Au diapason de soi

Eva Voros · Chapitre 36 sur 36

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Au diapason de soi

Conclusion

 

À chaque instant, votre cerveau perçoit toutes sortes d’informations à travers les différentes modalités sensorielles, toucher, vision, odorat, audition et goût, permettant la perception de stimuli provenant du monde extérieur. Depuis la rétine, le tympan, la peau, la langue ou la muqueuse nasale, ces autoroutes des sensations que sont les fibres nerveuses des systèmes sensoriels véhiculent au cerveau les informations en quelques dixièmes de seconde. Pourtant, toutes ces informations n’arrivent pas à la conscience ! Notre cerveau effectue un traitement considérable de l’image avant de nous donner à voir un monde stable, avant que notre cortex ne résolve le puzzle de la perception et n’assemble les données en un tout cohérent.

 

L’accès à la conscience correspond à une onde d’activité neuronale qui progresse jusqu’à un point de non-retour, comme une boule de neige qui devient avalanche. Il s’agit alors d’un embrasement des régions corticales qui forme un état cohérent et cet état de conscience démarre environ un tiers de seconde après que le stimulus est apparu sur la rétine ou un autre système. Le cortex préfrontal reçoit alors des informations ascendantes en provenance des organes des sens, mais il dialogue également avec eux en retour, en renvoyant de nombreux messages descendants. Il en résulte un réseau cérébral global formé de multiples régions synchrones, notamment dans les régions pariétales et préfrontales.

 

L’accès à la conscience n’est donc pas automatique, notre cerveau traite l’information d’une manière hautement modulée. On retrouve ici une notion importante telle que la plasticité neuronale. La plasticité, c’est l’inverse de la rigidité. Pour les circuits neuronaux, il s’agit de la capacité que les neurones ont de modifier l’efficacité avec laquelle ils transmettent l’information. Lorsque le cerveau apprend, les neurones et autres cellules se transforment, leurs connexions s’affinent et se multiplient, des réseaux s’organisent et se réorganisent, la vie chimique ne cesse de s’activer. Cela confère à notre cerveau la capacité d’enregistrer de manière durable les informations provenant de notre environnement, mais aussi celle de permettre aux expériences vécues de laisser une trace neuronale, notamment dans le cadre de la mémoire émotionnelle. Il y a environ 100 milliards de neurones et chaque neurone reçoit environ 10 000 synapses de la part d’autres neurones : cela donne un million de milliards de points de contact auxquels l’information entre les neurones peut être transmise. Cela donne le vertige et nous sommes bien loin d’une notion de câblage rigide et binaire. La réorganisation des réseaux ne cesse tout au long de la vie de se faire et se défaire au gré des apprentissages nouveaux, de la rectification des erreurs et des raisonnements. Chaque fois que le cerveau apprend, les réseaux se modifient, les connexions se renforcent, assurant l’élaboration et la mémorisation des connaissances.

 

Et pourtant, notre merveilleux et puissant cerveau se laisse distraire

constamment par des pensées parasites et ce mécanisme est automatique, c’est l’héritage de l’évolution… En dehors de l’attention, le monde n’est qu’un brouhaha assourdissant.

 

La morale de cette histoire, c’est que l’on peut choisir de se laisser

distraire par nos pensées ou que l’on peut former son esprit et lui apprendre à demeurer dans le moment présent sans être absorbé par ses pensées, ses émotions, ses peurs, etc., sans s’y identifier. S’ouvre alors une conscience plus vaste, un espace de plénitude.

 

Chaque histoire de vie est une aventure unique et les neurosciences

nous suggèrent que c’est notre façon de percevoir le monde qui lui donne un goût de bonheur ou de malheur. Vous ne pouvez être libre dans le futur, vous ne pouvez l’être que dans l’instant présent, toutes les autres analyses sont de l’ordre du mental qui nous distrait.

Utilisez pleinement vos sens, soyez véritablement présent là où vous êtes. Regardez autour de vous, simplement, sans interpréter. Voyez la lumière, les formes, les couleurs, etc. Écoutez les bruits sans les juger. Entendez le silence. Observez le bruit de votre respiration, sentez l’énergie de vie qui circule dans votre corps. De la sorte, vous laissez derrière vous le monde assourdissant de l’abstraction mentale, du temps, de la négativité.

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