Cœurs déraisonnables: Au delà des préjugés (French Edition)

Chapitre 28 Eva – Le retrouver coûte que coûte

Chapitre 28 Eva – Le retrouver coûte que

coûte

 

Je suis censée repartir demain et Diego reste introuvable. Il semble avoir disparu de la surface de la Terre. Si seulement, comme tout jeune homme de son âge normalement constitué, il était un tant soit peu connecté sur les réseaux sociaux, le problème serait déjà résolu. Je lui ai envoyé plusieurs messages « Diego,je suis sur Tenerife, j’ai besoin de te parler. Retrouve-moi à l’hôtel MIRAMAR à las Americanas ». Pour l’instant, je n’ai reçu aucun retour de sa part. Je n’ai pas cessé de regarder mon téléphone à longueur de journée, mais rien, il ne m’a pas donné le moindre signe de vie. J’ai un peu l’impression d’avoir envoyé une bouteille à la mer. Sur ce coup-là, je dois bien admettre que Manon avait raison, mon départ était précipité et je me suis peut-être un peu emballée. Et tout ça pour quoi ? Où peut-il bien être ?

Peut-être qu’il est en train de faire pénitence ou un truc du genre pour s’être vautré dans la luxure avec moi ? Pourtant je ne suis pas la première... mais les autres avaient eu la décence de se faire enculer discrètement sans faire de vagues. Elles n’avaient pas eu l’audace de revendiquer leur relation et encore moins de crier leur amour sur tous les toits. C’est assez ironique quand on y pense. Les règles de pureté et de chasteté s’appliquent essentiellement aux filles. On pardonne aux garçons d’avoir pêché par hormones. Je réalise à quel point ces institutions religieuses sont hypocrites ! C’est tellement sexiste, arriéré, avilissant ! Je ne pourrai jamais faire partie de ce genre de communautés, Manon a tort de s’inquiéter, je suis trop attachée à mon mode de vie et ma liberté pour m’aliéner de la sorte. Je rentre à l’hôtel, totalement dépitée. J’ai écumé la plupart des quartiers où lui et ses confrères auraient pu tenter de racoler les âmes en peine, mais j’ai fait chou blanc.

J’ai le moral dans les chaussettes. Je demande à l’accueil de l’hôtel s’il y a

un message pour moi, mais rien, nada[30]…

Un car de touristes vient d’arriver, la saison bat son plein. Il y a un brouhaha de dingue dans le hall, ça résonne tellement que ça me donne mal à la tête. J’essaye de me frayer un chemin jusqu’à l’ascenseur pour rejoindre ma chambre quand soudain, j'ai l'impression que l’on m’interpelle. Je me retourne, mais je ne vois personne. Voilà que je prends mes désirs pour des réalités et que j’ai des hallucinations sonores. Méfie-toi Eva, ça ne lui a pas vraiment réussi à Jeanne d’Arc d’entendre des voix. Il vaut mieux que j’aille me reposer. Mes oreilles me jouent des tours ou quoi ? Il me semble de nouveau que quelqu’un crie mon prénom. Cette fois-ci je suis sûre de l’avoir distinctement entendu, je ne suis pas folle. Cette voix m’est familière. Je scrute les différentes personnes aux alentours et après quelques secondes je distingue enfin son visage. — Diego, c’est bien toi !

Je retrouve instantanément le sourire, mon cœur bat la chamade quand je l’aperçois. J’ai les larmes aux yeux. Je fends la foule et je cours vers lui. Il ouvre les bras et je me jette contre lui, enfouissant mon visage dans son cou. Je sens la chaleur de son corps contre le mien et les effluves de son parfum. Nous restons ainsi un moment au milieu de la foule à savourer l’instant. Il prend mon visage entre ses mains, et essuie délicatement une larme sur ma joue. Nous nous embrassons tendrement. — Comment m’as-tu retrouvé ?

Il agite son téléphone sous son nez.

— Je ne suis peut-être pas connecté en permanence, mais il m’arrive de temps en temps de jeter un œil à mes réseaux sociaux. J’étais fou de joie en voyant ton message, c’était tellement inespéré que tu viennes ici. J’aurais tout donné pour être de nouveau avec toi. C’est comme si mes prières avaient été exaucées.

— Tu crois que c’est le Seigneur qui m’envoie ? Remercie plutôt Easy

Planet[31] d’avoir ouvert une liaison Nice-Tenerife. ? Il sourit.

— Toujours aussi terre à terre, mais qu’importe, tu es là, c’est tout ce qui compte !

— Tu me manquais trop il fallait que je te vois ! — Combien de temps tu restes encore ?

— Je suis censée repartir demain.

— Dans ce cas, il n’y a plus une minute à perdre, on a du temps à rattraper tous les deux ! me dit-il avec un sourire malicieux.

— Tu ne perds pas le nord ! Viens, suis-moi.

Nous empruntons l’ascenseur pour rejoindre ma chambre. Des bribes de souvenirs de nos derniers batifolages me reviennent en tête et je vois bien à son regard libidineux qu’il se les remémore également. Malheureusement ce soir ,pas de remake possible, l’appareil est bondé, je prends sur moi de ne pas lui arracher ses vêtements là maintenant, tout de suite. Nous nous déshabillons dès que nous avons passé la porte de ma chambre, comme si nos vêtements étaient soudain devenus superflus. Je ressens chaque baiser et chaque caresse avec la même intensité que lorsque nous venions de nous découvrir pour la première fois. Ma respiration s’accélère, le désir palpite en moi. Allongés sur le lit, nous nous regardons dans les yeux, le visage illuminé par l’amour que nous éprouvons l’un pour l’autre. Alors que la nuit tombe, nos ébats reprennent de plus belle et nous célébrons passionnément nos retrouvailles. Nous nous endormons tendrement enlacés et nous goûtons à la joie d’être de nouveau réunis. Dehors, l’orage fait rage, mais ce n’est rien à côté de la foudre qui ne va pas tarder à s’abattre sur nous.

 

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