Château Pékin

Boris Pétric · Chapitre 12 sur 31

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Château Pékin

8 - Le wine global hub

8

Le wine global hub

 

En juin 2015, je reviens pour un mois à Hong Kong, où j’ai désormais la chance de séjourner au Hong Kong Institute for the Humanities and Social Sciences. À cette époque particulièrement chaude de l’année, je commence ma journée par une promenade au milieu de la forêt tropicale qui surplombe Hong Kong Island. Malgré l’heure matinale, les longs chemins sont déjà très fréquentés et on y croise quelques promeneurs de chiens philippins tirés par une dizaine d’animaux, de riches habitants du quartier Mid-Levels, des joggeurs ou des marcheurs qui profitent de la fraîcheur matinale. Certains endroits offrent une vue imprenable sur la baie de Hong Kong et les nombreux bateaux qui la sillonnent. J’aperçois au loin le bal des gigantesques navires aux milliers de conteneurs bariolés qui sont chargés et déchargés sur le port et dans lesquels de nombreuses caisses de vin doivent probablement se trouver. En quelques années, Hong Kong s’est imposé comme un lieu incontournable de stockage des vins fins, avec plus de 2 millions de caisses. Je reste plusieurs semaines à Hong Kong, car son poids dans l’économie viticole ne se limite pas à l’événement Vinexpo. Son rôle singulier s’est peu à peu construit grâce à une politique publique volontariste.

J’ai rendez-vous un peu plus tard dans un grand hôtel de Central pour rencontrer l’un des principaux artisans de cette success story. Henry Tang, passionné de vin, s’est illustré, en tant que Premier secrétaire de l’Administration de 2007 à 2011, comme l’un des grands artisans du nouveau Hong Kong wine global hub et du rapprochement avec la Chine.

En 2007, son gouvernement a décidé l’abolition des taxes et la suppression des licences de vente import-export de vins. Cela a provoqué immédiatement un boom d’activité dans ce domaine. Henry Tang précise : « Nous avons créé plus de cinq mille emplois et nous avons construit les infrastructures nécessaires pour que notre île devienne incontournable dans le monde du vin. »

Ce Hongkongais a découvert le vin lors de ses études dans le Michigan. Aux États-Unis comme en Angleterre, toutes les grandes universités (notamment l’Ivy League) possèdent leur cave à vins et les influentes fraternités ont souvent leur club de dégustation et un journal qui consacre une colonne au sujet. Le jeune Henry Tang s’est passionné pour le vin, et ses années américaines ont été une première initiation aux différences entre les cépages, les millésimes et les régions.

À son retour à Hong Kong, en 1976, il a peiné à trouver les vins qu’il avait découverts sur le sol américain. Il a voulu se constituer sa propre cave, mais s’est heurté à des taxes exorbitantes. Comme beaucoup de Hongkongais, il a stocké ses vins chez les grands marchands londoniens. À partir de ce moment-là, il a cherché à s’approvisionner directement et a séjourné régulièrement en Bourgogne. Il s’est lié d’amitié avec quelques grands viticulteurs. Puis il s’est mis à organiser des dégustations, notamment au sein du Jockey Club, en faisant venir les meilleurs vignerons français.

L’élite hongkongaise était particulièrement initiée aux grands crus français, grâce à sa relation avec les élites britanniques et américaines, elles-mêmes amatrices de ce type de vins. Au moment de l’ouverture de la Chine, à la fin des années 1980, l’ancienne colonie britannique s’est révélée être un vecteur essentiel pour la pénétration de la culture du vin en Asie.

La passion pour le vin de Henry Tang s’est articulée avec une nouvelle vision du rôle de Hong Kong après la rétrocession de l’île à la Chine, en 1997. La stratégie politique de Henry Tang a consisté à ne pas enfermer son pays dans sa réputation de centre financier et à le transformer en un hub du monde des affaires entre l’Asie et le monde occidental. Les grands vins faisaient alors partie de ces marchandises prisées par les riches Chinois qui débarquaient massivement à Hong Kong. Henry Tang explique : « Hong Kong a toujours été un lieu de rencontres cosmopolites. Au début des années 2000, beaucoup de nouveaux riches chinois demandaient du vin, et j’ai réalisé que nous pouvions devenir l’un des centres névralgiques de l’économie mondiale dans ce domaine. »

L’ancienne colonie britannique, qui disposait déjà d’infra structures portuaires de premier plan, a décidé d’en mettre en place d’autres pour l’organisation de foires internationales qui faciliteraient les rencontres. Les élites hongkongaises se sont beaucoup investies dans le développement de la nouvelle économie chinoise. Dans leurs affaires, elles ont toujours un partenaire ou un intermédiaire chinois. Il faut bien comprendre que les grandes familles hongkongaises ont connu des enrichissements considérables avec l’ouverture de l’économie chinoise.

Mais pour que Hong Kong devienne un des hauts lieux de l’économie mondiale du vin, il fallait créer un climat propice aux affaires et disposer d’équipements qui faisaient défaut à la Chine continentale. Plusieurs éléments déterminants : les infrastructures portuaires, qui facilitent la circulation des marchandises, et une expertise douanière et juridique, qui garantit la qualité des produits. Alors que les bouteilles de vin sont lourdement taxées par Pékin, une grande partie des 63 millions de bouteilles de vins fins passant par Hong Kong finissent par se retrouver en Chine. « Aujourd’hui, s’il y a des millions de bouteilles qui dorment à Hong Kong, c’est que nous avons des atouts que n’ont pas d’autres villes de la Chine continentale. La construction de la confiance est un élément essentiel. Cela repose aussi sur le stockage. » En effet, au-delà des problèmes de taxes et de douanes, ces vins doivent pouvoir être stockés dans de bonnes conditions, sur une île aux températures tropicales.

Henry Tang me conseille de rencontrer Gregory De ’Eb, un autre artisan du Hong Kong wine global hub. Cet ancien diplomate britannique est aujourd’hui à la tête d’une entreprise spécialisée dans le stockage des vins fins, Crown Wine Cellars, réputée pour être l’« Alcatraz » du stockage des vins de collection, et qui abrite des millions de précieux flacons.

Quelques jours plus tard, Gregory De ’Eb me fait visiter son entreprise (même s’il rechigne généralement à la montrer à des personnes extérieures), qui se situe sur les hauteurs de Hong Kong Island, au milieu de la végétation, dans un lieu insolite. Il a transformé l’ancienne forteresse britannique, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, en une gigantesque cave à vins ultrasécurisée. Ses souterrains ont l’avantage d’être à l’abri à la fois des fortes températures, de la lumière et des cambrioleurs.

Gregory, entouré de deux gardes, me guide sur un chemin longeant la forêt sous une chaleur tropicale. Ils ouvrent une grande porte en fer donnant sur un tunnel rocheux, puis actionnent deux portes blindées dignes des plus grandes banques. Nous débouchons alors dans une grande salle où des allées d’étagères sont remplies de caisses de vin. Gregory De ’Eb commente la visite : « Deux caisses de Romanée-Conti à ma droite, une caisse du fameux Petrus 1961, Louis Latour 1924, une caisse de champagne Salon, trois caisses de Lafite 1982… C’est magnifique, je me sens merveilleusement bien ici et presque en France, au milieu de ces caisses ! »

La chaleur est tombée d’un coup, la température se maintient à 12 degrés, l’idéal de conservation pour les vins. Gregory enchaîne : « Hong Kong est une marque, et les Hongkongais ont la capacité de mettre en place très vite une action publique. Pour le vin, nous nous sommes aperçus que beaucoup d’acheteurs gardaient leurs caisses à Londres – notre petit groupe d’investisseurs pareillement. Nous avons persuadé bon nombre de collectionneurs de les rapatrier pour avoir de meilleures conditions de stockage ici, à Hong Kong, sans payer de taxes en plus. Aujourd’hui, il y a plus de quarante sociétés qui nous ont confié ces millions de caisses ! »

Crown Wine Cellars conserve plus de 300 000 caisses, pour une valeur estimée à plus de 2 milliards de dollars hongkongais. Gregory De ’Eb m’explique en quoi l’émergence de Hong Kong a bouleversé le statu quo du commerce international des vins fins. Jusqu’à la fin des années 1980, il y avait selon lui trois acteurs principaux dans le monde du vin : la France – et surtout Bordeaux comme principal lieu de production –, puis Londres et New York, qui ont été successivement les places importantes pour le commerce international et le stockage de ces vins. Jusqu’à l’émergence de Hong Kong, Londres et New York occupaient une place monopolistique. Gregory De ’Eb a recours à une image pour résumer la situation : « La table internationale avait seulement trois pieds, un pied avec les vignobles français, un deuxième avec Londres, qui contrôlait le business du vin ; c’était comme une mafia, les Français envoyaient tous les vins à Londres, donc c’était un marché protégé, mais ce n’était pas un marché équitable. Ensuite, les États-Unis sont entrés dans la danse et ont exercé leurs muscles. Quand les Américains ont commencé à boire, ils ont demandé à faire partie de la table, et les Anglais, assez arrogants, ont dit non, vous êtes des cow-boys ! Mais Robert Parker a révolutionné le marché, et des opérateurs américains ont commencé à développer leur propre logistique et leurs lieux de stockage… À Hong Kong, on a formé un comité et on a créé une association d’expertise et d’assurance de vins de collection. C’était la première fois qu’un gouvernement organisait une certification de stockage. Hong Kong est devenu le quatrième pied qui manquait à la table internationale du monde du vin ! »

La mise en place de ce savoir-faire repose sur une volonté collective et politique, et Gregory De ’Eb n’est pas inquiet face à la concurrence de la Chine continentale dans l’avenir : « En Chine, il n’y a pas cela… Il n’y a pas cette concentration d’expertises. Le dédouanement est compliqué dans les ports chinois et les taxes sur le vin restent élevées. Les transactions financières sont sûres, ici. Je suis convaincu que Hong Kong va garder le leadership pendant un bon moment. »

La confiance se construit sur la présence d’institutions qui assurent la certification de l’origine et de l’authenticité des produits. Gregory De ’Eb insiste sur une autre dimension qui explique le succès de Hong Kong par rapport à d’autres villes chinoises qui aimeraient entrer en concurrence. « Pour les produits qui ont une valeur élevée, c’est bien sûr très important de stocker, mais il faut pouvoir garantir l’expertise de la marchandise. » L’autre grand acteur de ce wine global hub est l’ensemble des maisons de vente aux enchères qui se sont déplacées à Hong Kong.

« Si je résume, il y a d’abord eu 0 % de taxe, puis l’installation des maisons de vente aux enchères, ensuite il a fallu gérer la logistique et le stockage et encourager les gens à venir au moment des foires et autres manifestations autour du vin. »

Christie’s et Sotheby’s sont très présents à Hong Kong, pas seulement dans le vin. Toutes les marchandises de luxe prisées mondialement sont vendues par l’intermédiaire de ces grandes maisons passées sous pavillon français, qui font désormais la majorité de leur chiffre d’affaires à Hong Kong. Christie’s appartient au groupe Kering de François Pinault, tandis que Sotheby’s est contrôlé par LVMH.

L’émergence de Hong Kong correspond à un changement significatif dans l’organisation des échanges économiques et le poids des ordres politiques nationaux. Au cours de l’histoire, les places fortes de commercialisation du vin ont toujours symbolisé la puissance mondiale d’un pays. Le prestige international des vins français ne date pas d’aujourd’hui. Au XVIIIe siècle, l’aristocratie anglaise était une grande consommatrice des vins de Bordeaux. Au moment du firmament de la puissance britannique, les principales ventes aux enchères de grands vins de collection se tenaient à Londres. Traditionnellement, les clubs et les cercles mondains influents, mais aussi les grandes universités britanniques ont toujours été d’importants consommateurs de vins français. Il y a eu ensuite une forme d’imitation de la part de la bourgeoisie WASP américaine, et les grandes universités d’outre-Atlantique ont aussi développé des journaux et des clubs spécialisés dans le vin.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, les grandes ventes aux enchères de vins fins ne se déroulaient plus à Londres, mais à New York. Aujourd’hui, Londres et New York ont été détrônés par Hong Kong.

Hong Kong exprime l’émergence d’une nouvelle forme d’espace politique qui n’est plus britannique, qui n’est pas tout à fait chinois, mais qui occupe un rôle central dans les flux économiques et financiers et leur régulation. Jusqu’à présent, les vins fins français étaient essentiellement confrontés à un marché « occidental », c’est-à-dire dans le prolongement des références « civilisationnelles » de la France. Aujourd’hui, la consommation de grands vins français demeure associée au prestige, à la puissance sociale et économique, mais bien au-delà de l’univers occidental.

Au cours de mes multiples séjours à Hong Kong, des liens d’amitié se sont créés et m’ont permis de plonger en profondeur dans la réalité de cette économie de prestige. Un dimanche matin, j’ai rendez-vous avec un sommelier chinois qui travaille dans un grand hôtel du quartier Central.

Nous nous retrouvons dans un centre commercial à proximité de son lieu de travail. Nous traversons ensemble le quartier, qui prend une coloration particulière le dimanche. Des dizaines de milliers de jeunes femmes, pour la plupart d’origine philippine, investissent les trottoirs et les rues du centre-ville. Elles sont assises par petits groupes et se retrouvent par régions d’origine. Elles travaillent toute la semaine dans les familles hongkongaises pour s’occuper du ménage, des enfants ou des chiens. Ici, certaines jouent aux cartes, préparent des colis à expédier chez elles. D’autres chantent ou dansent pour oublier leur condition difficile et se souvenir du pays. C’est un spectacle étrange d’observer ces femmes assises sur le trottoir au milieu des boutiques de luxe fréquentées par les Hongkongais qui se faufilent entre les groupes tout en s’efforçant d’ignorer leur présence.

Arrivé il y a quelques années, Andrew a commencé à travailler comme serveur dans l’hôtellerie avant de se passionner pour le vin. Son salaire ne lui suffit pas pour vivre correctement à Hong Kong. Il me parle de son petit commerce inavouable : il récupère des bouteilles vides de grands crus français, qu’il revend dans les Nouveaux Territoires entre 10 et 150 dollars pièce. Il m’explique, un brin amusé : « Je récupère aussi les bouchons, quand c’est possible, il faut faire attention de ne pas enfoncer l’ouvre-bouteille trop profond, ainsi tu peux ensuite retourner le bouchon et le réutiliser de l’autre côté. J’essaye toujours de récupérer le col, mais c’est plus compliqué. Ensuite, je revends ces bouteilles à quelqu’un qui les confie à quelqu’un d’autre, qui va remplir la bouteille avec un vin bon marché, le reconditionner, et le tour est joué. »

Les bouteilles circulent dans un vaste mouvement mondial, sur un marché de prestige où déterminer l’authenticité d’une bouteille est devenu un enjeu majeur. Mais le vin n’est pas seul concerné : c’est tout le secteur des objets de luxe, avec la joaillerie, l’horlogerie, l’art…, qui met aux enchères des objets prisés sur un marché mondialisé.

Je me rends à proximité du Convention and Exhibition Centre pour suivre une des ventes aux enchères organisées par la maison Acker Merrall & Condit. À chaque vente, John Kapon, son principal actionnaire, joue du marteau en assurant le rôle de commissaire-priseur. Son grand-père a créé cette entreprise de négoce de vins et d’alcool en 1820 à New York et s’est imposé comme un acteur majeur de la vente de vins de collection aux États-Unis au XXe siècle. En 1998, John Kapon a décidé de créer une maison de ventes spécialisée dans les vins, dont il est le principal commissaire-priseur.

Dans un premier temps, notre homme répugne à me rencontrer en raison de la sulfureuse affaire qui éclabousse sa maison, soupçonnée d’être liée à la vente de faux vins. Rudy Kurniawan, de son vrai nom Zhen Wang Huang, est en effet à l’origine d’une escroquerie. Ce Chinois installé à Los Angeles a rapidement fréquenté la jet-set. Doté d’une mémoire et d’un palais hors du commun, il s’est passionné pour le vin après avoir été initié par un vendeur connu de la place de Los Angeles, Paul Wasserman. Kurniawan a peu à peu gagné le surnom de « Docteur Conti » en raison de l’étendue de sa collection et de son expertise.

En 2006, il a mis sa collection sur le marché, et les deux ventes aux enchères organisées à New York par John Kapon lui ont rapporté plus de 35 millions de dollars. Il a récidivé en 2008. C’est un vigneron bourguignon, Laurent Ponsot, qui a pris conscience de la supercherie le jour où Kurniawan a proposé dans cette vente un millésime du domaine Ponsot qui n’a jamais existé. Il s’est lancé dans une vaste enquête personnelle qui a conduit à l’arrestation du « Docteur Conti ». En 2012, le FBI a mené une perquisition au domicile de Kurniawan à Los Angeles et découvert dans sa cave un vaste laboratoire pour produire de fausses bouteilles. Le 7 août 2014, le réputé expert a été condamné à dix ans de prison et à une amende de 28,5 millions de dollars par le tribunal de New York. Pendant dix ans, il aurait vendu pour 10 à 36 millions de dollars de bouteilles par an. Plusieurs ventes aux enchères de sa collection ont rapporté des millions de dollars à la société Acker Merrall & Condit, dont la complicité n’a jamais été établie.

John Kapon m’explique : « J’organise six ventes aux enchères par an à Hong Kong et dix à New York, mais aujourd’hui, c’est Hong Kong qui rapporte le plus. »

J’assiste à une vente organisée dans le restaurant de l’hôtel Le Méridien. L’atmosphère diffère fortement des ambiances des salles de vente traditionnelles. Acker a créé un climat beaucoup plus détendu. Des tables rondes numérotées font face à la baie de Hong Kong et au crieur. Tout au long de la journée, les acheteurs peuvent manger et boire grâce à un buffet. Je m’assois au fond de la salle et retrouve un vieux routier du monde du vin qui m’explique : « Il y a une cartographie des tables en fonction de celui qui est vraiment là pour acheter : plus on s’approche du pupitre, plus il s’agit de gens importants. »

Aux premiers rangs sont assis de jeunes quadragénaires venus de Chine. Le meilleur service leur est réservé, et quelques grandes bouteilles leur sont ouvertes pour dégustation. À ma table, plusieurs personnes sont là davantage pour assister au spectacle que pour acheter. L’une d’elles commente : « C’est impossible de travailler en Chine, il y a trop d’insécurité et d’instabilité pour assurer ton business. »

Les personnes au premier rang sont souvent des intermédiaires : elles achètent pour des clients chinois qui tiennent à rester anonymes. John Kapon me confirmera plus tard : « Au moins 30 % de ma clientèle sont des gens qui achètent pour d’autres. Ces gens-là achètent ici et ensuite se débrouillent pour rapatrier les bouteilles en Chine. Ce n’est pas mon problème. »

Un sommelier confirme qu’il y a effectivement un trafic intense à la frontière, où de vieilles femmes acheminent des bouteilles une par une en Chine continentale pour les collectionneurs.

Il y a fort à parier que ces bouteilles si prisées auront déjà fait deux ou trois fois le tour du monde avant d’être consommées.

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