Ce qui se passe au congrès reste au congrès

Amélie Dubois · Chapitre 37 sur 122

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Ce qui se passe au congrès reste au congrès

Chapitre 35

Retour Québec-Gatineau

14h03

 

— Marc devient exaspérant, à force d’insinuer qu’il a le pouvoir de nous mettre la tête sur le billot à tout moment, maugrée Katia.

— Il se donne de l’importance en jouant à ce petit jeu, analyse Vicky. C’était long la conférence ce matin-là.

— Plate à mort ! Une chance que Caro nous donnait un peu de crédibilité en se montrant SI intéressée. Ark ! Tu me tapais sur les nerfs à force de prendre des notes aussi passionnément, se remémore Katia en soufflant bruyamment, les joues gonflées d’air.

— Je participais, MOI. On était à Québec pour un congrès, non ?

— Ha ! ha ! On était là pour ça ! Est bonne, rigole Katia, persuadée que son amie plaisante.

Ne blaguant pas, Caroline reprend, en nuançant quelque peu son propos :

— On était en partie là pour ça.

— Et tes nombreux soupirants masculins du staff, eux autres ? Ils travaillaient « en partie » et le reste du temps ils te faisaient la cour, c’est ça ? la taquine Katia, avant d’échanger un regard complice avec Vicky qui s’est tournée vers elle.

— Pfft !

— Une belle brochette de mineurs en plus, rajoute Katia, amusée à souhait de voir Caroline presque insultée.

— Mineurs ? Franchement !

— Dis-le qu’il s’est passé quelque chose avec au moins un des deux, la nargue Vicky.

— Ouin, on te croit pas qu’il n’y a rien eu du tout…

Caroline les coupe brusquement ; elle troque son attitude offusquée-amusée pour un visage très mécontent.

— Vous allez encore me sortir : « Au Mexique, en tout cas, on t’a crue, mais finalement blablabla… » ? C’est ça, hein ? Dites-le ?

La voyant ainsi en colère, les filles cessent sur-le-champ leurs taquineries.

— Mon Dieu, calme-toi, Caro. On rigole.

— On ne rigole pas, non. Je le sais que vous allez me ramener cette histoire sur le nez pour le reste de ma vie. Je suis tannée et ça me fait suer. Voilà ! Je n’aurais jamais dû tout vous dire à cette époque-là, c’est tout…

— Aaaahh… Caro, capote pas. On n’en reparlera plus jamais. Promis !

Un silence pesant emplit peu à peu l’habitacle de la voiture, tel un nuage de fumée opaque s’immisçant doucement par les vitres. Personne ne dit mot. Caroline regrette de s’être montrée trop émotive, tandis que les deux filles semblent également se reprocher de s’être payé sa tête. Elles restent tout de même secrètement amusées de la voir encore se culpabiliser autant pour des événements datant de plusieurs mois. Elles se demandent tout de même si elles doivent croire ou non Caroline, qui les a si bien mystifiées par le passé. Katia revoit défiler dans sa tête des images de Caroline et de son attitude à l’égard des deux gars, le premier midi, au restaurant de l’hôtel…

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