Cœurs déraisonnables: Au delà des préjugés (French Edition)
Chapitre 6 Eva - Lendemain de fête
10 h 45 j’émerge doucement. Comme souvent quand on sort je suis restée dormir chez Manon. Inutile de risquer de me faire bêtement agresser par un psychopathe en rentrant chez moi. Soudain, mon téléphone se met à vibrer. Je jette un œil à l’écran.
— Eh c’est mignon, m’exclamé-je le sourire aux lèvres. Manon grogne et rabat sa couette sur la tête.
— Quel est le putain de connard qui t’envoie un message à une heure aussi matinale ?
— C’est Diego, il me demande si je suis bien rentrée et si j’ai bien dormi. — N’importe quoi ! Tu avais raison, ces mecs-là d’une fois qu’on leur montre un peu d’intérêt, on n’arrive plus à s’en débarrasser. Pourquoi tu lui as filé ton numéro de téléphone ? On s’est bien amusé hier soir, passe à autre chose !
— Tu n’as pas envie de revoir Juan ? Vous aviez l’air de plutôt bien vous entendre ?
— Non, c’était marrant sur le coup, on s’est bécoté, mais à bien y réfléchir ça ne me tente pas vraiment de ramener un puceau dans mon lit. — Qu’est-ce qui te fait croire qu’il n’a jamais baisé ? — Peu importe, il ne doit pas avoir une liste de conquêtes longue comme le bras et ça ne me fait pas vraiment kiffer de jouer les initiatrices. — Je pensais que tu le trouvais canon et que tu aurais eu envie d’aller plus loin avec lui.
— J’avoue que l’idée m’a traversé l’esprit. Il a l’air plutôt bien foutu en plus, et vu la gaule qu’il avait hier soir, j’ai pu me faire une idée de l’engin qu’il a entre les jambes, et je pense qu’il est plutôt bien monté. Mais que veux-tu ma belle, peut-être que dans l’excitation du moment, s’il avait été plus entreprenant j’aurais pu me laisser tenter. — Peut-être qu’il n’a pas voulu précipiter les choses ? — Il n’a pas su saisir la balle au bond, tant pis pour lui ! — Tu abuses grave !
— Tu perds ton temps avec Diego, tu l’as dit toi-même vous venez de deux mondes trop différents.
— Je sais bien, lui et moi ça ne pourrait être rien de plus qu’un feu de paille. Je n’ai pas envie d’une histoire sans lendemain. Mais je ne sais pas comment l’expliquer, je l’aime bien, et puis le courant est passé avec lui. Il y a un truc, je ne saurais pas dire quoi exactement. En plus, il a un charme quelque peu désuet. Il a été hyper prévenant avec moi, il s’est comporté en véritable gentleman, il n’a pas eu le moindre geste déplacé. Ça change d’être traitée autrement que comme un bout de viande. J’ai bien envie de le revoir, mais en toute amitié.
— Ben voyons ! Est-ce qu’il faut que je te rappelle que ce mec ne veut pas être ton ami ? À la base ils nous ont abordées pour nous lessiver le cerveau. C’est pas mal ficelé le marketing de leur secte, d’ailleurs ! Ils envoient deux beaux mecs chargés de ramener des jeunes filles paumées. Et en deux temps, trois mouvements, tu te retrouves habillée comme une nonne à distribuer des prospectus pour propager la bonne parole. — OK je te l’accorde, mais on n’était pas pleines de bonnes intentions non plus. D’ailleurs qu’est-ce qui lui a pris à Chloé de lui rouler une pelle sans même lui demander son avis ?
— C’était juste pour gratter un verre ! Il n’y a pas mort d’homme ! Avoue, tu as eu les boules qu’elle te le pique sous le nez ? — N’importe quoi, simplement je n’apprécie pas ce genre de manières, c’était totalement déplacé !
— C’était pour rigoler ! Perds ton temps avec Diego si tu veux, moi j’arrête les frais.
— Il m’a proposé d’aller manger des pâtisseries dans un salon de thé ? — Un salon de thé ? Il t’a pris pour une mamie de 60 ans ou quoi ? Il a envie de te conter fleurette ton preux chevalier des temps modernes ? C’est ridicule !
— Mauvaise langue ! Écoute, je vais rapido prendre une douche, il faut que je sois rentrée chez moi avant midi ou ma mère va s’inquiéter. Je te raconterai…
— J’ai bien peur que tu n’aies rien de bien croustillant à me dire. — Tu pourrais être surprise !
— J’en doute, en tous cas ne le laisse pas te retourner le cerveau ! — Sois rassurée, il va vite comprendre que la religion et moi ça fait deux ! — Ne m’en veux pas ma belle, je finis de comater sous ma couette. Claque la porte en partant. À plus, bisous.
J’embrasse Manon sur la joue et je file sous la douche. Elle est un peu la grande sœur que je n’ai jamais eue et même si sur ce coup-là on n’est pas d’accord je sais bien qu’elle ne veut que mon bonheur.
OceanofPDF.com