Au diapason de soi

Eva Voros · Chapitre 25 sur 36

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Au diapason de soi

PARTIE 3 - Assertivité - Être clair avec les autres. Accepter le réel et cultiver une attitude positive

PARTIE 3

 

Assertivité

 

Être clair avec les autres.

Accepter le réel et cultiver une attitude positive

 

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21. Communication et assertivité

 

« On ne peut pas ne pas communiquer. »

Watzlawick

 

L’homme vit en groupe, c’est-à-dire parmi d’autres individus avec

lesquels il interagit. Les signaux que nous échangeons avec les autres sont de plusieurs sortes. Certains sont explicites : par le langage, nous exprimons des désirs ou des ordres, nous transmettons des informations ou des connaissances. D’autres signaux sont de nature plus implicite et donc moins aisément déchiffrables. Par les expressions de notre visage, par notre ton, nos attitudes et nos gestes, nous communiquons des sentiments, des intentions.

De plus, nous essayons, par l’observation de l’autre, de pénétrer ses

pensées intimes, ses affects et ses émotions. Cette communication passe par des représentations mentales de l’autre que nous construisons à l’intérieur de nous-mêmes.

Le fait est qu’un acte de communication ne laisse pas neutre puisqu’il

s’accompagne d’une activation de l’amygdale. Percevoir une émotion n’est pas comparable à percevoir des objets ou des scènes quelconques puisque celui qui la perçoit entre en communication avec celui qui observe, ce qui traduit l’idée que son système nerveux « recopie » en quelque sorte l’émotion perçue comme s’il devait à son tour l’exprimer. Percevoir une émotion, c’est donc déjà l’éprouver. Ces partages d’émotion entre individus engagés dans une communication font partie de l’expérience courante. Ce concept implique que les états d’esprit de nos congénères nous sont accessibles dans la mesure où nous pouvons les rejouer à l’intérieur de nous-mêmes, c’est-à-dire que nous disposons d’une capacité à « se mettre dans la peau » de l’autre, à éprouver de la sympathie ou de l’antipathie pour lui. Le réseau émotionnel de chaque interlocuteur s’active dans le cerveau au niveau du cortex temporal et de l’amygdale.

Cette capacité que nous avons de nous représenter les états d’esprit de l’autre a pris le nom de « théorie de l’esprit ». Ce terme signifie que tout être humain acquiert une théorie de l’esprit dont il se sert pour comprendre l’autre et communiquer. Ainsi, chaque être humain possède des représentations de la réalité sociale et elles peuvent être différentes d’un individu à l’autre. Cette acquisition, autour de l’âge de 4 ans, se traduit par des changements importants dans le comportement de l’enfant : il apprend à « faire semblant » ou encore il apprend à mentir, c’est-à-dire à transmettre une information qu’il sait contraire à la vérité. Les mécanismes que nous utilisons pour la compréhension des états mentaux des autres relèvent donc d’une capacité acquise très précocement et probablement innée.

On constate donc qu’à côté de la théorie de l’esprit se trouve une autre théorie basée sur la simulation qui permet de se mettre à la place de l’autre et d’éprouver ce qu’il ressent ou veut.

La communication est donc une interaction dans laquelle A provoque un effet sur B mais lui-même induit en retour un impact sur tous les actes suivants de A, de même que A et B sont largement influencés par le contexte où a lieu leur interaction et l’influence en retour.

Un cercle n’a ni commencement ni fin, dès lors dans une communication systémique on doit abandonner l’idée qu’un événement précède l’autre, les deux événements s’influencent mutuellement. Les causes possibles ou supposées d’un comportement n’ont qu’une importance secondaire, mais en revanche, l’effet de ce comportement dans l’interaction d’individus étroitement liés devient un critère d’une importance primordiale.

A et B prétendent tous deux qu’ils n’ont fait que réagir au comportement de l’autre sans s’apercevoir qu’ils influencent à leur tour par leur propre réaction.

Ce mode d’approche est donc à la recherche d’un modèle « ici et maintenant » plutôt que la recherche d’un sens ou de causes tirées du passé.

Tout comportement a valeur de message et influence les autres, et les

autres en retour ne peuvent pas ne pas réagir à ces communications, et de ce fait, eux-mêmes communiquer.

Même le fait de ne pas parler et de regarder droit devant soi constitue

un message : cette personne ne veut communiquer avec personne et veut qu’on la laisse tranquille. Manifestement, il y a là un échange tout autant que dans une discussion animée.

 

Une communication ne se borne pas à transmettre une information

mais induit en même temps un comportement qui touche à la relation entre les partenaires. Plus une relation est spontanée et « saine », plus l’aspect « relation » de la communication passe à l’arrière-plan. Inversement, des relations « malades » se caractérisent sur un débat incessant sur la nature de la relation et le « contenu » de la communication finit par perdre toute importance.

 

Être soi-même, juste soi-même, sans s’oublier, ni à l’inverse écraser

les autres, cela s’apprend et se travaille.

La personne assertive n’a pas peur d’exprimer clairement et

tranquillement son point de vue, en défendant ses droits tout en respectant ceux des autres : voilà ce que je ressens, ce dont j’ai besoin, ce que je demande.

Être assertif, c’est être en mesure d’exprimer sa propre personnalité

sans susciter l’hostilité, c’est savoir dire « non » sans se sentir coupable, c’est avoir confiance en soi et savoir prendre des décisions dans un climat de tolérance saine face aux conflits que l’on rencontre, c’est développer une capacité qui privilégie la responsabilité individuelle dans une communication consciente, authentique, autonome et spontanée.

 

Ni hérisson ni carpette…

Être assertif, ce n’est pas se laisser marcher sur les pieds, tout en

recherchant des compromis réalistes, en négociant les désaccords sur la base d’un intérêt mutuel en jouant « cartes sur table » et sans crainte du face-à-face, en visant des objectifs précis et clairement affichés, en se basant sur des rapports de confiance lucide plutôt que sur des systèmes de domination ou de calcul.

 

ZOOM : ASSERTIVITÉ

 

Le mot assertivité vient de l’anglais assertiveness, substantif formé à partir du

verbe « to assert » : affirmer, assertion, s’affirmer, défendre ses droits, défendre son

opinion. Assertiveness peut se traduire en français par affirmation de soi.

Le terme assertivité recouvre la capacité de se montrer authentique, sans

masquer ses faiblesses ni ses qualités, sans modifier son comportement par peur du

jugement d’autrui. Il s’agit toujours d’être soi-même, indépendamment de son

interlocuteur.

Se révéler en exprimant sincèrement ce que l’on pense, sans agresser ni

manipuler l’autre, expose au risque de rejet, car il n’est pas possible de plaire à tout

le monde puisque les autres ont leurs intérêts et leurs valeurs différents des nôtres.

Pour plaire à tout le monde, il faudrait se fondre dans le désir supposé de l’autre tout

en niant le sien. Ce serait créer une illusion que l’on est autre que soi-même (un faux

self), ce qui ne pourrait qu’aboutir à de la frustration ou du ressentiment et à la

déception des partenaires. Une conduite assertive permet plus facilement de nouer

des relations durables et épanouissantes. Il s’agit d’exprimer clairement ce que je

ressens, ce dont j’ai besoin, ce que je demande. L’assertivité s’oppose donc à la

timidité qui empêche d’exprimer sa pensée et qui fait se soumettre à la volonté des

autres, au détriment de ses propres besoins ou désirs.

 

♦ En pratique

 

Exercice 21 : Énergie

 

Objectif : Cet exercice permet de faire le plein d’énergie vitale et de se dynamiser.

 

Durant cinq minutes, focaliser son attention sur son souffle en s’ancrant dans son corps. Si votre attention part ailleurs, c’est normal, quand vous vous en rendez compte, ramenez le projecteur sur votre souffle sans vous critiquer.

Imaginez-vous dans une situation de la vie de tous les jours où vous ressentez de l’énergie en vous ou une situation dans laquelle vous étiez particulièrement énergique.

Laissez-vous imprégner de ce sentiment d’énergie, regardez-le

mentalement.

En ressentant profondément cette énergie spécialement disponible,

vous pourrez l’utiliser quand vous l’aurez décidé.

Revenez sur votre respiration puis ouvrez les yeux.

 

Collectionnez vos images d’énergie pour les avoir à disposition quand

c’est nécessaire, au travail, en famille, etc.

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