Vengée (French Edition)

Laura Fervante · Chapitre 20 sur 27

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Vengée (French Edition)

Chapitre 20

 

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JUNE

 

E n rentrant à la villa, nous nous dirigeons tous les trois directement vers le bureau de Gabriel. Vadim n’a de cesse de glisser des regards suspicieux vers Alexander qui, lui, a l’air plutôt content de lui.

Je regrette de lui avoir sauté dessus lorsqu’il est revenu de chez

Eagledale. J’ai vraiment cru qu’il allait rester coincer dans la salle des

archives jusqu’à ce que la nuit arrive ou que quelqu’un le trouve. Pourtant, une nouvelle fois, il s’est révélé être débrouillard et a su retomber sur ses

pattes.

Mais s’il est si débrouillard pour ce sortir de situations compliquées,

que fout-il encore parmi nous ? Certes, mon frère m’a donné la tâche de le

surveiller, mais j’ai arrêté de compter les occasions où il aurait pu partir.

Et où lui est resté.

— Entrez !

Gabriel est assis derrière son bureau et, lorsqu’il nous voit, il sourit.

— Vu vos mines satisfaites, je suppose que ça s’est bien passé ?

Je fais oui de la tête, et Alexander tend son téléphone à Gabriel.

— Merci, Skywalker. Je savais que je pouvais compter sur toi.

Gabriel prend le téléphone et le branche à son ordinateur. Il relève le

visage vers Alexander et lui dit :

— Tu peux aller dans le salon ou ailleurs dans la maison. J’ai besoin de

parler un instant avec ma sœur et mon frère. Ils te rendront ton téléphone en

te rejoignant.

Alexander a l’air surpris, mais il hoche la tête une fois et sort du bureau

sans rien dire d’autre.

— Pourquoi le mettre dehors ?

Je croise les bras et attends que Gabriel réponde à ma question. Mais

c’est Vadim qui intervient le premier :

— Vu le câlin que tu lui as fait il y a une heure, je pense que Gabriel a

raison.

— Câlin ?

Gabriel se penche vers moi, les yeux plissés. Nous nous affrontons du regard pendant quelques instants, mais je finis par baisser le mien. Il gagne

toujours à ce jeu-là.

— Il te plait, soupire Gabriel.

Je veux lui répondre que non, mais ce serait un mensonge que mon frère

verrait tout de suite.

— Tu ne nies même pas !, s’insurge Vadim.

— On peut lui faire confiance, m’exclamé-je. Il l’a encore prouvé

aujourd’hui. Il aurait pu partir avec ces photos.

— Il sait qu’on le retrouverait, insiste Vadim. Il sait qu’il ne pourrait

rien contre nous.

— Pas si on ne le trouve jamais !

Gabriel fait un geste de la main pour nous faire taire. Vadim ravale la

remarque cinglante qu’il avait prête à mon intention, et serre les dents.

— Vous avez tous les deux raison, dit Gabriel d’une voix égale. À mes

yeux, on ne peut pas encore lui faire entièrement confiance. C’est trop tôt

pour cela, lui-même ne nous fait pas encore confiance. La confiance ça se gagne, ça se mérite. Mais surtout, ça fonctionne dans les deux sens. Et le

fait qu’il n’en profite pas pour se carapater à la première occasion prouve

qu’on peut lui faire confiance en partie.

Gabriel se tourne vers moi et continue :

— J’ignore s’il te plait vraiment, June. Mais sois prudente. On ne le

connait pas encore suffisamment pour se permettre cela.

Mes yeux me piquent. Il n’y a que dans cette famille que les frères ont

un droit de regard sur qui leur sœur peut fréquenter.

— Je dis ça pour ton bien, Juju, soupire Gabriel en voyant mes yeux. Et

pour le sien aussi, soit dit en passant. S’il devait te faire du mal, il le

regretterait jusqu’à la fin de sa courte et misérable vie.

Je retiens mes larmes, et je ne réponds pas. Au bout de ce qui semble

être une éternité, mon frère finit par nous congédier.

— Merci à tous les deux, et remerciez Skywalker pour moi.

— June s’en chargera, ricane Vadim.

J’ai envie de le frapper, mais je me retiens car je n’aurais aucune chance

face à lui.

Une première larme coule sur ma joue alors je monte l’escalier vers ma

chambre. Je ne sais pas si je pleure parce que je pense que mes frères se

trompent ou parce qu’une partie de moi comprend qu’ils ont raison.

Si au début je croyais qu’Alexander me manipulait, je suis à présent certaine que ce n’est pas le cas. Car qu’aurait-il à y gagner ? Rien, il n’a pas

besoin de me distraire avec son sourire ou ses tatouages pour s’échapper. Il

a prouvé à plusieurs occasions qu’on pouvait lui faire confiance, que je

pouvais lui faire confiance. Mais Gabriel et Vadim n’ont pas tort non plus.

Alexander est encore un étranger, et dans la famille, la confiance est

quelque chose de sérieux.

Gabriel n’aurait jamais dû le forcer à rester avec nous car, désormais,

jamais nous ne saurons s’il est parmi nous par obligation ou par choix. Sauf si mon frère tient sa parole et qu’il rend sa liberté à Alexander après le vol

de la couronne. Mais à ce moment-là, restera-t-il avec nous ?

Restera-t-il avec moi ?

Dans mon torrent de larmes et de pensées, je ne vois pas Alexander et je

lui rentre dedans alors qu’il sort de sa chambre.

— Oups !

Je vacille sous le coup de l’impact contre son torse et ses mains se

posent sur mes bras pour me stabiliser. C’est là qu’il doit voir mes larmes, et je sens ses doigts se crisper autour de moi.

— Tu pleures ?

On entend l’incrédulité dans sa voix. Et une pointe de peur.

— Pourquoi tu pleures ?

Sans réfléchir, alors que mes larmes coulent de plus belle, je me blottis

contre son torse et je m’agrippe à son t-shirt. C’est tout si je ne m’essuie pas

les yeux dedans. Pathétique.

— Eh, doucement, viens ici, tu vas me raconter.

Il me pousse avec douceur dans sa chambre, et je me laisse faire. Il

m’assied sur son lit, pose une main sur les miennes et essuie délicatement

les larmes sur mes joues de son autre main.

— Pourquoi tu pleures, chérie ?

J’ai envie de tout lui dire. Que ma famille ne lui fait pas confiance, mais

qu’elle ne fait pas non plus confiance dans mon jugement envers lui.

Merde, que je n’ai pas confiance dans mon propre jugement envers lui.

Mais je dois laisser ma famille en dehors de cela. Ou du moins essayer.

Pourtant la pensée que tout serait plus facile si je n’étais pas une Sherwood

me traverse l’esprit. L’indépendance si chère au cœur d’Alexander, je la

comprends. Voilà pourquoi je ne m’explique pas pourquoi il n’a pas saisi

une des nombreuses occasions qu’il avait de s’enfuir loin de nous.

Loin de moi.

— C’est toi, je ne sais pas pourquoi tu es toujours là.

Alexander soupire et glisse une mèche de cheveux derrière mon oreille.

— Je ne sais pas non plus, chérie.

— Est-ce qu’on peut au moins te faire confiance ?

Il ne répond pas tout de suite et réfléchit à ma question. Je suppose que

c’est une bonne chose. Enfin, il hoche la tête et murmure :

— Oui, vous pouvez me faire confiance. Mais je ne m’attends pas à ce

que toi ou ta famille le fassiez.

— Pourquoi pas ?

— Parce que vous avez un très bon instinct de survie, que vous êtes

toujours on ne peut plus prudent. Je ne me ferais pas non plus confiance si

j’étais à votre place. Du moins pas entièrement.

— Moi, je te fais confiance.

J’ai dit les mots si bas que je me demande s’il les a entendus. Jusqu’à ce

qu’il réponde :

— Tu ne devrais pas.

Je secoue la tête de droite à gauche.

— Ne dis pas ça.

Alexander glisse ses doigts sous mon menton et me force à le regarder.

Avec patience, il sèche mon visage avec douceur. Je ne pleure plus, mais je

dois avec les yeux gonflés et rouges. Soudain, j’ai envie de me cacher, car

je ne me souviens pas avoir été si vulnérable face à quelqu’un en dehors de

ma famille.

— Je le dis pour toi, chérie. Toi, il te faut le mec stable, le prince charmant lisse et sans défaut. Le gars qui cherche des attaches.

— Alors pourquoi tu restes ?

Alexander pose son front contre le mien et ferme les yeux. Comme moi,

il a l’air de mener un combat intérieur. Les questions se bousculent-elles

aussi dans sa tête comme elles le font chez moi ? Est-ce que ce sont les

mêmes ? Mais surtout, trouve-t-il les mêmes réponses que moi ?

Après ce qui me parait être une éternité, il murmure :

— Parce que pour la première fois de ma vie, j’ai trouvé une raison qui

me donne envie de m’attacher.

J’ignore s’il parle de mes frères et soeurs, de moi ou de la cause si chère

à la famille Sherwood : la justice et la liberté. Mais l’espace d’une seconde,

j’ai envie de faire semblant qu’il parle de moi, et de moi seule. Et tout le

reste n’a plus aucune importance.

J’écrase ma bouche contre la sienne. D’abord surpris, il reste immobile.

Mais lorsque ma langue se fraie un chemin vers lui, ses lèvres s’entrouvrent

et en quelques secondes, nos souffles s’emmêlent en un moment enfiévré.

Un feu d’artifice se déclenche dans mon corps. Chaque centimètre de

ma peau se réveille comme si durant toutes ces années, j’avais été

insensible. Et tel un virtuose qui joue de son instrument, Alexander sait

exactement quoi faire de moi.

Ses mains se posent sur mes hanches et il me soulève pour me mettre à califourchon sur ses cuisses. J’enfouis mes doigts dans ses boucles blondes

et je commence à rouler des hanches sur lui, et très vite je le devine gonfler

sous moi.

Enivrée par les sensations et par ma position au-dessus de lui, je sens

l’humidité familière se répandre entre mes jambes. Et cette fois-ci, rien ni

personne ne pourra nous arrêter.

— Je te veux en moi, gémis-je à son oreille.

— Si gourmande, chérie. Sois patiente.

Ses doigts glissent sous mon t-shirt et caressent mon ventre, puis mon

soutien-gorge. N’y tenant plus, je passe mon t-shirt par-dessus ma tête.

— À ton tour, montre-moi ce tatouage.

Je vais vers l’ourlet de son t-shirt, mais il m’en empêche en

emprisonnant mes poignets dans une de ses mains.

— Seigneur, June, pourquoi précipiter les choses ?

Alexander glisse une main sous mes fesses, se lève, puis me pose sur le

lit. Je me redresse sur mes coudes.

— Montre-moi ton tatouage, boudé-je.

Il secoue la tête de droite à gauche.

— Tu dois le mériter, bébé. Je ne montre pas ça à n’importe qui.

Je l’attrape par le cou et enroule une jambe autour de sa taille pour le

faire chavirer avec mon poids. Il tombe sur le lit, et je me redresse, à

nouveau assise sur lui. Il veut se relever, mais je le pousse contre le matelas.

— Si tu veux que je le mérite, laisse-toi faire.

Son regard est noir de désir, et il donne un petit coup de hanches vers le

haut.

— Impressionne-moi, chérie.

Appréciant chaque seconde où je l’ai à ma merci, j’ôte sa ceinture, puis

déboutonne son jeans et l’enlève. Je ne fais pas de quartiers, et son slip suit

le chemin du jeans. En me léchant les lèvres, je contemple son sexe pointé vers moi, comme une invitation hypnotisante. Je le fais lentement glisser

entre mes doigts, et je me délecte de chaque son étranglé qui sort de la

gorge de ma victime.

J’enlève mon pantalon et mon soutien-gorge, et je me repositionne au-

dessus de lui, complètement nue. Un sentiment de puissance m’habite et

pour la première fois, j’ai confiance en mon corps et en ce que je dois faire.

Je reprends sa queue en main et, me penchant en avant, je la cale entre

mes seins et je lui fais faire de lents vas-et-viens contre moi.

— Merde, June…

Encouragée par sa voix enrouée de plaisir, j’accélère mon rythme. Son

membre se couvre d'humidité et glisse plus facilement contre moi. Toujours

à quatre pattes à côté de lui, je me sens devenir moi-même mouillée et prête

pour lui. Mais ses mots me reviennent en tête : pourquoi précipiter les

choses ?

Je libère sa queue de mes seins tout en restant penchée au-dessus de lui.

Je donne d’abord des petits coups de langue sur le bout de son gland, et la façon dont il tressaille contre mes lèvres m’excite encore plus. Je continue à

le torturer, tantôt en le léchant, tantôt en suçant sa peau délicate.

Ses hanches se lèvent pour venir à ma rencontre, et, n’y tenant plus, je

le prends dans ma bouche et aspire son sexe sans merci. J’ai faim de lui et

tout ce qu’il peut me donner. Qu’importe qu’il me trahisse, qu’importe qu’il

puisse partir. En cet instant précis, il est à ma merci et je me délecte de

chaque seconde qui passe et de chaque centimètre de sa queue que j’ai en

bouche.

Ma langue s’enroule autour de lui au fil des allers-retours, et son sexe

durcit encore et encore.

— Je vais venir, chérie, dit Alexander, les dents serrées. Si tu veux

arrêter, c’est le moment.

Je le sors de ma bouche et je me redresse tout en continuant à le branler

des deux mains. Mes bras sont tendus et, dans cette position, mes seins sont

serrés l’un contre l’autre, ce qui les rend encore plus gros. Et lorsqu’il jouit avec force, je sens son sperme sur ma poitrine, stimulant la peau déjà

sensible et humide.

En le regardant redescendre sur terre, je le lâche et fais doucement

rouler mes tétons entre mes pouces et mes index. Assise sur mes talons avec

les genoux écartés, je sens mon humidité couler le long de mes cuisses.

Lorsqu’Alexander revient à lui, ses yeux sont plus noirs que jamais. Il se redresse et vient s’agenouiller en face de moi. Il repousse mes mains et

les siennes prennent le relais sur mes seins. Sa bouche emprisonne la

mienne et sa langue m’explore avec avidité.

Sans prévenir, il se redresse et me pousse contre le matelas. Je me

tortille sous son regard pénétrant, n’attendant qu’une chose : être touchée

comme il m’a déjà touchée.

Il enlève son t-shirt et je suis subjuguée par le spectacle : son torse est

couvert du tatouage que j’avais déjà observé sur ses bras, et les lignes bleues n’en finissent pas de tourbillonner sur ses pectoraux, ses

abdominaux. Perdue dans la contemplation des dessins qui recouvrent son

corps, je suis presque surprise lorsqu’il enfonce un doigt dans le mien. À

genoux au bord du lit, Alexander retire sa main, et sourit avec envie.

— Tu es si belle, chérie.

Je grogne de frustration, et je gigote des hanches devant lui. Il rit en

faisant glisser ses doigts le long de mes cuisses. Il continue ses allers-

retours ainsi pendant quelques secondes, puis introduit deux de ses doigts en moi. Je crie son nom et il commence à caresser l’intérieur de mon corps,

tout en faisant des cercles avec son pouce sur mon clitoris.

— J’aime entendre mon nom dans ta bouche.

— Alexander, répété-je.

— Cette bouche qui vient de baiser ma queue sans merci.

Je gémis et je me frotte contre ses doigts qui remuent toujours en moi et

sur moi. J’arrive à articuler entre deux cris de plaisir :

— Je veux que ta queue me baise aussi.

Alexander grogne, mais n’arrête pas sa lente torture.

— Chaque chose en son temps, bébé. Les obscénités qui sortent de cette

bouche. Tu mériterais d’être punie, chérie.

Je halète et lorsque ses doigts quittent mon corps, j’ai presque envie de

pleurer.

— Mets-toi à quatre pattes.

Sans réfléchir, j’obéis à sa voix dure et sure. Je le veux en moi, à tel

point que je ferais n’importe quoi. Je suis si docile que si j’avais les idées

claires, je me donnerais des gifles.

Il est derrière moi, et je sens mon humidité couler de plus belle le long

de mes cuisses.

— Ma queue aussi a envie de te baiser, chérie. Mais d’abord j’ai envie de te montrer ce qu’on fait aux filles qui disent des obscénités pareilles.

Il va me donner la fessée.

À cette pensée, je mouille encore plus. Je l’entends se positionner

derrière moi, et ne pas pouvoir anticiper ses mouvements me rend folle.

Tout à coup, de son index et de son majeur, il donne un coup sec sur

mon clitoris. Je crie, à la fois de plaisir et de surprise, et il réitère le

mouvement, encore et encore. Les sensations sont divines et cruelles à la

fois, car le processus est une lente torture vers une délivrance qu’il semble décidé à ne pas me donner.

— Viens en moi, je t’en supplie.

— Comme ça ?

Il enfonce son doigt et son majeur en moi et reste immobile. Il va me

rendre folle.

— Je t’en supplie…

Il retire ses doigts de mon corps et recommence à frapper à nouveau

mon clitoris, envoyant des ondes de plaisir brut dans ton mon corps.

— Alexander, s’il te plait…

— J’aime quand tu me supplies, chérie. J’aime que tu sois si

gourmande.

Il accélère le rythme de ses doigts qui tatouent mon clitoris et en

quelques minutes, je sens que je suis au bord du précipice.

— Alexander, oui, s’il te plait…

Lorsque l’orgasme se déclenche par une énième tape de ses doigts sur

mon bouton délicat, il enfonce ses doigts en moi et s’active pour faire durer le moment plus longtemps. Je crie et tremble pendant plusieurs longues

secondes, et quand le séisme est passé, je m’effondre sur le lit, hors

d’haleine.

Je ne sais pas combien de temps je reste immobile, avec les yeux

fermés. Mon seul contact avec la réalité, ce sont les doigts d’Alexander qui

dessinent des cercles sur mon dos. Les sensations qu’il a éveillées en moi !

Et qui plus est, juste avec ses doigts. Je grogne en imaginant ce qu’il peut faire avec le reste, mais je n’ouvre pas les yeux, savourant encore un

moment la béatitude dans laquelle je nage.

Les doigts d’Alexander glissent jusqu’au bas de mon dos et sa main

agrippe ma fesse.

— Si je me souviens bien, madame a supplié que ma queue la baise ?

Il lâche ma fesse pour prendre mes hanches et me retourne sur le dos. Ses doigts se fraient à nouveau entre mes cuisses et j’ouvre les yeux,

surprise par le contact sur ma peau sensible. Il est au-dessus de moi, l’air

affamé. Mon regard s’accroche sur son tatouage qui couvre tout son torse et

s’arrête en arabesques un peu plus bas que ses hanches. Je vois une rose, un

soleil, une lune et des phrases que je n’arrive pas à déchiffrer. Mes doigts

caressent le mot « destinée » et je reporte mon attention à son visage.

— Tu m’as déjà baisé la bouche, si je n’abuse ?

Je rougis des mots qui sont les miens. Jamais je n’ai fait preuve de tant d’audace avec un homme, mais Alexandre me fait me sentir forte et

puissante.

Et j’adore ça.

— Si je ne m’abuse, ce sont tes seins que j’ai baisés.

Je ronronne en agrippant ses épaules et en voulant l’attirer plus près de

moi, mais il ne bouge pas. Au lieu de ça, il met tout son poids sur son bras

gauche presque en même temps, je sens qu’il donne des petites tapes avec

sa queue sur mon clitoris. Je gémis et pousse mon bassin vers lui.

— Dis-moi ce que tu veux, June.

— Toi.

— Tu m’as, bébé. Tout entier entre tes cuisses. Dis-moi ce que tu veux.

Sa bite est positionnée juste à l’entrée mon sexe, et l’imminence de

l’avoir en moi me fait gémir des mots incohérents.

— Dis-le, bébé, dit Alexander d’une voix dure.

— Baise-moi, soupiré-je d’une voix que je ne reconnais pas.

Et d’un mouvement du bassin, il s’enfonce en moi en grognant. Il reste immobile un moment et je prends le temps d’apprécier chaque centimètre

de lui. Puis il commence un lent va-et-viens, si lent que je pense perdre la

raison. J’agrippe ses fesses et l’attire plus profondément en moi encore.

— C’est ça que tu veux ?

— Oui, gémis-je.

Il accélère sa cadence et grogne à chaque mouvement.

— Moi aussi je veux te baiser, bébé. Dans chaque putain de position

possible.

Cette perspective me fait presque venir. Presque. L’avoir en moi encore

et encore me semble être une belle promesse, et l’espace de ces quelques

minutes j’oublie qu’il pourrait partir, m’abandonner du jour au lendemain.

Il me prend de plus en plus vite, et je m’agrippe à son corps tatoué comme un naufragé s’accroche à une bouée. Serait-il la bouée que

j’attendais depuis tout ce temps, alors que j’étais à la dérive, à la recherche

d’un sens à ma vie ? Je ferme les yeux et chasse cette pensée de mon esprit.

Je veux juste profiter du moment présent.

— Tu es si douce, bébé.

Alexander me prend à présent à rythme effréné et je sens sa bite au fond

de moi, encore et encore.

— Si belle, putain.

Je sens les vagues du plaisir arriver, monter en puissance. Alors qu’il

grogne mon prénom en s’enfonçant en moi, je sens son jus m’inonder. La

vision de son corps couvert de sueur et de son visage béat de plaisir sont ma

délivrance et je pulse autour de lui alors que je voudrais que ce moment

dure toujours.

 

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