Les héritiers du rêve Tome 1 (French Edition)
Chapitre XIV
Le livre des âmes perdues
En ayant zigzagué dans plusieurs directions prit une multitude de couloirs que Marty ne put mémoriser, Fradoc s’arrêta brusquement devant une statue qui représentait une licorne chevauchée par un cavalier vêtu de blanc. La créature se tourna vers l’adolescent et lui dit sur un ton ferme.
— On m’a demandé de vous conduire jusqu’ici. Je dois retourner dans
la salle de récupération en attendant la fin du cours de votre groupe.
— Bien, merci !
— On se revoit plus tard.
Fradoc laissa Marty devant cette étrange statue. Pendant que celui-ci attendait patiemment que quelqu’un vienne le chercher, il s’aperçut soudainement que les yeux du chevalier blanc semblaient bouger ! Sans aucun avertissement, de ses yeux émergea une lumière d’un bleu marin et celle-ci engloba l’adolescent comme un saucisson de la tête au pied. Aussitôt, il fut transporté par cette enveloppe d’énergie, de l’autre côté du mur. Il aboutit dans une somptueuse pièce rectangulaire agencée au plafond de lustres diamantés, au plancher d’un tapis couleur de maïs. Au mur, il y avait des étagères et une bibliothèque surchargée de livres et d’objets aussi insolites les uns que les autres. Un majestueux bureau acajou et deux fauteuils capitonnés d’un cuir sablé complétaient ce décor grandiose. Marty contempla ce lieu magnifique avec des yeux d’étonnement et ne remarqua pas que le directeur l’observait. Lorsqu’il s’en aperçut, son visage se colora de gêne et fit un sourire timide au directeur.
— Voyons, ne soyez pas timide, jeune homme ! Veuillez prendre place
! Je vous en prie. Lui lança-t-il avec un cordial sourire.
— Merci, monsieur le directeur.
— Veuillez accepter toutes mes excuses pour vous avoir extirpé de
votre cours si intéressant, devait-il être. Je conviens aussi que ma méthode pour vous faire parvenir jusqu’à moi n’est pas la plus délicate et j’en suis sincèrement désolé.
Marty aurait voulu le remercier de l’avoir soulagé de ce cours d’un ennui mortuaire, mais il décida de s'abstenir. Voyant qu’il demeurait muet, le directeur Vadeboncoeur poursuivit la conversation.
— Pour des raisons de sécurité, je devais agir de cette façon. Car j’ai
l’impression qu’il y a un espion parmi nous puisque certains des disciples de Khaos ont réussi à s’introduire à l’entrée de la grotte comme vous avez pu le constater par vous-même. Normalement, seuls les élèves peuvent y parvenir ainsi que vos professeurs et les créatures à demi-âme. Pour le moment, je dois faire preuve de prudence et de ruse, car j’ai des doutes sur certains d’entre eux. Je sais aussi que nous devions nous voir en fin de journée, toutefois je devrai partir tout de suite et de ce fait écourter la durée de notre rencontre. Je dois régler quelque chose d’important et cela ne peut pas trop attendre, vous comprenez ?
— Très bien ! répondit Marty, étant un peu déçu de devoir se
contenter d’une réunion écourtée. Dans sa tête, il était envahi depuis si longtemps par un bourdonnement d’innombrables questions comparables à l’entrée d’une ruche d’abeilles. Il avait dû apprendre tant de choses en si peu de temps et avait fait preuve d’une patience remarquable. Le directeur le regarda comme s'il devinait que l’attente avait été assez ardue pour lui et commença son récit.
— Tout d’abord, je suis fier de ce que vos grands-parents ont fait et je
suis content de voir que je ne m’étais pas trompé à leur sujet.
— Que voulez-vous dire ? demanda Marty, intrigué.
— Je vais vous expliquer brièvement. À la suite de la disparition de
votre père et la mort de votre mère, je me suis senti dans l'obligation de vous confier à vos grands-parents. Je leur avais demandé de prendre soin de vous. Je leur ai promis de tout mettre mes efforts à le retrouver bien que je ne sache pas combien de temps cela pourrait prendre. Je leur avais aussi demandé en même temps de cacher la boîte contenant l’un des derniers médaillons de Murphéus en attendant que vous deveniez un adolescent. À mon grand soulagement, tout s’est passé comme prévu. Je devine très bien que cela n’a pas dû être facile pour vous. Néanmoins, sachez que vos grands-parents auraient pu refuser de vous garder ainsi que le médaillon, car cela représentait un énorme risque pour eux
puisqu’ils avaient un objet que le démon Khaos et ses disciples recherchaient. Ils ont probablement de gros défauts, j’en conviens, toutefois, je peux vous assurer qu’ils ont un grand cœur. Marty avait du mal à croire que sa grand-mère possédait cette qualité. Pour en venir à une chose primordiale, je dois vous dire que vous devez posséder sans aucun doute des dons extraordinaires sinon la fusion avec le médaillon n’aurait pas eu lieu. Pour cette raison, je suis persuadé qu’il a décelé en vous les dons et les capacités adéquats afin de protéger le monde du rêve.
— Vous le croyez vraiment ? lança Marty avec scepticisme.
— J’en suis persuadé, jeune homme ! Je vous en prie, ne sous-estimez
pas vos capacités. Ayez confiance en vous !
— Si vous le dites, je veux bien vous croire.
— Dans un tout autre ordre d’idée, je voulais discuter avec vous d’un
sujet un peu plus délicat, car il s’agit de vos parents.
Marty le fixa droit dans les yeux ne sachant pas à quoi s’attendre.
— Eh bien ! Selon mes sources et une enquête approfondie, je crois
que vous serez content d’apprendre qu'on pense que votre père… il hésita un peu et se lança... il n'est vivant comme je le croyais. Le visage de Marty s’illumina soudainement.
— Quuuuoi ? répondit-il, estomaqué par la nouvelle.
— Vous avez bien compris, jeune homme.
— Vous en êtes vraiment certain, cette fois-ci ?
— Comme je viens de vous le dire. D’ailleurs, pour l’instant nous
n’avons retrouvé que sa bague étoilée. Néanmoins, nous supposons qu’il l’ait laissée là pour nous donner une piste à suivre. Toutefois, je crois que la suite ne va pas vous plaire.
— Pourquoi dites-vous ça ?
— Malheureusement, j’ai appris par l’un des manguoras que votre
père serait en partie responsable de la mort de votre mère.
L’expression souriante de Marty fit place à la confusion.
— C’EST IMPOSSIBLE ! protesta Marty, incrédule.
— Calmez-vous, jeune homme ! Je comprends votre réaction et avant
de sauter aux conclusions je vais mettre tout en œuvre pour le retrouver, soyez-en assuré ! C’est une promesse que je vous fais.
— Désolé monsieur Vadeboncoeur. Je vous remercie de ce que vous
faites pour moi.
— C’est normal. Je suis aussi impatient que vous de découvrir ce qui
se cache là-dessous. Entretemps, je vous demande de me faire confiance et d’être indulgent envers moi. Maintenant, laissez-moi vous raconter l’origine des douze médaillons de Murphéus afin de parfaire votre éducation. Normalement, l’historique des songes est réservé à votre professeure Freluche que vous n’avez pas encore rencontrée, mais je sais qu’elle ne m’en voudra pas même si je la devance un peu en vous racontant cela. Alors, je commence mon récit si vous êtes bien prêt, car après je devrai partir.
— Je vous écoute monsieur le directeur, dit Marty essayant tant bien
que mal de refouler les questions qui se bousculaient dans sa tête.
— Bon d’accord. Il m’est important de préciser que l’histoire que je
vais vous raconter, vient des êtres les plus anciens, les manguoras ou bien les créatures à demi-âme. D'ailleurs, vous comprendrez rapidement la raison pour laquelle, ils portent ce surnom. Au tout début, il régnait une paix absolue entre le monde réel et celui du rêve. Un jour, cet équilibre fut souillé par la venue d’un démon nommé Khaos, provenant probablement d’une dimension parallèle à la nôtre. Dès lors, il répandit les rêves cauchemardesques sur son passage. Selon ce qu’on raconte, l’infâme personnage tuait ses victimes pendant leur sommeil et se nourrissait d’une partie de leur peur ainsi que de leur âme. De plus, contrairement à nous, le peuple des manguoras avait un endroit où leurs âmes vaguaient et qu’ils appelaient « la forêt des esprits ». Voyant ce lieu comme un endroit facile et indéniable, le prince du cauchemar s’appropria cet endroit et condamna ainsi ce peuple à des rêves cauchemardesques. Voulant agrandir davantage l’étendue de son pouvoir et de ses cauchemars, il tua tous ceux qui osaient s’opposer à son règne. Cependant, une partie d’entre eux acceptaient de peur de mourir de devenir ses plus fidèles disciples. Il leur promit faussement de les épargner et de leur donner la partie de leur âme qu’il avait aspirée. Voyant un danger imminent au monde du rêve ainsi que celui du réel, un groupe de douze vaillants combattants implorèrent le « Dieu des songes, Murphéus », de leur venir en aide afin de protéger les peuples rêveurs contre le prince des cauchemars. Il accepta à la condition que chacun des combattants sacrifie une infime partie de leur âme qu’il introduisit dans chacun des
médaillons. De ce fait, chaque médaillon avait sa propre force et c’est à ce moment que les héritiers du rêve furent créés… Dès lors, le démon fut anéanti et ses disciples disparurent dans le néant d’une autre dimension. Par la suite, les peuples retrouvèrent leur liberté de rêver sauf les manguoras qui, n’ayant jamais pu récupérer en entier leur âme, furent privés de rêves sans pour autant sombrer dans le cauchemar. De ce fait, des rumeurs circulèrent disant que l’anéantissement facile de ce démon avait été probablement prémédité par le seigneur des cauchemars lui-même et ses complices. De plus, il semblait fort probable qu’une partie de l'âme du démon ainsi que celles de ses victimes avaient été récupérées lors de sa destruction par ses disciples et transférées dans « le livre des âmes perdues ». Encore selon les rumeurs qui couraient entourant ce livre, certains disaient que ses fidèles l’avaient enfoui dans une autre dimension secrète qu’eux seuls connaissaient. D’après d’autres sources, ce monde regorgeait d’immondes créatures infernales dont les plus redoutables étaient appelés molosses ou chiens des ténèbres, rendant impossible toute intrusion. Attendant impatiemment la renaissance de leur prince des cauchemars pendant des centaines d’années, puis, plus personne n’entendit parler de lui, de ses disciples et du livre des âmes perdues. Entretemps, les héritiers du rêve avaient continué d’exister et formèrent leurs descendances et leur léguèrent les médaillons assurant une continuité et un équilibre entre les mondes. Cependant un jour, il eut un soudain bouleversement provoqué par la découverte d’un ancien manuscrit rédigé par l’un des fidèles disciples du prince des cauchemars. Un groupe de chercheurs archéologiques le trouvèrent dans un vieux temple abandonné depuis des siècles. Ce livre parlait d’un autre être damné qui ferait son apparition dans un futur lointain et qui serait la réincarnation du mal portant aussi le titre du seigneur des cauchemars, Khaos. Selon les écrits, sa renaissance deviendrait possible par des incantations qui n’étaient connues que par ses fidèles disciples. De plus, on mentionne aussi un treizième médaillon…
— Mais… mais pourtant, vous me disiez qu’il y en avait que douze,
s’étonna Marty.
— C’est bien ce que nous avions cru avant la découverte de ce
manuscrit.
— Monsieur le directeur, pensez-vous que ce livre et ce qu’il révèle
sont authentiques ?
— Nos chercheurs nous l’ont confirmé. Alors, cela ne fait pour moi
aucun doute dans mon esprit de son authenticité. Néanmoins pour revenir au médaillon, nous ne savons pas ce qu'il en retourne, puisque si tel était le cas, cela voudrait dire que les mondes sont en danger… le directeur pris un air songeur Marty l’interrompit dans ses pensées.
— Serait-ce possible que Murphéus ait créé ce treizième médaillon
sans informer les héritiers du rêve ?
— Il serait peu probable puisqu’il semblerait que ce médaillon
n’appartient pas à notre monde, répondit le directeur sur un ton rempli d’appréhension.
— Comment cela pourrait-il être possible ?
— Je vois que vous avez encore bien des choses à apprendre jeune
homme. Sachez que dans le monde des rêves, ici tout peut devenir possible. Il y a autre chose aussi que j’ai appris par l’intermédiaire d’une prophétie racontée par les créatures à demi-âme.
— Qu’est-elle ?
— Elle raconte que parmi les douze médaillons modelés par le Dieu
du songe lui-même, deux possèderaient l’ultime pouvoir si sa fusion s’avérait parfaite avec l’âme de son possesseur.
— Qu’entendez-vous par « ultime pouvoir » ? Dit-il intriguer par cette
révélation.
Sans avertissement, une image holographique apparut devant eux. Un homme centaure portant une barbichette grisonnante au menton dévoilant l’âge mûr de celui-ci les interrompit sur un ton empressé.
— Je suis sincèrement désolé d’interrompre votre conversation,
monsieur le directeur, mais vous avez été convoqué pour un problème d’intrusion dans notre système de sécurité. Il semble que quelqu’un ait réussi à y pénétrer et nous ignorons comment cela s’est produit.
— Bon sans la convocation ! Désolé, j’avais oublié. J’arrive tout de
suite, répondit le directeur sur un ton empressé.
Puis, tout comme il était apparu, l’hologramme se volatilisa en un éclair. Le directeur se tourna vers Marty et lui dit :
— Je suis sincèrement désolé. Notre conversation étirée m’a fait
complètement oublier ma convocation. Je ne pourrai pas terminer mon récit, car je dois partir pour une urgence. Alors, nous nous reverrons dès mon retour. Ah oui ! Avant que j’oublie… j’ai demandé à un autre manguora de vous ramener parmi votre groupe.
Il lui fit un clin d’œil et un nuage d’un bleu éclatant engloba Marty. Aussitôt, il fut ramené à nouveau devant le chevalier blanc chevauchant une licorne. Quelques minutes plus tard, un autre manguora apparut dans le couloir. Il s’approcha de l’adolescent et se présenta voyant sa méfiance.
— Bonjour, je m’appelle Vendoc et le directeur m’a demandé de vous
raccompagner dans votre groupe.
— Puis-je me permettre de vous demander où est Fradoc ? demanda
Marty, indiscret.
— Désolé, mais je n’ai pas la réponse à votre question. Tout ce que je
sais c’est que monsieur Vadeboncoeur m’a demandé de vous raccompagner.
— Vous savez, nous ne sommes jamais assez prudents. Alors, si vous
n’êtes pas un intrus vous pourrez répondre facilement à ma question.
— Je comprends votre méfiance, alors allez-y !
— Qui est la personne responsable de notre groupe ?
— Elle enseigne l’histoire des songes et son nom est Mme Freluche.
Cela vous rassure-t-il, monsieur
Travis ?
— Vous connaissez mon nom ? demanda-t-il avec un air ébahi.
— Évidemment, comme je viens de vous le mentionner, c’est le
directeur qui m’a demandé de vous raccompagner.
— Très bien, je ne douterai plus de vous. Désolé de mon attitude
paranoïaque !
— Ne le soyez pas, puisque l’on n’est jamais assez prudent comme
vous l’avez si bien dit ! Un sourire sympathique semblait paraître parmi ses rides faciales de la créature.
Ils prirent le même chemin et marchèrent d’un pas rapide sans dire un mot. Après quelques minutes de marche, Vendoc fendit le silence ambiant.
— Je sais que cela va vous paraître un peu indiscret de ma part, mais
ça s'est bien passé avec monsieur
Vadeboncoeur ?
— Heuu...oui, merci !
— Puis-je me permettre de vous poser une question un peu plus
indiscrète ?
— Bien sûr, allez-y.
— N'auriez-vous pas, par un pur hasard, un lien quelconque avec une
dénommée Angelyna Desforges ? Où devrais-je plutôt vous demander si vous ne seriez pas tout simplement son fils ?
— En effet ! Mais comment avez-vous fait pour deviner ?
— Par vos traits physiques bien sûr ! Ils sont sans équivoque les
mêmes, je vous l’assure !
— Merci ! Donc, dois-je comprendre que vous avez connu ma mère ?
— Bien sûr ! Je ne suis pas prêt de l’oublier puisqu’elle m’a sauvé des
mains de l’un des disciples de…
Son teint devint soudainement plus pâle et sur une voix un peu hésitante, il poursuivit.
— En fait, vous savez de qui je veux parler !
— Je suppose que vous voulez parler du prince des cauchemars,
Khaos ?
Vendoc plissa les yeux en entendant ce nom prononcé et son teint sembla pâlir encore plus. En voyant la bévue qu’il venait de faire, Marty enchaîna la conversation sur un autre sujet.
— Pouvez-vous me parler un peu de ma mère, si cela ne vous dérange
pas ?
— Pas du tout, vous m’en voyez ravi et honoré de parler à son fils. Il
en va de même pour vous, si jamais vous avez besoin de mon aide, n’hésitez surtout pas !
— J’en prends note, merci !
Ils poursuivirent leur discussion en marchant. Marty apprit que sa mère avait sauvé une multitude de gens des griffes du prince des cauchemars. Cependant, Vendoc ne se souvenait pas de tous les détails de cette journée ou de la mort de sa mère ainsi que de la disparition de son père. Marty ressentait une certaine pitié pour ce manguora et, de ce fait, il ne pouvait pas lui en vouloir.
Finalement, ils arrivèrent dans une grande salle, aménagée expressément pour le rassemblement de tous les groupes de l’école. Une ambiance de frénésie régnait dans l’air. Le plafond, sur un fond noir, était décoré par des petits lustres antiques de couleur blanche givrée. Des tables et les chaises étaient disposées de façon à former des groupes étoilés. En tout, neuf couleurs différenciaient et représentaient chacun des groupes : l'orange, le rose, le bleu marin, le bleu ciel, le gris ardoise, le rouge brique, le blanc neige, le vert émeraude et enfin, le noir corbeau. Marty remarqua que ses deux amis étaient en grande conversation avec un groupe d’élèves assis portant fièrement le blanc neige. En s’avançant vers eux pour les rejoindre sa démarche fut interrompue par un professeur qui venait de faire irruption dans la salle mettant fin aux diverses conversations…
Marty reconnut tout de suite le professeur Halo qui leur enseignait les cours d’attaques énergétiques. Que venait-il leur dire ? Que signifiait ce grand rassemblement ? Se demanda Marty. Aurait-il une mauvaise nouvelle à leur annoncer ? Est-ce que cela pouvait concerner le directeur ? Avait-il été victime de quelque chose ? Toutes ces questions étaient de circonstance puisque le directeur avait dû le quitter après avoir été interrompu par l’holographique du centaure. Ses pensées restèrent en suspens pendant quelques instants dans de profondes réflexions...
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