Cœurs déraisonnables: Au delà des préjugés (French Edition)

Chapitre 21 Eva - Cinéma

 

Nous nous promenons nonchalamment, nous devons rejoindre les filles pour un ciné, j’angoisse un peu, j’espère que Manon a décidé d’enterrer la hache de guerre, mais j’en doute.

— Tu es vraiment fan de comédies romantiques ? Mes ex étaient plutôt portés sur les films pleins de testostérone, de baston et moi j’avais plutôt envie de jolies histoires d’amour pour me blottir dans leurs bras. Enfin, rien ne t’oblige à me serrer contre toi.

Il me décroche un sourire ravageur qui en dit long. Je me sens rougir jusqu’à la racine des cheveux. Mes mots viennent malgré moi de trahir mes pensées.

Nous les apercevons au loin. Malheureusement à peine arrivés, Manon l’attaque frontalement, comme à son habitude. — Salut Eva, ma foi dites-moi vous êtes devenu inséparables ? Joli cœur, tu es au courant qu’à la base on avait prévu de se faire un ciné entre filles ? — Salut Manon, toujours aussi aimable, lui rétorque Diego. Est-ce que je peux au moins savoir ce que tu me reproches ? — C’est vrai ça, Manon, lâche-nous c’est quoi ton problème ? — Tout va bien, crois-moi mon poussin tu ne fais que passer, Eva ce n’est pas vraiment le genre de filles à s’attacher.

Mon sang ne fait qu’un tour. Je l’attrape par le bras et je la prends à part pour discuter. Cette fois-ci elle a vraiment dépassé les bornes. — Tu es grave ! Trouve-toi un mec et laisse-moi vivre ma vie comme je l’entends.

— Putain, mais tu ne vois pas qu’il te manipule ? — Tu es totalement parano ! De quoi tu parles ? — Je ne sais pas comment l’expliquer, mais j’ai un mauvais pressentiment. — Mais punaise, donne-moi au moins un exemple concret. — C’est un tout, sa façon d’être toujours présent, prévenant, ça cache quelque chose. Personne n’est aussi gentil gratuitement. — On nage en plein n’importe quoi !

— Tu sais quoi, je te laisse avec ton prince charmant. Venez les filles, on va plutôt aller faire du shopping. Je ne sais pas pour vous, mais je n’ai aucune envie de tenir la chandelle.

Je soupire. Je n’en peux plus qu’elle s’immisce dans ma vie en permanence. Je reviens vers Diego.

— Écoute, je suis désolée pour le comportement de Manon. — Ce n’est pas grave. Si encore je savais ce qu’elle me reproche. Est-ce qu’elle ne serait pas jalouse de toi ?

— Non, c’est déjà arrivé que je sois en couple et pas elle et ça n’a jamais été un souci. Je crois qu’elle n’aime pas ce que tu représentes. Elle a peur que tu me retournes le cerveau ou un truc dans le genre, bref je n’en sais rien… Écoute, euh, choisis le film finalement.

— OK, ça ne te dérange pas si on va voir le dernier Matrix ? — Non, j’ai bien aimé la trilogie, mais ça fait tellement longtemps que je les ai vus que je ne sais plus vraiment comment ça se terminait, mais pourquoi pas et puis j’aime bien Keanu Reeves.

Nous nous dirigeons vers la salle qui est presque déserte. Il y a seulement deux autres personnes qui occupent des sièges au milieu. — Depuis combien de semaines est sorti le film ? — Aucune idée, soit c’est un flop, soit tout le monde l’a déjà vu, mais je ne regrette pas mon choix, j’ai juste hâte que la lumière s’éteigne. Viens, on va s’installer dans le fond.

— À quoi tu penses gros pervers ? Si tu imagines qu’on va faire des cochonneries, je vais tout de suite calmer tes ardeurs. Il doit sûrement avoir des caméras et je n’ai aucune envie de finir au commissariat pour exhibitionnisme.

Nous nous installons sur la dernière rangée dans un petit coin. Nous avons à peine le temps de nous asseoir, que déjà la lumière s’éteint. Il me chuchote à l’oreille :

— Enlève ta petite culotte !

— Tu es fou, qu’est-ce que tu veux faire ? — Fais-moi confiance.

Il se baisse, écarte délicatement mes jambes et commence à me lécher le minou. La situation est à la fois embarrassante et carrément excitante. J’ai peur que quelqu’un débarque, mais je n’ai pas vraiment envie qu’il s’arrête. J’attrape ma veste que je pose sur mes genoux pour tenter de camoufler ce que nous sommes en train de faire. La tension entre mes cuisses devient insoutenable. J’essaye d’avoir l’air normale, mais je suis excitée comme jamais. Il se relève et vient se rasseoir à côté de moi. — Ça t’as plu ?

— Tu es un grand malade !

Nous nous embrassons langoureusement et je déboutonne discrètement son pantalon. Je n’oserais pas lui rendre la pareille, mais je glisse ma main dans son caleçon et je lui astique le poireau. De son côté, il en profite pour me doigter. Je n’ai aucune idée si la suite de Matrix vaut le détour ou pas, je ne me suis pas vraiment concentrée sur l’histoire du film, désolée Néo. Je m’entends lui dire :

— Tu as des capotes ?

— Oui, pourquoi ? Je pensais que tu préférais qu’on se limite à touche-pipi. — Rejoins-moi dans les toilettes, dans deux minutes ! — Tu es sérieuse ? Tu as déjà fait ça ? — Jamais, mais il faut bien une première fois à tout, et puis c’est ta faute si je suis dans cet état.

Je me lève et je lui glisse au passage ma petite culotte dans la main. Je le surprends à la renifler. Je me dirige vers les sanitaires, j’ai le cœur qui bat à tout rompre, si jamais on se fait pincer ma mère va me considérer comme la dernière des traînées. Je suis comme téléguidée par mes plus bas instincts. Fort heureusement, il n’y a personne. J’ouvre la porte et j’attends impatiemment que Diego me rejoigne.

C’est n’importe quoi !

Enfin, mon chevalier des temps modernes arrive en toute discrétion. J’entrouvre la porte pour lui signaler où je suis. L’espace est exigu et n’a rien de romantique, mais je m’en fous, j’ai envie de lui et je veux sa bite, je veux le sentir vibrer entre mes jambes et me libérer de cette fichue tension sexuelle qui s’est emparée de moi. Il me plaque contre le mur, abaisse son pantalon, enfile rapidement un préservatif et s’insère en moi puis, il attrape ma jambe et entame un mouvement de va-et-vient. Nos respirations s’accélèrent. Il va peut-être penser que je suis une vraie salope, mais peu importe. Je n’ai jamais été adepte des petits coups vite faits, mais je ne pouvais pas attendre plus longtemps.

Soudain, quelqu’un entre dans les toilettes et me ramène brutalement à la réalité. C’est une maman avec son petit garçon, pourvu qu’ils ne s’aperçoivent de rien. Nous nous arrêtons contraints et forcés, mais Diego en profite pour glisser sa main sous mon pull et me titiller un téton. J’ai peur que quelqu’un nous surprenne. Le soufflet est un peu retombé pendant cet interlude. Je lui chuchote à l’oreille :

— S’il te plaît, dépêche-toi de terminer. Fort heureusement son érection est toujours aussi dure et il recommence à me labourer avec force. Sans le vouloir, je lâche un soupir de plaisir. Il colle sa main sur ma bouche et accélère pour entamer le sprint final. Un puissant orgasme nous libère enfin.

Je suis comme une poupée de chiffon entre ses bras. Nous nous regardons hébétés, prenant soudain conscience que l’endroit est totalement inapproprié pour des ébats amoureux. Nous nous rhabillons rapidement. Je dépose un baiser sur ses lèvres et je sors la première. Qu’est - ce qui m’a pris de faire une chose pareille ? Ce mec me rend totalement dingo.

 

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