Un rien peut tout changer (French Edition)

James Clear · Chapitre 19 sur 25

Pages du PDF

Un rien peut tout changer (French Edition)

Tactiques élaborées

 

Comment passer du statut de «

 

simplement bon » à « vraiment très bon »

 

OceanofPDF.com

18

 

La vérité sur le talent (inné ou acquis ?)

 

Tout le monde ou presque connaît Michael Phelps, l’un des plus grands

athlètes de tous les temps. Phelps a remporté plus de médailles olympiques

que n’importe quel nageur, mais aussi plus que n’importe quel athlète

olympique, tous sports confondus.

Peu de gens connaissent Hicham El Guerrouj, pourtant ce fut un athlète

fantastique. El Guerrouj est un coureur marocain qui remporta deux

médailles d’or olympiques et qui est l’un des plus grands coureurs de demi-

fond de tous les temps. Durant de nombreuses années, il a détenu le record

du monde du mile ainsi que du 1 500 mètres et du 2 000 mètres. En 2004,

aux jeux Olympiques d’Athènes, il remporta la médaille d’or du 1

500 mètres et du 5 000 mètres.

Ces deux athlètes sont extrêmement différents à bien des égards. L’un

concourait sur terre et l’autre dans l’eau. Mais surtout, leurs tailles sont très

différentes. El Guerrouj mesure 1,76 mètre, alors que Phelps mesure

1,94 mètre. Malgré cet écart de taille, les deux hommes ont un point

commun : ils ont la même longueur de jambes.

Comment est-ce possible ? Phelps a des jambes relativement courtes pour

sa taille et un très long torse, la morphologie idéale pour la natation. El

Guerrouj a des jambes incroyablement longues et un torse court, la

morphologie idéale pour la course à pied.

Maintenant, imaginez que ces athlètes de classe mondiale doivent changer

de sport. Compte tenu de sa forme remarquable, Michael Phelps pourrait-il

devenir un coureur de distance olympique avec suffisamment

d’entraînement ? C’est peu probable. Au meilleur de sa forme physique,

Phelps pesait 87 kilos, soit 40 % de plus que El Guerrouj, qui courait avec

un poids ultraléger de 62 kilos. Les coureurs les plus grands sont des

coureurs plus lourds, et chaque kilo supplémentaire est une charge

supplémentaire lorsqu’on est coureur de fond. Phelps partirait vaincu dès le

début.

De même, El Guerrouj peut être l’un des meilleurs coureurs de l’histoire,

il est peu probable qu’il se qualifie un jour pour les jeux Olympiques en tant

que nageur. Depuis 1976, les médaillés d’or olympiques du 1 500 mètres masculin mesurent en moyenne 1,77 mètre. En comparaison, la taille

moyenne des médaillés d’or olympiques au 100 mètres libre masculin est de

1,93 mètre. Les nageurs ont tendance à être grands et à avoir un dos et des

bras longs, ce qui est idéal pour évoluer dans l’eau. El Guerrouj serait très

dés avantagé avant même de plonger dans la piscine.

Le secret pour optimiser vos chances de réussite est de choisir le bon

domaine de compétition. Cela s’applique aussi bien au sport qu’aux

affaires. Les habitudes sont plus faciles à exécuter et plus satisfaisantes si

elles sont dans la lignée de vos dispositions et capacités naturelles. Comme

Michael Phelps dans la piscine ou Hicham El Guerrouj sur la piste,

choisissez une discipline dans laquelle vous excellez.

Pour adopter cette stratégie, il faut accepter que chacun naisse avec des

capacités différentes. Certains pensent qu’il n’y a pas matière à discuter sur

le sujet. En apparence, vos gènes semblent être figés et il n’y a aucun intérêt

à parler de choses que vous ne pouvez pas contrôler. De plus, des

expressions comme le déterminisme biologique laissent à penser que

certains individus sont voués au succès et d’autres à l’échec. Mais cette

vision de l’influence des gènes sur le comportement est plutôt limitée.

La force de la génétique est aussi sa faiblesse. Les gènes sont difficilement

modifiables, ce qui signifie qu’ils offrent un avantage considérable dans des

circonstances favorables et un inconvénient considérable dans des

circonstances défavorables. Si vous voulez être un bon dunkeur au basket, il

est très utile de mesurer plus de 2 mètres. Si vous souhaitez pratiquer la

gymnastique, mesurer 2 mètres sera plutôt un frein. Notre environnement

détermine la pertinence de nos gènes et l’utilité de nos talents naturels.

Lorsque notre environnement change, il en va de même pour les qualités

qui déterminent notre réussite.

Cela s’applique non seulement aux caractéristiques physiques, mais aussi

aux qualités mentales. Si vous me demandez de vous parler des habitudes et

du comportement humain, je pourrai vous répondre, car je suis spécialiste

du domaine. En revanche, si vous me demandez conseil sur le tricot, la

propulsion de fusée ou des accords de guitare, n’ayant aucune compétence

dans ces domaines, je ne pourrai pas vous aider. La compétence dépend

essentiellement du contexte.

Les personnes au sommet dans tout domaine compétitif sont non

seulement bien entraînées, mais également bien adaptées à la tâche. Par

conséquent, si vous voulez être vraiment bon(ne), choisissez le domaine dans lequel vous avez des prédispositions. En bref : les gènes ne

déterminent pas votre destin. Ils déterminent vos domaines de compétences.

Comme le note le médecin Gabor Mate : « Les gènes peuvent prédisposer,

mais ils ne sont pas prédéterminés. » Les domaines pour lesquels vous êtes

génétiquement prédisposé(e) à la réussite sont ceux dans lesquels les

habitudes ont plus de chances d’être satisfaisantes. L’essentiel est d’orienter

vos efforts vers des domaines qui vous passionnent et qui correspondent à

vos compétences naturelles, afin de définir vos objectifs en fonction de vos

capacités.

La question évidente est la suivante : « Comment puis-je savoir dans quel

domaine j’ai plus de chances de réussir ? Comment puis-je identifier les

opportunités et les habitudes qui me conviennent ? » Pour trouver des

réponses, commençons par comprendre votre personnalité.

 

Comment votre personnalité influence

 

vos habitudes

 

Vos gènes fonctionnent dans l’ombre de vos habitudes, autrement dit, dans

l’ombre de vos comportements. Il a été démontré que les gènes ont une

influence sur tout, du nombre d’heures que vous passez à regarder la

télévision à votre probabilité de vous marier ou de divorcer, en passant par

votre tendance à devenir dépendant(e) des drogues, de l’alcool ou de la

cigarette. Ils influencent aussi le degré d’obéissance ou de rébellion face à

l’autorité, le degré de vulnérabilité ou de résistance aux événements

stressants, le degré de proactivité ou de réactivité que vous ressentez, et

même la sensation d’intérêt ou d’ennui que vous ressentez quand vous

assistez à un concert. Comme Robert Plomin, généticien spécialiste du

comportement au King’s College de Londres, me l’a dit : « Nous en

sommes maintenant au point où nous avons arrêté les tests pour voir si les

traits de caractère ont une composante génétique, car nous ne pouvons

littéralement pas en trouver un qui ne soit pas influencé par nos gènes. »

Regroupées, vos caractéristiques génétiques uniques vous prédisposent à

une personnalité particulière. Votre personnalité est l’ensemble des

caractéristiques qui sont constantes d’une situation à l’autre. L’analyse

scientifique des traits de personnalité la plus pertinente est connue sous le

nom de « Big Five » : elle décompose les traits de personnalité en cinq

spectres de comportement.

1. Ouverture à l’expérience : curieux et inventif d’un côté, prudent et

constant de l’autre.

2. Conscience/rigueur : organisé et efficace d’un côté, facile à vivre et

spontané de l’autre.

3. Extraversion : extraverti et énergique d’un côté, solitaire et réservé de

l’autre (vous les connaissez probablement sous les qualificatifs d’extraverti

ou d’introverti).

4. Amabilité : amical et empathique d’un côté, difficile et indifférent de

l’autre.

5. Neuroticisme : anxieux et sensible d’un côté, confiant, calme et stable

de l’autre.

 

Ces cinq caractéristiques ont des bases biologiques. L’extraversion, par

exemple, peut être observée dès la naissance. Si quelqu’un fait du bruit dans

la salle des soins infirmiers, certains bébés se tournent vers cette personne

tandis que d’autres se détournent. Les chercheurs qui suivirent des enfants

tout au long de leur vie découvrirent que les bébés qui se tournaient vers le

bruit étaient plus susceptibles de devenir extravertis. Ceux qui se

détournaient étaient plus susceptibles d’être introvertis.

Les personnes douées d’une grande amabilité sont gentilles, attentionnées

et chaleureuses. Elles ont également tendance à avoir des niveaux

d’ocytocine naturels plus élevés. Cette hormone joue un rôle important dans

l’établissement de liens sociaux, augmente le sentiment de confiance et peut

agir en tant qu’antidépresseur naturel. Vous pouvez facilement imaginer

qu’une personne ayant un taux d’ocytocine plus élevé pourra adopter des

habitudes telles que la rédaction de notes de remerciement ou l’organisation

d’événements sociaux.

Prenons un troisième exemple : le neuroticisme, qui est un trait de

personnalité que chacun possède à des degrés divers. Les personnes qui ont

une forte névrose ont tendance à être anxieuses et à s’inquiéter plus que les

autres. Ce trait a été associé à l’hypersensibilité de l’amygdale, la partie du

cerveau qui détecte les menaces. En d’autres termes, les personnes plus

sensibles aux signaux négatifs de leur environnement ont plus de chances

de présenter un niveau élevé de neuroticisme.

Nos habitudes ne sont pas uniquement déterminées par nos personnalités,

mais il ne fait aucun doute que nos gènes nous poussent dans une certaine

direction. Nos préférences profondément ancrées rendent certains

comportements plus faciles pour certaines personnes que pour d’autres. Vous n’avez pas à vous excuser pour ces différences ni à vous sentir

coupable, mais vous devez vous en accommoder. Par exemple, une

personne dont le niveau de conscience est moins élevé aura moins tendance

à être ordonnée par nature et devra peut-être compter davantage sur

l’aménagement d’un environnement favorable pour conserver de bonnes

habitudes. (Rappel à nos amis lecteurs les moins consciencieux,

l’aménagement de l’environnement est une stratégie dont nous avons

discuté aux chapitres 6 et 12.)

En conclusion, vous devez créer des habitudes qui correspondent à votre

personnalité 27 . On peut facilement se faire avoir en imaginant qu’en

s’entraînant comme un culturiste, on parviendra à quelque chose… Si le

culturisme ne fait pas partie de vos centres d’intérêt, si vous préférez

l’escalade, le cyclisme ou l’aviron, créez vos habitudes d’exercice en

fonction de vos intérêts. Si un de vos amis suit un régime pauvre en

glucides, mais si vous trouvez que le régime pauvre en matières grasses

fonctionne pour vous, adoptez le régime qui vous convient et il aura ainsi

plus de chances de fonctionner. Dans vos habitudes de lecture, ne soyez pas

gêné(e) si vous préférez les romans torrides à d’autres types d’ouvrages.

Lisez tout ce qui vous fascine 28 . Vous n’avez pas à créer les habitudes que

tout le monde vous dit de créer. Choisissez l’habitude qui vous convient le

mieux, pas celle qui est la plus répandue.

Il existe une version de chaque habitude qui peut vous apporter joie et

satisfaction. Trouvez-la. Les habitudes doivent être agréables pour durer.

C’est l’idée fondamentale de la 4e loi.

Adapter vos habitudes à votre personnalité est un bon début, mais ce n’est

pas la seule chose à faire. Portons maintenant notre attention sur la

recherche et la mise en place de situations dans lesquelles vous bénéficiez

d’un avantage naturel.

 

Comment trouver un domaine où les chances

 

de réussite sont de votre côté

 

Il est essentiel de privilégier un domaine où les chances sont en votre faveur

pour maintenir votre motivation et favoriser votre réussite. En théorie, vous

pouvez apprécier presque tout. En pratique, vous êtes plus susceptible

d’apprécier les choses que vous faites facilement. Les personnes qui ont du talent dans un domaine particulier ont tendance à être plus compétentes

dans cette tâche et sont ensuite félicitées pour leur bon travail. Elles restent

motivées parce qu’elles progressent là où d’autres ont échoué et qu’elles

sont récompensées par un meilleur salaire et de plus grandes opportunités,

ce qui les rend non seulement plus heureuses, mais les incite également à

produire un travail de qualité supérieure. C’est un cycle vertueux.

Choisissez la bonne habitude et vous progresserez facilement. Choisissez

la mauvaise habitude et vous lutterez pour progresser.

Comment choisir la bonne habitude ? La première étape a déjà été abordée

dans la 3e loi : la facilité. Dans la majorité des cas, lorsqu’on choisit la

mauvaise habitude, cela signifie simplement qu’on choisit une habitude trop

difficile. Quand une habitude est facile, vous avez plus de chances de

réussir. Lorsque vous réussissez, vous êtes plus susceptible de vous sentir

satisfait(e). Il faut toutefois tenir compte d’un autre paramètre. À long

terme, si vous continuez à progresser et à vous améliorer, n’importe quel

domaine peut devenir difficile. À un moment donné, vous devez vous

assurer d’avoir choisi le domaine adapté à vos compétences. Comment faire

?

L’approche la plus fréquemment adoptée est la suivante : faire des essais et

commettre des erreurs. Bien entendu, cette stratégie pose un problème : la

vie est courte. Vous n’allez pas passer votre vie à essayer toutes sortes de

professions, à sortir avec tous les célibataires que vous rencontrez ou à

jouer de tous les instruments de musique. Fort heureusement, il existe un

moyen efficace de gérer cette situation : adoptez l’approche de

l’exploration/exploitation.

Au début d’une nouvelle activité, il devrait y avoir une période

d’exploration. Dans les relations, on appelle ça des rencontres. À

l’université, on appelle ça les arts libéraux ou la culture générale. En

affaires, cela s’appelle les tests fractionnés. L’objectif est d’essayer de

nombreuses possibilités, de rechercher un large éventail d’idées et de créer

un vaste réseau d’opportunités.

Après cette période d’exploration initiale, concentrez-vous sur la meilleure

solution que vous avez trouvée, mais continuez à expérimenter à l’occasion.

Trouvez le bon équilibre entre vos réussites et vos échecs. Si vous

réussissez, exploitez, exploitez, exploitez. Si vous échouez, continuez

d’explorer, explorer, explorer.

À long terme, il est probablement plus efficace de travailler sur la stratégie

qui semble produire les meilleurs résultats environ 80 à 90 % du temps et

de continuer à explorer les 10 à 20 % restants. Tout le monde sait que

Google demande aux employés de consacrer 80 % de la semaine de travail

à leur travail officiel et 20 % à des projets de leur choix, ce qui a conduit à

la création de produits phares tels que AdWords et Gmail.

L’approche optimale dépend également du temps dont vous disposez. Si

vous avez beaucoup de temps, par exemple au début de votre carrière, il est

plus logique d’explorer, car, une fois que vous avez fait le bon choix, vous

avez encore suffisamment de temps pour l’exploiter. Si vous êtes pressé(e)

par le temps (disons, au fur et à mesure que vous avancez vers la date limite

d’un projet), vous devez mettre en œuvre la meilleure solution que vous

avez trouvée jusqu’à présent et obtenir des résultats.

Lorsque vous explorez différentes options, posez-vous des questions pour

définir continuellement les habitudes et les domaines les plus satisfaisants

pour vous :

Qu’est-ce qui est un jeu d’enfant pour moi, mais une corvée pour les

autres ? Le fait de savoir si vous êtes fait(e) pour une tâche ne consiste pas à

savoir si vous l’aimez, mais plutôt à savoir si vous pouvez gérer la difficulté

de la tâche plus facilement que la plupart des gens. Quand vous amusez-

vous pendant que d’autres personnes se plaignent ? Toute tâche que vous

faites avec facilité, mais qui est une corvée pour les autres, est LA tâche

pour laquelle vous êtes fait(e).

Qu’est-ce qui me fait perdre la notion du temps ? Le flow est l’état mental

dans lequel vous entrez lorsque vous êtes tellement concentré(e) sur la tâche

à accomplir que le reste du monde disparaît. Ce mélange de bonheur et de

performance maximale est ce que les athlètes et les artistes expérimentent

lorsqu’ils se trouvent « au top ». Il est presque impossible de faire

l’expérience d’un état de flow si l’on ne trouve pas une tâche satisfaisante,

au moins dans une certaine mesure.

Dans quel domaine puis-je obtenir une meilleure performance que la

personne lambda ? Nous nous comparons continuellement à ceux qui nous

entourent et un comportement a plus de chances d’être satisfaisant lorsque

la comparaison nous est favorable. Quand j’ai commencé à écrire sur

jamesclear.com, ma liste de diffusion s’est très vite étoffée. Je ne savais pas

trop pourquoi, mais je savais que les résultats semblaient arriver plus vite pour moi que pour certains de mes collègues, ce qui me motivait à

continuer à écrire.

Qu’est-ce que je fais naturellement ? Oubliez un instant ce que vous avez

appris. Oubliez ce que la société vous dit. Oubliez ce que les autres

attendent de vous. Regardez en vous-même et demandez-vous : « Qu’est-ce

qui est naturel pour moi ? Quand est-ce que je me suis senti(e) en vie ?

Quand est-ce que j’ai eu l’impression d’être moi-même ? » Sans jugement

interne ou volonté de faire plaisir aux autres. Sans sentiment de doute ni

autocritique. Simplement avec un sentiment d’implication et de plaisir.

Chaque fois que vous vous sentez authentique et légitime, vous prenez la

bonne direction.

Pour être honnête, une partie de ce processus repose principalement sur la

chance. Michael Phelps et Hicham El Guerrouj ont eu la chance de naître

avec un ensemble de capacités rares, hautement valorisées par la société, et

d’être placés dans l’environnement idéal pour mettre en application ces

capacités. Nous restons peu de temps sur cette planète et ceux qui marquent

leur passage sont non seulement ceux qui travaillent dur, mais qui ont

également la chance de saisir des opportunités qui les favorisent.

Mais que faire si vous ne voulez pas laisser le hasard et la chance décider

pour vous ?

Si vous ne pouvez pas trouver un domaine où les chances en votre faveur

sont nombreuses, créez-en un. Scott Adams, le dessinateur de Dilbert ,

déclara : « Chacun a au moins quelques domaines dans lesquels il pourrait

faire partie des 25 % les plus performants s’il s’en donne un peu la peine.

Dans mon cas, je dessine mieux que la plupart des gens, mais je ne suis pas

un artiste. Et je ne suis pas plus drôle que l’humoriste lambda qui ne réussit

jamais à se faire connaître, mais je suis plus drôle que la plupart des gens.

L’avantage, c’est que peu de gens savent bien dessiner et écrire des blagues.

C’est la combinaison des deux qui rend ce que je fais si rare. Et quand j’ai

ajouté mon expérience professionnelle préalable à ces deux atouts, j’ai

instantanément eu un sujet que peu de dessinateurs pouvaient espérer

comprendre sans le vivre. »

Quand vous ne pouvez pas réussir en étant meilleur, vous pouvez réussir

en étant différent. En associant vos compétences, vous limitez la

concurrence, ce qui vous permet de vous démarquer. Vous pouvez limiter la

nécessité d’un avantage génétique (ou de plusieurs années de pratique) en

écrivant vos propres règles. Un bon joueur travaille dur pour gagner le jeu auquel tout le monde joue. Un grand joueur crée un nouveau jeu qui met en

avant ses forces et évite ses faiblesses.

À l’université, j’ai créé ma propre majeure, la biomécanique, qui associait

physique, chimie, biologie et anatomie. Je n’étais pas assez intelligent pour

me démarquer parmi les grands noms de la physique ou de la biologie, j’ai

donc créé mon propre domaine de prédilection. Et comme cela me

convenait (je ne suivais que les cours qui m’intéressaient), étudier me

paraissait moins être une corvée. Il m’était également plus facile de ne pas

tomber dans le piège de me comparer à tout le monde. Après tout, personne

ne suivait la même combinaison de cours que moi, alors qui pourrait dire

s’il était meilleur ou moins bon ?

La spécialisation est un moyen efficace de réussir si la génétique vous a

oublié(e). Plus vous maîtrisez une compétence spécifique, plus il est

difficile pour les autres de rivaliser avec vous. De nombreux culturistes sont

plus forts que le compétiteur de bras de fer moyen, mais même un culturiste

massif peut perdre au bras de fer parce que le champion du bras de fer a une

force très spécifique. Même si vous n’êtes pas le plus doué naturellement,

vous pouvez gagner en étant le meilleur d’une catégorie très limitée.

L’eau bouillante ramollit une pomme de terre, mais durcit un œuf. Vous ne

pouvez pas savoir si vous allez réagir comme une pomme de terre ou un

œuf, mais vous pouvez décider de jouer à un jeu où il vaut mieux être dur

ou souple. Si vous pouvez trouver un environnement plus favorable, vous

pouvez transformer une situation où les chances sont contre vous en une

situation où elles sont en votre faveur.

 

Comment tirer le meilleur de vos gènes

 

Nos gènes n’éliminent pas les efforts. Ils les définissent. Ils nous disent sur

quoi porter nos efforts. Une fois que nous avons pris conscience de nos

forces, nous savons à quoi consacrer notre temps et notre énergie. Nous

savons quels types d’opportunités rechercher et quels types d’obstacles

éviter. Mieux nous comprenons notre nature, meilleure sera notre stratégie.

Les différences biologiques comptent. Toutefois, il est plus productif de

chercher à savoir si vous exploitez votre potentiel au maximum que de vous

comparer à quelqu’un d’autre. Le fait que vous ayez une limite naturelle à

une capacité spécifique n’a rien à voir avec le fait que vous atteigniez le

maximum de vos capacités. On est bien souvent bloqué par nos limites alors qu’il suffit de quelques efforts pour les surmonter ou du moins s’en

rapprocher.

Sachez également que pour réussir, les gènes ne suffisent pas. Il faut

déployer une bonne dose d’efforts pour avancer. Oui, il est possible que le

coach au physique impressionnant de la salle de sport ait de meilleurs

gènes, mais si vous ne vous entraînez pas comme lui, il est impossible de

dire si votre génétique est meilleure ou pire. Tant que vous n’aurez pas

travaillé aussi dur que ceux que vous admirez, n’essayez pas d’expliquer

leur succès par la chance.

En résumé, l’un des meilleurs moyens de vous assurer que vos habitudes

vous donnent satisfaction à long terme est de choisir des comportements qui

correspondent à votre personnalité et à vos compétences. Travaillez dur sur

les choses que vous faites facilement.

 

Le secret pour optimiser vos chances de réussite est de choisir le bon

domaine de compétition.

Choisissez la bonne habitude et vous progresserez facilement.

Choisissez la mauvaise habitude et vous progresserez à grand-peine.

Les gènes sont difficilement modifiables, ce qui signifie qu’ils offrent

un avantage considérable dans des circonstances favorables et un

inconvénient considérable dans des circonstances défavorables.

Les habitudes sont plus faciles à suivre quand elles sont dans la lignée

de vos capacités naturelles. Choisissez les habitudes qui vous

conviennent le mieux.

Choisissez un domaine qui met en avant vos points forts. Si vous ne

trouvez pas de domaine qui vous soit favorable, créez-en un.

Nos gènes n’éliminent pas les efforts. Ils les définissent. Ils nous

disent sur quoi porter nos efforts.

 

27 Si vous souhaitez effectuer un test de personnalité, vous trouverez sur cette page des liens vers les tests les plus fiables : atomichabits.com/personality.

28 Si vous lisez et relisez tous les tomes de Harry Potter , comme je vous comprends !

 

OceanofPDF.com