Cœurs déraisonnables: Au delà des préjugés (French Edition)

Chapitre 16 Eva - Tendre est la nuit

 

Je l’ai dévoré des yeux pendant tout le repas, je n’avais qu’une idée en tête : déchirer sa putain de chemise impeccablement repassée et laisser libre cours à mes fantasmes les plus fous. Sauf qu’avec la daronne dans les parages, j’ai dû calmer mes ardeurs.

Ça fait bientôt une heure, maintenant, que nous sommes couchés. J’attends fébrilement le moment opportun pour me glisser dans la chambre de Diego, mais avec ce maudit orage j’ai bien peur que ma mère ne dorme que d’un œil. Pourvu qu’elle n’ait pas oublié de prendre son fichu cacheton. Tant pis, l’envie est trop forte et me retourne le ventre jusqu’au plus profond de mes entrailles. Je me lève prudemment et je pose un pied par terre, saleté de plancher qui grince, pour la discrétion on repassera. J’avance doucement dans le couloir, j’ai l’impression d’être une adolescente qui va retrouver en douce son amoureux, sauf que mes intentions ne sont pas si innocentes. J’arrive devant la chambre d’ami, heureusement Diego a pensé à laisser la porte entrouverte, je la pousse délicatement. Prudente, je referme discrètement et je donne un tour de clé, on ne sait jamais, je ne voudrais pas être surprise à califourchon sur mon bel étalon…

En m’entendant entrer, Diego se redresse. Je m’avance vers lui pour l’embrasser et je le rejoins sous la couette. Nos langues s’entremêlent délicieusement.

— J’ai bien cru que tu n’allais pas venir me dit-il en me serrant tendrement contre lui.

— Je préférais patienter un peu pour être sûre qu’elle soit endormie. — Et tu penses que c’est bon ?

— J’espère oui, de toute façon je ne pouvais pas attendre plus longtemps lui répondis-je en chuchotant, j’ai besoin d’une épaule confortable pour me rassurer, j’ai un secret à t’avouer… Je déteste l’orage, ça m’a toujours fait flipper.

— Tu imagines si elle nous surprenait…

— Je lui dirai que c’est ma faute.

— D’un côté, je ne veux pas trahir sa confiance, mais je suis face à un dilemme en tant que petit ami je me dois de te protéger contre tes terreurs nocturnes, mais d’un autre côté je ne suis qu’un homme et face à tes courbes bien alléchantes, j’ai du mal à résister à la tentation, qui comme tu le vois ne fait que grandir en moi.

— Tu sais, quoi lui dis-je en caressant sensuellement la bosse qui s’est formée sous son caleçon, tu parles trop !

— Ah oui ? répond-il en arquant les sourcils.

J’aperçois dans la pénombre son œil qui pétille d’une lueur lubrique. Sans crier gare, il m’attrape fermement et me fait basculer sur le matelas. — Qu’est-ce que tu fais ? essayé-je de me défendre mollement. Il passe sa tête sous les couvertures et fait glisser ma petite culotte en dentelle. Le désir palpite si fort en moi que je n’ai pas la force ni l’envie de lui résister. Je m’abandonne avec délice au supplice de ces caresses audacieuses.

Il remonte un instant des profondeurs de la couette et me susurre à l’oreille : — Si je parviens à te satisfaire, peut-être voudras-tu me rendre la pareille ? Sa langue m’offre les plus divins des arguments pour faire sauter toutes mes inhibitions, je suis dans un état second où je plane entre excitation et délectation.

— Voilà une proposition que je ne saurais refuser lui répondis-je en me mordillant la lèvre.

La peur d’être surpris ou que l’on puisse entendre nos gémissements n’a pas suffi à me faire regagner sagement ma chambre. La chaleur de son corps contre le mien, la douceur de ces caresses et de ses baisers a transformé ce lit en un cocon moelleux empli de tendresse où je me laisse volontiers envelopper. Nos jeux de langues n’ont fait qu’attiser le désir que nous éprouvons l’un pour l’autre et je brûle d’envie de ne faire qu’un avec lui.

 

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