Lettre au Physicien
4. Le photon, qui peut s’amatir
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Le photon, qui peut s’amatir,
Ne connaît jamais l’impotence.
Un peu plus, un peu moins intense,
Incapable de ralentir
Comme d’augmenter sa vitesse,
Il avance toujours au train
Auquel la Nature l’astreint
Et nous brûle la politesse.
Si, voyageant dans un vaisseau
Interastral qui vagabonde
À deux cent mille la seconde,
J’allume soudain le faisceau
D’une lampe de poche, croire
Qu’il pro tera du moment
Pour ler paresseusement
À cent mille, c’est illusoire :
La foule dense des photons
Qui le composent, tout de suite,
À trois cent mille a pris la fuite
Et jamais nous ne les battons.
À moins (hypothèse d’école)
Que nous n’égalions ce record
À force d’énergie, encor
Qu’un engin volant qui décolle Puis accélère sans cesser,
D’autant rétrécisse à mesure
Pour s’anéantir sans bavure
Contre ce mur qu’il veut forcer.
Mais la photonique Lumière
Modère d’elle-même un peu
Son allure dans un milieu
Où, douce comme une in rmière,
Elle fait des eaux un tilleul,
De la menthe ou de la verveine
Pour consoler de sa déveine
L’Humain abandonné tout seul
Au bord de cette immense vasque
Percée ainsi qu’un entonnoir
Où le sucre en ammé de l’astre
Soleil fond dans un café noir.
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