Un rien peut tout changer (French Edition)
La 2e loi
L’attractivité
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Comment rendre une habitude irrésistible
Durant les années 1940, un scientifique néerlandais, Niko Tinbergen, réalisa
une série d’expériences qui transformèrent notre compréhension de nos
motivations. Tinbergen, dont les travaux furent récompensés par un prix
Nobel, étudia les goélands argentés, ces grands oiseaux gris et blanc qu’on
voit souvent voler le long des côtes.
Les goélands argentés adultes ont un petit point rouge sur le bec et
Tinbergen remarqua que les poussins fraîchement éclos piquaient à cet
endroit chaque fois qu’ils voulaient être nourris. Pour réaliser son
expérience, il fabriqua plusieurs faux becs en carton, représentant
simplement une tête sans corps. Quand les parents quittèrent le nid, il
présenta ces faux becs aux poussins. Il était tellement évident que les becs
étaient faux qu’il pensait que les oisillons les rejetteraient. Mais quand les
petits goélands virent la tache rouge sur le bec en carton, ils la picorèrent
comme si cette tache appartenait à leur propre mère. Ils se dirigeaient
nettement vers ces points rouges, comme s’ils avaient été génétiquement
programmés à la naissance. Par la suite, Tinbergen découvrit que plus la
tache rouge était grosse, plus les poussins picoraient vite. Finalement, il
fabriqua un bec comportant trois gros points rouges. Quand il le plaça dans
le nid, les oisillons devinrent fous de joie et picorèrent les taches rouges
comme si c’était le plus grand bec qu’ils aient jamais vu.
Tinbergen et ses collègues mirent en évidence un comportement similaire
chez d’autres animaux. Par exemple, l’oie cendrée est un oiseau qui nidifie
au sol. Parfois, lorsque la mère se déplace dans le nid, l’un des œufs roule et
se dépose sur l’herbe à proximité. Chaque fois que cela se produit, l’oie se
dandine jusqu’à l’œuf et utilise son bec et son cou pour le ramener dans le
nid.
Tinbergen découvrit que l’oie attirait n’importe quel objet rond, tel qu’une
boule de billard ou une ampoule électrique, dans le nid. Plus l’objet était
gros, plus sa réaction était grande. Une oie est même capable de déployer
un effort considérable pour faire rouler un ballon de volley-ball jusqu’au
nid et le couver. Comme les bébés goélands qui picoraient automatiquement
les points rouges, l’oie cendrée suivait une règle instinctive : quand je vois un objet rond à proximité de mon nid, je dois le faire rouler dans le nid.
Plus l’objet rond est gros, plus je devrai déployer d’efforts pour
le récupérer.
C’est comme si le cerveau de chaque animal était préprogrammé avec
certaines règles de comportement, et lorsqu’une version exacerbée de cette
règle se présente, il surréagit. Les scientifiques qualifient ces signaux
exagérés de stimuli supranormaux. Un stimulus supranormal est une
version plus élaborée de la réalité – comme un bec à trois points rouges ou
un œuf de la taille d’un ballon de volley-ball – et provoque une réponse
plus forte qu’à l’accoutumée.
Les humains ont également tendance à craquer pour des versions
exagérées de la réalité. La malbouffe, par exemple, pousse nos systèmes de
récompense dans une certaine frénésie. Après avoir passé des centaines de
milliers d’années à chasser et à chercher de la nourriture dans la nature, le
cerveau humain a évolué pour donner une grande valeur au sel, au sucre et
aux graisses. Ces aliments sont souvent riches en calories et ils étaient
plutôt rares à l’époque où nos anciens ancêtres erraient dans la savane.
Quand vous ne savez pas où vous trouverez votre prochain repas, manger le
plus possible est une excellente stratégie de survie.
Aujourd’hui, cependant, nous vivons dans un environnement riche en
calories. La nourriture est abondante, mais votre cerveau continue de la
désirer comme si elle était rare. Valoriser le sel, le sucre et les graisses n’est
plus un avantage pour notre santé, mais nous imaginons toujours que nous
en avons besoin, car les centres de récompense du cerveau n’ont pas changé
depuis des millénaires… L’industrie alimentaire moderne repose sur
l’exacerbation de nos instincts paléolithiques au-delà de leur objectif
d’évolution.
La recherche dans l’agroalimentaire a pour objectif premier de créer des
produits plus attractifs pour les consommateurs. La majorité des aliments en
sachets, en conserves ou en bocaux ont été transformés d’une manière ou
d’une autre, ne serait-ce que par l’ajout d’arômes. Les entreprises dépensent
des millions de dollars pour obtenir le croustillant optimal de leurs chips ou
le pétillant parfait d’un soda. Des services entiers se consacrent à
l’optimisation de la sensation d’un produit dans votre bouche, c’est ce
qu’on appelle l’orosensation. Les frites, par exemple, sont une combinaison
puissante : dorées et croquantes à l’extérieur, légères et onctueuses à
l’intérieur.
D’autres aliments transformés augmentent ce contraste dynamique, ils
allient plusieurs sensations, à la fois croquantes et crémeuses. Imaginez le
goût du fromage fondu sur une croûte de pizza croustillante, ou le croquant
d’un biscuit Oreo associé à son cœur crémeux et onctueux. Avec les
aliments naturels et non transformés, vous ressentez toujours les mêmes
sensations. Après dix bouchées de chou, votre cerveau ne s’y intéresse plus
et vous commencez à vous sentir rassasié(e). À l’inverse, les aliments
transformés rendent l’expérience nouvelle et intéressante et vous
encouragent à manger plus.
En fin de compte, ces stratégies permettent aux scientifiques de
l’alimentation de déterminer le « point d’extase » de chaque produit : la
combinaison précise de sel, de sucre et de graisses qui excite votre cerveau
et vous incite à y revenir. Le résultat, bien sûr, c’est que vous mangez trop,
car les aliments hyper-appétissants sont plus attractifs pour le cerveau
humain. Stephan Guyenet, neuroscientifique spécialisé dans le
comportement alimentaire et l’obésité, déclara : « Nous avons parfaitement
réussi à atteindre nos propres limites. »
L’industrie alimentaire moderne et les habitudes de surconsommation
qu’elle engendra ne sont qu’un exemple de la 2e loi du changement de
comportement : l’attractivité. Plus une opportunité est attractive, plus elle
risque de devenir une habitude.
Regardez autour de vous. La société regorge de versions hautement
améliorées de la réalité, plus attractives que le monde dans lequel nos
ancêtres ont évolué. Les magasins présentent des mannequins aux hanches
et aux seins exagérés pour vendre des vêtements. Les réseaux sociaux
offrent plus de mentions « J’aime » et de louanges en quelques minutes que
ce que nous pourrions jamais recevoir au bureau ou à la maison. Les vidéos
pornographiques en ligne sont totalement irréelles. Les publicités sont
créées avec un éclairage idéal, un maquillage professionnel et des retouches
Photoshop. Même le mannequin initial ne ressemble pas à la personne qui
apparaît sur l’image finale. Ce sont les stimuli supranormaux de notre
monde moderne. Ils exagèrent des caractéristiques qui nous attirent
naturellement, et notre instinct se déchaîne en conséquence, nous entraînant
dans des habitudes excessives de shopping, sur les réseaux sociaux, dans
nos rapports sexuels, dans notre alimentation, etc.
Si l’histoire peut servir de guide, les perspectives d’avenir seront plus
intéressantes que celles d’aujourd’hui. La tendance est à la concentration des récompenses et à la stimulation des incitations. La malbouffe est une
forme d’accumulation de calories plus concentrée que les aliments naturels.
Les spiritueux sont une forme d’alcool plus concentrée que la bière. Les
jeux vidéo sont une forme de jeu plus concentrée que les jeux de société.
Face à la nature, il est difficile de résister à ces expériences pleines de
plaisir. Nous avons le cerveau de nos ancêtres, mais des tentations
auxquelles ils n’ont jamais eu à faire face.
Si vous souhaitez augmenter les chances qu’un comportement se produise,
vous devez le rendre attrayant. Tout au long de notre discussion sur la 2e
loi, notre objectif est d’apprendre à rendre nos habitudes irrésistibles. Bien
qu’il ne soit pas possible de transformer chaque habitude en un stimulus
supranormal, nous pouvons rendre toute habitude plus séduisante. Pour ce
faire, nous devons commencer par comprendre ce qu’est un état de manque
et son fonctionnement.
Commençons par examiner un signe biologique commun à toutes les
habitudes : le pic de dopamine.
La boucle de réactions enclenchées
par la dopamine
Les scientifiques peuvent suivre le moment précis où se produit un état de
manque en mesurant un neurotransmetteur appelé dopamine 12 .
L’importance de la dopamine apparut en 1954 lorsque les
neuroscientifiques James Olds et Peter Milner menèrent une expérience
révélant les processus neurologiques à l’origine de l’envie et du désir. En
implantant des électrodes dans le cerveau de rats, ils bloquèrent la libération
de dopamine. À la surprise des chercheurs, les rats perdirent toute envie de
vivre. Ils ne mangeaient plus. Ils n’avaient plus de relations sexuelles. Ils
n’avaient envie de rien. En quelques jours, les animaux étaient morts
de soif.
Dans des études de suivi, d’autres scientifiques inhibèrent également les
parties du cerveau libérant de la dopamine, mais cette fois-ci ils injectèrent
des gouttelettes de sucre dans la bouche de rats ayant épuisé leurs réserves
en dopamine. Leurs petits visages de rats s’illuminaient de plaisir à la suite
de l’administration du sucre. Même si la dopamine était bloquée, ils
aimaient le sucre tout autant qu’avant ; ils ne voulaient tout simplement plus de dopamine. La capacité à éprouver du plaisir est restée mais, sans
dopamine, le désir a disparu. Et sans désir, l’action s’arrête.
Quand d’autres chercheurs inversèrent ce processus et inondèrent le
système de récompense du cerveau avec de la dopamine, les animaux
mirent en application leurs habitudes à une vitesse vertigineuse. Dans une
étude, des souris recevaient un puissant shot de dopamine chaque fois
qu’elles mettaient le nez dans une boîte. En quelques minutes, les souris
développèrent une envie si forte qu’elles commencèrent à fourrer leur nez
dans la boîte huit cents fois par heure. (Les humains ne sont pas si différents
: le joueur moyen sur des machines à sous fera tourner les roues six cents
fois par heure.)
Les habitudes sont une boucle d’actions dépendant de la dopamine.
Chaque comportement qui engendre une habitude très ancrée
(consommation de drogue, malbouffe, jeux vidéo, navigation sur les
réseaux sociaux) est associé à des niveaux plus élevés de dopamine. La
même chose peut s’appliquer à nos comportements habituels les plus
élémentaires, comme manger de la nourriture, boire de l’eau, avoir des
relations sexuelles et avoir des interactions sociales.
Pendant des années, les scientifiques ont supposé que la dopamine était
une question de plaisir, mais nous savons maintenant qu’elle joue un rôle
central dans de nombreux processus neurologiques, notamment la
motivation, l’apprentissage et la mémoire, la punition et l’aversion, et le
mouvement volontaire.
Voici ce qu’il faut retenir en matière d’habitude : la dopamine est libérée
non seulement lorsque vous éprouvez du plaisir, mais également lorsque
vous l’anticipez. Les accros au jeu ont un pic de dopamine juste avant de
placer une mise, pas après leur victoire. Les cocaïnomanes ont une poussée
de dopamine quand ils voient la poudre, pas après l’avoir prise. Chaque fois
que vous prévoyez qu’une opportunité sera gratifiante, vos niveaux de
dopamine augmentent. Et chaque fois que la dopamine augmente, votre
motivation à agir augmente également. C’est l’attente d’une récompense, et
non l’accomplissement, qui nous pousse à agir.
Fait intéressant, le système de récompense activé dans le cerveau lorsque
vous recevez une récompense est le même que celui qui est activé lorsque
vous anticipez une récompense. C’est une des raisons pour lesquelles
l’anticipation d’une expérience peut souvent sembler plus gratifiante que sa
réalisation. Lorsqu’on est enfant, penser au matin de Noël peut être plus excitant que d’ouvrir les cadeaux. Lorsqu’on est adulte, rêver de ses
prochaines vacances peut être plus excitant que d’être réellement en
vacances. Les scientifiques appellent cela la différence entre « vouloir » et «
apprécier ».
Votre cerveau a beaucoup plus de circuits neuronaux axés sur la demande
de récompenses que sur l’appréciation de ces récompenses. Les centres
demandeurs de votre cerveau sont vastes : le tronc cérébral, le noyau
accumbens, l’aire tegmentale ventrale, le striatum dorsal, les amygdales et
des parties du cortex préfrontal. En comparaison, les centres d’appréciation
du cerveau sont beaucoup plus petits. Ils sont souvent qualifiés de « points
chauds hédoniques » et sont répartis sous forme de minuscules îlots dans le
cerveau. Par exemple, des chercheurs ont découvert que 100 % du noyau
accumbens est activé pendant le désir. Toutefois, seulement 10 % de la
structure est activée pendant l’appréciation.
Le fait que le cerveau dédie un espace précieux aux régions responsables
de l’envie et du désir est une preuve supplémentaire du rôle capital joué par
ces processus. Le désir est le moteur qui dirige le comportement. Chaque
action est entreprise à cause de l’anticipation qui la précède. C’est le désir
ou l’envie qui mène à la réponse.
FIGURE 9 : Avant qu’une habitude soit apprise (A), la dopamine est libérée lorsque la récompense est expérimentée pour la première fois. La fois suivante (B), la dopamine augmente avant de passer à l’action, immédiatement après la détection d’un déclencheur. Ce pic provoque un sentiment de désir et une envie d’agir chaque fois que le déclencheur est repéré. Une fois qu’une habitude est acquise, la dopamine n’augmente pas lorsqu’une récompense est expérimentée, car vous vous attendez déjà à recevoir cette récompense. En revanche, si vous voyez un déclencheur et que vous attendez une récompense, mais n’en recevez pas, la dopamine tombe dans la déception (C). La sensibilité de la réponse à la dopamine est clairement visible lorsqu’une récompense arrive tardivement (D). Premièrement, le déclencheur est identifié et la dopamine augmente au fur et à mesure que se développe une envie. Ensuite, une réponse arrive, mais la récompense ne vient pas aussi vite que prévu et la dopamine commence à baisser. Enfin, lorsque la récompense arrive un peu plus tard que vous ne l’espériez, la dopamine monte à nouveau. C’est comme si le cerveau disait : « Tu vois ! Je savais que j’avais raison. N’oublie pas de répéter cette action la prochaine fois. »
Ces informations révèlent l’importance de la 2e loi du changement de
comportement. Nous devons rendre nos habitudes attractives, car c’est l’attente d’une expérience enrichissante qui nous motive à agir. C’est là
qu’entre en jeu la stratégie qu’on appelle le « regroupement de tentations ».
Comment utiliser le regroupement de tentations
pour rendre vos habitudes plus attractives
Ronan Byrne, étudiant en génie électrique à Dublin, en Irlande, aimait
regarder Netflix, mais il était également conscient qu’il ne faisait pas
suffisamment de sport. Mettant à profit ses compétences en ingénierie,
Byrne connecta son vélo d’appartement à son ordinateur portable et à sa
télévision. Ensuite, il écrivit un programme informatique qui permettrait à
Netflix de fonctionner uniquement s’il roulait à une certaine vitesse. S’il
ralentissait trop longtemps, le programme qu’il regardait s’interrompait
jusqu’à ce qu’il recommence à pédaler. Pour reprendre les termes d’un fan,
il « luttait contre l’obésité en “s’empiffrant” de séries sur Netflix ».
Il utilisait également le regroupement de tentations pour se motiver
davantage. Le regroupement de tentations fonctionne en liant une action
que vous voulez faire à une action que vous devez faire. Dans le cas de
Byrne, il associait les séries sur Netflix (ce qu’il voulait faire) à l’exercice
sur son vélo (ce qu’il devait faire).
Les entreprises sont expertes en matière de tentation. Par exemple, lorsque
la chaîne de télévision American Broadcasting Company, plus connue sous
le nom d’ABC, lança sa programmation télévisuelle du jeudi soir pour la
saison 2014-2015, elle fit la promotion du regroupement de tentations à
grande échelle.
Tous les jeudis, la chaîne diffusait trois séries créées par la scénariste
Shonda Rhimes : Grey’s Anatomy , Scandal et How to Get away with
Murder . Programmes qu’elle appelait « TGIT sur ABC » (TGIT signifie
Thank God It’s Thursday [Génial ! On est jeudi !]). En plus de promouvoir
ses programmes, ABC encourageait les téléspectateurs à grignoter du pop-
corn, à boire un bon verre de vin rouge et à profiter de leur soirée.
Andrew Kubitz, responsable de la programmation chez ABC, décrit les
motivations de cette campagne : « Nous considérons que la nuit du jeudi est
l’occasion de regarder la télévision pour nombre de téléspectateurs, couples
ou femmes seules, qui souhaitent s’échapper du quotidien en buvant un bon
verre de vin et en grignotant du pop-corn. » L’intérêt de cette stratégie
reposait sur le fait qu’ABC associait ce qu’elle attendait des téléspectateurs (qu’ils regardent ses émissions) à des activités qu’ils souhaitaient faire (se
relaxer, boire un verre de vin et manger du pop-corn).
Au fil du temps, les téléspectateurs se mirent à regarder ABC pour se
détendre et se divertir. Si vous buvez un verre de vin rouge et si vous
mangez du pop-corn devant la télé à 20 heures tous les jeudis, c’est que
cette soirée de la semaine signifie pour vous détente et divertissement. La
récompense est associée au déclencheur et l’habitude d’allumer la télévision
devient plus attractive.
Vous aurez plus de chances de considérer qu’un comportement est
attrayant si vous faites l’une de vos activités préférées en même temps.
Vous voulez peut-être connaître les derniers potins sur les célébrités, mais
vous devez rester en forme. En utilisant le regroupement de tentations, vous
pourriez seulement lire les journaux à scandales et regarder des émissions
de téléréalité à la salle de sport. Peut-être avez-vous envie d’une pédicure,
mais vous devez nettoyer votre messagerie électronique. La solution : ne
prenez rendez-vous pour votre pédicure que lorsque vous aurez traité tous
vos e-mails professionnels en retard.
Le regroupement des tentations est une façon d’appliquer une théorie de la
psychologie qu’on appelle le principe de Premack. Désigné ainsi en
hommage au travail du professeur David Premack, le principe stipule que «
des comportements plus probables renforceront des comportements moins
probables ». En d’autres termes, même si vous ne voulez pas vraiment
traiter vos messages en retard, vous vous conditionnerez à le faire si vous
pouvez vous accorder quelque chose que vous voulez vraiment faire en
cours de route ou par la suite.
Vous pouvez même associer le regroupement de tentations à la stratégie de
la superposition d’habitudes abordée au chapitre 5 pour créer un ensemble
de règles permettant de guider votre comportement.
La formule Superposition d’habitudes + Regroupement de tentations est la
suivante :
1. Après [HABITUDE ACTUELLE], je vais [HABITUDE DONT J’AI
BESOIN].
2. Après [HABITUDE DONT J’AI BESOIN], je vais [HABITUDE
ACTUELLE].
Si vous voulez lire les informations, mais que vous avez besoin
d’exprimer plus de gratitude :
1. Après avoir pris mon café du matin, je dirai une chose qui est arrivée
hier et dont je suis reconnaissant (besoin).
2. Après avoir dit une chose pour laquelle je suis reconnaissant, je vais lire
les informations (souhait).
Si vous souhaitez regarder un programme sportif, mais que vous devez
téléphoner à des clients :
1. Après mon retour de la pause déjeuner, j’appellerai trois clients
potentiels (besoin).
2. Après avoir appelé trois clients potentiels, je regarderai ESPN (souhait).
Si vous voulez surfer sur Facebook, mais que vous avez besoin de faire
plus d’exercice :
1. Après avoir consulté mon téléphone, je ferai dix pompes (besoin).
2. Après avoir fait dix pompes, j’irai sur Facebook (souhait).
L’idée est qu’à terme, vous souhaiterez appeler trois clients ou faire dix
pompes, car cela signifie que vous pourrez lire les dernières nouvelles
sportives ou consulter Facebook. Faire ce que vous devez faire signifie que
vous pouvez faire ce que vous voulez faire.
Nous avons commencé ce chapitre en discutant des stimuli supranormaux,
qui sont des versions exacerbées de la réalité qui renforcent notre désir
d’agir. Le regroupement de tentations est un moyen de créer une version
améliorée de toute habitude en la connectant à quelque chose que vous
souhaitez déjà. Il est compliqué de créer une habitude vraiment irrésistible,
mais cette stratégie simple peut être utilisée pour rendre presque toute
forme d’habitude plus attractive qu’elle ne le serait autrement.
La 2e loi du changement de comportement est l’attractivité.
Plus une opportunité est attractive, plus elle risque de devenir une
habitude.
Les habitudes sont une boucle d’actions liées à la dopamine. Lorsque
la dopamine augmente, notre motivation à agir augmente également.
C’est l’attente d’une récompense, et non son accomplissement, qui
nous pousse à agir. Plus l’anticipation est grande, plus le pic de
dopamine est important.
Le regroupement de tentations est un moyen de rendre vos habitudes
plus attractives. Cette stratégie consiste à associer une action que vous
voulez faire à une action que vous devez faire.
12 La dopamine n’est pas le seul élément chimique qui influence vos habitudes. Chaque comportement implique de multiples régions du cerveau et des substances neurochimiques, et quiconque prétend que « les habitudes sont entièrement liées à la dopamine » saute des étapes importantes du processus. C’est juste l’un des acteurs importants dans la formation des habitudes. Dans ce chapitre, je parlerai du circuit de la dopamine, car il explique les fondements biologiques du désir, de l’envie et de la motivation qui sont à la base de toutes les habitudes.
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