Cœurs déraisonnables: Au delà des préjugés (French Edition)

Chapitre 17 Diego - Retour d’expériences

Il est un peu plus de 8 h, je me réveille doucement, un sourire se dessine sur mon visage en repensant à ce qui s’est passé cette nuit entre Eva et moi. J’espère juste que sa mère ne s’est réellement aperçue de rien. Je me dirige vers la salle de bain pour me rafraîchir et me brosser les dents. Je m’habille rapidement. Je suis rattrapé par ma mauvaise conscience qui me suggère de prendre la poudre d’escampette. Je suis sur le point de sortir de la chambre, quand j’entends des cris dans le salon. Je colle mon oreille à la porte. Pourquoi se disputent-elles ?

— Ma fille, tu pourrais faire l’effort de t’habiller avant de venir déjeuner. Je te rappelle que nous avons un invité, s’insurge Mme Augusto. — Bonjour à toi aussi maman, sympa de se faire agresser dès le matin, rétorque Eva. Je ne vois pas où est le problème. Je ne suis pas pomponnée et coiffée au saut du lit, mais j’ai toute la journée pour ça. C’est possible de boire mon café en paix ?

Le ton est donné, la hache de guerre est loin d’être enterrée. Je n’ai qu’une idée en tête : m’esquiver au plus vite avant que le petit déjeuner ne vire au crêpage de chignons. Je sors dans le couloir et je me risque à traverser le champ de mines.

— Bonjour, Diego, j’espère que vous avez bien dormi ? me lance Mme Augusto.

Nous échangeons un regard complice avec Eva. — Comme un bébé, si je peux me permettre, lui répondis-je. — L’orage ne vous a pas dérangé ? insiste-t-elle. Pas vraiment, j’espère surtout qu’elle n’a pas entendu de bruits suspects. Si elle s’était aperçue de quelque chose, je ne pense pas qu’elle aurait attendu le matin pour nous en faire part.

Je regarde du côté d’Eva qui n’en mène pas large. — Pas du tout, en fait j’étais fatigué, je n’ai pas tardé à m’endormir et vous vous avez passé une bonne nuit ?

— Oui, c’est gentil de vous en inquiéter. Venez vous asseoir avec nous ! Que prenez-vous pour le petit déjeuner ?

— Je vous remercie pour votre hospitalité, madame, mais je ne vais pas pouvoir rester. J’ai des impératifs ce matin et je crains d’être déjà en retard. Eva, je t’appelle plus tard.

Je serre poliment la main de la maîtresse de maison, j’embrasse sa fille sur la joue et je tourne les talons aussi vite que possible. L’ambiance est pesante, je me sens un peu coupable d’avoir trahi sa confiance, mais je n’ai aucune envie d’affronter son regard inquisiteur pas plus que de jouer les arbitres.

******

Après une journée éreintante, je contacte Eva sur Snapmylife[27]. Je n’ai pas arrêté de penser à elle une seule seconde. Son visage apparaît enfin à l’écran, comme d’habitude, elle est fraîche et souriante. C’est un vrai rayon de soleil.

— Coucou Eva. Comment ça va ?

— Coucou toi. Très bien, même si comme tu as pu le voir, elle n’avait pas très bien commencé.

— Tu m’as manqué !

— C’est ta faute lâcheur, tu es parti plus vite que ton ombre, à croire que tu avais quelque chose à te reprocher…

— Désolé, l’ambiance était orageuse chez vous et j’ai préféré me mettre à l’abri.

— Je sais, ma mère est saoulante. Je n’ai pas arrêté de penser à ce qu’on a fait hier soir… J’ai adoré.

— Moi aussi, mais je me sentais un peu mal tu vois, on avait plus ou moins promis de dormir chacun dans nos chambres respectives… et… — Dis-toi que c’est ma faute alors si ça peut soulager ta conscience. — D’un côté j’ai respecté ma parole. Je ne t’ai pas défloré.

Elle ouvre des yeux ronds et rit aux éclats.

— Mais de quelle époque tu viens ?

— Tu sais, je peux m’en contenter si tu ne veux pas aller plus loin. — J’ai déjà vu le loup, je te rassure. Mais le nombre de mes amants se compte sur les doigts d’une main. J’ai eu une longue histoire avec un mec dont j’étais très amoureuse, simplement ça n’a pas marché entre nous, c’est ainsi, c’est la vie.

— Un seul ?

Elle sourit d’un air gêné.

— Non ! Disons que j’ai eu quelques aventures pour essayer de tourner la page, mais ça ne fait pas de moi une dévergondée pour autant, il faut vivre avec son temps. Et toi ?

— Je ne suis pas puceau si c’est ce qui t’inquiète… — Je m’en doutais un peu…

— Qu’est-ce qui te fait dire ça ?

— La façon dont tu m’as touché, tu sembles connaître suffisamment bien les femmes pour savoir comment leur donner du plaisir, donc j’imagine que tu n’en es pas à ton coup d’essai. Je me trompe ? — Tu m’as percé à jour, mais je te rassure je n’accumule pas les conquêtes. J’ai eu quelques partenaires de jeu, dirons-nous, après nous sommes allés plus au moins loin, suivant l'envie de la demoiselle. — Je vois, tu fais référence à ces fausses vierges qui ont le trou du cul en chou-fleur ?

— C’est poétique. J’adore ton franc-parler. Tu sais parfois les désirs contrariés n’ont d’autres choix pour s’exprimer que d’emprunter des voies parallèles.

— Personnellement, je préfère qu’on s’en tienne à l’axe principal, plutôt que passer par le chemin dérobé. Ce n’est pas tellement mon truc. — Je saurais me montrer délicat.

— Vu la façon dont tu es monté, j’en doute, certaines ont dû douiller. — Eva, je ne t’obligerai jamais à rien, je te rassure… Comme je t’ai dit, je respecte les désirs de ma partenaire. Est-ce que tu pourrais faire quelque chose pour moi ?

— Quoi donc ?

— Aide-moi à faire de beaux rêves…

— Comment ?

— Est-ce que tu accepterais de me montrer tes seins ? Ce serait comme un

petit teasing[28] en attendant notre prochaine rencontre ? Elle pouffe de rire. Je la sens réticente.

—Il me semble que tu les as déjà quelque peu aperçus hier et je ne suis pas sûre que ça soit une bonne idée…

— Je te promets ça sera juste entre toi et moi. Elle sourit et finit par enlever son t-shirt. Elle me fait face en sous-vêtements.

— Juste quelques secondes… me dit-elle.

— Tu as un corps magnifique !

Elle me fixe droit dans les yeux, fait glisser la bretelle de son soutien-gorge, puis la deuxième et le dégrafe. Deux seins ronds et fermes jaillissent soudain sous mon regard ébahi. Je suis au comble de l’excitation. — Voilà espèce de sale voyeur ! Tu es satisfait ? Elle prend la pause quelques instants. Elle ressemble à une de ces pin-up de la page centrale des magazines de camionneurs. — Si tu voyais l’effet que tu me fais, c’est tellement frustrant de ne pas pouvoir être avec toi, j’aimerais recouvrir ton corps de baisers et plus encore…

Elle se rhabille, déjà, à mon grand regret…

— Ce n’est que partie remise, promet-elle. J’en ai très envie également. Il faut que je dorme un peu. Bisous.

— Bisous Eva.

Je raccroche, satisfait. Je regarde mon téléphone. J’ai réussi à capturer la photo à son insu. Je me glisse sous les couvertures. J’abaisse mon caleçon et je mastique généreusement le manche. Un flot de pensées pas très catholiques me submergent.

La prochaine fois qu’on se verra Eva, j’espère bien te la mettre bien profond.

 

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