Au diapason de soi

Eva Voros · Chapitre 3 sur 36

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Au diapason de soi

PARTIE 1 - Connaissance de soi - Connais-toi toi-même

PARTIE 1

 

Connaissance de soi

 

Connais-toi toi-même

 

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1. Prendre conscience et vivre l’instant

présent

 

Vous le constatez souvent, votre esprit vagabonde et vous avez l’impression qu’il ne s’arrête jamais ! C’est normal : le cerveau produit sans cesse des pensées, ainsi que des images, et celles-ci sont à 70 % négatives. Pourquoi, me direz-vous ? Tout simplement parce que la nature a horreur du vide. Sérieusement ? ! Plutôt parce que vous êtes vivant et que tout comme votre cœur bat et que vos poumons respirent, votre système nerveux produit des pensées ! Et il n’y a pas de bouton off ! Même quand vous dormez, votre cerveau s’active et produit des rêves ou finalise ses apprentissages.

Des substances chimiques (dont les hormones et les neuromédiateurs) ont bien sûr un impact sur le déroulement de notre pensée. La dopamine est le neuromédiateur de la bonne humeur, la sérotonine instille le bien-être alors que le cortisol est sécrété lors du stress. Alors quand vous souriez, vous produisez de la dopamine et vous êtes de bonne humeur, tandis que lorsque vous avez les idées moroses, votre cerveau en produit moins ou inhibe leur production. Mais quelle est la poule et quel est l’œuf ? Est-ce parce que nous pensons à des choses tristes que cela a un impact sur nos hormones ou est-ce que nos hormones ont un impact sur notre humeur ? L’un et l’autre en fait puisqu’il y a interaction entre les différents processus qui se renforcent mutuellement. Donc, plus vous êtes triste, plus vous aurez des pensées maussades et plus vous serez heureux, plus vous serez de bonne humeur. Les routes neuronales se renforcent à chaque utilisation. C’est comme un sillon qui se creuse plus profondément à chaque fois. La répétition génère une autoroute neuronale qui se crée en assurant ainsi un apprentissage parfait ! On peut dire qu’il s’agit d’un cercle vertueux ou… vicieux, suivant le mode de pensée positif ou négatif.

On peut aussi se demander pour quelle raison le mode par défaut est

plutôt à 70 % constitué de pensées négatives et à 30 % de pensées positives ou neutres ? Parce que nous sommes « câblés » pour être en état de vigilance active comme un primate au fond de la jungle qui risque de voir surgir un tigre qui veut le dévorer. En somme, dans notre inconscient, c’est manger ou être mangé… Tout cela est régi par notre système nerveux autonome (SNA) et se déroule de façon automatique. Bien sûr dans notre mode de vie moderne, il n’y a pas de danger à chaque coin de rue, cependant, notre état d’alerte est là en permanence et génère un stress de base qui nous met en tension « utile ». La vie n’étant pas un long fleuve tranquille, nous le savons tous, nous sommes prêts au pire préventivement. La menace est imaginaire mais l’impact est le même. Au cas où un tigre surgirait, notre système nerveux est paré pour programmer une décharge d’adrénaline qui accélérera notre cœur, préparera nos muscles pour produire un effort et nous pousser à agir/attaquer, à fuir ou à nous immobiliser.

On peut dire que sans arrêt, nous sommes sur le qui-vive, prêts à

sauver notre peau et en train d’analyser ce qu’il se passe dans notre environnement pour nous préparer à affronter un danger petit ou grand. C’est tout le paradoxe, la même préparation survient qu’il s’agisse d’une menace minimale ou maximale, réelle ou imaginaire… À nous d’apprendre à dépasser nos automatismes cérébraux, de devenir conscients de ceux-ci et de déterminer la stratégie adéquate, ce que nous découvrirons au fil de la lecture.

 

ZOOM : LA NEUROPLASTICITÉ

 

Il y aurait environ 90 à 100 milliards de cellules nerveuses (neurones) dans un

cerveau et chaque neurone est connecté avec environ 1 000 à 10 000 connexions

synaptiques, assisté de 1 000 milliards de cellules gliales. Le tout relié

électriquement et chimiquement grâce à 5 000 sortes de molécules, dont une

centaine de neuromédiateurs. Les milliards de milliards de réseaux neuronaux et

synaptiques possibles dans un cerveau humain forment une entité en permanente

reconstitution : il existe donc une plasticité cérébrale qui nous permet d’évoluer tout

au long de notre vie ! Ainsi, un morceau de la taille d’un grain de sable contient plus

d’un milliard de synapses, donc de contacts interneuronaux.

Une véritable jungle grouillante de vie sous notre crâne ! Et si nous perdons un

neurone par seconde, nous savons désormais que de nouveaux neurones naissent

constamment dans une zone proche du bulbe rachidien mais le plus important n’est

pas tant les nouveaux neurones que les nouvelles connexions notamment sous

l’impact du désir, de l’affection, de la réflexion, de l’action, de l’effort volontaire. Les

chercheurs ont ainsi pu constater, grâce aux nouvelles techniques d’imagerie

cérébrale, que toute expérience – physique, émotionnelle ou intellectuelle – faisait

naître ou remodelait en nous un réseau neuronal.

Selon la loi de Hebb : stimuler un fragment de réseau revient à allumer et modifier

un réseau entier. Les réseaux de neurones sont à la fois stables et mouvants.

 

♦ En pratique

 

Exercice 1 : Centrage

 

Objectif : Cet exercice permet de se centrer sur sa respiration et sur son corps, expérimenter la conscience de l’intérieur et vivre l’instant présent.

Après avoir découvert certaines des fascinantes et déroutantes facettes de notre cerveau, nous pouvons expérimenter notre conscience grâce à un premier exercice qui vise à focaliser son attention sur son souffle en s’ancrant tout d’abord dans son corps durant cinq minutes. L’esprit s’inscrit dans notre corps ou l’inverse, le corps s’imprime dans notre esprit, ce que l’on appelle la corporéité ; les deux sont interdépendants et permettent notre présence au monde.

Prendre cinq minutes de son temps pour soi alors que l’on a des vies tellement remplies n’est pas toujours simple. Allez-vous vous octroyer ce moment personnel pour commencer à vivre en pleine conscience ?

 

Je me centre sur mon souffle…

Installez-vous confortablement et placez le projecteur de votre attention sur votre souffle qui va et qui vient, à son rythme.

Quand les pensées vous emportent au loin, ramenez doucement votre attention sur votre souffle et continuez à ressentir le mouvement de l’air qui passe par vos narines, gonfle votre cage thoracique, votre abdomen, puis suivez l’expiration. Ne modifiez pas le rythme de votre respiration, qu’il soit lent, rapide ou saccadé, prenez-en conscience, simplement.

Est-ce difficile de focaliser son attention sur son souffle ?

Rester « sans rien faire » n’est peut-être pas bien vu (par vous-même

ou par d’autres) et il se peut que vous hésitiez à pratiquer vos séances parce que vous n’avez pas de temps « à perdre »… Il s’agit, dans ce monde de performance tous azimuts, de prendre du temps pour soi, de se donner le temps. Quoi qu’il en soit, vous n’êtes qu’au début du chemin et ce qui compte n’est pas où l’on va mais de parcourir le chemin, de le « faire » afin d’« être » pleinement soi, en corps et conscience. C’est le premier pas vers soi. Osez !

Comme l’esprit est naturellement désordonné, vous avez certainement

dû ramener votre conscience régulièrement sur votre souffle. C’est normal, c’est sa nature !

D’autre part, vous avez peut-être observé un état intérieur de détente

en vous centrant sur votre respiration ? C’est un effet possible mais ce n’est pas le but recherché, néanmoins, cet état de détente du corps et de l’esprit est le bienvenu ! Il se peut aussi que le corps manifeste des sensations inconfortables… Bref, un premier pas vers soi, ouvert à l’intérieur comme vers l’extérieur, en pleine conscience, ici et maintenant, dans l’instant présent.

Passons à présent à l’étape suivante qui vous permettra de mieux

comprendre votre mental et de découvrir les richesses insoupçonnées de votre potentiel.

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