Cœurs déraisonnables: Au delà des préjugés (French Edition)
Chapitre 19 Eva - Première fois
Dehors les éclairs zèbrent le ciel, la pluie est de plus en plus forte et redouble d’intensité, le tonnerre semble se rapprocher de plus en plus. Je suis tétanisée sous mes couvertures, mon oreiller serré sur les oreilles. Je déteste l’orage, j’ai peur et je suis seule dans ce grand appartement. Il y a toujours des choses horribles qui se passent dans les films quand il pleut. Pourvu que la porte d’entrée soit bien fermée. J’ai trop peur de me lever pour aller vérifier. Je ne suis plus une enfant, mais je suis terrorisée comme une petite fille qui pense avoir vu un monstre sous son lit. Chaque bruit me fait sursauter. Je tends la main hors de ma carapace de couvertures et j’attrape mon téléphone. J’ai envie d’appeler Diego à la rescousse, mais il va sûrement me prendre pour une folle. Un nouvel éclair illumine soudain ma chambre suivi quelques instants plus tard d’un bruit assourdissant. La foudre n’a pas dû tomber loin.
Tant pis je m’en fiche s’il me prend pour une gamine. J’ai besoin d’une présence réconfortante. Je regarde l’heure sur l’écran de mon portable. Il est 1 h du matin, il doit dormir, si ça se trouve il ne verra même pas mon message avant demain matin. Ce n’est sûrement pas le genre de personne qui ne dort pas dans la même pièce que son smartphone pour ne pas risquer que son sommeil soit perturbé par les ondes. J’ai quand même envie de tenter ma chance. Je me lance et je commence à taper un message…
>>(Eva) Coucou, je suis seule dans mon lit et je pense à toi J’efface, non je ne peux pas envoyer ça, il va me prendre pour une grosse chaudasse.
>>(Eva) Coucou, tu es réveillé ? Je n’arrive pas à dormir avec ce maudit orage et je pense à toi.
C’est mieux, j’envoie… Je ne peux pas lui dire direct que j’ai peur de l’orage, ça aurait l’air trop débile. J’attends angoissée en fixant l’écran de mon portable. Pendant de longues secondes, il ne se passe rien. Qu’est-ce que tu croyais ? Les gens normaux dorment à cette heure-là. Je ferai mieux de prendre mon courage à deux mains et de me traîner dans la salle de bain pour me coller deux bouchons dans les oreilles. Soudain, mon téléphone mobile se met à vibrer.
<<(Diego) Salut, Eva, j’ai du mal à dormir également, je pensais à toi, justement…
>>(Eva) Tu vas trouver ça débile, mais tu ne voudrais pas venir dormir avec moi ? Je déteste l’orage.
<<(Diego) La belle appelle son chevalier servant à la rescousse ?
>>(Eva) En quelque sorte, ma mère n’est pas là, je suis seule et je stresse à mort.
Tant pis s’il pense que je suis une sale gosse qui tape un caprice au milieu de la nuit.
<<(Diego) Laisse-moi une demi-heure et je viens te sauver des gros méchants éclairs.
>>(Eva) Ce n’est pas gentil de se moquer.
>>(Eva)Tu viendrais vraiment, en plein milieu de la nuit ?
<<(Diego) Oui, de toute façon, je n’arrive pas à dormir non plus. Pour toi je serai prêt à tout, même à braver les éléments.
>>(Eva) ❤ Je t’attends fais vite. ��
Je raccroche, en serrant mon portable contre ma poitrine. J’ai le sentiment d’avoir un peu abusé en lui demandant de débarquer en pleine nuit, mais il était libre de refuser ou d’ignorer mon message. Je pars rapidement dans la salle de bain pour me refaire une beauté.
Trois quarts d’heure plus tard, il arrive enfin chez moi, ruisselant des pieds à la tête. Je culpabilise en le voyant tout dégoulinant. C’est ma faute s’il attrape un rhume. Je suis vraiment qu’une petite capricieuse. Je le serre dans mes bras et je le couvre de baisers.
— Je suis vraiment désolée de t’avoir fait traverser la ville en pleine nuit, par un temps pareil.
— Ne t’inquiète pas j’ai pris un Viber[29], mais il pleut tellement qu’il a suffi de quelques minutes pour que je sois totalement trempé. — Déshabille-toi, tu vas attraper froid avec des vêtements mouillés sur le dos.
Il se rapproche de moi, enlève son t-shirt et me fait face torse nu. Presque malgré moi, ma main caresse ses pectoraux et descend jusqu’à la ceinture de son pantalon. Ma respiration s’accélère. Je suis troublée. Je perçois le désir qui brûle dans son regard. Il me plaque soudain contre le mur et m’embrasse passionnément. Ses mains remontent le long de mes jambes et il me serre fermement contre lui. Je reprends mes esprits avant que la situation ne dégénère davantage. Je lui susurre à l’oreille : — Suis-moi, on sera mieux dans ma chambre. Je m’assois sur le matelas face à lui. Nos regards se croisent, je me mords la lèvre.
— Tu es sûre de vouloir faire ça ? s’inquiète-t-il. — Complètement. Je ne mets qu’une seule condition : que nos rapports soient protégés, j’espère que ce n’est pas un problème pour toi. — Pas du tout. Il y a des préservatifs dans la poche de mon jean. J’esquisse un sourire. Tu n’as pas fait le déplacement pour rien, petit coquin.
— Monsieur est prévoyant.
— Il vaut mieux parer à toutes les éventualités. Je glisse ma main dans la poche de son pantalon et je m’empare de mon butin.
J’ai envie de me donner à lui comme j’ai rarement eu envie d’un homme jusqu’à là.
Est-ce le fait de savoir que cet amour est interdit qui le rend si excitant ?
Je fais glisser les bretelles de ma nuisette lentement tout en le regardant dans les yeux, un sourire malicieux s’affiche alors sur son visage tandis qu’il découvre ma poitrine. D’un geste assuré, il déboutonne les boutons de son jean, baisse son pantalon et me rejoint sur le lit. Il m’embrasse passionnément, puis fait remonter la pointe de sa langue le long de mon cou. Je sens un frisson me parcourir le long de la colonne vertébrale. J’ôte ma nuisette, il s’approche de moi et suçote un de mes tétons, tandis qu’il glisse deux doigts dans ma petite culotte et m’arrache au passage un premier soupir. Il me plaque contre le matelas. Les bras en croix, face à lui, mon souffle s’accélère, je sens le poids de son corps sur le mien, il fait glisser ma petite culotte et s’applique à faire monter mon excitation de la plus esquisse des façons. Ivre de désir, je glisse ma main dans son caleçon et m’empare de son membre en érection. Je l’accueille dans ma bouche. Je guette d’un œil ses réactions. N’y tenant plus, il déchire le papier du préservatif, le déroule délicatement sur son membre. J’inspire profondément, au comble de l’excitation, j’ai envie de le sentir en moi, je suis prête à le laisser prendre totalement possession de mon corps. Il va et vient entre mes hanches avec douceur et sensualité, mais j’ai envie que la pénétration soit plus profonde alors je lui claque les fesses pour l’encourager à se montrer plus vigoureux. Répondant à mon désir, il me prend en cheval à bascule pour me chevaucher plus sauvagement. Il ne tarde pas à m’arracher un râle de plaisir et à éjaculer dans la foulée.
Alors que nous reprenons notre souffle, je me love tendrement dans ses bras, nos cœurs battent à l’unisson. Je réalise que je pourrais me donner à lui corps et âme et risquer de finir damnée pour l’éternité pourvu que je puisse sentir la chaleur de sa peau contre la mienne. Au diable la morale et la bienséance !
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