Cœurs déraisonnables: Au delà des préjugés (French Edition)
Chapitre 18 Eva - Confessions entre filles
Je suis en train de finir de me préparer pour partir à la fac quand mon téléphone sonne. "Manon"
Je décroche, tout en refermant mon sac.
— Allô, Salut ma chérie, désolée je ne vais pas avoir beaucoup de temps pour te parler, je suis déjà presque en retard.
— Coucou comment ça va ma belle ? J’ai vu ça ! Tu m’as un peu snobée cette semaine. Tu traînes toujours avec ta grenouille de bénitier ? — Arrête… J’aime bien ce mec, il est gentil et prévenant. — Rassure-moi j’espère qu’il n’y a rien de plus entre vous qu’une amitié platonique ?
Un blanc se fait entendre au téléphone.
— Putain Eva ! C’est n’importe quoi !
— Notre relation a un peu évoluée depuis la dernière fois. — OK, tu l’as embrassé et alors il s’est transformé en prince charmant ? — Très drôle ! Pourquoi tu ne l’aimes pas ?
— Désolée, mais je ne le sens pas ce mec. Je ne sais pas. Tu ne me feras pas croire qu’il se limite pas à prêcher la bonne parole, il en profite au passage pour s’introduire dans le lit des jeunes filles en détresse. — Tu abuses grave, pour qui tu me prends ? Enfin Manon, je ne suis pas née de la dernière pluie, et crois-moi Diego est différent de tous les queutards que j’ai pu rencontrer jusqu’à présent. — Tu ne m’enlèveras pas de la tête que ce gars n’est pas net, il cache bien son jeu c’est tout. Promets-moi de rester prudente, il y a un truc qui me dérange chez lui…
— Accorde-lui au moins le bénéfice du doute. — J’aimerais bien savoir comment il s’y est pris pour te retourner le cerveau, franchement je ne te reconnais plus.
— Il n’a rien fait de spécial, il est juste… attentionné et j’ai l’impression qu’il s’intéresse à moi pour de vrai. À force de passer du temps avec lui, j’ai appris à le connaître et le courant passe plutôt bien entre nous, je l’aime bien, je ne vois pas où est le mal.
— Il y a peut-être un truc qui t’a échappé on dirait, mais vous venez de deux mondes totalement différents, à un moment ça va te péter à la gueule. Tu crois que sa confrérie va réagir comment en apprenant qu’il se complaît dans le péché avec toi ?
— Je n’en sais rien. Je m’en fous du qu’en-dira-t-on ! J’écoute mon cœur c’est tout. Et puis je te trouve un peu hypocrite pour le coup, tu es loin d’être une sainte nitouche et moi je ne me suis jamais permise de faire des réflexions sur tes relations.
— C’étaient des mecs lambda, des bites sur pattes pour certains, mais ils ne passaient pas leur temps à faire l’apologie de l’abstinence pour finalement s’envoyer en l’air par-derrière.
— Théoriquement on n’a pas encore vraiment couché ensemble. — Tant mieux ! Arrête les frais tant qu’il est encore temps.
Sa réflexion me fait littéralement sortir de mes gonds et le ton monte. — Excuse-moi Manon, mais je ne vois pas bien de quoi tu te mêles. — Eva, je n’ai pas envie que tu souffres c’est tout, essaye-t-elle de tempérer sentant le vent tourner.
— Je sais que ça part d’une bonne intention, mais c’est fini on n’est plus dans la cour d’école, je n’ai plus besoin que tu voles à mon secours en permanence. J’aimerais bien que tout le monde arrête de me traiter comme une petite fille d’ailleurs. Entre toi et ma mère, ça devient totalement relou. — OK, ne le prends pas ainsi. Je m’inquiète pour toi c’est tout. Et puis qu’est-ce que vient faire ta mère là-dedans ?
— Avec Diego on est passé prendre une boisson chaude chez moi après notre bain dans l’eau glacée et ça a un peu dérapé. On a commencé à se tripoter sur le canapé et la daronne est rentrée plus tôt que prévu. Elle a bien capté qu’il se tramait quelque chose entre nous. — Ah ouais, l’angoisse, dis-moi qu’elle ne vous a pas surpris à poil ? C’est quoi cette histoire de bain glacé ? Vous n’étiez pas partis faire un footing ? — Je te raconterai, en gros j’ai voulu relever son défi. — C’est vraiment n’importe quoi, ce mec est carrément maso. Tu n’avais pas dessaoulé de la veille pour faire un truc aussi débile ? — Je voulais tenter une nouvelle expérience c’est tout, mais on ne m’y reprendra pas. Quand je suis sortie de l’eau j’étais congelée, Diego m’a pris dans ses bras pour me réchauffer et on s’est embrassé. — C’est bien ce que je disais ce mec est un fin stratège, il avait bien préparé son coup. Et vous avez couché ensemble dans la foulée ?
— Non, ça n’est pas allé jusqu’à là, mais il m’a fait un truc de dingue l’autre soir, et crois-moi à la façon dont il s’y prend ce n’est pas la première qu’il broutait.
— Diego ? Amateur de tarte aux poils ? Il remonte dans mon estime. Écoute, amuse-toi avec lui si tu veux, mais reste prudente. — Manon, pour la dernière fois, je n’ai pas besoin de ta bénédiction. J’ai bien compris que tu n’approuves pas cette relation, mais c’est ton problème. Je ne veux pas être désagréable, mais je dois vraiment y aller. On se voit plus tard à la fac ?
— Ok Eva. À tout à l’heure. Bisous.
Jamais je n’avais osé tenir tête à Manon de la sorte, mais pour être franche ça m’a fait un bien fou.
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