Cœurs déraisonnables: Au delà des préjugés (French Edition)
Chapitre 25 Diego - Dans le bureau du directeur
Chapitre 25 Diego - Dans le bureau du
directeur
La journée commence bien, je suis convoqué dans le bureau du directeur. J’imagine qu’il a eu vent de ma relation avec Eva et qu’il ne voit pas cela d’un très bon œil. Je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre : un avertissement ou un remontage de bretelles dans les règles de l’art. Je frappe, sans conviction à la porte.
— Entrez Diego. Prenez un siège. Je pense que vous avez une idée de la raison pour laquelle je voulais m’entretenir avec vous ? Je tente de noyer le poisson, heureusement que la mauvaise foi ne m’étouffe pas ou je serai en train d’agoniser devant lui.
— Pas vraiment, Monsieur le Directeur.
Il fronce les sourcils, son visage se fait plus grave. Il n’est pas dupe, j’en ai bien peur. Il se racle la gorge et reprend les mains jointes sur son bureau. — Diego, je vais aller droit au but. On m’a rapporté que vous entreteniez depuis quelque temps une relation suivie avec une jeune fille extérieure à la communauté, qui selon ce que j’ai pu comprendre est loin d’être des plus vertueuses.
Mon sang bouillonne dans mes veines, les battements de mon cœur s’accélèrent.
Je vais tuer Juan de mes mains. Quel sale petit avorton ! Je suis au pied du mur, je ne peux plus nier, alors je décide de lui faire front. — En effet, mais avant que vous n’alliez plus loin, je voudrais que vous sachiez que je l’aime et que cette relation est parfaitement consentie de part et d’autre. J’ai conscience qu’elle peut vous sembler contre nature, mais c’est une fille tout à fait respectable, même si elle n’est pas très pratiquante. — Mon fils, vous vous fourvoyiez. La chair est faible. À votre âge je comprends que vous ayez certaines pulsions, mais il faut de toute urgence que vous appreniez à les contrôler. Cette fille est une débauchée, elle vous entraîne dans le vice ! À cause d’elle vous vous complaisez dans le péché jour après jour et c’est intolérable. C’est contre les enseignements de notre église.
Je voudrais essayer de lui faire comprendre qu’il a tort, mais je sais que c’est perdu d’avance.
— Vous vous trompez, notre relation ne répond pas qu’à l’assouvissement de plaisirs charnels. Nous avons des sentiments l’un pour l’autre. — Êtes-vous le premier avec qui elle entretient ce type de rapports ?
Il marque un temps d’arrêt. Le silence devient pesant. Je suis comme un petit garçon pris en faute et je ne sais plus quoi dire pour ma défense. — Là n’est pas la question, bredouillai-je maladroitement. — Assurément non ! Reprenez vos esprits ! Ce n’est pas le genre de filles qu’on épouse ! Mettez fin à cette amourette de pacotille. Je ne voulais pas en arriver là, mais je ne peux pas garder ce genre d’information sous silence.
Il sort son téléphone de sa poche et me montre la capture d’écran que j’ai faite d’Eva où elle pose seins nus. Mon sang ne fait qu’un tour. — Pourriez-vous m’expliquer ce cliché ? Tout de même Diego, vous affichez avec une fille qui a des mœurs aussi légères, vous n’êtes pas sérieux ?
À cet instant,j’ai l’impression que le sol s’ouvre sous mes pieds. — Comment avez-vous eu cette image ?
— Vous reconnaissez que c’est bien la fille avec laquelle vous entretenez cette relation scabreuse ?
— C’est moi qui est pris cette photo, à son insu d’ailleurs, pour être totalement sincère avec vous. C’est moi qui faut blâmer, pas elle. Par contre je ne l’ai jamais montré à personne. Comment l’avez-vous eu ? — Je l’ai reçue par e-mail.
— Il va me le payer ! Comment a-t-il osé me faire un coup pareil ? dis-je les dents serrées.
Je me lève comme un diable qui sort de sa boîte, les yeux injectés de sang, je vais l’étriper. Il n’y a plus d’amitié, de bons sentiments, de faux semblants, cette fois Juan est allé trop loin, il n’avait pas le droit de violer notre intimité et d’exposer ainsi Eva en pâture ! Je sors du bureau du directeur en claquant la porte, je suis hors de moi. Je hurle dans les couloirs :
— Juan, montre-toi sale traître ! Si tu as des couilles, sors de ta cachette, pauvre lâche et viens m’affronter !
Je finis par le débusquer, planqué derrière une porte. Ivre de colère je lui colle mon poing dans la gueule. Jamais je n’aurais imaginé être capable d’une telle violence. Il tombe au sol, il dispose les mains en croix sur sa tête pour tenter se protéger, mais je continue de l’assener de coups. Je suis comme possédé. Certaines personnes essayent de nous séparer, mais la plupart restent à l’écart bouche bée. Le directeur parvient enfin à s’interposer entre nous. Dans un dernier sursaut de rage, je lui crache au visage. Je sais que j’ai dépassé les bornes et que je vais devoir en assumer les conséquences, mais en cet instant je m’en contrefiche.
— Diego, vous avez décidément perdu la raison, vous êtes viré ! Faites vos valises, je ne veux plus de vous au sein de la confrérie, vous n’en êtes pas digne ! Votre comportement est intolérable ! Voilà ce qui se passe quand on choisit de fricoter avec le diable. Demain, vous prenez le premier avion et vous rentrez chez vous.
Tout mon monde s’écroule, il faut que je vois Eva au moins une dernière fois. Je ne peux pas partir sans lui dire au revoir.
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