Harry Dickson - Intégrale volume I
Chapitre 3: Le Visage dans les Arbres
CHAPITRE 3
LE VISAGE DANS LES ARBRES
— Le malheur dans tout ceci, s’était écrié Mr. Sherwood, c’est qu’il ne nous reste plus personne à soupçonner dans l’entourage de Mr. Evans pour le bon motif qu’il n’y a plus personne !
Le chef de la police de Preston était encore de la bonne vieille école, où tout se fondait sur des interrogatoires sans nombre, où l’enquête se résumait en un ample questionnaire avec des réponses plus ou moins satisfaisantes.
— Mais, avait répondu Harry Dickson, à défaut d’hommes on interroge les choses. Elles sont souvent autre-ment loquaces et véridiques.
Pourtant il n’ajouta pas que cet interrogatoire avait porté des fruits pour le moment.
— Ah, avait murmuré Mr. Sherwood, trouvez-moi l’homme qui a téléphoné à Hage !
— Il ne vous aidera pas à soulever le monde, riposta iro-niquement le détective, ni même le voile qui couvre ce mys-tère.
— Mais, cet homme, c’est tout… tout !
— Non, répliqua sombrement Dickson, loin de là, aussi je me désintéresse de lui pour le moment.
Mr. Sherwood lui lança un regard désespéré : pour peu, il se serait mis à croire que son célèbre ami se complaisait à compliquer inutilement cette ténébreuse affaire.
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Malgré les craintes des médecins, on avait dû procéder au transport de Mr. Evans dans une clinique voisine, parce qu’aucun infirmier ne se souciait de passer la nuit dans la si-nistre maison. Le malade fut installé dans une des meilleures chambres et un infirmier fut attaché à demeure à sa per-sonne.
Il vivait dans une sorte d’hébétude d’où il ne sortait que pour prendre machinalement quelques aliments. Son regard errait, atone et morne, à travers la pièce, sans s’attacher à rien ni à personne. Après de brefs éveils, il retombait dans sa longue somnolence.
— N’était son grand âge, j’oserais entreprendre l’opération du trépan, avait déclaré le docteur Clavering. La matière cervicale est atteinte et je crains fort que cette bril-lante intelligence ait vécu à jamais !
Mr. Evans était le maître absolu dans ses usines. Il n’avait, à part à certains préposés techniques, jamais voulu donner de grades de directeurs ou d’adjoints ; il se contentait de secrétaires, plus ou moins bien payés, mais lui obéissant au doigt et à l’œil comme des marionnettes.
Quand le docteur Clavering eut émis sa décourageante opinion, secrétaires et techniciens, flanqués des conseillers juridiques de l’établissement, se réunirent pour prendre des mesures. Il s’agissait de désigner celui qui, en lieu et place de Sir Evans, prendrait la direction des usines.
Trois secrétaires entraient en ligne de compte, Mr. Pinchery, Mr. Crail et Mr. Lommel.
On devait admettre que le dernier recueillait le plus de sympathie, mais Mr. Pinchery était l’aîné et à l’unanimité il fut désigné en tant que directeur faisant fonction.
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C’était un vieillard sec, grincheux, méticuleux et qui sa-vait faire valoir son autorité. Il le prouva d’ailleurs en ordon-nant de fermer la maison de Sir Evans, de clore les volets et de prier l’autorité communale d’y mettre les scellés.
Cette mesure emporta les suffrages de tout le monde ; en fait, on commençait à craindre cette demeure maléfique. Pour peu, on l’aurait décrétée hantée par une entité diabo-lique. Les policiers avaient parlé et l’on racontait sous l’orme mille choses effrayantes sur le compte de l’homme aux trois têtes qui fut la dernière épouvante du malheureux Reggie Hage.
Les usines reprirent leur activité de toujours, mais l’enquête restait à son point mort, au grand désespoir du bon Mr. Sherwood.
— C’est la honte de ma carrière, pleurnichait-il dans le gilet de son ami Dickson. Vous, mon vieux camarade, vous allez retourner à Londres et vous oublierez, tandis que moi je vais pouvoir prendre ma retraite avec la renommée d’un vieil imbécile, un ignare, un crétin, un…
— Non, non, n’en jetez plus ! s’écria Dickson en riant et d’abord qui vous dit que je retourne à Londres ? Je reste, m’entendez-vous, même si je devais devenir citoyen de la bonne ville de Preston, et cela jusqu’au moment où la clarté sera faite dans cette affaire !
— Vous espérez donc encore ? s’écria le brave policier, et il y a huit jours que nous piétinons sur place !
— Certainement, j’espère toujours et même plus que ja-mais !
— Plus que jamais ? Et depuis quand donc ?
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— Depuis que Mr. Pinchery, le nouveau directeur, sort avec un parapluie !
Mr. Sherwood poussa une exclamation mécontente.
— Ce n’est pas bien de vous payer ma tête, Dickson !
— Jamais je n’ai été plus sérieux, cher ami, dit grave-ment le détective.
Il s’était accoudé à la fenêtre et regardait le ciel bleu où chassaient des flocons de nuages.
— Il fait beau et doux, Sherwood, l’aiguille témoin du baromètre pourra vous apprendre que, depuis cette nuit, sa sombre sœur est reculée de quatre crans vers le beau fixe. Nous n’aurons pas de pluie d’ici trois ou quatre jours. Je suppose qu’il y a un baromètre dans les bureaux de l’usine ?
— Mais oui, il y a même un magnifique anéroïde dans le hall.
— Tout le monde le consulte ?
— Je le crois bien !
— Alors Mr. Pinchery n’en ferait rien, puisqu’il continue de se promener avec un parapluie. Et quel riflard, mon vieux Sherwood ! À moins que ce ne soit dans ses habitudes, ajouta le détective.
— Pas du tout, je connais le vieux Pinch depuis des an-nées et je ne lui connais pas cette sotte habitude.
— Sherwood, dit Harry Dickson, si jamais nous sortons à notre honneur de cette histoire, nous devrons certainement beaucoup à ce parapluie !
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À ce moment, Tom Wills entra dans le bureau du chef, où l’entretien avait lieu, et se pencha vers son maître pour lui murmurer quelques mots à l’oreille.
Les yeux du détective brillèrent.
— Très bien, Tom, approuva Harry Dickson, je suppose que ce ne fut pas une filature très facile.
— À vrai dire non, maître ! Il se défilait comme un rat, et c’est autrement malaisé de filer un type dans ces rues soli-taires que dans les bruyantes artères de Londres.
— Tom, a-t-il suivi quelqu’un ? demanda avidement Mr. Sherwood.
— Oui, mais je ne vais pas vous en dire davantage, pour vous punir d’avoir douté, répondit Harry Dickson en se frot-tant les mains. Voulez-vous me donner un plan de la ville ?
— En voilà un contre le mur, mon ami !
Le détective alla se poster devant le grand plan mural et resta tout un temps à l’étudier.
— C’est une belle pièce, dit-il avec admiration et j’en ai rarement vu d’aussi bien agencée. Que signifient ces petits drapelets noirs piqués irrégulièrement de place en place ?
— Ils indiquent les maisons inoccupées, c’est-à-dire les immeubles ayant quelque importance, cela s’entend.
— Il y en a pas mal !
— Preston est une grande ville manufacturière, mais au point de vue urbain, elle n’a pas marché de concert avec les autres. Elle a piétiné sur place, si je puis dire. Les grandes familles ont quitté leurs spacieuses et ancestrales demeures,
– 211 – pour se fixer dans de confortables villas de la campagne en-vironnante. D’où la tristesse qui plane sur certaines rues ja-dis opulentes et animées, expliqua Mr. Sherwood.
— Comme c’est curieux, dit lentement le détective, et triste en même temps, je ne puis songer sans mélancolie aux villes qui meurent. Que de maisons battant votre sinistre pa-villon noir, Sherwood ! Et que de maisons de maître si je ne me trompe. Albernon House, Garrick House, Sea… je lis mal le nom.
— Seagrave House ? Dans Cedar Street ? Une vraie dé-solation ! Imaginez-vous un véritable château au beau milieu de la ville, entouré d’un parc immense, clôturé à son tour par des murailles vertigineuses qu’une prison lui envierait, et tout cela est clos, fermé bouclé, obturé, que sais-je moi, reste improductif, paye impôts sans utilité, parce qu’ainsi en déci-da le vieux Seagrave en son testament, dont les clauses sont aveuglément respectées par nos hommes de loi. Tenez, cela me remet quelque chose en mémoire Dickson. Dès votre ar-rivée, vous vous êtes enquis de l’identité du compagnon de Evans & Co, eh bien cet ancien & Co, c’était précisément Seagrave, l’infernal grigou !
La nuit était tombée sur ces entrefaites et le détective et son élève prirent congé de l’excellent Mr. Sherwood.
Une fois dans la rue, Harry Dickson prit Tom par le bras.
— Seagrave = & Co ! murmura-t-il, oui, cela peut signi-fier quelque chose, mais en tout cas, c’est une complication et certainement il n’en fallait plus.
» Ainsi vous l’avez suivi, Tom ? ajouta-t-il.
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— Oui, maître, mais jamais je n’ai vu bonhomme plus méfiant ! Il m’a promené pendant trois quarts d’heure par la moitié de la ville et avec une adresse consommée, je vous en fiche mon billet ! Il ne s’est décidé que vers le crépuscule pour Cedar Street, et, là, j’ai bien failli ne pas voir par où il avait filé. C’était une si petite porte qu’on passerait dix fois à côté sans la voir.
— Et Sherwood qui nous parlait de murs vertigineux !
— Ils le sont en effet, mais ils ne nous arrêteront pas, je suppose. J’ai fait le tour de l’enceinte, elle est vraiment im-posante, on dirait celle d’une petite cité du moyen âge, bou-clée dans ses murailles. Mais du côté de l’ouest, il y a une brèche dans les hauteurs, et par cette fente un gros marron-nier s’est avisé de faire pousser une de ses maîtresses branches. Si on lui jette une corde, il y aura moyen d’y grim-per aussi facilement que si l’on disposait d’un confortable es-calier.
— Bien travaillé, mon petit, loua le maître.
Ils parcoururent une suite monotone de rues bourgeoises où déjà les vitrines des boutiques s’éteignaient.
La soirée était belle mais lourde, une chaleur humide stagnait.
La flamme échevelée d’un archaïque bec de gaz fit au coin d’une large et sombre rue sortir un écriteau de l’ombre : Cedar Street.
— Quelle forteresse, murmura le détective en regardant l’immense maison tout en pierres grises, aux fenêtres grillées et pourvues de lourds volets d’intérieur.
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— Voici le portillon par où l’homme est entré, expliqua Tom Wills, et comme il s’y est pris en vitesse !
— Voyons l’entrée de service qui nous est réservée du côté ouest, dit Dickson.
Tom avait dit vrai ; ils trouvèrent une brèche dans la hauteur de la muraille par où dépassait une épaisse branche d’arbre.
Le détective prit dans sa poche une fine corde de soie qu’il parvint à lancer au-dessus de la branche, et qu’il laissa filer ensuite. La liaison entre le sol et la hauteur était établie.
Il ne fallut que quelques secondes à Harry Dickson et à son élève pour se trouver à califourchon sur la branche du marronnier.
La soirée était suffisamment claire pour montrer, à leurs pieds, le commencement d’un immense parc dont le fond se perdait dans les ténèbres. Les yeux perçants du détective y distinguèrent bientôt la blancheur d’une étroite allée.
— C’est elle qu’il nous faudra suivre, Tom, dit-il en la désignant ; fatalement elle nous conduira vers le corps du lo-gis.
La corde fut jetée de l’autre côté de la muraille et servit cette fois-ci à la descente des deux détectives.
L’allée s’enfonçait toute droite à travers des halliers en-core très touffus. Soudain, une blancheur mate se dressa de-vant eux.
— Ce n’est pas la maison de Cedar Street, murmura Tom Wills, nous en sommes encore bien loin, si mes calculs sont exacts.
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— Et ils le sont, répondit le maître à voix basse. Cette construction a été édifiée au milieu du parc, se trouvant ainsi dans un double isolement.
Les buissons cessèrent brusquement de les protéger et ils virent une pelouse négligée qui s’étendait entre eux et la maison du parc.
Elle avait le même aspect triste et rébarbatif que l’immeuble de Cedar Street, mais elle avait de plus, dans son ensemble, quelque chose de repoussant et de menaçant. C’était un gros cube de maçonnerie percé d’étroites fenêtres, toutes obturées de volets.
— Faut-il entrer ici, ou bien dans l’autre maison ? de-manda Tom.
— J’opte pour la présente, mon garçon. Celui ou ceux qui s’y trouvent doivent être particulièrement jaloux de leur solitude et de leur isolement. Ils doivent donc préférer cette demeure entre toutes solitaire et isolée.
— Des volets et encore des volets, murmura Tom Wills, et une porte, mais quelle porte ! Je suppose qu’elle est à combinaison comme celle d’un safe !
Tout à coup le détective prit son élève par le bras et se jeta avec lui dans l’ombre des arbres.
— Qu’arrive-t-il ? grommela Tom, je n’ai rien vu !
— Ni entendu ?
— Non… c’est-à-dire, un lointain coup de tonnerre, il y aura de l’orage.
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— Vous vous trompez, il fait en effet assez lourd, mais regardez-moi ce ciel étoilé… il n’y a nulle menace d’orage, vous dis-je.
Harry Dickson avait parlé presque violemment et son élève s’étonna de le trouver brusquement si ému et si ner-veux. Un sourd grondement s’éleva de nouveau.
— Là, qu’est-ce que je vous disais ? s’écria Tom Wills. Pour toute réponse, le détective prit son élève par les épaules et le fit pivoter vivement sur les talons.
— Courons, Tom, courons aussi vite que possible, si la vie nous est chère !
Tom vit son maître prendre les devants et n’hésita plus. Il fuyait sous les arbres, sans savoir pourquoi, mais saisi à son tour d’une peur sans nom.
À cette minute, le tonnerre roula plus longuement en-core et Tom vit son maître faire un bond désespéré.
Le mur d’enceinte se trouvait devant eux et le gros fût du marronnier.
— Grimpez, Tom, nous nous servirons de la corde pour descendre, si on nous en laisse le temps, rauqua le détective hors d’haleine.
Mais rien d’insolite ne se passa et les détectives purent atteindre la maîtresse branche et laisser pendre la corde de soie dans la rue.
Quelques secondes plus tard, ils avaient pris pied sur le sol et Harry Dickson respira longuement.
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— Ah ! l’entendit murmurer le jeune homme, il fait bon être encore en vie.
— Je ne sais vraiment pas pourquoi nous n’y serions plus, riposta Tom, pour ma part je n’ai…
Il venait d’attirer le dernier bout de la corde vers lui et tenait les yeux fixés sur la frondaison de l’arbre, mais sou-dain il s’était arrêté court et son visage était devenu d’une pâleur effrayante.
— Tom, murmura Harry Dickson qu’avez-vous ?
— Maître, maître…, hoqueta le jeune homme, je n’ai ja-mais rien vu de plus affreux… un visage… mais quel vi-sage…
Le détective l’entraînait par les rues silencieuses.
— En effet, Tom, je n’ai pas vu mais je sais, c’est l’horreur en personne que vous avez vu de vos yeux. Si ja-mais j’entre encore dans cette damnée maison, j’aurai grand soin d’avoir sur moi un fusil à balles explosives.
— Il faut le faire sans retard ! s’écria impétueusement Tom Wills. Il faut mettre la main sur le bandit qui se cache dans cette demeure !
Harry Dickson secoua la tête.
— Vous vous trompez, Tom, il n’y a là qu’un homme qui se défend, contre quelque chose de bien plus effrayant en-core que la figure que vous avez vue surgir de la nuit ! Je ne puis que lui donner raison !
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Ils retrouvèrent avec joie le centre de la ville encore un peu éclairé et quelques consommateurs s’attardant aux der-nières terrasses des restaurants.
— Nous ne sommes guère plus avancés, bougonna Tom Wills en prenant place devant un verre de bière allemande.
— Mais si, Tom… beaucoup au contraire, répondit le maître en souriant, mais nous sommes allés tellement vite en besogne que je vais devoir retracer le plan de notre action, ou plutôt de la vôtre, cet après-midi. Je vous ai donc dit :
« Tom, cachez-vous dans les jardins de l’usine Evans, de façon à ne pas perdre de vue la maison close du maître, votre attente pourrait être longue, elle pourrait même être absolument vaine, mais je ne le crois pas. Si elle ne l’est pas, vous verrez bientôt un homme surgir, peu importe qui il sera, cela n’a aucune importance. Il fera le tour de la maison, comptera les fenêtres, prendra peut-être des notes et fera surtout bien attention de ne pas être vu. Comme à cette heure tardive de l’après-midi, il n’y a personne dans ces pa-rages, on a des chances que c’est celle-là qu’il choisira pour apparaître. Après il s’en ira. Suivez-le. Je ne crois pas que ce-la sera très facile. »
— Et tout est arrivé comme vous l’avez dit, maître, mais comment saviez-vous…
— C’est assez peu sorcier, à vrai dire. Cette garde, je l’effectuais moi-même depuis plusieurs jours. Or, chaque fois, vers la même heure, un ouvrier ou un camionneur arri-vait dans le jardin, au moment où la large porte de tôle du fond s’entrouvrait prudemment et se refermait tout aussi vite, il y avait donc là un homme qui voulait s’avancer dans
– 218 – le jardin sans être vu et s’y livrer sans doute à quelque exa-men.
» J’étais certain qu’il aurait recommencé sa manœuvre jusqu’au jour où elle aurait réussi. Aujourd’hui, je vous ai en-voyé à ma place et vous avez eu plus de chance que moi. Il ne me reste qu’à vous demander ceci : « Qui était cet homme ? »
Tom regarda son maître avec des yeux ébahis.
— Comment, vous ne le saviez pas ?
— Mais non !
— Vous ne savez pas qui est cet homme qui a regardé la maison sous toutes ses faces et est venu se réfugier dans cette damnée demeure où se meuvent de si vilaines figures ?
— Mais je vous répète que non !
— Alors nous sommes bien avancés ! Car je n’en sais pas plus que vous ! Je ne l’ai jamais vu !
Harry Dickson avait bondi, le regard dur.
— Le reconnaîtriez-vous au moins ?
— Je reconnaîtrais un foulard de soie noire et de grosses lunettes bleues !
Le détective était hors de lui, mais bientôt le calme lui revint et son visage n’exprima plus qu’une préoccupation profonde.
— Tom, dit-il d’une voix altérée, tout ceci pourrait être encore plus horrible que ce ne l’est déjà.
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