Au diapason de soi
25. Faire face aux critiques
Les critiques et les reproches sont de deux types : précis et justifiés ou flous et injustifiés.
Pour pouvoir y répondre, il importe de les discerner ou de demander des explications basées sur des faits plutôt que de rester sur des allégations trop générales qui ne permettent pas d’en discuter.
Lorsqu’on reçoit des critiques, c’est souvent perçu comme une agression, car elles sont généralement mal formulées. Le réflexe est donc de se défendre, de contre-attaquer, le ton monte vite et cela aboutit à un conflit.
Si nous considérons la critique comme une possibilité de progresser ou d’améliorer la relation, ce ne sera plus un point marqué ou perdu par l’autre. Ce ne sera qu’un problème pour lequel on peut chercher ensemble une solution pour le bénéfice de chacun.
Si la critique est justifiée, vous avez par exemple remis un rapport en retard, c’est un fait et il importe de le reconnaître, « oui, c’est vrai, j’ai fait cela ; oui, tu as raison, je me rends bien compte que… ; je comprends que vous soyez déçu », ce qui ne signifie pas faire aveu de faiblesse mais donne de la force, car nous nous posons sur un plan d’égalité et face à une personne agressive, cela fait généralement retomber la tension, ce qui évite un conflit. En effet, notre façon de répondre est indépendante de la façon dont on nous fait la critique ou de la personne qui la formule.
Face au désir de perfectionnisme, la critique est difficilement acceptable au niveau de notre amour-propre, nous nous voudrions parfaits, sans aucune faille ou défaillance, « si je ne suis pas parfait, je ne vaux rien ». Cet écart entre la perfection que nous exigeons de nous (idéal du moi) et la réalité est insupportable et il faut à tout prix nous défendre et nous justifier pour lutter contre cette blessure narcissique. De surcroît, nous prêtons aux autres la même sévérité que nous avons avec nous-mêmes et nous croyons que seule la perfection nous permet d’être aimés et estimés. Admettre notre erreur, c’est pensons-nous, nous mettre en position de faiblesse par rapport à l’autre qui pourra l’utiliser contre nous indéfiniment. Or, cela donne une force par rapport à une éventuelle critique injustifiée ultérieure que nous pourrons refuser.
Il est difficile de rester de marbre face à une critique injustifiée, car
nous la ressentons, de notre point de vue, comme injuste, et non du point de vue de l’interlocuteur qui est souvent sincère. Nous pouvons ainsi nous sentir agressés. Il est donc essentiel de penser en termes d’injustifié et non d’injustice, car cela impliquerait une intention négative à notre égard. Formulez votre rejet clairement : « Je n’ai jamais eu ce dossier entre les mains ; je te dis que ce n’est pas moi, je suis très déçu que tu insistes… »
Face à des critiques mal formulées, par exemple : « Tu es tellement
désordonné ; tu es toujours mal luné ; tu n’es qu’un égoïste… », il est important de demander des précisions, des faits : « Pour quelles raisons me trouves-tu égoïste ? », et de clarifier la situation. En effet, on peut critiquer un comportement précis mais pas la personne. On peut alors répondre en exprimant son ressenti : « Je suis très blessé que tu me traites d’égoïste et je souhaite savoir quelles sont les raisons. » Si un sentiment de persécution existe, cette partie de soi-même réagira peut-être de façon excessive, voire par de la colère et du rejet en retour. Cette colère peut nous servir à signifier notre mécontentement ou notre désaccord sur un sujet, elle nous donne l’occasion de défendre notre territoire et nous permet d’être respectés mais souvent, elle révèle un besoin en souffrance qu’il importe de reconnaître.
Des attentes irréalistes ou une trop grande sensibilité entretiennent une
perception erronée de la réalité et proviennent en partie de la conviction qu’un tiers ou un événement est responsable de notre détresse. Or, nous sommes responsables de ce que nous ressentons dans une relation, chacun à notre bout de la relation. Il est essentiel de se manifester dans le respect de soi et de l’autre.
ZOOM : CRITIQUE
Une critique n’est pas une accusation, donc pas de défense. Une reconnaissance
et une brève explication suffisent : « Oui, c’est vrai, je n’ai pas remis le rapport dans
les délais prévus, je m’organiserai mieux à l’avenir. »
Une critique n’est pas une attaque (même si elle est mal formulée), donc pas de
contre-attaque (ping-pong verbal).
Une simple reconnaissance positive de l’erreur, avec empathie, importe autant
que la prise en compte des conséquences afin de trouver les moyens d’y remédier.
Il s’agit de se poser la question : « le fait est-il exact ? » et non « suis-je
coupable ? », car ce n’est pas un procès et le caractère justifié de la critique s’estime
du point de vue de l’autre, même si pour vous ce n’est pas grave, ce n’est qu’une
« petite » erreur… Petite ou grande, si le fait est précis et justifié, acceptez-le. Ce ne
sera pas la fin du monde…
♦ En pratique
Exercice 25 : Tension et détente
Objectif : Cet exercice (issu de la sophrologie) permet d’évacuer physiquement la colère, les tensions dans une situation où vous vous êtes senti agressé par exemple.
Prenez une grande inspiration par le ventre et contractez tous les muscles du corps, de la mâchoire, les poings, tendez bras et jambes ; bloquez le tout sans respirer un court instant.
Dès que vous en ressentez le besoin, expirez puissamment par la bouche et libérez toute l’énergie contenue en vous en relâchant votre corps.
Faites la séquence au moins trois fois puis prenez le temps de vous détendre et décontractez tout votre corps tout en vous imaginant dans un endroit calme et en vous mettant à l’écoute de votre respiration que vous laissez devenir de plus en plus calme, profonde.
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