Ce qui se passe au congrès reste au congrès

Amélie Dubois · Chapitre 60 sur 122

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Ce qui se passe au congrès reste au congrès

Chapitre 58

Congrès

Jour 3

 

De retour à la chambre, Vicky et Katia, allongées sur leur lit, discutent de leur week-end. Katia se confie à son amie :

— Il m’intrigue, Jean. Je sais pas pourquoi, j’ai l’impression qu’il ne me dit pas la vérité. En fait, il me dit pas grand-chose sur lui tout court, et il doit bien y avoir une raison à ça.

— À quoi tu penses ?

— Je sais pas trop. Comme je disais à Caro hier, je crois qu’il est le grand patron ou un actionnaire. Il a sûrement plein de cash et il veut pas que je le sache. Les hommes riches ont tout le temps peur que les femmes ne s’intéressent à eux que pour leur fric. Il est peut-être marié aussi…

— C’est peut-être lui en personne, Raymond Chabot !

— Tu ris, mais peut-être… ou genre son fils qui a repris toute l’entreprise. J’aurais baisé avec the Raymond junior Chabot en personne ?

En contemplant le plafonnier de la chambre, Katia réfléchit en silence, le sourire aux lèvres, avec un brin de contentement. Plusieurs questions fourmillent dans sa tête. Une illumination jaillit. Elle se lève alors d’un bond en toisant Vicky d’un drôle de regard.

— Quoi ?

Sans rien dire, elle se dirige vers les portes communicantes et ouvre la première. Elle frappe trois petits coups sur la seconde.

— Qu’est-ce que tu fais ?

Toujours sans rien dire, Katia attend une réponse. Jean ne semble pas y être. Doucement, comme si elle craignait de faire trop de bruit, elle tente d’ouvrir la porte de son côté. Bingo ! Elle s’entrebâille. Ne sachant pas que Katia est passée par là ce matin et le matin précédent, il n’a pas verrouillé la porte de l’intérieur. Vicky observe sa compagne, sans trop comprendre le but de sa démarche. En ouvrant plus grand, elle vérifie de nouveau, au cas où il n’aurait pas entendu la première fois.

— Jean ?

Elle passe la tête dans l’embrasure de la porte et l’appelle, plus fort cette fois-ci, pour être bien certaine de son coup.

— Jean ?

Toujours pas de réponse. Elle se faufile dans la pièce en vitesse. Vicky se lève subito presto et la suit en pouffant.

— Tu va fouiller dans ses affaires ? lui lance-t-elle, tout de même pas convaincue que c’est l’idée du siècle.

— Juste un peu…

Restée entre les deux portes, Vicky se demande à cet instant si elle doit participer ou non à cette corvée de recherche illégale.

— Aide-moi ! supplie la fautive, en commençant par ouvrir délicatement les tiroirs.

— Qu’est-ce qu’on cherche ?

— Je ne sais pas… une carte d’affaires peut-être. Des documents de travail.

En riant toujours nerveusement, Vicky ouvre avec précaution la mallette de son portable placée sur une chaise. Les tiroirs étant tous vides, Katia s’attaque alors aux poches de ses vestons et chemises, soigneusement suspendus dans la penderie. Toujours rien. En se rendant ensuite dans la salle de bain, Katia constate que les divers articles de toilette qui s’y trouvent ne l’aideront guère à en apprendre davantage sur l’individu en question. Elle revient vers sa complice, bredouille. Vicky vient de terminer de soulever les vêtements de sa valise et d’en vérifier les poches extérieures. En avançant vers la table de travail, où repose le menu du service aux chambres et l’enveloppe de pourboire pour l’entretien ménager journalier, elle voit dépasser un petit bout de carton. Elle commente sa découverte à son amie :

— Une carte d’affaires ici, mais ça n’a pas rapport. La carte d’une entraîneuse privée d’un centre de conditionnement physique de Québec…

— Ah, ce doit être le congrès de Zumba qui recrute des membres.

— En effet.

— Sinon, rien.

— Il n’y a aucun papier ou document. Il doit les avoir avec lui pour le congrès, présume Vicky avant de revenir vers leur chambre.

Comme Katia reste là, Vicky lui suggère :

— Et à cette heure-ci, il doit revenir bientôt, donc viens-t’en !

Elle obtempère et suit son amie avant de refermer derrière elle, très déçue de n’avoir récolté aucun indice supplémentaire.

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