Correspondance - Tome IV
À George Sand ................................................................... 12
Jeudi soir.
À GEORGE SAND
[Croisset,] jeudi soir [14 janvier 1869].
Je n’ai rien, mais rien du tout à vous dire, si ce n’est que je m’ennuie de l’individu nommé George Sand, et que je voudrais bien avoir de ses nouvelles.
Savez-vous, chère maître, que c’est très gentil à nous deux, de nous être écrit simultanément pendant la nuit de la Saint-Sylvestre ? Il y a un fort croc, décidément.
Je ne vois personne, je ne sais rien, je vis comme un ours empaillé. – La semaine dernière, cependant, j’ai été à Rouen dans les salons de la Préfecture ! oui, pour signer le contrat de mariage de la fille du Préfet. Mes compatriotes ont des binettes gigantesques. Et je me suis très amusé.
Pourquoi ne sent-on pas le comique, quand on est jeune ?
J’ai envoyé votre lettre aux Goncourt, tout de suite, bien entendu. Je vous assure (derechef) qu’ils sont très gentils. – Et il y a tant de Pignoufs !…
C’est un produit du e XIX siècle que Pignouf ; nous arri-vons même à Pignouflard, qui est son fils, et à Pignouflarde, qui est sa bru.
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