Un rien peut tout changer (French Edition)

James Clear · Chapitre 3 sur 25

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Un rien peut tout changer (French Edition)

Chapitre 2

 

Comment vos habitudes façonnent votre

 

identité (et inversement)

 

Pourquoi est-il si facile de répéter de mauvaises habitudes et si difficile d’en

créer de bonnes ? Peu de choses peuvent avoir un impact plus puissant sur

votre vie que l’amélioration de vos habitudes quotidiennes. Et pourtant, il

est probable que vous répétiez les mêmes rituels et refassiez la même chose

l’année prochaine, au lieu de vous améliorer.

Il est souvent difficile de conserver de bonnes habitudes pendant plusieurs

jours, même en déployant des efforts sincères et en ayant des regains de

motivation. Les habitudes, telles que l’exercice physique, la méditation, la

tenue d’un journal ou la cuisine, paraissent raisonnables pendant un jour ou

deux, puis elles tournent vite à la corvée.

Mais, une fois bien établies, les habitudes sont tenaces, surtout les

mauvaises. Malgré nos bonnes intentions, les habitudes qui sont mauvaises

pour la santé, comme grignoter entre les repas, passer trop de temps devant

la télévision, procrastiner ou fumer, ont la vie dure.

Il est si difficile de s’en débarrasser pour deux raisons : (1) nous essayons

de changer la mauvaise chose et (2) nous essayons de changer nos

habitudes de la mauvaise façon. Dans ce chapitre, je vais aborder le premier

point. Dans les chapitres suivants, je répondrai au second.

La première erreur que nous commettons est d’essayer de changer la

mauvaise chose. Considérons qu’il existe trois niveaux de changement

comparables aux différentes couches d’un mille-feuille.

 

Les trois étapes du changement de comportement

 

La première couche influe sur vos résultats : perdre du poids, publier un

livre, gagner un championnat. La plupart des objectifs que vous définissez

sont associés à ce niveau.

La deuxième strate influe sur le processus par un changement de vos

habitudes et de vos moyens : instaurer une pratique hebdomadaire de sport, ranger votre bureau pour mieux travailler, pratiquer la méditation. La

plupart des habitudes que vous développez sont associées à ce niveau.

 

FIGURE 3 : Le changement de comportement se décompose en trois étapes : un changement dans vos résultats, un changement dans vos procédés et un changement dans votre identité.

 

La troisième étape, la plus importante, modifie votre identité. Ce niveau

concerne le changement de vos croyances : votre vision du monde, l’image

que vous avez de vous-même, vos jugements sur vous-même et sur les

autres. La plupart des croyances, suppositions et préjugés que vous

entretenez sont associés à ce niveau.

Les résultats se rapportent à ce que vous obtenez. Les processus se

rapportent à vos actions. Votre identité est une illustration de vos croyances.

Pour ce qui est de créer des habitudes durables (par exemple un système

d’améliorations de 1 %), le problème n’est pas qu’un niveau soit « meilleur

» ou « pire » qu’un autre. Tous les niveaux de changement sont utiles à leur

manière. Le problème est lié au sens du changement.

Beaucoup de gens entament le processus de changement d’habitudes en se

concentrant sur ce qu’ils veulent réaliser. Cela les conduit à prendre des

habitudes basées sur des résultats. L’alternative à cette approche consiste à

créer des habitudes identitaires. Ainsi, nous commençons par nous

concentrer sur ce que nous souhaitons devenir.

FIGURE 4 : Avec les habitudes axées sur les résultats, l’accent est mis sur ce que vous voulez réaliser. Avec des habitudes identitaires, l’accent est mis sur ce que vous souhaitez devenir.

 

 

Imaginez deux personnes qui résistent à l’envie de fumer. Lorsqu’on leur

propose une cigarette, la première personne dit : « Non merci. J’essaie

d’arrêter de fumer. » Cela semble être une réponse raisonnable, mais cette

personne croit toujours être un fumeur qui tente de s’arrêter. Elle espère que

son comportement changera même si elle conserve les mêmes croyances.

La deuxième personne refuse en disant : « Non merci. Je ne fume pas. »

C’est légèrement différent, mais cette déclaration indique un changement

d’identité propre. Fumer faisait partie de sa vie passée, pas de sa vie

actuelle. Elle ne s’identifie plus à un fumeur.

La plupart d’entre nous n’imaginent pas qu’un changement d’identité

puisse nous aider à nous améliorer. Nous adoptons un raisonnement simple

: « Je veux devenir mince (résultat) ; si je suis correctement ce régime, je

vais maigrir (processus). » Nous fixons des objectifs et déterminons des

mesures à prendre pour atteindre ces objectifs sans tenir compte de la

confiance que nous plaçons dans nos actions. Nous ne changeons pas

d’optique, mais nous ne réalisons pas que notre ancienne identité peut

totalement saboter nos plans.

Derrière chaque système d’actions se cache un système de croyances. Un

système démocratique est fondé sur des croyances telles que la liberté, le

régime de la majorité et l’égalité sociale. Un système dictatorial repose sur

un ensemble de croyances très différent, comme l’autorité absolue et

l’obéissance stricte. Vous pouvez imaginer de nombreuses façons d’inciter

plus de gens à voter dans une démocratie, mais un tel changement de

comportement ne se concrétiserait jamais dans une dictature. Le vote est un

compor tement impossible dans certains systèmes de croyances.

Il en va de même pour les individus, les organisations ou les sociétés. Il

existe des ensembles de croyances et d’hypothèses qui façonnent le

système, tout comme il y a une identité derrière les habitudes.

Un comportement qui ne vous correspond pas ne durera pas. Vous

aimeriez avoir plus d’argent, mais si votre identité propre vous pousse à

consommer plutôt qu’à créer, vous continuerez de dépenser au lieu de

gagner votre vie. Vous souhaiteriez être en meilleure santé, mais si vous

continuez à privilégier le confort à la réussite, vous serez plus volontiers

dans votre canapé qu’à la salle de sport. Il est difficile de changer vos

habitudes si vous ne changez jamais les croyances sous-jacentes qui ont

conduit à votre comportement passé. Vous avez fixé un nouvel objectif et

défini un nouveau plan, mais vous n’avez pas changé qui vous êtes.

L’histoire de Brian Clark, un entrepreneur de Boulder, dans le Colorado,

en est un parfait exemple. « Aussi loin que je me souvienne, je me suis

toujours rongé les ongles, raconte Brian. Au début, c’était nerveux, quand

j’étais jeune, puis c’est devenu une habitude. Un jour, j’ai décidé d’arrêter

de me ronger les ongles pour qu’ils poussent un peu. Par la seule volonté

consciente, j’y suis parvenu. »

Ensuite, Brian a fait quelque chose d’étonnant.

« J’ai demandé à ma femme de me prendre un rendez-vous pour ma toute

première manucure, m’a-t-il dit. Je pensais que si je commençais à payer pour entretenir mes ongles, je ne les rongerais plus. Et cela a fonctionné,

mais pas pour des raisons pécuniaires. La manucure a rendu mes doigts

vraiment beaux pour la première fois. Elle a même ajouté que, mis à part le

fait qu’ils avaient été rongés, j’avais de beaux ongles en très bonne santé.

Tout à coup, j’étais fier de mes ongles. À vrai dire, je n’imaginais pas du

tout pouvoir être fier de mes ongles un jour… Cette expérience a changé ma

vie. Je ne me suis plus jamais rongé les ongles depuis lors, je n’y pense

même plus. Je suis simplement fier d’en prendre soin correctement. »

La forme absolue de motivation intérieure est le moment où une habitude

devient une partie de votre identité. C’est une chose de Vouloir être un type

de personne, c’en est une autre d’Être ce type de personne.

Plus vous êtes fier d’un aspect particulier de votre identité, plus vous serez

motivé pour conserver les habitudes qui y sont associées. Si vous êtes fier

de vos cheveux, vous adopterez toutes sortes d’habitudes pour en prendre

soin et les entretenir. Si vous êtes fier de la taille de votre biceps, vous ne

raterez jamais une séance de musculation. Si vous êtes fier des écharpes que

vous tricotez, vous passerez des heures à tricoter chaque semaine. Lorsque

votre fierté est impliquée, vous vous battez corps et âme pour entretenir vos

habitudes.

Le véritable changement de comportement repose sur le changement

d’identité. Vous pouvez prendre une habitude parce que vous êtes

motivé(e), mais vous y resterez fidèle uniquement si elle fait partie de votre

identité. N’importe qui peut se convaincre d’aller à la salle de sport ou de

manger sainement, mais si vous n’y croyez pas, vous aurez des difficultés à

appliquer ces changements à long terme. Les améliorations restent

temporaires tant qu’elles ne font pas partie de votre identité.

 

L’objectif n’est pas de lire un livre, mais de devenir lecteur.

L’objectif n’est pas de courir un marathon, mais de devenir coureur.

L’objectif n’est pas d’apprendre à jouer d’un instrument, mais de

devenir musicien.

 

Vos comportements sont généralement le reflet de votre identité. Ce que

vous faites est une indication du type de personne que vous croyez être

consciemment ou non 3 . Des recherches ont révélé qu’une personne qui

croit en un aspect particulier de son identité est plus susceptible d’adopter

un comportement conforme à cette conviction. Par exemple, les personnes qui s’identifient comme des « électeurs » sont plus susceptibles de voter

que celles qui affirment simplement que « voter » est une action qu’elles

souhaitent accomplir. De même, la personne qui intègre le sport à son

identité propre n’a pas besoin de se convaincre de s’entraîner. Il est facile

de bien se comporter. Après tout, lorsque votre comportement et votre

identité sont en parfaite symbiose, vous ne cherchez plus à changer de

comportement. Vous agissez simplement comme le type de personne que

vous croyez déjà être.

Comme tous les aspects applicables à la formation des habitudes, il s’agit

également d’une arme à double tranchant. Quand vous agissez dans votre

intérêt, le changement d’identité peut être un puissant moteur

d’amélioration. À l’inverse, quand vous agissez contre vos intérêts, le

changement d’identité peut être une malédiction. Une fois que vous avez

adopté une identité, vous pouvez facilement laisser votre allégeance envers

elle influer sur votre capacité à changer. Beaucoup d’entre nous traversent

la vie dans un sommeil cognitif, en suivant aveuglément les normes liées à

leur identité.

 

« J’ai un mal fou à me repérer. »

« Je ne suis pas du matin. »

« J’oublie toujours le nom des gens. »

« Je suis toujours en retard. »

« J’ai du mal avec la technologie. »

« Je suis nul(le) en maths. »

 

… et mille autres variantes…

Lorsque vous vous répétez ces phrases pendant des années, il est facile de

tomber dans des clichés et de les accepter comme des faits. Au fil du temps,

vous commencez à résister à certaines actions, car « ça ne correspond pas à

qui je suis ». Une pression interne vous conditionne pour maintenir votre

image de soi et pour adopter un comportement conforme à vos convictions.

Vous trouvez tous les moyens possibles et imaginables pour éviter de vous

contredire.

Plus une pensée ou une action est étroitement liée à votre identité, plus il

est difficile de la changer. Il peut être pratique de croire ce que votre culture

croit (identité de groupe) ou de faire ce qui préserve votre image de soi

(identité personnelle), même si c’est faux. Le principal obstacle au changement positif à tous les niveaux (individu, équipe, société) est le

conflit d’identité. Prendre de bonnes habitudes peut sembler tout à fait

rationnel ; mais si elles entrent en conflit avec votre identité, vous ne

pourrez pas les mettre en action.

Vous pouvez avoir des difficultés à mettre en application vos habitudes au

quotidien parce que vous êtes trop occupé, trop fatigué, trop débordé ou

pour des centaines d’autres raisons. Néanmoins, sur le long terme, la vraie

raison pour laquelle vous ne respectez pas vos habitudes, c’est que l’image

que vous avez de vous-même vous gêne. Vous ne devez donc pas trop vous

attacher à une unique version de votre identité. Le progrès nécessite le

désapprentissage. Pour devenir la meilleure version de vous-même, vous

devez modifier en permanence vos convictions et améliorer et développer

votre identité.

Cela nous amène à une question importante : ces croyances et cette vision

du monde qui jouent un rôle si important dans votre comportement, d’où

proviennent-elles ? Comment votre identité s’est-elle façonnée ? Et

comment mettre en avant de nouveaux aspects de votre identité qui vous

servent et supplantent progressivement les éléments qui vous gênent ?

 

Le processus en deux étapes pour changer votre

 

identité

 

Votre identité émerge de vos habitudes. Les croyances ne sont pas innées.

Toutes les croyances, y compris celles qui vous concernent, sont acquises et

conditionnées par votre expérience 4 .

Plus précisément, vos habitudes sont la manière dont vous personnifiez

votre identité. Chaque jour, en faisant votre lit, vous incarnez l’identité

d’une personne organisée. Chaque jour, quand vous écrivez, vous incarnez

l’identité d’une personne créative. En vous entraînant chaque jour, vous

incarnez l’identité d’une personne sportive.

Plus vous répétez un comportement, plus vous renforcez l’identité

associée à ce comportement. En fait, le mot identité est dérivé des mots

latins essentitas , qui signifie « être », et identidem , qui signifie « plusieurs

fois ». Votre identité est littéralement votre « être répété ».

Quelle que soit votre identité actuelle, vous n’y croyez que parce que vous

en avez la preuve. En allant à l’église tous les dimanches pendant vingt ans,

vous avez la preuve que vous pratiquez votre religion. En étudiant la biologie pendant une heure tous les soirs, vous avez la preuve que vous êtes

studieux. En allant à la salle de sport même quand il neige, vous avez la

preuve que vous vous engagez à faire de l’exercice. Plus vous avez de

preuves d’une croyance, plus vous y croyez avec conviction.

Au début de ma vie, je ne me considérais pas comme un auteur. Si vous

posiez la question à l’un de mes professeurs de lycée ou d’université, il

vous dirait au mieux que j’étais un rédacteur moyen : c’est loin d’être une

référence. Quand j’ai commencé ma carrière d’auteur, je publiais un article

tous les lundis et jeudis durant les premières années. Plus j’écrivais, plus

mon identité d’auteur grandissait. Je n’ai pas commencé en étant auteur, je

suis devenu auteur par habitude.

Bien entendu, vos habitudes ne sont pas les seules actions qui influent sur

votre identité, mais du fait de leur fréquence, ce sont généralement les

éléments les plus importants dans votre identité. Chaque expérience de la

vie modifie votre image de soi, mais il est peu probable que vous vous

considériez comme un joueur de football parce que vous avez frappé une

balle une fois ou un artiste parce que vous avez griffonné un dessin.

Toutefois, lorsque vous répétez ces actions, les preuves s’accumulent et

votre image de soi commence à changer. L’impact des expériences uniques

tend à s’estomper tandis que l’impact des habitudes se renforce avec le

temps ; cela signifie que vos habitudes apportent l’essentiel des éléments

qui façonnent votre identité. Ainsi, le processus de construction d’habitudes

est en réalité le processus qui permet de devenir soi-même.

C’est une évolution progressive. Nous ne changeons pas en claquant des

doigts et en décidant d’être une personne entièrement nouvelle. Nous

changeons petit à petit, jour après jour, habitude par habitude. Nous

subissons continuellement des micro-évolutions de notre « moi ».

Chaque habitude est comme une suggestion : « Hé, c’est peut-être qui je

suis. » Si vous terminez un livre, vous êtes peut-être le genre de personne

qui aime lire. Si vous allez à la salle de sport, vous êtes peut-être le genre de

personne qui aime faire de l’exercice. Si vous pratiquez la guitare, vous êtes

peut-être le genre de personne qui aime la musique.

Chaque action que vous entreprenez est un pas vers le type de personne

que vous souhaitez devenir. Aucune occasion unique ne peut transformer

vos convictions, mais au fur et à mesure que les expériences s’accumulent,

les preuves de votre nouvelle identité évoluent également. C’est l’une des

raisons pour lesquelles un changement considérable n’est pas systématiquement un changement radical. Chaque petite habitude peut tout

changer et vous apporter une nouvelle identité. C’est le paradoxe de

l’accomplissement de petites améliorations.

En réunissant tous ces éléments, vous verrez que les habitudes sont le

meilleur moyen de changer votre identité : pour changer qui vous êtes, vous

devez changer ce que vous faites.

 

Chaque fois que vous écrivez une page, vous êtes écrivain.

Chaque fois que vous jouez du violon, vous êtes musicien.

Chaque fois que vous commencez une séance d’entraînement, vous

êtes sportif.

Chaque fois que vous encouragez un collaborateur, vous êtes un

leader.

 

Chaque habitude donne non seulement des résultats, mais vous enseigne

également quelque chose de beaucoup plus important : vous faire confiance.

Vous commencez à croire que vous pouvez réellement accomplir ces

choses. Lorsque les occasions s’accumulent et que les résultats commencent

à changer, l’histoire que vous vous racontez commence elle aussi à changer.

Bien sûr, cela fonctionne aussi dans le sens inverse. Chaque fois que vous

choisissez de prendre une mauvaise habitude, vous faites un pas vers

l’identité qui en découle. La bonne nouvelle, c’est que vous n’avez pas

besoin d’être parfait. Dans toute élection, il y aura des votes pour les deux

camps. Vous n’avez pas besoin d’un vote unanime pour gagner une élection

; vous avez juste besoin d’une majorité. Peu importe s’il vous arrive parfois

de voter pour un mauvais comportement ou une habitude improductive.

Votre objectif est simplement de gagner la majorité du temps.

Une nouvelle identité exige de nouvelles habitudes. Si vous continuez

d’appliquer les mêmes habitudes que par le passé, vous obtiendrez les

résultats que vous avez toujours obtenus. Si rien ne change, rien ne

changera.

C’est un processus simple en deux étapes :

1. Décidez du type de personne que vous souhaitez devenir.

2. Prouvez-vous que vous souhaitez devenir ce type de personne en

gagnant de petites victoires.

 

Pour commencer, décidez qui vous voulez être. Cela vaut à tous les

niveaux – en tant qu’individu, en tant qu’équipe, en tant que communauté, en tant que nation. Que voulez-vous défendre ? Quels sont vos principes et

valeurs ? Qui souhaitez-vous devenir ?

Ce sont de grandes questions, et beaucoup d’entre nous ne savent pas par

où commencer – mais nous savons quel type de résultats nous souhaitons

obtenir : des abdos en béton, moins d’anxiété, ou doubler notre salaire.

Basez-vous sur cet objectif et concentrez-vous sur le type de personne qui

pourrait obtenir ces résultats. Demandez-vous : « Quel type de personne

pourrait obtenir le résultat que je souhaite atteindre ? » Quel type de

personne pourrait perdre 20 kilos ? Quel type de personne pourrait

apprendre une nouvelle langue ou diriger une start-up florissante ?

Par exemple, « Quel type de personne pourrait écrire un livre ? ».

Probablement une personne cohérente et fiable. Désormais, votre objectif

est de passer de l’écriture d’un livre (vous baser sur les résultats) à un type

de personne cohérente et fiable (vous baser sur l’identité).

Ce processus peut conduire à diverses croyances :

 

« Je suis le genre de professeur qui défend ses élèves. »

« Je suis le genre de médecin qui donne à chaque patient le temps et

l’empathie dont il a besoin. »

« Je suis le genre de responsable qui défend ses employés. »

 

Une fois que vous avez une idée du type de personne que vous souhaitez

être, vous pouvez commencer à mettre en application de petites actions

pour atteindre l’objectif d’identité que vous vous êtes fixé. J’ai une amie qui

a perdu plus de 45 kilos en se demandant : « Qu’est-ce qu’une personne en

bonne santé ferait ? » Toute la journée, elle se répétait cette question comme

mantra. Une personne en bonne santé marcherait ou elle prendrait un taxi ?

Elle commanderait un sandwich ou une salade ? Elle s’est dit que si elle

agissait assez longtemps comme une personne en bonne santé, elle finirait

par le devenir. Elle avait raison.

Le concept des habitudes basées sur l’identité est notre première

introduction à un autre thème clé de ce livre : les boucles de rétroaction.

Vos habitudes façonnent votre identité et votre identité façonne vos

habitudes. Le processus fonctionne dans les deux sens. La formation de

toutes les habitudes est une boucle de rétroaction (un concept que nous

approfondirons dans le chapitre suivant), mais il est important de laisser vos

valeurs, vos principes et votre identité guider la boucle plutôt que vos résultats. Vous devez toujours vous concentrer sur le type de personne que

vous souhaitez devenir et non sur l’obtention d’un résultat particulier.

 

La véritable raison pour laquelle les habitudes

 

sont importantes

 

Tout changement d’habitude repose sur un changement d’identité. La suite

de ce livre vous fournira des instructions pas à pas sur la manière de créer

de meilleures habitudes pour vous-même, votre famille, votre équipe, votre

entreprise et dans n’importe quel domaine. Mais la vraie question est la

suivante : « Devenez-vous le type de personne que vous souhaitez devenir ?

» La première étape n’est pas quoi ou comment, mais qui. Vous devez

savoir qui vous voulez être. Sinon, votre quête de changement ressemblera

à un bateau sans gouvernail. Et c’est la raison pour laquelle nous

commençons par ce point.

Vous avez le pouvoir de changer vos croyances sur vous-même. Votre

identité n’est pas figée. Vous avez le choix à chaque instant. Vous pouvez

choisir l’identité que vous souhaitez renforcer aujourd’hui avec les

habitudes que vous choisissez dès aujourd’hui. Et cela nous amène à

l’intention principale de ce livre et à la véritable raison pour laquelle les

habitudes sont importantes.

Construire de meilleures habitudes ne consiste pas à ponctuer votre

journée de petites astuces vous facilitant le quotidien. Il ne s’agit pas de

passer du fil dentaire entre les dents tous les soirs, de prendre une douche

froide tous les matins ou de porter la même tenue chaque jour. Il ne s’agit

pas d’afficher des signes extérieurs de réussite comme gagner plus d’argent,

perdre du poids ou être moins stressé. Les habitudes peuvent vous aider à

réaliser toutes ces choses, mais fondamentalement, elles ne consistent pas à

avoir quelque chose. Au contraire, elles vous permettent de devenir

quelqu’un d’autre.

En fin de compte, vos habitudes sont importantes, car elles vous aident à

devenir le type de personne que vous souhaitez être. Elles vous permettent

de développer les croyances les plus profondes que vous avez sur vous-

même. Littéralement, vous devenez vos habitudes.

Il y a trois niveaux de changement : changement de résultat,

changement de processus et changement d’identité.

Le moyen le plus efficace de changer vos habitudes est de ne pas vous

concentrer sur l’objectif que vous voulez atteindre, mais sur ce que

vous souhaitez devenir.

Votre identité repose sur vos habitudes. Chaque action est un pas vers

le type de personne que vous souhaitez devenir.

Pour devenir la meilleure version de vous-même, vous devez modifier

en permanence vos convictions, et améliorer et développer votre

identité.

La vraie raison pour laquelle les habitudes importent n’est pas

qu’elles peuvent vous apporter de meilleurs résultats (bien qu’elles

puissent le faire), mais qu’elles peuvent changer vos croyances sur

vous-même.

 

3 Les termes inconscient, non conscient et subconscient peuvent tous être utilisés pour décrire l’absence de conscience ou de pensée. Même dans les milieux universitaires, ces mots sont souvent utilisés de manière interchangeable sans trop de pinaillage (pour une fois). J’ai choisi d’employer le terme « inconscient », car son sens est suffisamment large pour englober à la fois les processus de l’esprit auxquels nous ne pourrions jamais avoir accès consciemment et les moments où nous ne faisons tout simplement pas attention à ce qui nous entoure. Il englobe tout ce à quoi l’on ne pense pas consciemment.

4 Certes, certains aspects de votre identité ont tendance à ne pas évoluer au fil du temps – par exemple, le fait de vous identifier comme une personne de grande taille ou de petite taille. Mais même pour des qualités et caractéristiques plus établies, le fait que vous les voyiez sous un jour positif ou négatif est déterminé par vos expériences tout au long de votre vie.

 

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