radicale. D’abord sa mère, Odile, qui me déteste et en veut à Paul d’avoir causé la mort d’Alexandre, son fils préféré. Odile est une femme froide et calculatrice.
Brunet commanda une seconde bière et demanda à Marie si elle souhaitait boire autre chose. Il jeta un regard distrait vers le comptoir où deux hommes se querellaient à propos des pronostics pour le tiercé du lendemain.
— Franchement, dit-il, je n’aurais pas pensé à mettre Odile sur la liste.
— Si. Elle aimait Alexandre plus que tout. Il y a aussi Jacqueline Lableu. Je me souviens de sa réaction à l’annonce du verdict. Elle hurlait, montrait le poing aux juges. Il avait fallu la sortir de force de la salle d’audience.
— Vous savez ce qu’elle est devenue ?
— Elle habite du côté de Pontivy. Elle peut avoir agi de la sorte par désespoir. Souvent, les gens dans la peine pensent que frapper ceux qui sont à l’origine de cette peine leur rendra la vie plus supportable. La meurtrière est probablement l’une de ces deux femmes, ou les deux ensemble. C’est difficile à dire, car j’ai le sentiment de faire de la délation et Paul m’en voudrait s’il m’entendait. Mais nous n’avons pas d’autre solution que de vérifier.
Alain Brunet avala une gorgée de sa bière, posa lentement son bock, s’essuya les lèvres avec son mouchoir et demanda :
— Et la femme d’Antoine Bernard, le troisième matelot ? Pétronille Bernard pourrait aussi avoir de bonnes raisons de vouloir se venger. La vie n’est pas facile pour elle depuis la mort de son mari.
— Non, répondit Marie. Pétronille était à côté de moi au moment du verdict. Elle n’a eu aucune réaction, elle s’est contentée de pleurer son cher disparu. Elle n’a jamais eu le moindre mot contre Paul. Elle a accusé la fatalité. Tant de pêcheurs agissent comme Paul, ne remontant leur chalut qu’au dernier moment ! Lui n’a pas eu de chance : sans la vague scélérate, totalement imprévisible, le naufrage n’aurait pas eu lieu. Et puis, c’est grâce à Pétronille que j’ai pu voir Paul. Je suis certaine qu’elle n’a pas commis ce crime.
— Très bien, dit le commissaire, qui jugea les propos de Marie pertinents. Maintenant, je ne sais pas comment agir. Je ne peux plus aller interroger Odile ou Jacqueline Lableu.
L’instruction a été trop rapide, j’en conviens, mais l’évêché a fait pression et le juge n’était pas fâché de manger du curé.
— Depuis quelques jours, je cherche un moyen de tendre un piège à la meurtrière, dit Marie, mais je ne sais pas comment m’y prendre, et je me dis que Paul m’en voudra. Mais tant pis, si c’est pour le sauver !
— Je vous comprends, fit Alain Brunet, qui réalisait que Marie n’avait pas renoncé à récupérer l’homme qu’elle aimait. Quant à moi, je suis comme vous, je ne vois pas ce qu’on peut faire, car en dehors d’un aveu, rien ne sera accepté par la justice pour rouvrir ce dossier.
Marie rentra chez elle, la tête pleine d’interrogations. Aucun piège ne pouvait être efficace et, plus que jamais, elle butait sur un mur infranchissable qui détruisait sa vie et celle de Paul. Odile ne l’avait jamais considérée comme la compagne idéale pour son fils. Elle en voulait à tout le monde d’être seule et sans espoir. Sa vive intelligence et la froideur de ses décisions la rendaient capable d’imaginer une punition exemplaire contre celui qui l’avait privée d’Alexandre. Mais comment la confondre ?
Marie eut un moment la tentation d’aller la trouver et de l’accuser ouvertement, de l’obliger à se dévoiler, puis elle eut une idée. Un sourire éclaira son visage. Cette fois, Odile ne pourrait pas se défiler. Les méthodes modernes permettaient des miracles qui auraient été impossibles quelques années plus tôt. La manipulation était grossière, mais plus le mensonge sortait de l’ordinaire, plus il avait de chance de réussir !
Malgré son impatience, Marie attendit un peu avant de se décider. Elle pensa téléphoner au commissaire Brunet, puis se dit qu’il était préférable d’agir seule. Le lendemain, après s’être rendue à son bureau et avoir expédié le travail courant, elle profita de la pause de midi pour aller trouver Odile à Quimper. Il faisait assez beau. Le ciel était d’un bleu délavé, ponctué de petits nuages blancs qui s’effilochaient au vent. Marie arriva chez Odile vers treize heures. La mère de Paul l’accueillit sur le pas de sa porte. Marie embrassa la vieille femme sur les deux joues. Odile s’étonna de cette visite inopinée en pleine journée.
— J’ai enfin une bonne nouvelle et je voulais vous l’annoncer moi-même. Nous allons tout savoir sur le meurtre de Legyère. Et Paul va enfin être innocenté.
Tout en parlant, elle ne quittait pas des yeux le visage d’Odile, qui se figea. Puis la mère de Paul sourit légèrement.
— Mais c’est très bien, ça !
— En effet, après un examen plus poussé, ils viennent de retrouver des traces d’ADN sur la crosse du pistolet et ce ne sont pas celles de Paul. Cette nouvelle piste pourrait retarder le procès.
Odile passa dans la cuisine et proposa un café à la visiteuse. Marie trouva ses gestes saccadés, moins assurés que d’habitude. Tout en s’activant, Odile lui demanda, sans lever les yeux :
— Mais comment peuvent-ils découvrir à qui appartient cet ADN ?
— En faisant des prélèvements. Nous allons tous être sollicités. Comme il n’y a aucune piste, les policiers sont obligés de tester tout le monde, moi, vous, les proches de Paul et de Legyère.
Marie interpréta le léger tremblement qui agitait les mains d’Odile comme la marque d’un trouble profond. La vieille femme disposa deux tasses sur la petite table du salon.
— Si ça peut leur faire plaisir ! dit enfin Odile en versant le café fumant dans les tasses. Mais je doute qu’ils apprennent grand-chose.
— Le commissaire Brunet suspecte tout le monde. On saura à quoi s’en tenir, la situation sera plus saine.
Odile ne réagit pas. Marie comprit alors qu’elle s’était trompée. La vieille femme n’avait rien à voir dans le meurtre de Legyère, ou alors elle trichait magnifiquement. Marie ne s’attarda pas et prit congé. Il ne restait qu’une suspecte, Jacqueline Lableu. Marie résolut d’aller lui rendre visite le soir même, tant cette question la tracassait. Elle passa à son bureau, bavarda quelques instants avec son patron qu’elle mit au courant de ses démarches, puis elle prit la direction de Pontivy.
Il était presque dix-neuf heures quand elle arriva au bord du Blavet. Elle dut se servir de son GPS pour trouver la petite rue où habitait Jacqueline. Elle arrêta son véhicule devant une maison bourgeoise entourée d’un parc. De grands arbres perdaient leurs feuilles qui volaient en gros tourbillons et se posaient sur la pelouse. Le portail était ouvert. Marie n’osa pas le franchir avec sa voiture qu’elle gara sur le trottoir. Elle remonta à pied l’allée bordée de marronniers qui conduisait à une villa aux larges baies vitrées. La jeune femme ne s’était pas imaginé que Jacqueline ait pu reconstruire sa vie avec autant de luxe. Quand elle arriva près de la maison, trois caniches vinrent tourner autour d’elle en aboyant. Elle eut envie de faire demi-tour : Jacqueline, avec une telle aisance, pouvait-elle penser à se venger d’un mari pêcheur mort depuis plus de six ans ? Marie s’éloignait quand, d’une allée perpendiculaire, Jacqueline, vêtue d’une longue robe blanche, la tête couverte d’un chapeau orné de rubans blancs et roses arriva au bras d’un homme d’un certain âge, très élégant dans son costume sombre rayé. En reconnaissant Marie, la jeune femme eut un léger mouvement de recul, comme l’envie de fuir une vision qui lui déplaisait. Elle se reprit rapidement et sourit.
— Mais c’est Marie, la compagne de Paul Benalec ! Qu’est-ce qui nous vaut une visite aussi inattendue ?
Jacqueline parlait avec une voix enjouée, un peu haute, qui n’était pas sa voix naturelle mais allait bien avec sa nouvelle silhouette.
— Georges, je te présente Marie, une amie de longue date.
L’homme salua Marie avec un gracieux sourire qui le rajeunit. Il invita la visiteuse à les accompagner à la maison.
— Je suis vraiment contente de te retrouver. C’est vrai, la vie nous a engagées dans des chemins différents, mais c’est promis, désormais, on se téléphonera et on se verra. Tu habites toujours à Concarneau ?
— Oui, répondit Marie qui n’osait plus exposer le motif de sa visite.
— Eh bien, moi, je vis ici, dans la plus belle maison du monde ! s’exclama Jacqueline. Georges, mon époux, s’occupe bien de mes garçons. Julien est en première et Stephen en troisième. Ils sont bons élèves et nous n’avons pas de soucis avec eux.
Marie ne se sentait pas très à l’aise dans cet intérieur luxueux, et elle se demandait par quel miracle la pauvre Jacqueline Lableu avait pu rencontrer cet homme riche et dévoué. Elle accepta le thé que Georges alla préparer pendant que les deux femmes bavardaient. Naturellement, Jacqueline demanda des nouvelles de Paul :
— Ce pauvre Paul, comment va-t-il ? J’ai appris qu’il était entré dans les ordres. Je me demande encore comment cela peut être possible. Abandonner sa vie, se faire prêtre en oubliant ceux que l’on aime pour se consacrer à un Dieu d’amour qui impose une séparation ! Franchement, je ne comprends pas.
En l’entendant parler de la sorte, Marie se dit que Jacqueline n’était pas aussi superficielle que son aspect léger et sophistiqué pouvait le laisser croire.
— Paul est très traumatisé par ce qui s’est passé. Je ne suis pas certaine que son engagement en religion soit aussi profond qu’il le dit. Mais je l’accepte.
— Et toi, ma chère Marie, tu travailles toujours au même endroit ? Tu n’as pas refait ta vie ?
— Non, et je n’en ai pas envie. Paul a besoin de moi.
— Je m’en doute. N’a-t-il pas été inquiété pour une histoire de meurtre ? demanda Jacqueline en souriant à son mari qui venait de poser sur la table basse le plateau avec les tasses et la théière fumante. Mais franchement, qu’espères-tu à part être la bonne du curé ?
— Rien, répondit Marie, vexée. Il est en prison, accusé d’un crime qu’il n’a pas commis.
— Les policiers découvriront vite le meurtrier. Comment imaginer que Paul puisse tirer sur quelqu’un ?
Cette fois, Marie osa aller au bout de sa démarche :
— Le commissaire de police soupçonne un proche de Paul, quelqu’un qui lui en voudrait et se serait arrangé pour lui faire tripoter l’arme du crime afin de laisser des empreintes qui l’accusent. Paul ne peut pas se défendre car il est tenu par le secret de la confession.
— Tout ça est ridicule, répliqua Jacqueline en souriant. Comment garder un secret qui fait de vous un coupable ? Cela ne tient pas debout. Rassure-toi, ils vont vite trouver le meurtrier.
— Ce n’est pas si sûr, reprit Georges. Le secret de la confession est inviolable, même par le Vatican. Un curé est le représentant de Dieu. Et là, la justice des hommes n’a pas sa place !
— Mais voyons, Georges, se moqua Jacqueline, ce n’est pas pensable.
— Si, insista Georges, et je trouve ça admirable.
— Enfin, Paul ne va pas se laisser condamner à perpétuité pour le crime d’un autre !
Marie hésitait encore quand Georges lui tendit une perche malgré lui :
— C’est bizarre qu’on en soit resté aux seules empreintes, remarqua-t-il. Avec l’ADN, les investigations sont beaucoup plus fiables. Et il suffit de très peu de chose pour confondre le coupable, un cheveu, une pellicule du cuir chevelu, une poussière invisible…
— Justement, finit par dire Marie, ils ont trouvé un ADN et ce n’est pas celui de Paul. Ils vont faire des prélèvements sur tous les gens qui l’ont connu, et surtout ceux qui avaient manifesté leur animosité pendant le procès du naufrage.
Le visage de Jacqueline s’assombrit, ses sourcils bien dessinés s’abaissèrent, elle plissa ses lèvres. Enfin, elle leva les yeux sur Marie et dit sur un ton froid :
— C’est pour me dire ça que tu es venue jusqu’ici ? Sache que j’ai crié ma haine contre Paul, mais que j’ai fait mon deuil et que je ne lui en veux plus. Je peux le dire devant lui, qui représente Dieu. Qu’ils viennent faire leurs prélèvements. C’est un affront, certes, mais je l’accepte.
Marie était gênée, convaincue que Jacqueline disait la vérité et qu’elle avait menti pour rien. Elle se leva de son siège sans terminer sa tasse de thé, honteuse de son mensonge.
— Malgré cela, j’aimerais qu’on se revoie, ajouta Jacqueline en l’accompagnant à la porte.
— Ce sera avec un grand plaisir, répondit Marie.
Sur la route du retour, Marie s’arrêta pour téléphoner à Alain Brunet, qui lui avait laissé son numéro de portable. Elle lui raconta sa démarche et son gros mensonge pour tenter de confondre Jacqueline. Brunet lui dit que ce n’était pas une bonne manière de procéder, mais si cela pouvait aider la justice, il voulait bien y souscrire.
— Odile est sûrement d’une autre trempe que Jacqueline, poursuivit Marie. Pourtant, je l’ai bien observée quand je lui ai dit qu’on allait faire des prélèvements. Elle a accepté spontanément. Après réflexion, je pense qu’elle est innocente. Quant à Jacqueline, elle a refait sa vie, et bien mieux que la première fois. Je ne pense pas qu’elle aurait compromis son confort actuel pour une vengeance.
— Donc, nous en sommes toujours au même point ! Et malgré des recherches très poussées de mes collègues, nous n’avons aucun ADN, comme vous l’aviez annoncé.
Marie rentra chez elle. La jeune femme se sentait prise au piège sans aucun moyen d’en sortir.
Elle s’endormit tard dans la nuit et rêva d’un mariage où elle portait une magnifique robe blanche. L’homme qui lui donnait le bras était vêtu d’une soutane noire qui sentait affreusement mauvais.
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