Château Pékin

Boris Pétric · Chapitre 24 sur 31

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Château Pékin

20 - Taila International Ecological Area

20

Taila International Ecological Area

 

En 2015, je retrouve Gérard Colin dans le Shandong, près de Weihai, où je vais séjourner pendant plusieurs semaines pour le tournage de mon film documentaire afin de mieux comprendre l’émergence des vins de château. Dans la voiture, Gérard me raconte sa nouvelle vie. Il semble ravi d’avoir quitté le domaine des Rothschild ; il travaille désormais pour Chen Chunmeng, un self-made-man à la chinoise.

Chen est un enfant du pays, mais il réside à Singapour et ne vient que sporadiquement sur le domaine. Cet ancien cuisinier aurait bâti sa fortune dans l’immobilier et serait propriétaire de plusieurs hôtels sur l’île de Hainan, connue pour être le lieu de villégiature privilégié des milliardaires chinois. Gérard m’explique : « Je ne pose pas trop de questions, mais c’est clair qu’il est aussi très lié à ce que j’appelle les visiteurs du soir, les gens du Parti. Ici, il est toujours difficile de comprendre l’ascension sociale d’une personne et les moyens dont elle dispose. En tout cas, tu verras qu’il est redoutable et très sympathique. »

Un immense panneau publicitaire représentant Gérard entouré de vignes et de châteaux annonce notre arrivée au Taila International Chateau Ecological Culture Area, à Rushan, dans la province de Shandong. Un garde en uniforme lève la barrière. Nous pénétrons dans le domaine par une route au bitume flambant neuf et nous apercevons d’immenses parcelles de vigne à perte de vue. Ici, pour palisser la vigne, de gros poteaux de ciment remplacent les traditionnels piquets de bois que nous connaissons en Europe. De loin, j’ai l’impression de traverser un vaste cimetière militaire de la Première Guerre mondiale, croix blanches alignés sur un tapis vert.

De jeunes arbres récemment plantés bordent la route desservant plusieurs bâtiments, dont la plupart sont en cours de construction. Gérard semble complètement fasciné, et en même temps perdu, par la taille du projet : « Alors, tu as vu, c’est hallucinant ! L’objectif de Chen est de construire trois cents châteaux, mais je ne sais plus exactement, je perds un peu la boussole, ici. Celui-ci est plutôt d’inspiration florentine, l’autre, là-bas, c’est plutôt allemand. Il a rapporté une photo après un voyage pour demander à l’architecte de s’en inspirer. »

Nous découvrons effectivement un projet œnotouristique aux dimensions inhabituelles pour un Européen. Taila s’étend sur 3 500 hectares, autour d’un lac artificiel. Deux architectes canadiens ont conçu le projet qui devrait à terme accueillir quelque trois cents bâtiments et 2 000 hectares de vignes pour un investissement total de 10 milliards de yuans.

Les trente premiers châteaux sont en construction, alors que 200 hectares de vignes sont déjà en production. À l’approche d’un grand bâtiment, Gérard s’exclame : « My name is James Bond ; nous voilà arrivés au château 007, mon lieu de résidence. »

Sur l’esplanade, des salariés en uniforme rouge s’affairent autour d’un Hummer. Ils sont en train de poser un immense autocollant à l’effigie de Gérard sur la carrosserie de la limousine blanche. Elle sera bientôt proposée à la location pour les mariages. Gérard gare son 4×4 à côté d’une Rolls-Royce bleue. Le ton est donné.

Le château 007 est en fait un hôtel, dans lequel Gérard occupe une chambre VIP. Il bénéficie de tous les services de restauration, et notamment de celui du chef cuisinier. Il se plaint d’ailleurs d’avoir pris quelques kilos depuis son arrivée. Dans le lobby, deux armures médiévales trônent autour d’une porte en bois moderne. Derrière le comptoir, deux hôtesses en tailleur bordeaux me souhaitent la bienvenue, me demandent mon passeport, puis m’indiquent ma chambre. Le bâtiment est doté d’une vingtaine de chambres, d’un restaurant, d’un spa, d’un cinéma, d’une salle de billard, d’une salle de massage.

Les premiers jours, j’éprouve une étrange sensation en déambulant dans ce bâtiment. Son atmosphère ne correspond pas à notre univers esthétique, même si elle s’en inspire. Des matériaux nobles ont été associés à des matières plus modernes : si les sols sont en marbre, les fenêtres sont en PVC et certains murs en placoplatre, et les luminaires projettent une lumière blafarde sur les différents tableaux accrochés un peu partout. L’ensemble produit un paysage sonore singulier, où le moindre son résonne. Si la Rolls-Royce garée sur le parking est bien ancienne, je perçois aux couleurs criardes que les toiles accrochées aux murs des couloirs sont des copies récentes. Elles représentent des paysages ruraux européens d’un autre temps.

J’arrive à une période calme de l’année pour Gérard, qui peut ainsi nous organiser une visite du domaine sur plusieurs jours. Nous découvrons à bord de sa voiture de golf électrique les installations de loisirs (practice, terrains de tennis, salle de gym) et les différents bâtiments en construction. Un restaurant à proximité du lac accueillera des mariages et des anniversaires. La réplique d’une chapelle chrétienne a été érigée à proximité du restaurant pour la célébration de noces ou pour les jeunes couples souhaitant faire quelques photos le temps de leur passage. Ces différents lieux sont agrémentés de photo de Gérard, un verre à la main, et de sa signature. L’ancien master of wine de chez Lafite incarne le prestige, et son image est omniprésente dans la communication du domaine Taila.

Quelques caravanes décorées à l’effigie de Gérard sont disséminées sur la propriété. Elles seront bientôt disponibles à la location pour une clientèle souhaitant venir s’y reposer quelques jours. Gérard ouvre la porte de l’une d’entre elles. Deux salariés, terriblement gênés, sortent en se rhabillant. Gérard s’en amuse : « Ce n’est pourtant pas l’heure de la pause ! Bon, qu’ils en profitent… Elles sont inoccupées, de toute façon. »

Pour le moment, le vaste parc œnotouristique est vide, et seuls quelques employés sont là, à attendre impatiemment la future clientèle.

Je vais bientôt faire la connaissance du propriétaire des lieux, qui est annoncé pour le lendemain matin. Le mot « propriétaire » n’est peut-être pas le bon terme, car il n’y a pas de propriété privée en Chine. Chen est directeur de la société détentrice d’un bail de quarante-neuf ans. Cette entreprise est constituée de plusieurs actionnaires. Il est toutefois impossible d’en savoir davantage, tant sur leur identité que sur leurs sources de financement. Gérard me prévient qu’il sera difficile d’amener Chen sur ce terrain-là et précise seulement que son réseau est solide, qu’il bénéficie du soutien des autorités locales et des banques d’État. Son projet s’inscrit dans la politique du gouvernement, qui souhaite voir émerger cette nouvelle agriculture associée à une économie touristique. Il me précise que Chen est membre d’une assemblée politique consultative à Pékin qui réunit des hommes d’affaires et des personnes de la société civile. Je n’en saurai guère plus.

Cette question de la propriété se reflète dans son rapport au lieu. Monsieur Chen n’y habite pas et, lorsqu’il vient, il occupe une des suites de l’hôtel.

Nous avons rendez-vous avec lui au petit matin. Après plusieurs heures d’attente, le néovigneron finit par arriver en s’excusant de son retard. Il s’est couché très tard et nous prévient qu’il a une horrible gueule de bois : « J’avais un dîner avec les responsables locaux du projet, nous avons bu du vin, mais comme du baiju ! » Il nous propose de le suivre dans le lobby de l’hôtel pour discuter de son projet. Un écran géant de télévision diffuse en boucle un reportage sur l’une des chaînes de CCTV, un groupe audiovisuel chinois, où l’on peut voir Gérard et Chen orchestrant le temps des vendanges sur le domaine.

Il allume une immense maquette disposée au pied d’une statue, un nu monumental en marbre entouré par deux colonnes de vague inspiration gréco-latine. La maquette s’éclaire et s’anime. On reconnaît la route et les vignobles aperçus à l’arrivée. De petits châteaux clignotent sur un tapis vert représentant les futures parcelles. Des bateaux voguent sur le lac bleu, tandis qu’une foule est rassemblée devant l’église pour un mariage. La nature apparaît comme un objet entièrement domestiqué, avec ses rangs de vigne bien alignés, ses allées et jardins bien structurés. Monsieur Chen nous explique : « Voilà mon projet, je veux construire le plus grand vignoble de qualité en Chine. » Son concept fonctionne comme un club : les investisseurs ont droit à un quota de bouteilles et peuvent louer un des châteaux pour un bail de dix à vingt ans.

Selon lui, le domaine dispose de tous les équipements pour les élites urbaines qui souhaitent venir se détendre dans un cadre naturel. De plus, les futurs clients pourront venir assister à des manifestations liées à l’univers de la viticulture. « Les Chinois s’intéressent de plus en plus à la campagne. C’est comme un retour à la nature. Nous voulons que les vendanges deviennent une fête, une sorte de spectacle pour nos membres. Ils viendront y participer avec leur famille et leurs amis. »

Il nous invite à le suivre pour continuer la conversation. Les portes d’un ascenseur s’ouvrent sur un tapis rouge orné du sigle doré 007. Nous montons au premier étage pour arriver dans un salon décoré avec un mobilier neuf au style ancien. Nous prenons place sur deux canapés surplombés d’un grand tableau représentant une famille européenne en habits médiévaux. Monsieur Chen m’explique l’avoir commandé à un peintre de la région à qui il a montré quelques photos à son retour d’un voyage en Europe. Son fils, qui vit avec lui à Singapour, nous a rejoints, ainsi que ses parents qui habitent non loin de là, dans la ville de Rushan. Ils sont habillés modestement et semblent mal à l’aise dans ce décor flambant neuf. Pour se détendre, la mère allume une cigarette offerte par Gérard. Ils tiennent maladroitement leur verre de vin et attendent patiemment en silence la fin du discours de leur fils pour se retirer. Monsieur Chen poursuit ses explications par le truchement de sa traductrice : « Pour nous, le vin, c’est l’Europe, c’est la France, c’est surtout Bordeaux. J’ai d’abord cherché un lieu et ici, c’est idéal, car nous sommes à la même latitude que Bordeaux ! » Il prend Gérard par la main et poursuit : « J’avais besoin d’un spécialiste, et Gérard était très connu en Chine, car il a construit le vignoble de Lafite, ici. Pour nous, Gérard est l’empereur du vin en Chine. »

Derrière le canapé, une photo le montre à Lyon aux côtés du président Xi Jinping, lors de sa visite officielle en France. J’essaie de lui poser quelques questions sur son parcours et ses affaires, sans succès. Nous passons ensuite sur la terrasse pour profiter de la vue. Le chant des oiseaux se mêle au bruit des machines devant un bâtiment en construction qui fait face au château 007. Deux grues entourent l’édifice en béton. Gérard interpelle son patron : « Et ce château-là, quand est-ce qu’il sera terminé ? » Monsieur Chen répond avec assurance : « Dans moins de trois mois, et ce sera notre château pour le rosé… C’est ça, le rêve chinois ! » Le rêve chinois (zhongguo meng), ce slogan popularisé par Xi Jinping, est un mélange de réformes politiques et de nationalisme pour construire un avenir glorieux fondé sur les douze valeurs socialistes fondamentales et les intérêts nationaux de la Chine.

Le lendemain matin, je suis réveillé par le carillon électronique de l’horloge du château, qui reprend la musique de Big Ben à Londres. Il est temps d’aller rejoindre Gérard à son bureau, qui se trouve à côté d’un autre château d’inspiration gothique, avec ses toitures en ardoises en cours d’achèvement. Les rangées de buis du futur jardin à la française ont déjà été plantées, et un camion-toupie déverse du béton qu’une dizaine d’ouvriers s’empressent d’étaler dans les allées.

Nous visitons le chai, doté d’un équipement neuf avec ses cuves en inox venues d’Italie. Nous traversons le caveau de vinification, où s’alignent des centaines de barriques venues de France. Gérard a rendez-vous avec son équipe pour une dégustation. Il souhaite comparer deux vins pour évaluer le temps d’élevage nécessaire. Son assistant trempe la pipette et remplit deux verres. Gérard goûte et s’estime satisfait par les douze mois d’élevage. Il interpelle son assistant et lui demande son avis. « C’est acide », juge ce dernier. « C’est acide, ça ? Moi, je trouve cela élégant, avec des tanins soyeux », lui répond Gérard. Il lui recommande de goûter le vin en oubliant les règles apprises à l’école, pour le sentir avec ses émotions.

Un peu plus loin, nous tombons sur la même excentricité que j’ai déjà vue ailleurs : de petits compartiments fermés derrière une grille accueillent quelques bouteilles. Sur chacun figure un portrait avec le nom et la fonction de la personne. Un acteur, une chanteuse, un général de l’armée… Gérard commente : « C’est amusant, leur manie. »

Un soir, nous sommes invités à dîner en présence du patron et de quelques invités. La salle à manger ressemble à un pavillon de chasse. En entrant, je m’approche de la cheminée, qui en fait n’en est pas une, pour contempler la tête de cervidé qui la surplombe. L’apparence était trompeuse : le trophée de chasse est une reproduction en peluche.

Le dîner se déroule autour d’une table ronde monumentale. Le plan de table obéit à une logique bien précise. Gérard m’explique que la place de la personne la plus importante est indiquée par une serviette qui se dresse dans un verre. Ce soir, il s’agit d’un jeune cadre du Parti de la région. Il y a une préséance bien établie, le vigneron bordelais est assis à la droite du patron et l’invité de marque se trouve en face. Les autres places sont attribuées selon le rang de chacun. Au moment de s’asseoir, il se joue un jeu de chaises musicales, certains voulant céder leur place à celui qu’ils veulent honorer.

Les plats sont servis peu à peu, et les impressions de Gérard sur le chef se confirment : le repas est délicieux. Nous buvons les vins du domaine à la chinoise : cul sec, après un discours. Notre hôte porte les trois premiers toasts, puis un ballet incessant se prolonge, où chacun est invité à s’exprimer et à faire gambeï. Je me souviens alors des récits de Thomas et de Jérôme sur les dîners interminables avec leur clientèle. Après avoir bu jusqu’au bout de la nuit, j’ai du mal à regagner ma chambre.

Le lendemain, Gérard m’amène au marché pour découvrir ce qui reste de la Chine rurale. Les marchands y vendent des légumes, des fruits, de la viande ou du poisson. La taille de certains légumes attire mon attention. Les haricots verts peuvent faire un mètre de long, les pommes sont énormes. Gérard me confirme qu’il faut éviter ce type de fruits et légumes. Beaucoup d’agriculteurs utilisent des hormones de croissance pour booster leur production.

Nous allons être rapidement confrontés à cette question à notre retour. L’après-midi, j’accompagne Gérard sur une des parcelles où il mène une expérimentation pour développer de nouveaux cépages et tester une manière inédite de les tailler. Il ne s’occupe plus de la viticulture sur le domaine, mais souhaite néanmoins superviser quelques essais pour lesquels il a obtenu une parcelle.

Nous passons non loin du château 007, où des dizaines de mobylettes sont garées devant une baraque modeste. C’est le quartier général des ouvriers du domaine, m’apprend Gérard. Il a très peu de contacts avec ces salariés, qui habitent la ville de Rushan. Les équipes viticoles sont reconnaissables à leur uniforme bleu. Elles sont sous l’autorité du chef de culture et celui-ci travaille en étroite collaboration avec l’université d’agronomie de Pékin, qui développe tout un ensemble de nouvelles méthodes. Gérard s’en méfie et préfère ne pas savoir ce qu’ils font vraiment.

Gérard est toujours suivi de Sophie, sa fidèle traductrice, et de son assistant, habillé en rouge. Nous nous arrêtons au bord de la route pour gagner la parcelle expérimentale et, très rapidement, nous sommes rejoints par le chef de culture, habillé en bleu, qui semble inquiet de la présence de Gérard dans les vignes.

Le vieux vigneron observe méthodiquement les pieds qui viennent d’être taillés et conclut : « C’est taillé un peu n’importe comment, les cordons sont trop longs, la logique est encore de favoriser la quantité. J’ai beau leur montrer sur quelques pieds de vigne, rien n’y fait. » Il pense qu’il faudra encore du temps pour changer certaines pratiques agricoles et ajoute, philosophe : « On ne peut pas tout changer du jour au lendemain, cela me rappelle les résistances des viticulteurs du Midi quand ils ont dû cesser de faire pisser la vigne pour baisser les rendements. »

Un peu plus loin, nous croisons deux jeunes agronomes accroupis dans les vignes pour mesurer la taille des raisins en formation à l’aide d’outils. Gérard comprend qu’ils vaporisent la parcelle avec des hormones et sont en train de calculer la croissance des raisins. Il perd patience et s’adresse au responsable en tunique bleue : « Il faut arrêter ! Ils me foutent des hormones, ces cons. Ça donne de gros raisins qui n’ont pas de goût. Allez mettre ça ailleurs, mais pas dans ma parcelle ! »

Devant nous, l’homme tente de garder le sourire et lève le pouce pour signifier qu’il a compris : « OK, OK, mei wenti, mei wenti [pas de problème]. » Gérard ne décolère pas : « Mei wenti, mei wenti, c’est toujours pareil avec toi, c’est toujours OK. J’en ai marre. Nous, ici, on ne cherche pas le rendement. C’est pas le but… » Sophie traduit calmement le discours de Gérard au chef de culture, qui ne bronche pas. Nous regagnons la petite voiture électrique au bord du champ dans un silence glacial.

De retour au bureau, Gérard feuillette un ouvrage d’agriculture pour retrouver les noms des hormones données par les ingénieurs. « En fait, ces boosters de croissance sont visiblement couramment utilisés sur les kiwis, les poiriers, les cognassiers et les légumes en Chine. Cela devrait être indiqué, si tu bouffes des trucs aux hormones… Je pars du principe que moins on en met, mieux c’est. En fait, je me retrouve toujours dans une situation où il y a déjà une équipe technique qui fait ce qu’elle veut. » Son plus gros problème, c’est de faire comprendre qu’il y a une relation étroite entre la qualité du raisin et le vin produit. Mais il a renoncé à s’occuper de viticulture et préfère concentrer son travail sur son expertise en vinification.

C’est l’occasion d’entamer une discussion avec le vieux vigneron bordelais sur la signification des notions « écologique » ou « biologique », prépondérantes dans les différents vins de château que j’ai pu observer en Chine. La référence à l’écologie mise en avant par Taila garantit une zone qui se distingue de l’agro-industrie, ce qui en fait un lieu propice au tourisme. Les techniques viticoles seraient « bio » et utiliseraient peu de produits de traitement (pesticides, fongicides, insecticides). Gérard rappelle que la région du Shandong est particulièrement humide et pluvieuse, ce qui nécessite de traiter la vigne très fréquemment. Ces zones écologiques apparaissent alors comme des formes très poussées de domestication de la nature en cela qu’elles privilégient une monoculture intensive où l’intervention humaine est omniprésente.

Quelques instants plus tard, une information tombe : le domaine Taila vient d’obtenir la médaille d’or pour un de ses vins au Concours mondial de Bruxelles. C’est l’effervescence et l’incident de ce matin semble déjà oublié. Il faut vite annoncer la bonne nouvelle au patron.

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