Au diapason de soi

Eva Voros · Chapitre 30 sur 36

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Au diapason de soi

26. Accueillir le jugement des autres

 

 

Je juge, tu juges, il juge, nous jugeons… et je me juge aussi.

Quel est ce travers dans lequel nous tombons tous systématiquement ?

Après avoir été jugé, depuis tout petit, « qu’il est beau, qu’il est lent,

qu’il est grognon… », nous avons intégré ce mécanisme par imitation puis, par habitude, nous l’avons maintenu.

Nous ne supportons pas d’être jugés, étiquetés, et pourtant nous

passons notre temps à établir des jugements, à coller des étiquettes sur les autres et sur nous. Nous avons développé un juge intérieur toujours prompt à donner son avis en bien ou en mal…

« Qu’est-ce qu’il est moche celui-là », et je me juge plus beau que

lui…

Cet esprit de comparaison nous permet de nous placer au-dessus des

autres totalement artificiellement, car quelles sont les bases de ce jugement critique ? Notre estime de soi, bonne ou moins bonne, nous incitera à nous surévaluer ou à nous sous-évaluer.

La tendance étant, dans nos sociétés occidentales, à l’illusion de

supériorité ! On note, dans une étude réalisée aux Pays-Bas par des 1 psychologues de l’université de Groningue, que 70 % des participants ont tendance à considérer qu’ils ont des compétences plus élevées que les performances médianes de leurs camarades (alors que par définition ils devraient être 50 %). Ils surestiment donc leurs aptitudes cognitives et sociales. Ce que l’on appelle un biais de supériorité. Autre caractéristique de cette illusion de supériorité : elle s’étend au cercle des intimes à cause du biais de groupe qui nous pousse à privilégier des personnes de notre entourage par rapport à des étrangers.

Cette tendance à tout ramener à soi est un mécanisme égocentrique qui

consiste à accorder davantage d’importance à sa propre personne et à ses capacités qu’à celles des autres. Mais il existe aussi un biais cognitif opposé : l’illusion d’infériorité, qui protégerait les personnes confrontées à une tâche complexe de façon à protéger leur image en cas d’échec.

On peut donc se poser la question de la valeur que l’on s’accorde réellement puisque cela dépend des comparaisons que l’on établit avec les autres, les qualités que l’on s’accorde sont donc toujours relatives, incertaines et fluctuantes…

Arrêter de juger et de se juger semblerait une bonne option, mais est-ce envisageable ? On peut tout d’abord en prendre conscience et briser la répétition de cette habitude en faisant l’effort de ne pas juger et également de se rendre compte des émotions et des sentiments qui s’installent en nous au départ de nos jugements. Sommes-nous prêts à lâcher ces jugements envers nous-mêmes ou envers autrui ?

À l’inverse, si nous n’arrivons pas à arrêter ce critique intérieur, peut-être pouvons-nous aiguiser notre regard sur l’impact qu’a sur nous le jugement de l’autre en accueillant celui-ci ? Il s’agit alors de regarder en soi ce que cela touche et ce qui vibre en résonance sur nos propres cordes intérieures en rapport au jugement positif ou négatif. Pouvons-nous l’accepter ou non ? Quelqu’un dit par exemple que vous êtes lent et cela vous dérange… Cela vous touche probablement parce qu’il y a une partie de vous qui est lente et qui n’est pas reconnue, acceptée. Vous pensez peut-être qu’il faut aller vite en toutes circonstances ? Vous voulez être performant ?

En accueillant le jugement de l’autre et ce qu’il touche en soi, vous pourrez repérer vos points sensibles et utiliser les flèches tirées contre vous pour réparer les failles dans votre estime de soi et dans l’amour que vous vous portez.

Chaque fois que quelqu’un vous fait une remarque qui vous blesse ou vous fait réagir, notez-la sans pour autant vouloir y répondre. Prenez conscience de vos jugements personnels et veillez à être indulgent avec vous-même, c’est un premier pas vers l’authenticité.

 

ZOOM : SUBJECTIVITÉ ET CONSCIENCE

 

La subjectivité est un processus qui repose sur deux composantes essentielles :

l’élaboration d’une perspective propre à nos images mentales et l’accompagnement

de ces images par les sentiments. L’un des piliers de l’édifice de la subjectivité est le

fonctionnement des piliers sensoriels, au sein desquels on trouve les organes

responsables de la fabrication des images extérieures (nos cinq sens). La perception

des émotions, second ingrédient de la subjectivité, produit un riche arrière-plan sans

lequel la perspective individuelle ne pourrait exister.

La conscience est un état d’esprit particulier dans lequel les images mentales sont

imprégnées d’une subjectivité et sont projetées dans notre esprit de manière

intégrée. L’esprit émerge – dans toute sa complexité – du fonctionnement du

système nerveux et de celui du corps, de façon circulaire. Ce n’est que lorsque

l’esprit acquiert un point de vue de vue subjectif, que la conscience proprement dite

peut naître, et donc l’individualité.

 

♦ En pratique

 

Exercice 26 : Mots clés positifs

 

Objectif : Cet exercice permet de contrebalancer nos jugements

critiques intérieurs.

 

Faites votre liste de mots clés positifs qui peuvent vous aider, par

exemple : calme, détente, réussite, zen… :

..................................................................................................................

.

………………………………........................................................

 

Durant une méditation et suivant vos objectifs quotidiens, utilisez les

mots clés en essayant de répéter mentalement celui de votre choix à la place des petites voix critiques de vos pensées habituelles.

Par exemple, sur l’inspiration vous répétez le mot calme et sur

l’expiration le mot détente, cela durant quelques minutes pour bien vous imprégner de vos mots positifs.

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