Lettre au Physicien
4. Que reste-t-il d’une Supernova défunte ?
4
Que reste-t-il d’une Supernova défunte ? — Dans un vague nuage, une étoile à neutrons Épuisant peu à peu la force qu’elle emprunte
À ses derniers sursauts. Ainsi nous pénétrons
Plus avant dans l’intimité d’une famille
Dont le peuple divers des étoiles fourmille.
C’est d’abord le Pulsar que nous y rencontrons.
Il ne rayonne pas sur toute sa surface.
Il tourne, tourne, tourne et très vite sur soi
Mais envoie un faisceau lumineux dans l’espace
À chaque tour : encore un phare que perçoit L’Homme navigateur, comme un signe de vie.
C’est à ses obsèques, hélas, que nous convie
Une étoile à neutrons mourante. La paix soit
Avec elle au tréfonds du vaste cimetière
Où l’Énergie enfouit sa jumelle Matière,
Pendant qu’elle procrée ailleurs comme au hasard Ou procède à d’énigmatiques alchimies
Dont témoigne l’exemple intriguant du Quasar, Énorme four à gaz nourri par ces trémies : Les Trous Noirs dont le souffle aspirant de blizzard
Avale tout ce qui se risque à leur portée.
La vapeur arrachée aux étoiles, portée
À l’égal de milliers de milliards de soleils,
Flambe, si loin de nous qu’elle date sans doute
Du temps où l’Univers n’en était qu’aux éveils.
Mais comment les Quasars ont-il pris cette route ? C’est un point sur lequel divergent les conseils
Des savants réunis autour du cas d’espèce.
Les uns pensent y voir l’effet d’expansion
Auquel tout l’Univers observable s’empresse
D’obtempérer. Pour d’autres c’est l’expulsion
Du Quasar par une matrice galactique
Qui l’accélère, alors qu’il serait en pratique
Proche et soumis aux jeux d’une ré exion.
Un poète n’a pas d’avis sur le problème.
Tantôt il s’émerveille, et tantôt des frissons
Le saisissent, devant cet Univers extrême,
Sur la branche fragile où nous nous balançons,
Cependant qu’alentour, dans l’immense baraque, Tout sans arrêt tournoie et tremble, croule ou craque, Ordre et désordre sourds à l’air de nos chansons.
OceanofPDF.com