Un rien peut tout changer (French Edition)
Chapitre 20
Les inconvénients de la création de bonnes
habitudes
Les habitudes sont les fondations de la maîtrise. Aux échecs, ce n’est
qu’après que les déplacements de base des pièces sont devenus
automatiques qu’un joueur peut se concentrer sur le niveau suivant de la
partie. Chaque bloc d’information mémorisé amène l’espace mental vers
une réflexion plus poussée. Cela s’applique à tout type d’initiative. Si vous
maîtrisez parfaitement les mouvements simples, vous pouvez les exécuter
sans y penser et vous êtes libre de porter attention aux détails du niveau
suivant. Les habitudes sont ainsi la structure fondamentale de toute quête
d’excellence.
Toutefois, les avantages des habitudes ont un coût. Au début, chaque
répétition développe fluidité, vitesse et compétences. Mais quand une
habitude devient automatique, vous portez moins d’importance aux retours.
Vous tombez dans la répétition sans réflexion. Les erreurs apparaissent plus
facilement. Lorsque vous pouvez faire une chose « assez bien » en pilote
automatique, vous ne pensez plus à la meilleure façon de la faire.
L’avantage des habitudes, c’est que nous pouvons faire des choses sans
réfléchir. L’inconvénient des habitudes, c’est que vous vous habituez à faire
les choses d’une certaine manière et que vous cessez de faire attention aux
petites erreurs. Vous supposez que vous évoluez de manière positive parce
que vous gagnez de l’expérience. En réalité, vous ne faites que renforcer
vos habitudes actuelles et non les améliorer. En fait, des recherches ont
révélé qu’une fois qu’une compétence a été maîtrisée, il y a généralement
une légère baisse de performance au fil du temps.
La plupart du temps, cette légère baisse des performances ne vous inquiète
pas. Vous n’avez pas besoin d’un système pour améliorer continuellement
la façon dont vous vous brossez les dents, lacez vos chaussures ou préparez
votre tasse de thé du matin. Pour ces habitudes, « assez bien » est
généralement suffisant. Moins vous dépensez d’énergie à faire des choix
inutiles, plus vous pourrez la dépenser dans des tâches qui sont vraiment
utiles.
Néanmoins, si vous souhaitez optimiser votre potentiel et atteindre de
hauts niveaux de performance, vous devez adopter une approche plus
nuancée. Vous ne pouvez pas répéter les mêmes choses et vous attendre à
devenir exceptionnel(le). Les habitudes sont nécessaires, mais pas
suffisantes pour la maîtrise. Vous avez besoin d’appliquer une combinaison
d’habitudes automatiques et d’exercices volontaires.
Habitudes + Exercices volontaires = Maîtrise
Pour devenir excellent dans un domaine, certaines compétences doivent
devenir automatiques. Les basketteurs doivent être capables de dribbler
sans réfléchir avant de pouvoir maîtriser les layups avec leur main non
dominante. Les chirurgiens doivent répéter la première incision tellement de
fois qu’ils pourraient le faire les yeux fermés, ils peuvent ainsi se concentrer
sur les centaines de paramètres qui sont susceptibles d’intervenir pendant
une opération de chirurgie. Mais une fois que vous maîtrisez une habitude,
vous devez revenir à la partie laborieuse du processus et commencer à
construire l’habitude suivante.
FIGURE 16 : Le processus de la maîtrise exige que vous superposiez progressivement les améliorations les unes sur les autres, chaque habitude s’appuyant sur la dernière, jusqu’à atteindre un nouveau niveau de performance et à intérioriser un plus grand éventail de compétences.
La maîtrise consiste à réduire votre objectif à un élément infime du succès,
à le répéter jusqu’à ce que vous l’ayez intériorisé, puis à utiliser cette
nouvelle habitude comme base pour avancer vers la prochaine limite de
votre évolution. Les tâches anciennes deviennent plus faciles à mesure qu’on les répète. Mais ça ne veut pas dire que tout est plus facile, vous
devez ensuite consacrer votre énergie au défi suivant. Chaque habitude
ouvre la voie au niveau suivant de performance. C’est un cycle sans fin.
Bien que les habitudes soient efficaces, vous avez besoin d’un moyen de
rester conscient(e) de votre performance au fil du temps, de sorte que vous
puissiez continuer à vous améliorer. C’est précisément au moment où vous
commencez à sentir que vous maîtrisez une compétence, juste au moment
où les choses commencent à sembler automatiques et que vous êtes de plus
en plus à l’aise, que vous devez éviter de tomber dans le piège du laisser-
aller.
La solution ? Mettez en place un système de réflexion et d’évaluation.
Comment évaluer vos habitudes et faire
des ajustements
En 1986, les Lakers de Los Angeles étaient l’une des équipes de basket-ball
les plus talentueuses jamais constituées, mais on se souvient rarement d’elle
sur ce point. L’équipe démarra la saison NBA 1985-1986 avec un score
record époustouflant de 29 à 5. Après cette saison et selon les dires de
l’entraîneur principal, Pat Riley : « Les experts disaient que nous pourrions
être la meilleure équipe de l’histoire du basket. » Étonnamment, les Lakers
ont perdu pendant les séries éliminatoires de 1986 et ont connu une fin de
saison désastreuse pendant les finales de la Western Conference. La soi-
disant « meilleure équipe de l’histoire du basket-ball » n’a même pas joué
pour le championnat de la NBA.
Après ce coup dur, Riley était fatigué d’entendre parler du talent de ses
joueurs et des promesses de son équipe. Il ne voulait pas voir des éclairs de
génie suivis d’une baisse progressive des performances. Il voulait que les
Lakers exploitent leur potentiel constamment. Pendant l’été 1986, il mit en
place un programme qu’il appela le Career Best Effort ou CBE.
« Quand un joueur intègre l’équipe des Lakers pour la première fois,
explique Riley, nous suivons ses statistiques de basket jusqu’au lycée.
J’appelle ça “noter ses résultats”. Nous cherchons un critère d’évaluation
précis de ce qu’un joueur peut faire, puis nous l’intégrons dans notre
programme pour l’équipe en nous basant sur le fait qu’il maintiendra et
améliorera ensuite ses moyennes. »
Après avoir déterminé le niveau de performance de base d’un joueur,
Riley ajouta une étape clé. Il demanda à chaque joueur d’améliorer sa
performance d’au moins 1 % au cours de la saison. S’ils réussissaient, ils
avaient alors appliqué un CBE ou Career Best Effort (meilleur effort de
carrière). Comme l’équipe de cyclisme britannique dont nous avons parlé
au chapitre 1, les Lakers cherchèrent à obtenir des performances optimales
en s’améliorant chaque jour un peu plus.
Riley prit soin de préciser que le CBE ne concernait pas uniquement des
points ou des statistiques, mais aussi que chaque joueur « donne tout
spirituellement, mentalement et physiquement ». Les joueurs gagnaient des
points quand ils « laissaient un adversaire courir vers eux en sachant qu’il
ferait une faute, en cherchant des balles perdues, en cherchant les rebonds,
qu’ils récupèrent le ballon ou non, en aidant un coéquipier lorsque le joueur
qu’il marque l’a semé et en accomplissant d’autres actes de “héros de
l’ombre” ».
Par exemple, disons que Magic Johnson, le joueur vedette des Lakers de
l’époque, totalise 11 points, 8 rebonds, 12 passes décisives, 2 interceptions
et 5 turnovers dans une partie. Magic gagne également des points de mérite
avec un acte de « héros de l’ombre » en plongeant sur un ballon perdu (+ 1).
Enfin, il joue un total de 33 minutes dans ce match imaginaire.
Les chiffres positifs (11 + 8 + 12 + 2 + 1) donnent un total de 34. Ensuite,
nous soustrayons les 5 turnovers (34 – 5) pour obtenir 29. Enfin, nous
divisons 29 par 33 minutes jouées.
29 / 33 = 0,879
Le chiffre CBE de Magic serait ici de 879. Ce chiffre était calculé pour
l’ensemble des matchs d’un joueur. Il s’agissait du CBE moyen qu’un
joueur avait été encouragé à améliorer de 1 % au cours de la saison. Riley
comparait le CBE du moment de chaque joueur à ses performances passées,
mais également à celles d’autres joueurs de la ligue. Comme Riley le disait,
« nous classons les membres de l’équipe en les comparant aux adversaires
de la ligue qui jouent à un poste ayant des caractéristiques similaires ».
La journaliste sportive Jackie MacMullan avait même noté que « chaque
semaine, Riley mettait les meilleurs joueurs de la ligue en caractères gras
sur le tableau noir et les comparait avec les joueurs correspondants sur sa
propre liste. Les joueurs sérieux et fiables obtenaient généralement un score
supérieur à 600 points, tandis que les joueurs excellents obtenaient plus de 800 points. Magic Johnson, qui a fait 138 triples-doubles au cours de sa
carrière, a souvent gagné plus de 1 000 points ».
Les Lakers misaient également sur les progrès réalisés d’une année sur
l’autre, en faisant des comparaisons historiques des données de CBE. Riley
avait déclaré ceci : « Nous avons comparé le mois de novembre 1986 au
mois de novembre 1985, et avons montré aux joueurs si leurs performances
étaient meilleures ou moins bonnes au même moment la saison dernière.
Nous leur avons ensuite montré leurs performances de décembre 1986
comparativement à celles du mois de novembre. »
Les Lakers commencèrent à utiliser le système du CBE en octobre 1986.
Huit mois plus tard, ils étaient champions de la NBA. L’année suivante, Pat
Riley permit à son équipe de remporter un nouveau titre puisque les Lakers
sont devenus la première équipe en vingt ans à remporter deux
championnats consécutifs de la NBA. Il déclara par la suite que « maintenir
un effort est la chose la plus importante pour toute entreprise. Pour réussir,
il faut apprendre à bien faire les choses, puis les faire de la même manière à
chaque fois ».
Le programme CBE est un excellent exemple du pouvoir de la réflexion et
de l’évaluation. Les Lakers étaient déjà talentueux, mais le CBE les aida à
tirer le meilleur parti de leurs compétences et à faire en sorte que leurs
habitudes s’améliorent au lieu de s’estomper.
La réflexion et l’évaluation permettent d’améliorer à long terme toutes les
habitudes, car elles vous permettent de prendre conscience de vos erreurs et
vous aident à envisager des pistes d’amélioration. Sans réflexion, nous
pouvons toujours trouver de bonnes excuses et nous mentir à nous-mêmes.
Nous ne disposons d’aucun processus permettant de déterminer si nos
performances sont meilleures ou moins bonnes qu’hier.
Les personnes les plus performantes, quel que soit leur domaine de
prédilection, appliquent des processus simples de réflexion et d’évaluation.
Le coureur kenyan Eliud Kipchoge est l’un des plus grands marathoniens de
tous les temps et un médaillé d’or olympique. Il prend toujours des notes
après chaque pratique en passant en revue ses entraînements de la journée et
cherche des éléments pouvant être améliorés. De même, la nageuse
médaillée d’or Katie Ledecky tient un journal de son état général sur une
échelle de 1 à 10 et y insère des notes sur sa nutrition et son sommeil. Elle
consigne également les temps des autres nageurs. À la fin de chaque semaine, son entraîneur passe en revue ses notes et ajoute ses propres
réflexions.
Cela ne s’applique pas qu’aux athlètes. Quand le comédien Chris Rock
prépare un nouveau spectacle, il se produit des dizaines de fois dans de
petites discothèques et teste des centaines de blagues. Il apporte un bloc-
notes sur scène et note les passages qui passent bien et ceux qu’il doit
modifier. Les quelques phrases accrocheuses qu’il conserve constitueront la
structure de base de son nouveau spectacle.
Je connais des dirigeants et des investisseurs qui tiennent un « journal de
décisions » dans lequel ils notent les principales décisions qu’ils prennent
chaque semaine, la raison pour laquelle ils les ont prises et ce qu’ils
attendent du résultat. Ils évaluent leurs choix à la fin de chaque mois ou de
chaque année pour voir s’ils ont eu raison et où ils ont fait fausse route 31 .
L’amélioration ne consiste pas seulement à apprendre des habitudes, il faut
également les peaufiner. La réflexion et l’évaluation vous permettent de
consacrer votre temps aux choses utiles et d’apporter des corrections en
cours de route, chaque fois que cela est nécessaire, comme Pat Riley qui
ajuste l’effort de ses joueurs chaque soir. Si une habitude devient inefficace,
on a tendance à vouloir l’abandonner.
J’utilise deux modes principaux de réflexion et d’évaluation. Chaque mois
de décembre, je réalise un bilan annuel dans lequel je pose des réflexions
sur l’année qui vient de s’écouler. Je note mes habitudes de l’année en
comptant le nombre d’articles que j’ai publiés, le nombre de séances
d’entraînement que j’ai effectuées, le nombre de nouveaux lieux visités, etc.
32 . Puis, je réfléchis à ma progression (ou absence de progression) en
répondant à trois questions :
1. Que s’est-il bien passé cette année ?
2. Qu’est-ce qui n’a pas si bien fonctionné cette année ?
3. Qu’ai-je appris ?
Six mois plus tard, lorsque l’été arrive, je rédige un « rapport d’intégrité ».
Comme tout le monde, je fais beaucoup d’erreurs. Mon rapport d’intégrité
m’aide à comprendre les erreurs que j’ai commises et me motive à revenir
vers le cap que je me suis fixé. Je l’utilise comme un outil qui m’aide à
revoir mes valeurs fondamentales et à déterminer si j’ai mis en application
ces valeurs. C’est à ce moment-là que je réfléchis à mon identité et à la manière dont je peux travailler pour devenir le type de personne que je
souhaite devenir 33 .
Mon rapport d’intégrité annuel répond à trois questions :
1. Quelles sont les valeurs fondamentales qui animent ma vie personnelle
et mon travail ?
2. Comment j’applique la valeur d’intégrité à ma vie personnelle et à mon
travail en ce moment ?
3. Comment puis-je m’améliorer à l’avenir ?
Ces deux rapports ne prennent pas beaucoup de temps, juste quelques
heures par an, mais ce sont des moments essentiels d’amélioration et de
mise au point. Ils permettent d’éviter le laisser-aller quand je ne prête pas
attention à ce que je fais. Ils me rappellent chaque année de revenir sur
l’identité souhaitée et me permettent de réfléchir à la manière dont mes
habitudes m’aident à devenir le type de personne auquel j’aspire. Ils
indiquent à quel moment je devrais améliorer mes habitudes et relever de
nouveaux défis, à quel moment je devrais faire marche arrière et me
concentrer sur les fondamentaux.
La réflexion peut également apporter une certaine perspective. Les
habitudes quotidiennes sont efficaces de par leur conception, mais
s’inquiéter de chaque choix que l’on fait quotidiennement revient à nous
regarder dans le miroir de trop près. Vous finissez par détecter chaque
imperfection et ignorer votre image globale. À l’inverse, ne jamais revoir
ses habitudes, c’est comme ne jamais se regarder dans le miroir. Vous ne
connaissez pas les imperfections faciles à effacer : une tache sur votre
chemise, un peu de nourriture dans les dents. Une réflexion et une
évaluation régulières, c’est comme vous regarder dans le miroir, mais à une
distance suffisante. Vous pouvez voir les changements importants que vous
devriez apporter sans perdre de vue votre image globale. Dans la nature,
cela revient à voir toute la chaîne de montagnes, sans être obsédé par
chaque sommet et chaque vallée.
Finalement, le processus de réflexion et d’évaluation est le moment idéal
pour revenir sur l’un des aspects les plus importants du changement de
comportement : l’identité.
Comment en finir avec les croyances
qui vous bloquent Au début, il est essentiel de répéter une habitude pour définir l’identité que
vous souhaitez adopter. Mais si vous adoptez cette nouvelle identité, vos
croyances peuvent vous empêcher de passer au niveau supérieur de
développement. Si vous travaillez contre vos intérêts, votre identité crée
une sorte de « fierté » qui vous encourage à nier vos points faibles et vous
empêche de grandir véritablement. C’est l’un des plus grands inconvénients
du processus de construction des habitudes.
Plus une idée nous paraît sacrée, c’est-à-dire qu’elle est plus étroitement
liée à notre identité, plus nous la défendons avec force contre la critique. On
le constate dans tous les secteurs. L’instituteur qui ignore les méthodes
d’enseignement novatrices et s’en tient à ses méthodes d’enseignement
éprouvées. Le responsable expérimenté qui fait les choses « à sa manière ».
Le chirurgien qui rejette les idées de ses plus jeunes collègues. Le groupe
qui produit un premier album exceptionnel, puis reste bloqué sur le même
style. Plus nous nous attachons à une identité, plus il devient difficile de
s’en détacher et d’évoluer.
Une solution consiste à éviter de faire de chaque aspect de votre identité
une partie importante de votre personnalité. Selon les mots de l’investisseur
Paul Graham, « limitez la taille et donc l’influence de votre identité ». Plus
vous laissez une conviction vous définir, moins vous êtes capable de vous
adapter lorsque la vie vous place devant une difficulté. Si vous faites tout
pour devenir dirigeant ou associé d’une entreprise, ou pour être le premier
dans un quelconque domaine, et si vous perdez ce statut par la suite, cela
risque de vous détruire. Si vous êtes végan et développez un problème de
santé qui vous oblige à modifier votre régime alimentaire, vous aurez une
crise d’identité à gérer. Quand on s’accroche trop à une identité, on devient
fragile. Si l’on perd cette chose, on se perd soi-même.
Pendant presque toute ma jeunesse, être un athlète était un élément
important de mon identité. Quand j’ai arrêté le base-ball, j’ai eu du mal à
me retrouver. Quand vous passez toute votre vie à vous définir par rapport à
un élément qui disparaît, vous n’avez plus rien qui vous permette de vous
identifier…
Les anciens combattants et les anciens entrepreneurs ressentent ce vide. Si
votre identité est totalement dépendante d’une conviction du type « Je suis
un grand soldat », que se passe-t-il lorsque votre carrière dans l’armée
prend fin ? De même, pour de nombreux entrepreneurs, leur identité
s’apparente à « Je suis le P-DG » ou « Je suis le fondateur ». Si vous avez passé chaque jour de votre vie à travailler pour votre entreprise, que
ressentirez-vous après sa vente ?
Pour soulager ces « pertes d’identité », essayez de vous redéfinir en
conservant les aspects importants de votre identité même si votre rôle
change.
« Je suis un athlète » se transforme en « Je suis une personne qui a
une force mentale importante et qui aime les efforts physiques ».
« Je suis un grand soldat » se transforme en « Je suis une personne
disciplinée, fiable et un excellent élément dans une équipe ».
« Je suis le P-DG » se transforme en « Je suis une personne qui bâtit
et crée des choses ».
Lorsqu’elle est choisie judicieusement, une identité peut être flexible
plutôt que fragile. Comme l’eau contourne un obstacle, votre identité
fonctionne en s’adaptant à l’environnement changeant plutôt qu’en luttant
contre lui.
La citation suivante du Tao te King résume parfaitement les idées que nous
venons d’aborder :
Quand l’homme vient au monde, il est tendre et souple ;
quand il meurt, il est raide et dur.
Quand les arbres et les plantes naissent, ils sont souples et flexibles ;
quand ils meurent, ils sont secs et cassants.
Solidité et rigidité
sont les compagnes de la mort.
Souplesse et fluidité
sont les compagnes de la vie.
Ce qui est raide et dur rompt.
Ce qui est tendre et souple triomphe.
— Lao Tseu
Les habitudes offrent de nombreux avantages, mais l’inconvénient, c’est
qu’elles peuvent nous enfermer dans nos anciens schémas de réflexion et
d’action, même lorsque le monde évolue autour de nous. Tout est éphémère.
La vie change constamment, vous devez donc vérifier régu lièrement si vos
anciennes habitudes et croyances vous sont encore utiles.
Le manque de conscience de soi est un poison. Le processus de réflexion
et d’évaluation en est l’antidote.
L’avantage des habitudes, c’est qu’elles nous permettent de faire les
choses sans réfléchir. L’inconvénient, c’est que nous cessons de prêter
attention aux petites erreurs.
Habitudes + Exercices volontaires = Maîtrise.
Le processus de réflexion et d’évaluation vous permet de rester
conscient(e) de votre performance au fil du temps.
Plus nous nous attachons à une identité, plus il est difficile de s’en
détacher.
31 J’ai créé un modèle pour les lecteurs qui souhaitent tenir un journal de décisions. Vous le trouverez avec le journal des habitudes, sur la page atomichabits.com/journal.
32 Vous pouvez consulter mes anciens bilans annuels sur la page jamesclear.com/annual-review.
33 Vous pouvez consulter mes anciens rapports d’intégrité sur la page jamesclear.com/integrity.
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