Manuel de Lingui
9783110302219-014
Anja Overbeck
12 La communication dans les médias
électroniques
Abstract : L’apparition de ce qu’on appelle les nouveaux médias a sans doute ravivé la discussion sur la communication (pas uniquement) dans la recherche linguistique.
La polyvalence grandissante des médias électroniques exige une approche théorique pluridimensionnelle et pluridisciplinaire. La question se pose donc de savoir si les
modèles traditionnels sont encore adaptables dans les différents domaines, comme p. ex. la linguistique textuelle, la recherche sur le français écrit et le français parlé, la
recherche sur la langue des jeunes ou la pragmatique. L’article présentera les théories et modèles actuels (dont espace et temps, émetteur et récepteur, langage parlé et langage écrit, anonymat et politesse, types de textes et types de discours), avant
d’analyser les caractéristiques langagières concrètes de la « communication en li-gne ». Comme conclusion, seront esquissées les perspectives de cette science moderne
et interdisciplinaire.
Keywords : communication, nouveaux médias, médias électroniques, langage (du)
réseau, linguistique textuelle
1 Communication et médias électroniques
La communication et ses multiples mécanismes constituent un propre champ de recher-
che au plus tard depuis les débuts de l ’analyse de la conversation dans les années 1960. Mais c ’est surtout depuis l’apparition de ce qu’on appelle les nouveaux médias que l’étude sur la communication a connu un véritable regain d’intérêt (pas uniquement) dans la recherche linguistique. Au sens large du terme, la télégraphie, le téléphone, la radiophonie, la radiodiffusion et la télévision représentent aussi des médias électro-
niques alors que depuis les années 1990, on ne considère comme « électroniques » presque plus que les services rendus par Internet, qui seront par conséquent au centre
de cet article. D’autres médias électroniques contemporains sont le téléphone portable, le CD-ROM et l ’e-Book (ainsi que la revue électronique et l’Intranet selon les définitions). Ces médias ont en commun le fait de servir principalement à la communication. Le lien
entre médias et communication est donc un phénomène souvent traité et qui fait l ’objet de nombreuses publications (actuellement surtout dans le domaine des médias en ligne
anglophones, cf. notamment la revueMedia and Communication, Bâle 2013 –), en revan-che il manque encore un aperçu de l ’évolution des médias électroniques dans une perspective linguistique (cf. pour le moment Leonhard et al. 2001 ; voir comme aperçu sur les débuts des recherches Allaire 1990 ; Herring 1996 ; Helfrich/Klöden 1998 ;
Handler 2001 ainsi que le Journal of Computer-Mediated Communication 1995–).
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La polyvalence grandissante des médias électroniques, résultant des progrès techniques, exige aussi une approche théorique pluridimensionnelle et pluridiscipli-
naire. Ainsi, non seulement la recherche communicationnelle et la pragmatique parti-
cipent au débat mais d ’autres disciplines comme l’analyse textuelle du discours et la
linguistique textuelle s’y intéressent une fois de plus, en se confrontant à la probléma-tique des types de textes, mais cette fois dans les médias électroniques. La question se
pose donc de savoir si les modèles traditionnels sont encore adaptés et adaptables (p. ex. de Beaugrande/Dressler 1981 ; Brinker 1993 ; Linke/Nussbaumer/Portmann
1994). De même, la recherche sur le langage écrit et le langage parlé, qui s ’appuie surtout sur les théories de Koch/Oesterreicher (1985, cf. aussi 2001), se voit confrontée
à de nouvelles questions notamment quant au degré d ’oralité des propos écrits dans
les médias électroniques. En sociolinguistique, c ’est surtout la recherche sur la langue des jeunes qui se focalise de plus en plus sur les phénomènes de communication dans
les médias électroniques, puisque les jeunes générations en représentent les princi-paux usagers (cf. Neuland 2003 ; 2007 ; 2008 ; Boyer 2007 ; Auzanneau/Juillard 2012 ; Bedijs 2012). Certains aspects comme la politesse ou le face work (à partir des théories
de Brown/Levinson 1987) jouent également un rôle important dans les études actuelles sur la communication. Le chapitre 2 entrera en détail sur tous les aspects cités. Les
disciplines non linguistiques comme l’informatique, la sociologie ou la psychologie sont bien entendu également impliquées dans la recherche sur la communication.
Elles ne seront néanmoins pas le centre du propos de cet article.
La communication dans les médias électroniques semble aussi jouer un rôle majeur en dehors du discours scientifique à proprement dit. Les questions principales
du grand public portent souvent sur l’inquiétude que la langue « parlée » dans les médias électroniques pourrait entraîner une baisse générale du niveau de langue (en
particulier pour les jeunes). Les institutions éducatives craignent la perte des normes grammaticales, qui pourrait mener à un déclin de la langue (cf. Plester/Wood/Joshi
2009). Ce sont les phénomènes suivants qui sont considérés comme particulièrement
typiques (et critiques) du langage d’Internet : – abréviations (p. ex. sigles, acronymes, syllabogrammes) ;
– phénomènes relevant de l’oralité dans la langue écrite (graphies phonétisantes) ; – remplacement de la mimique et de la gestique (émôticons, répétitions) ;
– réduction du lexique et place importante de la langue vulgaire ; – forte simplification syntaxique.
Les caractéristiques langagières concrètes de la « communication en ligne » seront analysées dans le chapitre 3. Dans le discours scientifique, cette évolution est consi-
dérée comme moins problématique, comme il sera montré dans le chapitre 4. La
question de l’existence même d’un netspeak (Netzsprache, langage (du) réseau, cyber-
langage, ciberlenguaje, linguaggio cyber etc.), c’est-à-dire d’une forme de langue spécifique aux médias électroniques, qui se distinguerait fondamentalement d’une langue normée, quelles qu ’en soient d’ailleurs ses caractéristiques, suscite aussi le
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débat (cf. entre autres Crystal 2001 et 2011 ; Anis 2002 ; Dejond 2002 ; 2006 ; Dürscheid 2004). Le chapitre 4 sera consacré aussi à ce sujet.
Le choix de la terminologie à employer est lié à la discussion publique et académique car une définition unique des termes servant à décrire la communication
dans les médias électroniques est loin d ’exister. Même le terme « média » est utilisé de manière différente. Ce n ’est que lentement que le postulat commence à s’imposer supposant que la notion de « média » pour l’analyse des formes de communication
n’est utilisable que dans une perspective technique et ne devrait se référer qu’exclusi-vement au moyen concret de communication (téléphone portable, ordinateur, fax
etc. ; cf. Dürscheid 2003 et déjà Holly 1997). Même la dénomination de la communica-
tion dans les médias électroniques varie d’une langue à l’autre. En italien, l’expres-
sion comunicazione mediata dal computer, dérivée de l’anglais Computer Mediated Communication (CMC) s ’est imposée, elle est aussi courante en espagnol d’Amérique latine (Comunicación Mediada por la Computadora), alors qu’en Espagne, c’est plutôt
l’expression Comunicación Mediada por Ordenador (CMO) qui est utilisée. Le pendant français Communication Médiée/Médiatisée par Ordinateur (CMO) est considéré
comme peu courant, on trouve plutôt communication virtuelle ou cybercommunication. En allemand aussi, on évite actuellement le terme Computervermittelte Kommunika-
tion (CVK), souvent au profit de digitale Kommunikation ou de virtuelle Kommunika-tion. Aussi la proposition bien raisonnée de Jucker/Dürscheid (2012), Keyboard-to-
Screen Communication (KSC), n’a pas pu s’imposer (cf. à ce sujet aussi Herring 2007, et Herring/Skin/Viranen 2013). Tous ces termes ont cependant en commun un certain
manque de précision (d ’autant plus que la communication n’a pas lieu exclusivement sur ordinateur), ce qui souligne la difficulté de trouver une terminologie adéquate et partagée. En conséquence, nous privilégierons la paraphrase plus générale de
communication dans les médias électroniques.
2 Théories et modèles
Certaines formes de communication dans les médias électroniques comme les cour-
riels, les SMS et le tchat ont déjà fait l’objet de nombreuses études, contrairement
p. ex. à la téléphonie et aux réseaux sociaux. Ce fait n ’est dû qu’en partie à la constitution de corpus : ce qui est relativement simple pour les tchats, qui sont en
grande partie publics et faciles d ’accès, l’est beaucoup moins pour les SMS ou les courriels privés (pour le tchat cf. Beißwenger 2001 ; Anis 2002 ; Pierozak 2003a ; 2003b ; Thaler 2003 ; 2012 ; Pistolesi 2004 ; Kailuweit 2009 ; des corpus déjà existant
sont p. ex. le Dortmunder Chat-Korpus ou le Eulogos Corpus di conversazioni da chat-line in lingua italiana). Ce sont cependant ces deux dernières formes qui sont au centre
des études récentes.
Le courriel est très variable, aussi bien au niveau de la langue que du contenu,
mais sa forme extérieure est relativement fixe : objet, en-tête, formules de politesse,
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corps du texte, éventuellement des pièces jointes etc. (cf. Ziegler/Dürscheid 2002 ; Pistolesi 2004 ; Frehner 2008 ; Schnitzer 2012 ; Dürscheid/Frehner 2013).
Le SMS quant à lui est peut-être encore plus clairement défini d’un point de vue formel en raison des 160 signes composant au maximum le message, ce qui explique
le nombre important d’études (cf. Anis 2001 ; 2002 ; 2007 ; Schlobinski et al. 2001 ; Schlobinski 2003 ; Pistolesi 2004 ; Schnitzer 2012 ; pour un aperçu général voir Thur-
low/Poff 2013). Le projet belgo-germano-suisse sms4science rassemble des données plurilingues de SMS en allemand, en rhéto-roman, en italien et en français dans un corpus, qui était mis à disposition du public depuis peu (cf. Schweizer SMS-Korpus,
Dürscheid/Stark 2011 et Stähli/Dürscheid/Béguelin 2011 ; voir aussi la banque de
données de SMS du Centrum Sprache und Kommunikation de l’université de Münster 2012 et le projet belge Faites don de vos SMS à la science, cf. Cougnon 2008). Pour la
communication par SMS, la (socio)linguistique s’intéresse surtout au langage des jeunes (cf. Schlobinski et al. 2001 ; Schlobinski 2003 ; Baron 2008) et à la pragmatique (cf. Thurlow 2003 ; Androutsopoulos 2007 ; Anis 2007 ; Cougnon 2011). En ce qui concerne la linguistique variationnelle, les SMS sont particulièrement pertinents pour
la recherche sur le langage écrit et le langage parlé (cf. chapitre 2.3), parce qu ’ils font preuve d’une forte variation au niveau de la graphie et des écarts par rapport à la langue standard (cf. Almela Pérez 2001 ; Yus 2001 et 2010 ; Anis 2004 ; Liénard 2005 ; Bieswanger 2007 ; Cougnon 2008 ; Cougnon/Ledegen 2010).
Le chapitre 3 sera consacré à ces caractéristiques langagières qui sont particuliè-
rement marquées, surtout en français. D ’autres formes de communication comme les réseaux sociaux mériteraient d’être analysés plus en détail (voir pour le moment Millerand/Proulx/Rueff 2010 ; Storrer 2011 ; Overbeck 2012 ; 2014 ; Bedijs/Held/Maaß 2014).
Les traits suivants sont considérés comme caractéristiques de l’ensemble de la communication dans les médias électroniques, bien qu’une partie d’entre eux soit bien sûr commune à la communication non électronique :
– indépendance spatio-temporelle ; – grande facilité d’accès d’un grand nombre d’interlocuteurs ;
– communication presque exclusivement écrite ; – absence de gestes et d’expression du visage, compensée par d’autres stratégies ;
– haut degré d’anonymat des interlocuteurs ; – simplification de l’accès aux traces écrites de la communication.
Les aspects langagiers résultant de ces caractéristiques ainsi que les modèles et
théories s ’y référant seront abordés dans les chapitres suivants.
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2.1 Espace et temps
Le développement des nouveaux médias dans les dernières décennies a mené à un changement de perspective en linguistique, surtout par rapport au concept spatio-
temporel. Contrairement à la communication en face à face, l’usage des médias électroniques est lié à une indépendance relative de l ’espace et du temps. À partir du moment où la communication est détachée de la coprésence réelle des interlocuteurs,
elle est régie par d ’autres règles que dans la communication en direct. Le fait que ceci s’applique aussi à une correspondance épistolaire prouve l’existence citée précédem-ment de nombreux points communs entre les différents types de médias de communi-cation électronique et non électronique.
Les études actuelles ont surtout développé des modèles visant à éclairer d’une part la distinction entre l’espace virtuel et l’espace réel et d’autre part les aspects temporels de la communication ainsi que le lien entre ces deux dimensions (cf. Gerstenberg/Polzin-Haumann/Osthus 2012). Christa Dürscheid a développé le modèle de la communication synchrone, quasi-synchrone et asynchrone (cf. Dürscheid 2003 ;
Overbeck 2012) : lors d’une conversation téléphonique, les deux interlocuteurs se trouvent certes dans des espaces réels différents, pourtant ils sont dans un espace
communicatif commun par la synchronie du dialogue et des conditions de communi-
cation similaires. Ce n’est pas le cas du courriel, où la communication se déroule en grande partie de manière asynchrone (en général, le destinataire lit le courriel plu-
sieurs minutes ou plusieurs heures après réception) et donc sans partager le même espace communicatif commun. Dans le modèle de Dürscheid, les formes communica-
tives électroniques considérées comme plutôt synchrones comme le tchat et les messageries instantanées jouent un rôle spécial : même si la communication se
déroule ici dans un espace communicatif commun et le canal de communication est ouvert des deux côtés, la production et la réception des énoncés sont produites
successivement à cause de leur scripturalité médiale. Autrement qu’à une conversa-
tion face à face, les interlocuteurs ne peuvent pas s’interrompre mutuellement. Ainsi Dürscheid appelle ces formes communicatives quasi-synchrones. Selon ce modèle, les
formes de communication se distinguent donc de la manière suivante :
– les formes orales plutôt synchrones : téléphonie, téléphonie sur Internet, vidéo-
conférence, radiodiffusion, radiophonie ;
– les formes orales plutôt asynchrones : message sur le répondeur ; – les formes scripturales quasi-synchrones : tchat, messageries instantanées ;
– les formes scripturales asynchrones : e-Book, CD-ROM, courriel, SMS, forum In-
ternet, blog, réseaux sociaux.
Cette distinction est bien sûr discutable : en ce qui concerne p. ex. la radiodiffusion, le
degré de synchronicité dépend fortement du genre d ’émission (une interview directe étant très synchrone, une interview enregistrée non). En plus, on peut douter du fait
que les réseaux sociaux puissent être considérés comme une forme de communica-
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tion, car ils représentent au sens strict plutôt des plate-formes, qui combinent des formes de communication très différentes, comme la fonction de tchat sur Facebook
ou la messagerie directe de Twitter. L’espace communicatif correspond dans presque tous les cas au cadre temporel, ainsi les formes synchrones de communication ont-
elles lieu en majorité dans le même espace de communication et donc les formes
asynchrones en revanche dans des espaces différents. Il s’agit néanmoins ici de différencier les espaces réel et virtuel, ce que l ’exemple du tchat illustre très claire-ment : les tchateurs communiquent de manière quasi-synchrone, ils se trouvent en
général avec leurs appareils dans des lieux réels différents mais s ’entretiennent dans un seul « chatroom » virtuel commun. Si la communication est asynchrone, cet espace virtuel commun est dans la plupart des cas inexistant.
2.2 Émetteur et récepteur
La classification des types de relations numériques entre émetteur et récepteur offre
une manière supplémentaire de classifier les formes de communication. Pendant que le nombre de participants à une conversation en face à face est toujours limité à une
quantité définie et fixe (majoritairement one-to-one), toutes les combinaisons sont
possibles pour la communication électronique, jusqu’à un nombre infini. Une corres-pondance par courriel a aussi lieu le plus souvent entre deux personnes, mais le
nombre de participants peut cependant augmenter par des moyens très simples (comme par exemple les mails en chaîne ou de publicité ou la fonction de transfert de
messages). C’est le contraire pour le tchat : la communication se déroule en général entre de nombreux participants, or elle est également possible pour deux personnes
grâce aux private rooms ou aux messages privés. Dans ce cas aussi, seule une classification décrivant une certaine tendance est possible :
– majoritairement one-to-one : radiophonie, téléphonie, téléphonie sur Internet,
courriel, SMS ;
– majoritairement one-to-many : blog, blog vidéo, forum Internet, réseaux sociaux ;
– majoritairement many-to-many : radiodiffusion, revue électronique, tchat, vidéo-
conférence.
Le chapitre 4 reviendra sur les relations complexes entre les différentes formes de
communication, qui peuvent se compléter, s ’interrompre ou s’accompagner mutuelle-
ment, ce qui rend une hiérarchisation d ’autant plus difficile et a des conséquences sur le processus de réception. Il s ’agit ici d’une sorte de fragmentation, déjà connue des médias électroniques plus traditionnels (comme à la télévision lorsque les annonces
de la bourse défilent dans un bandeau sous l ’écran de l’émission d’un autre genre, cf. Fix 2011, 9).
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2.3 Langage parlé et langage écrit
Même si presque toutes les formes de communication électroniques sont basées sur
des propos écrits (à l’exception de la radiophonie, la téléphonie, des vidéoconférences etc.), leur proximité par rapport à la langue parlée, dont le chapitre 3.1 traitera les
caractéristiques langagières particulières, est indubitable. C ’est pour cette raison que les études sur le langage parlé et le langage écrit ont été utilisées dès les premiers projets de recherche pour caractériser la langue dans les médias électroniques, même si par exemple Söll (1974) et Koch/Oesterreicher (1985) se rapportent encore aux
médias analogues. Le modèle de Söll de la « double différenciation » de propos langagiers entre le média (code graphique/phonique) et la conception (oral/écrit) (cf.
Söll 1974, 17–25) a été repris par Koch/Oesterreicher qui représentent aussi la relation entre le code phonique et le code graphique au niveau médial comme une dichotomie
alors que l’oral et l’écrit sont perçus comme les extrémités d’une ligne continue. Il en résulte un axe sur lequel peuvent être placées les diverses formes de communication (cf. Koch/Oesterreicher 1985, 18) : dans une perspective conceptuelle, des affinités
particulières existent entre « phonique + parlé » (ex. : conversation familière) et « gra-phique + écrit » (ex. : règlement administratif). Néanmoins, généralement, dans une
perspective médiale, des transgressions sont possibles, c’est-à-dire qu’il existe aussi des formes de communication qui correspondent aux deux autres combinaisons possibles : « phonique + écrit » (ex. : exposé) et « graphique + parlé » (ex. : interview
imprimée). Le placement relatif des formes d ’expression sur cette ligne continue conceptuelle résulte par conséquent de plusieurs paramètres communicatifs, qui
constituent eux-mêmes des formes de communication différentes. De là naissent différents types de constellations du discours, qui sont marqués par certaines condi-
tions de communication ainsi que par différentes manières de s’exprimer. Koch/ Oesterreicher parlent dans ce contexte de « langage de la proximité » et de « langage
de la distance ». On peut néanmoins se demander si ce modèle répond aux particula-rités des formes de communication dans les médias électroniques. Certains ont tenté
de l ’appliquer (cf. Kattenbusch 2002 ; Dürscheid 2003 ; Berruto 2005), pourtant
aucune de ces études n ’est suffisamment précise pour couvrir la totalité des « nouvel-les » formes de communication (cf. Kailuweit 2009 ; Overbeck 2012 ; 2014 ; sous
presse). Néanmoins, un premier classement est possible :
Parmi les formes médiales phoniques :
– celles plutôt « parlées » : la radiophonie, la téléphonie, la téléphonie sur Internet ; – celles plutôt « écrites » : la radiodiffusion, la vidéoconférence, le blog vidéo.
Parmi les formes médiales graphiques :
– celles plutôt « parlées » : le tchat, le SMS, le forum Internet, le blog ; – celles plutôt « écrites » : le courriel, la revue en ligne, l’e-Book, les réseaux
sociaux.
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Les formes les plus récentes comme le blog vidéo et les réseaux sociaux rendent une classification difficile, car leur usage est très variable : de nombreux tweets sur Twitter
sont plutôt marqués par un emploi empreint de distance, donc de conception « écrit », alors que sur Facebook, il est nécessaire de distinguer les profils (plutôt empreints de
distance) et le tchat interne de Facebook (plutôt marqué par le langage de la proxi-mité). Le blog vidéo peut avoir une conception « écrite », mais il peut aussi représenter
une conception spontanée et donc « parlée ». Une forme de communication comme le
courriel peut aussi bien témoigner d ’une certaine distance que de proximité, et les fonctions supplémentaires comme l ’ajout de pièces jointes ne font que multiplier ces
possibilités. Dans tous les cas, ce sont toujours l’objectif de la communication et l’intention de l’émetteur qui sont décisifs pour la dimension d’oralité.
2.4 Anonymat et politesse
Le fort degré d ’anonymat existant entre les interlocuteurs est une des caractéristiques de la communication dans les médias électroniques. Internet est le moyen de surmon-ter des distances considérables et permet de créer des liens entre des personnes
absolument étrangères. Les aspects des relations entre les interlocuteurs et donc de la politesse jouent un rôle important, en particulier dans les forums Internet thémati-
ques, dans le tchat et dans le domaine de l’évaluation sur les pages d’accueil (évalua-
tion d’hôtels, de produits, invitation à donner son avis). Malgré la charte de bonne conduite sur Internet (netiquette), qui a été instaurée pour pratiquement toutes les
formes de communication électronique, il arrive régulièrement que des utilisateurs enfreignent les règles de politesse, Face Threatening Acts selon Brown/Levinson
(1987). Dans la communication sur les forums ou dans les tchats, comme lors des
évaluations, il ne s’agit pas souvent de communication entre deux personnes mais plutôt d ’interactions entre plusieurs utilisateurs parfaitement étrangers qui se cachent derrière un pseudonyme dans un espace virtuel et commentent les propos ou les actes
d’autres usagers. D’autres personnes suivent la discussion passivement et intervien-nent ponctuellement (cf. Thaler 2012 ; Maaß 2012). Une sorte de situation anonyme de dispute peut se développer qui peut même mener à des échanges hostiles et insultants
(flaming) (cf. Helfrich 2014). La psychologie sociale explique ce comportement par une
conséquence de l’anonymat qui ferait perdre toute retenue (cf. Döring 1997). En revanche, ce phénomène est plutôt rare dans les formes de communication non anonymes comme la radiophonie, la téléphonie ou la vidéoconférence. Les médias
électroniques représentent donc un vaste sujet de recherche pour l ’étude de la politesse (cf. Held/Helfrich 2011 ; Thaler 2012 ; Bedijs/Held/Maaß 2014).
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2.5 Types de textes et types de discours
Comme il a été mentionné dans l ’introduction, la distinction des catégories représente de véritables difficultés dans la recherche dues à une terminologie floue. Cette confu-
sion terminologique mérite une attention particulière, dont le premier pas consisterait à différencier les critères de définition et à concrétiser la notion beaucoup trop vaste
du terme de « média ». Il faudrait distinguer les notions de média et de médialité et ne considérer comme média que le moyen matériel et concret avec lequel des signes peuvent être produits, mémorisés, transmis et reçus (cf. Dürscheid 2003). De plus, une
différenciation entre forme de communication, type de texte et type de discours serait nécessaire : les médias de communication seraient par conséquent le fax (en tant
qu ’appareil), l’ordinateur et le téléphone portable ; les formes de communication quant à elles seraient le fax (en tant que message), le courriel ou le SMS, alors que les
types de textes seraient (selon Brinker 1993) la commande, la lettre d’amour ou le mail publicitaire, et les types de discours seraient le tchat politique, le tchat de conseil ou
d’autres propos d’ordre thématique.
La linguistique textuelle se voit donc contrainte de s’interroger sur la validité des modèles traditionnels de types de textes pour les médias électroniques, alors qu ’ils étaient déjà controversés pour la communication non électronique (cf. de Beau-grande/Dressler 1981 ; Brinker 1993 ; Linke/Nussbaumer/Portmann 1994). Les études
actuelles partent du fait que les nouveaux médias n’ont pas donné lieu à de nouveaux types de textes, mais seulement à une variation et une combinaison des modèles déjà connus (cf. Adamzik 2000 ; Eckkrammer 2001 ; Jakobs 2003 ; Rehm 2006 ; Janich
2008 3 ; Adam2011 ; Fix 2011 ; Overbeck 2014).
Dans tous les cinq domaines mentionnés (comme dans une quantité d’autres), la
recherche en est encore à ses débuts, d ’autant plus que le développement technique ouvre en permanence de nouveaux défis théoriques.
3 Phénomènes linguistiques typiques de la
communication dans les médias électroniques
Il convient à présent d ’énumérer les caractéristiques reconnues comme typiques de la communication dans les médias électroniques. Le chapitre précédent a déjà montré
que ces traits particuliers ne concernent jamais l’intégralité des formes de communi-cation et qu’il existe toujours des recoupements avec la communication dans les
médias non électroniques. Il ne s’agit donc que d’esquisser des tendances et non des règles générales définitives. Qu’il est par conséquent aussi impossible de parler d’un « langage du réseau » clairement défini, sera résumé dans le chapitre 4.
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3.1 Phonétique et phonologie
La plupart des signes distinctifs du langage dans les médias électroniques concerne le domaine de la phonétique et de la phonologie, notamment en français où la phonie et
la graphie sont particulièrement éloignées l ’une de l’autre. Les nombreux textes écrits à forte composante orale (cf. chap. 2.3) se servent souvent de l’onomatopée ou d’autres moyens graphiques qui symbolisent une proximité par rapport à la langue
parlée. Trois différentes tendances stratégiques sont observables : d ’une part, des moyens graphiques sont utilisés pour exprimer des émotions, d’autre part pour imiter la langue parlée, mais aussi pour raccourcir certaines combinaisons de signes. Les exemples suivants sont en majorité tirés de Anis (2002 ; 2007), qui appelle « néogra-
phies » toutes les graphies s’écartant de la norme.
Expression des émotions :
– émôticons (ou emoji) ;
– étirements graphiques des lettres (Nooooon !, Ahhhhhhhhhhhhhhhhhh) ;
– étirements graphiques des signes de ponctuation (Bonjour !!!!, Pourquoi ???) ; – scriptura continua (ohmondieu !, jenesaisquoi) ; – majuscules (ECRIS-MOI !).
Imitation de la langue parlée :
– graphies phonétisantes (biz ʻbisesʼ, ossi ʻaussiʼ, bo ʻbeauʼ, cé ʻc‘estʼ, jsui, chuis ʻje
suisʼ) ;
– variantes phonétiques (moua, moa ʻmoiʼ, pa, po ʻpasʼ, ui, ouais ʻouiʼ).
Réductions graphiques :
– squelettes consonantiques (tt ʻtoutʼ, ds ʻdansʼ, tjs ʻtoujoursʼ, tps ʻtempsʼ) ; – syllabogrammes (l ʻelleʼ, c ʻc’est/sais/saitʼ, 1 ʻun(e)ʼ, 2m1 ʻdemainʼ, a+ ʻà plus
(tard)ʼ) ;
– sigles (mdr ʻmort de rireʼ, stp ʻs’il te plaîtʼ, asv ʻâge sexe villeʼ, ptdr ʻpété de rireʼ).
Les sigles se trouvent surtout dans les SMS et le tchat, néanmoins le critère d’écono-
mie de place et de manque de temps ne sont sans aucun doute qu ’une des explica-tions possibles de ce phénomène (cf. Bieswanger 2007). La constitution d’un senti-ment de groupe, résultant de la maîtrise de conventions communes, qui est surtout visible sur les réseaux sociaux en serait une autre (cf. Neumann-Braun/Authenrieth
2011). Par ailleurs, cette manière d ’écrire est liée à un certain plaisir créatif, dû au côté ludique de la communication en ligne (cf. Overbeck 2012). Il en résulte des « dialogues » (ici un échange de SMS) souvent peu compréhensibles pour les personnes extérieu-
res :
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La communication dans les médias électroniques 285
A : YA KELK1 ?
B : Oui ya moa. Koman ca va ?
A : Bi1. E twa ? Tapa l’R bi1 ?
B : Ca va. Sof k G raT mon RER.
Le dernier exemple montre que la combinaison de plusieurs phénomènes phonéti-
ques et morphologiques est aussi typique.
3.2 Lexique
La majorité des phénomènes lexicaux qui se trouvent dans les formes de communica-tion des médias électroniques est commune au langage des jeunes (cf. Boyer 2007). La
réalisation formelle dépend cependant fortement de chaque utilisateur et son inten-
tion comme de la forme de communication : sur un site de rencontre, d’autres domai-nes lexicaux sont abordés que dans un forum culinaire ou un tchat entre experts
d’échecs ; aussi dans les médias sociaux, c’est le contexte thématique qui détermine principalement le lexique utilisé. Dans les forums et autres formes courtes d ’évalua-tion (hôtel, restaurant), de commentaire (à propos d ’articles de journaux) ou de discussions sur des sujets spécifiques, on trouve souvent un vocabulaire particulière-ment émotionnel (cf. chapitre 2.4).
Les phénomènes suivants sont très fréquents et correspondent eux aussi à ceux
du langage des jeunes, ils sont d’ailleurs surtout employés par ce groupe d’utilisa-teurs :
– troncations (ordi ʻordinateurʼ, lut ʻsalutʼ, tain ʻputainʼ) ;
– anglicismes (chatter, kisser, easy) ;
– verlan (meuf ʻfemmeʼ, donf ʻfondʼ, ouf ʻfouʼ, féca ʻcaféʼ, téci ʻcitéʼ) ; – code-switching (Je me sentais easy ; Tu te prends pour the king of the world ?, cf.
Cougnon 2011 ; Androutsopoulos 2013).
Il n’est néanmoins pas possible de parler d’un « lexique d’Internet » propre et valable de manière générale.
3.3 Morphologie
Morphologiquement, de nombreuses abréviations, qui sont souvent liées à des carac-
téristiques phonétiques (cf. chap. 3.1), sont dignes d ’intérêt. Il s’agit en majorité de la simplification de graphies qui sont particulièrement nombreuses en français (é ʻestʼ,
pe ʻpeux/peutʼ, cé ʻc‘estʼ). Parfois, ces réductions ne respectent plus la limite des mots (vérépa ʻverrai pasʼ, mapelé ʻm’appelerʼ). Il est aussi possible de trouver des manières d’écrire rappelant des graphies étrangères, notamment de l’anglais (bizoo ʻbisouʼ,
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kikoo ʻcoucouʼ). Dans les langues où les dialectes sont très présents, l’emploi de termes issus de ces variétés est fréquent, par exemple en italien, mais aussi en
allemand (cf. des formes comme le romanesco porello ʻpoverinoʼ, l’allemand du nord Mudda ʻMutterʼ ou le bavarois mia ʻwirʼ). Mais aucune généralisation n’est possible, puisque aussi dans le champ de la morphologie, les stratégies langagières utilisées dépendent toujours du contexte de la communication et des intentions des interlocu-
teurs.
3.4 Syntaxe
La multimodalité et la variation de formes de communication dans les médias électro-
niques s ’opposent donc à une analyse systématique, si bien qu’il existe encore peu d’études syntaxiques. Ceci peut être expliqué par le fait que la syntaxe correspond
toujours à d ’autres phénomènes comme l’oralité et le langage de jeunes. De nombreux exemples permettent d’écarter l’hypothèse selon laquelle la limitation de signes de
certaines formes (comme le SMS et le Tweet) serait à l ’origine d’une syntaxe fortement réduite. Certains Tweets, limités à 140 signes ou SMS, à 160 signes, sont pourvus
d’une syntaxe complexe, avec des structures hypotaxiques (cf. Overbeck 2012).
Parmi les caractéristiques syntaxiques les plus fréquentes, il faut citer les structu-
res elliptiques, la chute du ne dans la négation, l’absence de concordance des temps
et des modes et l’usage des marqueurs du discours. Les données syntaxiques varient aussi en fonction du type de texte et de discours. Ainsi, un courriel peut contenir une
lettre officielle de type formel ou une invitation à dîner entre amis dans un registre
familier, la complexité langagière dépendant au niveau syntaxique de l ’objectif du message.
Dans l’ensemble, la communication dans les médias électroniques se caractérise par une grande variation due aux diverses conditions d’utilisation et aux divers
contextes. La fréquence des occurrences de certains phénomènes suggère l’existence d’une langue plus ou moins « nouvelle » et homogène, qui ne résiste cependant pas à une analyse plus précise.
4 Conclusion et perspectives
Il n ’est donc pas possible de parler d’un « langage du réseau » ou d’un « cyberlan-gage ». Certes, chaque forme de communication présente des traits langagiers spécifi-
ques, néanmoins les recoupements avec d ’autres formes de communication électro-nique ainsi que des formes non électroniques sont tellement nombreuses qu’il est
difficile d ’en déterminer clairement des limites. La tentative artificielle de fixer un netspeak homogène comme le fait Crystal (2001) pose plusieurs problèmes (cf. Dür-
scheid 2004) :
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La communication dans les médias électroniques 287
– on ne peut pas construire d’unité puisque l’hétérogénéité est la caractéristique
principale des médias électroniques ;
– de nombreux traits spécifiques ne sont typiques que de certains contextes d’utili-
sation et pas pour la totalité de la communication dans les médias électroniques ;
– plusieurs caractéristiques « typiques » apparaissent également dans d’autres
contextes ;
– l’utilisation de ces traits spécifiques dépend fortement du contexte de la commu-
nication et de l’émetteur et ses intentions.
Ces formes de communication ne sont donc pas nouvelles, en revanche les normes et les contextes de la communication le sont. Les progrès techniques perpétuels produi-
sent de nouvelles combinaisons possibles où plusieurs formes de communication sont liées (réseau social avec tchat intégré, blog avec des vidéos ou des formes mixtes
comme Viber ou WhatsApp).
Scientifiquement parlant, les réserves émises dans le chapitre 1 à propos de
l’évolution des conventions linguistiques notamment dans les Social Media, peuvent
être nuancées. Des premières études montrent qu ’il n’y a aucun signe annonçant une baisse du niveau de langue ou la perte des normes grammaticales (cf. p. ex. les
résultats du projet à Zurich Schreibkompetenz und neue Medien, cf. http://www.
schreibkompetenz.uzh.ch/ et Dürscheid/Wagner/Brommer 2010). Il s ’agit en revan-che d’un élargissement des domaines fonctionnels de l’écriture, puisque les jeunes sont incités à écrire plus. En général, ils savent très bien distinguer les styles et les
registres et adaptent leur manière d ’écrire consciemment ou inconsciemment à l’inter-locuteur et au contexte, même dans la communication en ligne. Ces formes de communication électronique peuvent également être intégrées dans un contexte
scolaire, et de manière créative (cf. Barth/Rauch 2011). Les formes multimodales du Web 2.0 mènent donc plutôt à une diversification des types de textes et au développe-
ment fonctionnel de l ’écrit qu’à un appauvrissement de la langue (cf. Storrer 2010 et 2011).
En résumant, on peut attribuer les caractéristiques suivantes aux formes de
communication électroniques (cf. Fix 2011) :
– plurifonctionnalité : la majorité des formes de communication sont utilisables
dans plus d’une dimension ;
– variabilité : dans les médias électroniques, il est possible de modifier, de complé-
ter ou de changer les textes infiniment ;
– ouverture du processus de lecture : le sens de la lecture n’est plus clairement
déterminé car il peut changer la direction à tout moment ;
– fragmentation : des formes de communication peuvent être imbriquées, des mes-
sages sont interrompus ou complétés par d’autres messages, les limites entre les
différentes formes de communication deviennent de plus en plus floues ;
– diversité des auteurs : dans les médias électroniques, la notion même d’auteur
individuel disparaît souvent.
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288 Anja Overbeck
Bien que ces caractéristiques n ’existent pas seulement depuis la naissance d’Internet, elles ne font actuellement que se renforcer. Il faudra donc à l’avenir davantage analyser les formes particulières que les formes de communication dans leur totalité :
pour obtenir des résultats précis, l’analyse de différents types de textes et de discours sous la surface de la communication dans les médias électroniques est plus promet-teuse.
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