Manuel de Lingui

Claudia Polzin-Haumann · Chapitre 3 sur 33

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Manuel de Lingui

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Claudia Polzin-Haumann et Wolfgang Schweickard

 

0 Introduction

 

La recherche linguistique sur le français n ’a pas cessé de faire, ces derniers temps, d’importants progrès dans de nombreuses sous-disciplines. Bon nombre de travaux viennent d ’être publiés, renfermant un potentiel innovateur important à bien des égards, aussi bien pour la diachronie que pour la langue contemporaine. Aux côtés de

l’espagnol et de l’italien, le français reste dans l’ensemble la langue romane la mieux

étudiée. Depuis toujours, en linguistique française, le ton n’est pas donné uniquement par la recherche en France qui, bien sûr, bénéficie globalement de l ’infrastructure

universitaire la plus développée. D’autres pays européens où la tradition de cette discipline est solidement implantée continuent à jouer un rôle important, comme

l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, la Grande-Bretagne ou les pays scandinaves.

De façon générale, on peut néanmoins observer que l’ancrage de la recherche dans une perspective panromane, qui a longtemps dominé notamment dans les pays

germanophones, est peu à peu relégué au second plan. Alors qu ’aux débuts de la discipline, linguistique et littérature romanes étaient même considérées comme un

tout, il n ’est plus possible aujourd’hui de faire sérieusement face à la multitude des données et des publications. Actuellement, les recherches spécifiquement romanistes

sont surtout effectuées là où la comparaison entre les différentes langues romanes et les différents systèmes linguistiques apportent un supplément de connaissances. Au

vu de la différenciation croissante des domaines de recherche, il ne s’agit pourtant

que de cas d’exception. L’étymologie et la sémantique historique, où la valeur heuris-tique de la comparaison panromane est bien visible, en sont l ’exemple type (cf.

Buchi/Schweickard 2014). La meilleure description de l’état actuel de la recherche romaniste dans son ensemble est donnée par Martin Glessgen qui, dans son ouvrage

de référence Linguistique romane. Domaines et méthodes en linguistique française et romane 1 2 ( 2007 ;2012), dresse un panorama du développement historique de cette discipline, de ses domaines de recherche, de son infrastructure et de ses perspectives.

Les étiquettes « Philologie romane » ou « Linguistique romane » sont les termes génériques qui continuent à être employés principalement dans les pays germano-

phones pour désigner l’ensemble des philologies romanistes individuelles. En Alle-magne, en Autriche et en Suisse germanophone, la plupart des chaires portent les

dénominations de « Philologie romane » ou de « Linguistique romane » même si, bien

entendu, aucun romaniste ne peut plus appréhender l’ensemble de la Romania sous toutes ses facettes. En règle générale, les attributions des chaires de Romanistique

incluent néanmoins la recherche portant sur deux langues romanes, ce qui garantit

au moins, si la problématique s’y prête, de pouvoir élargir fructueusement les per-

spectives en allant au-delà d’une philologie particulière. La tendance croissante à la spécialisation devrait cependant se maintenir pour l’essentiel, sous l’effet notamment de pressions politiques toujours plus fortes incitant à définir plus nettement les

 

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contours de la discipline. En plus, du point de vue économique, les langues n’ont pas le même poids. Ainsi, « l’économisation » du secteur éducatif contribue elle aussi à la

réduction de la perspective traditionnelle romaniste en mettant l’accent plutôt sur « l’utilité » d’une langue donnée que sur la valeur heuristique liée à la connaissance de plusieurs langues romanes.

La transformation structurelle de la discipline s’accompagne de profonds change-ments dans le domaine des langues de publication. L’allemand, en tant que langue du pays où est née la romanistique, voit sa portée se réduire continuellement, et son utilisation décroître dans sa pratique non seulement active, mais aussi comme langue

de lecture. Les jeunes romanistes qui ne veulent pas passer inaperçus dans les pays romans ont intérêt à rédiger leurs travaux dans une langue romane. On observe en

outre depuis un certain temps déjà que même les études qui regardent des sujets spécifiques à la linguistique romane sont publiées en anglais, ce qui leur assure un

écho bien plus large. Cette tendance est renforcée par les maisons d ’édition qui en tirent un avantage économique. Le débat passionné déclenché par le monde politique

à propos de l’introduction de l’anglais comme langue d’enseignement dans les uni-

versités françaises est symptomatique du fait que l’anglais est en train de s’imposer définitivement comme lingua franca. Cet exemple montre bien le potentiel explosif

d’une thématique dans laquelle des considérations pratiques se heurtent à la préser-vation du patrimoine culturel.

En ce qui concerne en revanche la forme prise par la publication des travaux de recherche en linguistique romane, malgré des innovations dans le domaine des médias utilisés, comme les livres numériques et diverses offres en ligne, il est un point

sur lequel on ne constate pas encore de changements décisifs : jusqu’à présent, la publication des ouvrages scientifiques de qualité s’effectue presque exclusivement

sous l ’égide des maisons d’édition. Les avantages qui en résultent sont une garantie de qualité grâce au travail des directeurs de publication et une bonne visibilité en raison

du potentiel marketing des maisons d ’édition. Certes, de nombreuses initiatives exis-

tent aussi dans les domaines de la romanistique et du français pour s’affranchir de cette emprise (la rubrique « Ressources en ligne » / « Online-Ressourcen » de la Zeit-

schrift für romanische Philologie rend régulièrement compte des principaux projets en la matière). Néanmoins, il est actuellement impossible de prévoir si et quand les

formes de publication en libre accès (cf. aussi à ce sujet Agnetta 2015) parviendront à

s’imposer de manière significative sur un marché indépendant des éditeurs, et si cela vaudra également pour les monographies de qualité, notamment les thèses de docto-

rat et d’habilitation à diriger des recherches.

L’une des tâches des chercheurs est de porter un regard critique sur les résultats obtenus par la recherche fondamentale en linguistique romane. Le travail de pure

documentation s’effectue à l’aide des répertoires bibliographiques appropriés. Mais il

ne s ’agit pas seulement de trouver des indications sur des titres, ou des informations particulières. Aujourd’hui, il est tout à fait possible de parvenir à de bons résultats en maniant habilement les moteurs de recherche et les plates-formes appropriés. Il reste

 

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Introduction 3

 

cependant indispensable d ’adopter une perspective plus globale pour systématiser les grandes tendances de la recherche et d’aborder de façon critique les résultats obtenus.

Jouissant d ’une longue tradition, particulièrement en Allemagne, les manuels de romanistique et autres publications de synthèse sont le lieu privilégié de tels commen-

taires et critiques, conduisant le cas échéant à des approfondissements et des prolon-

gements. Le prototype en est l’ouvrage de Gustav Gröber Grundriss der romanischen Philologie 1 2 ( 1888 ;1904 –1906). Depuis, des publications de synthèse similaires ont été régulièrement publiées, chaque projet apportant ses propres accents. Dans la perspec-tive du français, il faut mentionner la publication en 1990 du vol. 5/1 du Lexikon der

Romanistischen Linguistik (LRL) qui contient des contributions portant sur l’histoire de la langue, sa systématisation et le cadre sociolinguistique. Ces dernières sont complé-

tées par différents articles sur le français dans les autres volumes de l’ouvrage. Le Handbuch Französisch 1 (Kolboom/Kotschi/Reichel2002 ; ²2008) couvre des domaines

d’études particuliers de la linguistique, mais aussi des thématiques propres à la

recherche en littérature et en civilisation. L ’Histoire linguistique de la Romania (Ernst et al. 2003 ; 2006 ; 2008) se consacre à l’analyse systématique des langues romanes dans une perspective diachronique. La Cambridge History of the Romance Languages

(Maiden/Smith/Ledgeway 2011; 2013), née dans l ’espace anglophone, aborde le fran-çais dans le contexte global des langues romanes. Le Manuel des langues romanes (Klump/Kramer/Willems 2014) est à ce jour le dernier ouvrage publié. Dans la tradition plus que centenaire des manuels de romanistique, les évolutions les plus importantes

concernant la structure et les contenus sont le renforcement de la spécialisation thématique et le renversement des positions de la diachronie, qui prévalait par le

passé, et de la synchronie aujourd’hui dominante. Les recherches en littérature et en linguistique prennent des trajectoires de plus en plus divergentes, leurs seuls points

de convergence et de rencontre significatifs se situant dans le domaine historique et la philologie éditoriale.

Parmi les évolutions décrites, plusieurs se retrouvent aussi dans la conception

des Manuals of Romance Linguistics (MRL) : recul de l ’allemand comme langue de publication en romanistique, tendance à l’usage de l’anglais même pour les sujets

spécifiquement romans, et spécialisation croissante dans le domaine d ’une seule langue romane. Le présent volume ne s ’inscrit donc pas dans une perspective spécifi-quement romaniste, mais, du point de vue de sa conception, se situe dans la lignée

d’ouvrages de synthèse portant sur des langues romanes particulières, comme l’Enci-clopedia dell ’italiano (Simone 2010/2011) ou les volumes de la série des Manuals of Romance Linguistics consacrés à des langues romanes spécifiques. Les éditeurs et les

auteurs de ce volume se sont néanmoins efforcés d ’intégrer autant que possible

l’expérience pouvant être puisée aux sources de la linguistique romane traditionnelle.

La structure thématique du présent manuel reflète l’état de la recherche et les perspectives dans les principales sous-disciplines de la linguistique française. Dans le

cadre de la recherche historique ( ↗1 Le français dans l’histoire : depuis ses origines jusqu ’ e e au XVI siècle ; ↗ 2 Le français dans l ’ histoire : du XVII siècle à nos jours ; ↗3 La

 

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diachronie dans la linguistique variationnelle du français ; ↗4 La philologie linguis-tique et éditoriale) effectuée ces dernières années, c’est surtout celle dédiée aux aspects familiers et populaires aussi bien que régionaux et dialectaux du français qui a continué à se consolider. Sous le terme clé de « verticalisation », des innovations

méthodologiques provenant de sous-disciplines très productives se consacrant à la langue actuelle, comme la linguistique variationnelle, ont été intégrées pour jeter un

regard nouveau sur le diasystème historique du français et ses processus d’évolution. Certes, il y a déjà plusieurs décennies que la linguistique historique a commencé à prendre ses distances par rapport à la position dominante des textes littéraires et de la

langue écrite comme sources d’étude. Ce processus est cependant bien loin d’être achevé. C ’est surtout l’augmentation considérable du nombre de sources historiques qui y contribue, celles-ci apportant à bien des égards de nouvelles connaissances et

permettant une appréhension plus exacte des stades de l’évolution historique (cf. Schweickard 2011). Manuscrits et imprimés anciens sont aujourd’hui d’un accès

beaucoup plus aisé qu ’autrefois, grâce à la numérisation et aux remarquables progrès effectués par les bibliothèques. Le projet dirigé à Zurich par Martin Glessgen sur les

plus anciens documents linguistiques de la France (Glessgen 2008), ainsi que les éditions de textes « privés » effectuées par Gerhard Ernst et Barbara Wolf (Ernst/Wolf

2005), montrent de façon exemplaire les progrès pouvant être réalisés dans ces

conditions. Il en va de même pour la lexicographie ( ↗23 Lexicographie) et la gramma-ticographie ( ↗22 Grammaticographie), qui voient s’ouvrir des perspectives entière-ment nouvelles.

C’est toutefois la dimension contemporaine de la langue qui se trouve au cœur du

présent manuel. On entend donner l ’image la plus représentative possible des lignes de recherche traditionnelles et récentes pour les différentes sous-disciplines. Avec l ’évolu-

tion extrêmement rapide des technologies de l’information et de la communication, la recherche doit faire face ces dernières années à de nouveaux défis (↗12 La communica-tion dans les médias électroniques). Des résultats importants ont été obtenus aussi bien au niveau historique que synchronique dans les domaines de la défense de la langue et de la politique linguistique, de la linguistique populaire, ainsi que des langues régiona-

les et minoritaires de France et de l ’espace francophone (↗5 Aménagement linguis-tique et défense institutionnalisée de la langue : France ; ↗6 Linguistique populaire et

chroniques de langage : France ; ↗7 Aménagement linguistique et défense institution-nalisée de la langue : Francophonie ; ↗8 Linguistique populaire et chroniques de langage : Francophonie ; ↗9 Aménagement linguistique et défense institutionnalisée

de la langue : les français régionaux et les langues des minorités ; ↗10 Linguistique populaire et chroniques de langage : les français régionaux et les langues des minori-

tés ; ↗16 Les français régionaux ; ↗19 Le français dans le monde : Europe ; ↗20 Le français dans le monde : Canada ; ↗21 Le français dans le monde : Afrique). L’appro-fondissement des recherches portant sur le langage des jeunes et sur celui des généra-

tions âgées s ’est poursuivi (↗13 Langue et générations : le langage des jeunes ; ↗14 Langue et générations : enjeux linguistiques du vieillissement). Le changement de

 

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Introduction 5

 

statut du français, en France et dans le monde, constitue un domaine de discussion particulièrement important. Ce sont surtout les rapports tendus entre le français et

l’anglais qui font l’objet de débats controversés (↗17 Le français en contact avec d’autres langues). L’un des aspects de ces rapports est l’influence de l’anglais sur le français. De nouveaux mots français sont créés à grands frais pour remplacer les

emprunts. En dépit de mesures législatives d’accompagnement, les succès restent modestes, d ’autant plus que suite à la décision du Conseil constitutionnel de 1994 les réglementations en question sont limitées au domaine public. Du point de vue linguis-

tique, aucun danger réel n ’est de toute façon visible à ce niveau pour le français. Il s’agit seulement de protéger le lexique français sous une forme qui soit la plus authentique

possible. Étant donné que c ’est précisément par le contact avec d’autres langues au fil

des siècles que le français s ’est forgé sa forme actuelle jugée si exemplaire, cette discussion recèle indéniablement une composante schizophrène.

Le changement de rôle du français comme langue véhiculaire et langue des

publications scientifiques a, en revanche, nettement plus d’importance (↗18 Le fran-çais dans la communication scientifique et internationale). Dans nombre de domai-

nes, l ’un après l’autre, le français se voit relégué au second rang par l’anglais comme langue de communication. Que la sphère politique s’élève par tous les moyens contre

ce déclin progressif de l’importance du français est tout à fait compréhensible. Plus encore que la législation, la promotion d’une communauté francophone forte devrait apporter certains succès.

À côté des thèmes ne touchant que le français pris en lui-même, ce manuel fait aussi une place aux recherches dont le contenu et la méthode les situent à la croisée

de différentes sous-disciplines linguistiques. C’est le cas des études portant sur la langue de la proximité et de la distance (↗11 L’immédiat, la proximité et la distance

communicative), de la discussion sur la langue et le genre (↗15 Sexe et genre), mais aussi de la linguistique cognitive (↗24 La linguistique cognitive), de la linguistique de corpus (↗28 Linguistique française et ressources électroniques) et de la traductologie

( ↗29 Traduction).

Une place spécifique est attribuée à un choix de thématiques issues de la linguis-

tique appliquée et de la didactique (↗25 La linguistique appliquée ; ↗26 Le français dans l’enseignement scolaire et universitaire ; ↗27 La recherche en plurilinguisme). En ce qui concerne le statut du français langue étrangère dans le cursus scolaire et comme matière universitaire, certains symptômes liés à sa perte de vitesse ne peuvent

être ignorés. Outre l’anglais, le français a vu s’affirmer ces dernières années et

décennies un concurrent vigoureux au sein des langues romanes, l ’espagnol. Du point de vue allemand, l ’exception est constituée par les régions frontalières de l’Ouest et

du Sud de l’Allemagne, où le statut particulier du français dans le cursus scolaire a pu être préservé, voire dans certains cas consolidé (comme en Sarre). La position du

français en tant que discipline universitaire semble actuellement encore relativement

stable au niveau européen. Mais à une époque où les politiques de recherche s’inté-ressent avant tout à une logique de quantification et de profitabilité des retombées

 

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pratiques, il est indéniable que sa compétitivité a globalement pâti dans l’éventail des disciplines représentées à l ’université. L’exemple des États Unis montre de façon impressionnante le danger que fait peser sur la discipline une telle menace. Après une

période d’apogée liée à l’émigration forcée de linguistes juifs pendant la période nazie

(Malkiel, Pulgram, Kahane), et malgré la présence d’excellents chercheurs comme Steven Dworkin, la linguistique française n’y est aujourd’hui plus guère représentée dans le spectre général des disciplines universitaires.

Ce manuel a pour objectif de livrer à la communauté scientifique une vue

d’ensemble actuelle, ainsi que des commentaires critiques sur les contenus et les tendances de la linguistique française, en essayant de donner également des im-

pulsions aux recherches à venir. Il s’adresse en outre aux étudiants de linguistique française, auxquels il sera utile comme ouvrage de référence, mais aussi lors de la préparation aux examens.

Nous tenons à remercier Candida Andreas, Francesco Crifò, Svenja Sommer,

Kerstin Sterkel et Lisa Šumski (tous de Sarrebruck) pour leur précieux soutien dans la préparation des articles pour l’impression, Emmanuel Faure (Berlin) pour la révision

linguistique de l ’Introduction, ainsi que Christine Henschel et Ulrike Krauß, des éditions De Gruyter, pour la collaboration toujours agréable et fiable. Nous remer-

cions tout particulièrement les auteurs du volume pour leur soutien collégial dans toutes les phases du projet.

 

Bibliographie

 

Agnetta, Marco (2015), Technik, die begeistert ?! Zur Open-Access -Debatte in der Sprach- und Trans-

lationswissenschaft, in : Claudia Polzin-Haumann/Alberto Gil (edd.), Angewandte Romanistische

Linguistik : Kommunikations- und Diskursformen im 21. Jahrhundert, St. Ingbert, Röhrig Universi-

tätsverlag, 11–28.

Buchi, Éva/Schweickard, Wolfgang (edd.) (2014), Le « Dictionnaire Étymologique Roman » (DÉRom).

Genèse, méthodes et résultats, Berlin/München/Boston, de Gruyter. Ernst, Gerhard/Wolf, Barbara (2005), e e Textes français privés des XVII et XVIII siècles, CD-Rom,

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Manuel international d’histoire linguistique de la Romania, 3 vol., Berlin/New York, de Gruyter. Glessgen, Martin (1 2 2007 ;2012), Linguistique romane. Domaines et méthodes en linguistique fran-

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Glessgen, Martin (2008), e Les lieux d ’ écriture dans les chartes lorraines du XIII siècle, Revue de

Linguistique Romane 75, 391–468. Gröber, Gustav (ed.) ( 1 2 1888 ;1904 –1906), Grundriss der romanischen Philologie, vol. 1 : Geschichte

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Introduction 7

 

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Symposions der Geistes- und sozialwissenschaftlichen Klasse und der Klasse der Literatur,

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