Au diapason de soi

Eva Voros · Chapitre 17 sur 36

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Au diapason de soi

14. Le pardon de soi, des autres. Responsabilité

14. Le pardon de soi, des autres.

 

Responsabilité

 

Le pardon ? Cette notion judéo-chrétienne me fait grimacer tellement elle évoque les notions de péché et de culpabilité dont plus personne n’a envie d’entendre parler.

Et si, en fait, on ne parlait plus de la même chose vu que le contexte est différent ? Si cette notion de pardon avait un autre sens, pourrions-nous l’utiliser ? N’ayant pas trouvé de mot non polémique, j’ai choisi de l’utiliser malgré sa connotation vieillotte, car il me semble approprié pour indiquer un mouvement utile à faire, peut-être, par rapport à soi et aux autres, si le cœur vous en dit. Il ne s’agira pas de nier des réalités vécues, surtout si elles sont violentes ou atroces, il ne conviendra pas d’oublier non plus. Le sens critique doit être préservé ! Il ne s’agit pas non plus de chercher des excuses ou des explications, ce qui est fait est fait. C’est peut-être impardonnable ? Après tout, si vous voulez entretenir de la rancune, de l’amertume, de la tristesse ou de la colère en vous, libre à vous. Si, en revanche, vous souhaitez vivre sans le poids des souffrances vécues, vous aspirez certainement à une guérison du cœur et le pardon peut vous aider, car vous apprenez à faire la différence entre ce que vous voulez être et ce que vous avez vécu. Si une partie de vous est en souffrance, il peut être souhaitable de soigner cette blessure grâce à ce baume qu’est le pardon. Combien de boucs émissaires rendons-nous responsables de nos malheurs ? Est-ce que cela nous aide à nous sentir mieux ? Ou cela nous sert à ruminer nos vieilles rancunes ?

Attention, il ne s’agit pas de demander pardon pour ce que la société ou les autres m’ont fait mais de se demander pardon pour ce que nous avons généré en nous par rapport à ce qui a été dit ou fait. J’arrête d’être une victime des autres ou de la société et je deviens responsable de ma vie, je me libère de ce que l’autre a généré en moi et qui détermine mon état intérieur. Se demander pardon à soi-même est donc l’étape la plus difficile, car on devient de la sorte responsable de ce que l’on nourrit comme blessure ou non. C’est aussi un grand cadeau que l’on peut se faire, car on dépose alors ses souffrances comme on dépose une valise au bord d’un chemin, on se libère du poids de ce vécu douloureux. Finalement, était-ce juste de reprocher à ma mère de m’avoir négligé ou de m’avoir surprotégé ? Ou puis-je me dire que même en ayant été surprotégé ou négligé, voire pire, j’ai grandi et je sais vivre sans le poids de ce passé douloureux constamment collé à mon présent. Je n’ai pas oublié mais en me pardonnant, je me libère de l’ambivalence et de la négativité que j’entretenais à l’intérieur de moi. C’était un autre moi, le moi d’aujourd’hui est libre d’être léger et n’en veut plus à personne, ni à moi, ni aux autres, il est libre. Je ne suis pas une victime de la vie, je suis responsable de ma vie et heureux de l’être. Toutes ces rancunes ou ces sentiments désagréables que je vivais du fait de mes douloureuses blessures m’ont attristé, démoli, anéanti en m’empêchant de vivre, je me suis empêché de vivre à partir du moment où je suis devenu la victime et je suis devenu le bourreau de moi-même… Triangle infernal où je m’extrais pour ne plus souffrir : je me pardonne et je me donne le droit de m’aimer.

Étymologiquement parlant, se pardonner signifie se donner le tout, la

totalité, la globalité (per du latin tout, globalité, totalité). Il s’agit donc d’un geste de reconnaissance envers soi-même par lequel nous devenons complets, nous nous accordons le tout, nous sortons de la division intérieure, des conflits personnels et relationnels, familiaux et sociétaux.

 

ZOOM : HO’OPONOPONO

 

Méthode hawaïenne popularisée chez nous et qui utilise les quatre formules : « Désolé, pardon, merci, je t’aime », sans s’adresser à quelqu’un de particulier.

C’est une façon d’évoquer un esprit d’amour afin de guérir les parties de soi-même

qui sont en rapport avec le problème. Cela permet de corriger les pensées erronées

et de guérir la partie de soi qui les a créées, car tout dans notre vie est notre création

et si nous voulons changer notre vie, nous devons commencer par nous changer

nous-mêmes . 1

♦ En pratique

 

Exercice 14 : Don du pardon

 

Objectif : Cet exercice permet de se libérer des ressentiments ou de la colère.

Choisissez un endroit calme où vous ne serez pas dérangé pendant quinze minutes au moins. Asseyez-vous confortablement et fermez les yeux. Concentrez-vous sur votre respiration.

Posez-vous la question de savoir si cela vaut la peine de vivre dans le ressentiment, de cultiver de la colère ? À quoi cela vous sert-il ? Voulez-vous conserver ce modèle de pensée ou en changer ? Si oui, continuez l’exercice :

– Laissez venir à vous l’image de personnes avec lesquelles vous êtes en conflit, envers lesquelles vous éprouvez du ressentiment ou de la haine. Si vous êtes prêt à vous libérer de ce sentiment négatif, dites-vous intérieurement : « Je vous demande pardon », tout en leur laissant la responsabilité de leurs actes et en gardant la possibilité de cicatriser vos blessures et d’aimer à nouveau.

– Imaginez vos boucs émissaires (société, institutions, groupes, catégories de personnes que vous jugez responsables de ce qui ne va pas dans le monde…) tout en assumant votre propre responsabilité dans l’état du monde (à votre échelle bien sûr), et demandez pardon de les utiliser comme prétexte pour cultiver la colère ou la haine.

– Demandez-vous pardon en renonçant à être votre juge, votre bourreau, votre ennemi et ouvrez votre cœur pour le guérir de ses blessures et se rouvrir à l’amour.

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