Un rien peut tout changer (French Edition)

James Clear · Chapitre 21 sur 25

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Un rien peut tout changer (French Edition)

Chapitre 20

 

Les inconvénients de la création de bonnes

 

habitudes

 

Les habitudes sont les fondations de la maîtrise. Aux échecs, ce n’est

qu’après que les déplacements de base des pièces sont devenus

automatiques qu’un joueur peut se concentrer sur le niveau suivant de la

partie. Chaque bloc d’information mémorisé amène l’espace mental vers

une réflexion plus poussée. Cela s’applique à tout type d’initiative. Si vous

maîtrisez parfaitement les mouvements simples, vous pouvez les exécuter

sans y penser et vous êtes libre de porter attention aux détails du niveau

suivant. Les habitudes sont ainsi la structure fondamentale de toute quête

d’excellence.

Toutefois, les avantages des habitudes ont un coût. Au début, chaque

répétition développe fluidité, vitesse et compétences. Mais quand une

habitude devient automatique, vous portez moins d’importance aux retours.

Vous tombez dans la répétition sans réflexion. Les erreurs apparaissent plus

facilement. Lorsque vous pouvez faire une chose « assez bien » en pilote

automatique, vous ne pensez plus à la meilleure façon de la faire.

L’avantage des habitudes, c’est que nous pouvons faire des choses sans

réfléchir. L’inconvénient des habitudes, c’est que vous vous habituez à faire

les choses d’une certaine manière et que vous cessez de faire attention aux

petites erreurs. Vous supposez que vous évoluez de manière positive parce

que vous gagnez de l’expérience. En réalité, vous ne faites que renforcer

vos habitudes actuelles et non les améliorer. En fait, des recherches ont

révélé qu’une fois qu’une compétence a été maîtrisée, il y a généralement

une légère baisse de performance au fil du temps.

La plupart du temps, cette légère baisse des performances ne vous inquiète

pas. Vous n’avez pas besoin d’un système pour améliorer continuellement

la façon dont vous vous brossez les dents, lacez vos chaussures ou préparez

votre tasse de thé du matin. Pour ces habitudes, « assez bien » est

généralement suffisant. Moins vous dépensez d’énergie à faire des choix

inutiles, plus vous pourrez la dépenser dans des tâches qui sont vraiment

utiles.

Néanmoins, si vous souhaitez optimiser votre potentiel et atteindre de

hauts niveaux de performance, vous devez adopter une approche plus

nuancée. Vous ne pouvez pas répéter les mêmes choses et vous attendre à

devenir exceptionnel(le). Les habitudes sont nécessaires, mais pas

suffisantes pour la maîtrise. Vous avez besoin d’appliquer une combinaison

d’habitudes automatiques et d’exercices volontaires.

Habitudes + Exercices volontaires = Maîtrise

Pour devenir excellent dans un domaine, certaines compétences doivent

devenir automatiques. Les basketteurs doivent être capables de dribbler

sans réfléchir avant de pouvoir maîtriser les layups avec leur main non

dominante. Les chirurgiens doivent répéter la première incision tellement de

fois qu’ils pourraient le faire les yeux fermés, ils peuvent ainsi se concentrer

sur les centaines de paramètres qui sont susceptibles d’intervenir pendant

une opération de chirurgie. Mais une fois que vous maîtrisez une habitude,

vous devez revenir à la partie laborieuse du processus et commencer à

construire l’habitude suivante.

FIGURE 16 : Le processus de la maîtrise exige que vous superposiez progressivement les améliorations les unes sur les autres, chaque habitude s’appuyant sur la dernière, jusqu’à atteindre un nouveau niveau de performance et à intérioriser un plus grand éventail de compétences.

 

La maîtrise consiste à réduire votre objectif à un élément infime du succès,

à le répéter jusqu’à ce que vous l’ayez intériorisé, puis à utiliser cette

nouvelle habitude comme base pour avancer vers la prochaine limite de

votre évolution. Les tâches anciennes deviennent plus faciles à mesure qu’on les répète. Mais ça ne veut pas dire que tout est plus facile, vous

devez ensuite consacrer votre énergie au défi suivant. Chaque habitude

ouvre la voie au niveau suivant de performance. C’est un cycle sans fin.

Bien que les habitudes soient efficaces, vous avez besoin d’un moyen de

rester conscient(e) de votre performance au fil du temps, de sorte que vous

puissiez continuer à vous améliorer. C’est précisément au moment où vous

commencez à sentir que vous maîtrisez une compétence, juste au moment

où les choses commencent à sembler automatiques et que vous êtes de plus

en plus à l’aise, que vous devez éviter de tomber dans le piège du laisser-

aller.

La solution ? Mettez en place un système de réflexion et d’évaluation.

 

Comment évaluer vos habitudes et faire

 

des ajustements

 

En 1986, les Lakers de Los Angeles étaient l’une des équipes de basket-ball

les plus talentueuses jamais constituées, mais on se souvient rarement d’elle

sur ce point. L’équipe démarra la saison NBA 1985-1986 avec un score

record époustouflant de 29 à 5. Après cette saison et selon les dires de

l’entraîneur principal, Pat Riley : « Les experts disaient que nous pourrions

être la meilleure équipe de l’histoire du basket. » Étonnamment, les Lakers

ont perdu pendant les séries éliminatoires de 1986 et ont connu une fin de

saison désastreuse pendant les finales de la Western Conference. La soi-

disant « meilleure équipe de l’histoire du basket-ball » n’a même pas joué

pour le championnat de la NBA.

Après ce coup dur, Riley était fatigué d’entendre parler du talent de ses

joueurs et des promesses de son équipe. Il ne voulait pas voir des éclairs de

génie suivis d’une baisse progressive des performances. Il voulait que les

Lakers exploitent leur potentiel constamment. Pendant l’été 1986, il mit en

place un programme qu’il appela le Career Best Effort ou CBE.

« Quand un joueur intègre l’équipe des Lakers pour la première fois,

explique Riley, nous suivons ses statistiques de basket jusqu’au lycée.

J’appelle ça “noter ses résultats”. Nous cherchons un critère d’évaluation

précis de ce qu’un joueur peut faire, puis nous l’intégrons dans notre

programme pour l’équipe en nous basant sur le fait qu’il maintiendra et

améliorera ensuite ses moyennes. »

Après avoir déterminé le niveau de performance de base d’un joueur,

Riley ajouta une étape clé. Il demanda à chaque joueur d’améliorer sa

performance d’au moins 1 % au cours de la saison. S’ils réussissaient, ils

avaient alors appliqué un CBE ou Career Best Effort (meilleur effort de

carrière). Comme l’équipe de cyclisme britannique dont nous avons parlé

au chapitre 1, les Lakers cherchèrent à obtenir des performances optimales

en s’améliorant chaque jour un peu plus.

Riley prit soin de préciser que le CBE ne concernait pas uniquement des

points ou des statistiques, mais aussi que chaque joueur « donne tout

spirituellement, mentalement et physiquement ». Les joueurs gagnaient des

points quand ils « laissaient un adversaire courir vers eux en sachant qu’il

ferait une faute, en cherchant des balles perdues, en cherchant les rebonds,

qu’ils récupèrent le ballon ou non, en aidant un coéquipier lorsque le joueur

qu’il marque l’a semé et en accomplissant d’autres actes de “héros de

l’ombre” ».

Par exemple, disons que Magic Johnson, le joueur vedette des Lakers de

l’époque, totalise 11 points, 8 rebonds, 12 passes décisives, 2 interceptions

et 5 turnovers dans une partie. Magic gagne également des points de mérite

avec un acte de « héros de l’ombre » en plongeant sur un ballon perdu (+ 1).

Enfin, il joue un total de 33 minutes dans ce match imaginaire.

Les chiffres positifs (11 + 8 + 12 + 2 + 1) donnent un total de 34. Ensuite,

nous soustrayons les 5 turnovers (34 – 5) pour obtenir 29. Enfin, nous

divisons 29 par 33 minutes jouées.

29 / 33 = 0,879

Le chiffre CBE de Magic serait ici de 879. Ce chiffre était calculé pour

l’ensemble des matchs d’un joueur. Il s’agissait du CBE moyen qu’un

joueur avait été encouragé à améliorer de 1 % au cours de la saison. Riley

comparait le CBE du moment de chaque joueur à ses performances passées,

mais également à celles d’autres joueurs de la ligue. Comme Riley le disait,

« nous classons les membres de l’équipe en les comparant aux adversaires

de la ligue qui jouent à un poste ayant des caractéristiques similaires ».

La journaliste sportive Jackie MacMullan avait même noté que « chaque

semaine, Riley mettait les meilleurs joueurs de la ligue en caractères gras

sur le tableau noir et les comparait avec les joueurs correspondants sur sa

propre liste. Les joueurs sérieux et fiables obtenaient généralement un score

supérieur à 600 points, tandis que les joueurs excellents obtenaient plus de 800 points. Magic Johnson, qui a fait 138 triples-doubles au cours de sa

carrière, a souvent gagné plus de 1 000 points ».

Les Lakers misaient également sur les progrès réalisés d’une année sur

l’autre, en faisant des comparaisons historiques des données de CBE. Riley

avait déclaré ceci : « Nous avons comparé le mois de novembre 1986 au

mois de novembre 1985, et avons montré aux joueurs si leurs performances

étaient meilleures ou moins bonnes au même moment la saison dernière.

Nous leur avons ensuite montré leurs performances de décembre 1986

comparativement à celles du mois de novembre. »

Les Lakers commencèrent à utiliser le système du CBE en octobre 1986.

Huit mois plus tard, ils étaient champions de la NBA. L’année suivante, Pat

Riley permit à son équipe de remporter un nouveau titre puisque les Lakers

sont devenus la première équipe en vingt ans à remporter deux

championnats consécutifs de la NBA. Il déclara par la suite que « maintenir

un effort est la chose la plus importante pour toute entreprise. Pour réussir,

il faut apprendre à bien faire les choses, puis les faire de la même manière à

chaque fois ».

Le programme CBE est un excellent exemple du pouvoir de la réflexion et

de l’évaluation. Les Lakers étaient déjà talentueux, mais le CBE les aida à

tirer le meilleur parti de leurs compétences et à faire en sorte que leurs

habitudes s’améliorent au lieu de s’estomper.

La réflexion et l’évaluation permettent d’améliorer à long terme toutes les

habitudes, car elles vous permettent de prendre conscience de vos erreurs et

vous aident à envisager des pistes d’amélioration. Sans réflexion, nous

pouvons toujours trouver de bonnes excuses et nous mentir à nous-mêmes.

Nous ne disposons d’aucun processus permettant de déterminer si nos

performances sont meilleures ou moins bonnes qu’hier.

Les personnes les plus performantes, quel que soit leur domaine de

prédilection, appliquent des processus simples de réflexion et d’évaluation.

Le coureur kenyan Eliud Kipchoge est l’un des plus grands marathoniens de

tous les temps et un médaillé d’or olympique. Il prend toujours des notes

après chaque pratique en passant en revue ses entraînements de la journée et

cherche des éléments pouvant être améliorés. De même, la nageuse

médaillée d’or Katie Ledecky tient un journal de son état général sur une

échelle de 1 à 10 et y insère des notes sur sa nutrition et son sommeil. Elle

consigne également les temps des autres nageurs. À la fin de chaque semaine, son entraîneur passe en revue ses notes et ajoute ses propres

réflexions.

Cela ne s’applique pas qu’aux athlètes. Quand le comédien Chris Rock

prépare un nouveau spectacle, il se produit des dizaines de fois dans de

petites discothèques et teste des centaines de blagues. Il apporte un bloc-

notes sur scène et note les passages qui passent bien et ceux qu’il doit

modifier. Les quelques phrases accrocheuses qu’il conserve constitueront la

structure de base de son nouveau spectacle.

Je connais des dirigeants et des investisseurs qui tiennent un « journal de

décisions » dans lequel ils notent les principales décisions qu’ils prennent

chaque semaine, la raison pour laquelle ils les ont prises et ce qu’ils

attendent du résultat. Ils évaluent leurs choix à la fin de chaque mois ou de

chaque année pour voir s’ils ont eu raison et où ils ont fait fausse route 31 .

L’amélioration ne consiste pas seulement à apprendre des habitudes, il faut

également les peaufiner. La réflexion et l’évaluation vous permettent de

consacrer votre temps aux choses utiles et d’apporter des corrections en

cours de route, chaque fois que cela est nécessaire, comme Pat Riley qui

ajuste l’effort de ses joueurs chaque soir. Si une habitude devient inefficace,

on a tendance à vouloir l’abandonner.

J’utilise deux modes principaux de réflexion et d’évaluation. Chaque mois

de décembre, je réalise un bilan annuel dans lequel je pose des réflexions

sur l’année qui vient de s’écouler. Je note mes habitudes de l’année en

comptant le nombre d’articles que j’ai publiés, le nombre de séances

d’entraînement que j’ai effectuées, le nombre de nouveaux lieux visités, etc.

32 . Puis, je réfléchis à ma progression (ou absence de progression) en

répondant à trois questions :

1. Que s’est-il bien passé cette année ?

2. Qu’est-ce qui n’a pas si bien fonctionné cette année ?

3. Qu’ai-je appris ?

 

Six mois plus tard, lorsque l’été arrive, je rédige un « rapport d’intégrité ».

Comme tout le monde, je fais beaucoup d’erreurs. Mon rapport d’intégrité

m’aide à comprendre les erreurs que j’ai commises et me motive à revenir

vers le cap que je me suis fixé. Je l’utilise comme un outil qui m’aide à

revoir mes valeurs fondamentales et à déterminer si j’ai mis en application

ces valeurs. C’est à ce moment-là que je réfléchis à mon identité et à la manière dont je peux travailler pour devenir le type de personne que je

souhaite devenir 33 .

Mon rapport d’intégrité annuel répond à trois questions :

1. Quelles sont les valeurs fondamentales qui animent ma vie personnelle

et mon travail ?

2. Comment j’applique la valeur d’intégrité à ma vie personnelle et à mon

travail en ce moment ?

3. Comment puis-je m’améliorer à l’avenir ?

Ces deux rapports ne prennent pas beaucoup de temps, juste quelques

heures par an, mais ce sont des moments essentiels d’amélioration et de

mise au point. Ils permettent d’éviter le laisser-aller quand je ne prête pas

attention à ce que je fais. Ils me rappellent chaque année de revenir sur

l’identité souhaitée et me permettent de réfléchir à la manière dont mes

habitudes m’aident à devenir le type de personne auquel j’aspire. Ils

indiquent à quel moment je devrais améliorer mes habitudes et relever de

nouveaux défis, à quel moment je devrais faire marche arrière et me

concentrer sur les fondamentaux.

La réflexion peut également apporter une certaine perspective. Les

habitudes quotidiennes sont efficaces de par leur conception, mais

s’inquiéter de chaque choix que l’on fait quotidiennement revient à nous

regarder dans le miroir de trop près. Vous finissez par détecter chaque

imperfection et ignorer votre image globale. À l’inverse, ne jamais revoir

ses habitudes, c’est comme ne jamais se regarder dans le miroir. Vous ne

connaissez pas les imperfections faciles à effacer : une tache sur votre

chemise, un peu de nourriture dans les dents. Une réflexion et une

évaluation régulières, c’est comme vous regarder dans le miroir, mais à une

distance suffisante. Vous pouvez voir les changements importants que vous

devriez apporter sans perdre de vue votre image globale. Dans la nature,

cela revient à voir toute la chaîne de montagnes, sans être obsédé par

chaque sommet et chaque vallée.

Finalement, le processus de réflexion et d’évaluation est le moment idéal

pour revenir sur l’un des aspects les plus importants du changement de

comportement : l’identité.

 

Comment en finir avec les croyances

 

qui vous bloquent Au début, il est essentiel de répéter une habitude pour définir l’identité que

vous souhaitez adopter. Mais si vous adoptez cette nouvelle identité, vos

croyances peuvent vous empêcher de passer au niveau supérieur de

développement. Si vous travaillez contre vos intérêts, votre identité crée

une sorte de « fierté » qui vous encourage à nier vos points faibles et vous

empêche de grandir véritablement. C’est l’un des plus grands inconvénients

du processus de construction des habitudes.

Plus une idée nous paraît sacrée, c’est-à-dire qu’elle est plus étroitement

liée à notre identité, plus nous la défendons avec force contre la critique. On

le constate dans tous les secteurs. L’instituteur qui ignore les méthodes

d’enseignement novatrices et s’en tient à ses méthodes d’enseignement

éprouvées. Le responsable expérimenté qui fait les choses « à sa manière ».

Le chirurgien qui rejette les idées de ses plus jeunes collègues. Le groupe

qui produit un premier album exceptionnel, puis reste bloqué sur le même

style. Plus nous nous attachons à une identité, plus il devient difficile de

s’en détacher et d’évoluer.

Une solution consiste à éviter de faire de chaque aspect de votre identité

une partie importante de votre personnalité. Selon les mots de l’investisseur

Paul Graham, « limitez la taille et donc l’influence de votre identité ». Plus

vous laissez une conviction vous définir, moins vous êtes capable de vous

adapter lorsque la vie vous place devant une difficulté. Si vous faites tout

pour devenir dirigeant ou associé d’une entreprise, ou pour être le premier

dans un quelconque domaine, et si vous perdez ce statut par la suite, cela

risque de vous détruire. Si vous êtes végan et développez un problème de

santé qui vous oblige à modifier votre régime alimentaire, vous aurez une

crise d’identité à gérer. Quand on s’accroche trop à une identité, on devient

fragile. Si l’on perd cette chose, on se perd soi-même.

Pendant presque toute ma jeunesse, être un athlète était un élément

important de mon identité. Quand j’ai arrêté le base-ball, j’ai eu du mal à

me retrouver. Quand vous passez toute votre vie à vous définir par rapport à

un élément qui disparaît, vous n’avez plus rien qui vous permette de vous

identifier…

Les anciens combattants et les anciens entrepreneurs ressentent ce vide. Si

votre identité est totalement dépendante d’une conviction du type « Je suis

un grand soldat », que se passe-t-il lorsque votre carrière dans l’armée

prend fin ? De même, pour de nombreux entrepreneurs, leur identité

s’apparente à « Je suis le P-DG » ou « Je suis le fondateur ». Si vous avez passé chaque jour de votre vie à travailler pour votre entreprise, que

ressentirez-vous après sa vente ?

Pour soulager ces « pertes d’identité », essayez de vous redéfinir en

conservant les aspects importants de votre identité même si votre rôle

change.

 

« Je suis un athlète » se transforme en « Je suis une personne qui a

une force mentale importante et qui aime les efforts physiques ».

« Je suis un grand soldat » se transforme en « Je suis une personne

disciplinée, fiable et un excellent élément dans une équipe ».

« Je suis le P-DG » se transforme en « Je suis une personne qui bâtit

et crée des choses ».

 

Lorsqu’elle est choisie judicieusement, une identité peut être flexible

plutôt que fragile. Comme l’eau contourne un obstacle, votre identité

fonctionne en s’adaptant à l’environnement changeant plutôt qu’en luttant

contre lui.

 

La citation suivante du Tao te King résume parfaitement les idées que nous

venons d’aborder :

Quand l’homme vient au monde, il est tendre et souple ;

quand il meurt, il est raide et dur.

Quand les arbres et les plantes naissent, ils sont souples et flexibles ;

quand ils meurent, ils sont secs et cassants.

Solidité et rigidité

sont les compagnes de la mort.

Souplesse et fluidité

sont les compagnes de la vie.

Ce qui est raide et dur rompt.

Ce qui est tendre et souple triomphe.

— Lao Tseu

Les habitudes offrent de nombreux avantages, mais l’inconvénient, c’est

qu’elles peuvent nous enfermer dans nos anciens schémas de réflexion et

d’action, même lorsque le monde évolue autour de nous. Tout est éphémère.

La vie change constamment, vous devez donc vérifier régu lièrement si vos

anciennes habitudes et croyances vous sont encore utiles.

Le manque de conscience de soi est un poison. Le processus de réflexion

et d’évaluation en est l’antidote.

 

L’avantage des habitudes, c’est qu’elles nous permettent de faire les

choses sans réfléchir. L’inconvénient, c’est que nous cessons de prêter

attention aux petites erreurs.

Habitudes + Exercices volontaires = Maîtrise.

Le processus de réflexion et d’évaluation vous permet de rester

conscient(e) de votre performance au fil du temps.

Plus nous nous attachons à une identité, plus il est difficile de s’en

détacher.

 

31 J’ai créé un modèle pour les lecteurs qui souhaitent tenir un journal de décisions. Vous le trouverez avec le journal des habitudes, sur la page atomichabits.com/journal.

32 Vous pouvez consulter mes anciens bilans annuels sur la page jamesclear.com/annual-review.

33 Vous pouvez consulter mes anciens rapports d’intégrité sur la page jamesclear.com/integrity.

 

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